Annales des Sciences naturelles, m* série, tome 17. i
3. Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou. 1847. n, p. N17.
4. Comptes-rendus de l’Académie des sciences de Paris. 1848, n° 3, p. 114.
5. ’ Annales des Sciences naturelles, 5e série, tome 3, p. 186 et tome 9, p. 99.
observations dont nous reparlerons ailleurs. Aussi passerons-nous de suite à l’une des excentricités scientifiques les plus singulières que ces dernières années aient vu éclore, et l’on peut dire aussi que le monde ait jamais vu naître. Nous voulons parler d’un ouvrage de M. Laurent, qui a paru en 1854, à Nancy, sous le titre: « Etudes physiologiques sur les animalcules des infusions végétales, comparés aux organes élémentaires des végétaux, par Paul Laurent, inspecteur des forêts, professeur à l’Ecole Impériale forestière, ancien élève de l’Ecole polytechnique. Tome Ier. » — En présence de ce volume in-4°, imprimé en caractères de luxe et sur beau papier, le lecteur se sent saisi d’un certain respect, qui s’amoindrit cependant lorsqu’on jette un coup d’œil sur les planches grossières qui accompagnent cet ouvrage, et s’évanouit complètement à l’étude des doctrines de l’auteur. M. Laurent sait faire les infusoires. La méthode est fort simple; en voici la recette1 : « Il faut prendre pour cela de l’eau de fumier, trèsétendue d’eau de fontaine. Du purin ordinaire, ou de l’eau de fumier concentrée et sortie des étables à vaches, filtrée à travers un papier gris double -et mise dans une bouteille bien bouchée, peut servir longtemps à cet usage. Il suffit d’en jeter dans de l’eau de fontaine la quantité nécessaire pour donner à celle-ci une couleur de topaze claire. Par ce procédé, et à une température convenable, j’ai obtenu des infusoires capables de grossir pendant longtemps, à tel point qu’on peut finir par les apercevoir à l’œil nu. » M. Laurent se procure par ce moyen des infusoires quatre fois aussi gros que ceux que l’on a d’ordinaire; de sorte qu’avec un grossissement de 300 diamètres, il jouit des mêmes avantages que tel autre observateur qui en emploie un de 1,200, et il n’a pas l’inconvénient de la perte de lumière (!). Du reste, M. Laurent dispose de procédés multiples pour engendrer ses infusoires : tantôt c’est une « infusion de tiges de Cucurbita Pepo ; tantôt une dite de graines de chou; ici, ce sont des gousses de catalpa; là, des graines de carotte; ailleurs, une tige de Solarium tuberosum, etc. » On serait tenté de sourire si l’auteur ne nous déclarait que son ouvrage est le produit de vingt années de labeurs. Qu’on nous pardonne de citer textuellement quelques fragments du résumé des chapitres.
« L’infusoire (p. 145) qui, comme femelle, a reçu le dépôt des jeunes germes que le