‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 106 sur 198 · D1FFLUG1A · texte numérisé non relu

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Pas de coque.

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1er Genre. — AMŒBA.

Notre intention n’est pas d’entrer ici dans une discussion détaillée de toutes les espèces qui ont été établies dans ce genre. En effet, nous ne pensons pas avoir en

1 . Evolution des Grégarines. — Académie de Belgique. Mémoires des savants étrangers. Tome XXVI, PI. XI, Fig. 10. -• Le genre Cyphidium Ehr. (Inf., p. 133) ne nous est pas connu jusqu’à ce jour.

main les matériaux suffisants pour tenter une réforme systématique des Amœba, et nous aimons mieux ne rien faire que mal faire. Jusqu’ici nous n’avons pas de caractères positifs, tranchés, anatomiques, qui nous permettent de séparer clairement les différentes espèces les unes des autres. On est toujours réduit à les distinguer par leur mode de progression vif ou lent, rectiligne ou sinueux, par la forme qu’elles présentent le plus habituellement, et autres caractères aussi peu certains. M. Auerbach a essayé dans une monographie d’éclaircir la question d’espèce dans le genre Amœba1, et il est incontestable que son travail a fait faire à la science un pas en avant; mais ce n’est qu’un premier pas. 11 faut souvent un peu d’audace pour donner un nom à telle ou telle espèce d’Amœba qu’on croit nouvelle, et cette audace n’a fait défaut ni à M. Dujardin, ni même à M. Auerbach. Combien souvent n’arrive-t-il pas qu’on poursuit une Amœba en lui voyant conserver, durant des heures entières, la forme étoilée si caractéristique que M. Ehrenberg nomme A. radiosa , puis tout à coup le même individu s’étale, sous le regard de l’observateur surpris, en une feuille mince, à contours irréguliers, à laquelle M. Ehrenberg appliquerait immédiatement le nom d 'Amœba difjluens. La forme à laquelle M. Auerbach donne le nom (VA. actinophora peut, elle aussi, s’étaler en A. diffluens. Quel garant avons-nous donc que VA. actinophora et VA. radiosa ne soient pas une seule et même espèce? Il est sans doute des formes qui sont si positives et si constantes qu’il ne peut régner aucun doute sur leur valeur spécifique. Telles sont l’M. quadrilineata Carter, et VA. hilimbosa Auerb.2; telles sont encore T Amœba figurée par M. Lieberkühn, dans la figure 10 de la planche XI de son « Evolution desGrégarines » et plusieurs autres non décrites jusqu’ici. D’autres sont également fort reconnaissables comme formes typiques. Ce sont VA. princeps Ehr., VA. verrucosa Ehr., VA. radiosa Ehr., VA. Limax Auerb. , IM. Guttula Auerb.3. Mais il est bien difficile de fixer leurs limites. L’A. Gleichenii Duj. et IM. mulliloha Duj. sont singulièrement difficiles à séparer de VA. Limax Auerb., bien qu’on rencontre çà et là des formes

1. Auerbach: Ueber die Einzelligkeit der Amœben. Zeitschrift f. wiss. Zoologie, VII. Bd., 4. Heft, 1855.

2. Cette dernière devra peut-être former un genre à part, genre qui devra porter le nom de Corycia, car il ne nous parait point douteux que l’animal décrit sous ce nom par M. Dujardin, soit identique (génériquement tout au moins) avec l’A. bilimbosa. V. Ann. des Sc. nat., 1852, p. 241.

3. Nous n’oserions affirmer que ces deux dernières soient les mêmes que celles pour lesquelles M. Dujardin avait créé ces noms.

qui répondent beaucoup mieux à la description que M. Dujardin donne de son A. multi-

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loba qu’à celle que M. Auerbach donne de son A.Limax. Une foule d’autres prétendues espèces, comme VA. polypodia Schultze, VA. lacerata Duj., VA. crassa 1 'A. brachiata Duj., VA. longipes Ehr. \ VA. punctata Eichw.I. 2, sont autant de protées qui se permutent à volonté les uns dans les autres ou dans quelqu’une des formes précédemment citées.

11 est évident que des actions extérieures ont une grande influence sur la forme, la taille et l’énergie des mouvements des Amœbéens. Il sera, en particulier, intéressant d’étudier l’influence exercée par la concentration des liquides. Tant que les limites de ces actions ne seront pas connues, la discussion des espèces du genre Amœba restera assez aride.

11 est toutefois quelques espèces qui présentent des caractères anatomiques positifs, comme nous l’avons remarqué à propos de VA. quadrïlineala Carter, et de quelques autres. Nous attirerons en particulier l’attention des observateurs sur les espèces à vésicules contractiles nombreuses, espèces qui n’ont pas été étudiées jusqu’ici. On trouve fort fréquemment aux environs de Berlin une forme, excessivement petite, qui possède trois ou quatre vésicules contractiles. Une autre, beaucoup plus grande, et qui adopte en général la forme d’une feuille très-mince, en possède une vingtaine, toutes de dimensions fort petites.

Remarquons enfin, comme nous l’avons dit ailleurs, qu’il faut exclure du genre Amœba toutes les formes à pseudopodes pointus et déchirés, à la surface desquels on voit circuler des granules, comme chez les Gromies et les Polythalames. Ces formeslà doivent être rangées dans la famille des Actinophryens. Quelques-unes seront peutêtre encore mieux placées auprès des Gromies. Parmi ces espèces à exclure du genre Amœba, nous nommerons V Amœba porrecla Schultze3, observécparM. Max Schultze, dans la mer Adriatique, et qui devra être placée dans la famille desGromides. Aux environs de Berlin, on trouve parfois une espèce hérissée de pseudopodes irréguliers sur toute sa surface, qui est un véritable Actinophryen.

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