‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 126 sur 198 · Verjüngung, p · texte numérisé non relu

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libérer *, elles finissaient par se partager en deux: l’une des moitiés continuait sa course vagabonde, l’autre restait prisonnière dans la cellule. La même chose se présenta à lui chez le Stigeoclonium subspinosum. L’une des moitiés de la spore finit par se séparer de l’autre, avec laquelle elle n’était plus unie que par un long filament. Celui-ci finit également par se briser, et la partie libérée de la spore continua sa route comme si rien ne lui était arrivé. M. Cohn 2 a observé un phénomène tout semblable chez une Yauchérie : l’une des moitiés de lazoogonidie s’échappa, l’autre germa dans l’intérieur de la cellule-mère. M. Thuret3 a constaté le même fait également chez une Yauchérie, et il croit devoir en tirer la conclusion que les zoogonidies sont dépourvues de membrane 4.

Ceci nous a rappelé un fait curieux : Un Acinétinien avait capturé une Stylony chia Mytilus Ehr. et était occupé à la sucer. L’opération de la succion est toujours assez longue et dure parfois plusieurs heures. La Stylonychia vivait toujours, mais, peu soucieuse de se laisser ainsi sucer jusqu’au bout, elle n’imagina rien de mieux, pour échapper à ce malheureux sort, que de se diviser en deux, opération qui, chez ces animaux, exige souvent moins d’une heure. L’une des moitiés se sauva par ce moyen et échappa ainsi aune mort presque inévitable. Nous n’osons décider si la coïncidence de la division spontanée et de cette position critique était purement fortuite ou non. Si la seconde alternative est la plus juste, ne serait-on pas presque tenté de voir dans la zoogonidie de la Vauchérie un instinct analogue de conservation personnelle?

On a voulu chercher aussi à distinguer les mouvements des spores végétales de ceux des animaux par la constance de leur direction. La rotation des zoogonidies des Vauchéries est, par exemple, toujours dirigée de droite à gauche ; chez les zoogonidies d’Œdogonium, cette direction est inverse ; mais on trouve des exemples tout semblables chez plusieurs de ces êtres à position douteuse, qui offrent en outre d’autres caractères par lesquels ils semblent se rapprocher au contraire du règne animal. Ainsi

1. C’est là la meilleure preuve que la sortie des spores est bien active, et non purement passive comme M. Braun paraît l’admettre ailleurs.

2. BeitrSge zur Entwicklungsgeschichte der Infusorien. — Zeitschrift fur vviss. Zoologie, 4 ter Bd. 1835.

5 Recherches sur les zoospores des algues. Annales des Seiences naturelles, 3e sétie, t. 14,p. 244.

4. Nous avouons que nous ne pouvons pas très-bien nous représenter des cils vibratiles implantés simplement sur un vaisseau primordial, qui n’aurait que la consistance d’une gelée.

les familles de Pandorina nagent, d’après M. Braun, toujours de gauche à droite ; les Chlamydococcus, de droite à gauche, et ainsi de suite. Il est même certains infusoires ciliés qui paraissent toujours soumis à une loi analogue.

On a également voulu voir quelque chose de tout végétal dans la particularité qu’offrent les zoogonidies de n’apparaître qu'à certaines heures. Déjà Treutepohl doit, au dire de Meyen, avoir constaté chez la Vaucheria clavata que la tuméfaction de l’extrémité de la cellule s’opère de nuit, et que les zoogonidies s’échappent le matin suivant. M. Unger 1 appuie également sur le fait que les accouchements des Vauchéries ont presque toujours lieu entre huit et neuf heures du matin. M. Thuret 2 relève aussi le fait que c’est le matin qu’on trouve le plus grand nombre de spores de conferves en mouvement. M. Fresenius 3 a observé la même chose. Enfin, M. Braun 4 dit que si l’on veut observer les gonidies d’Hydrodictyon, il faut s’y prendre de bonne heure : les macrogonidies forment de nouveaux réseaux peu après le lever du soleil, c’est-à-dire à quatre ou cinq heures du matin pendant le gros de l’été, et entre six et huit heures sur la fin de la saison chaude. Parfois, dans les jours sombres de l’automne, le phénomène se prolonge jusqu’à dix heures. Les microgonidies quittent leurs cellules un peu plus tard, à savoir entre sept et neuf heures en été, et entre dix et deux heures en automne.

Si ces faits sont intéressants en ce qu'ils montrent le rôle important que joue la lumière dans l’économie de la nature, ils ne disent rien dans la question de l’animalité des êtres. Ne savons-nous pas combien les animaux aussi sont liés aux influences climatériques de toute espèce?

En somme, il n’existe pour nous qu’une seule différence objective bien constante entre les animaux et les végétaux inférieurs. C’est la présence chez les infusoires et les rhizopodes amœbéens d’une ou de plusieurs vésicules contractiles J. Jusqu’ici rien de semblable n’a été observé chez aucune spore végétale, tandis qu’il semble probable que

1 . Unger. Die Pflanze im Moment (1er Thierwerdung. Wien. 18i2, p. 27.

2. G. Thuret. Note sur les organes locomoteurs des algues. Ann. des Se. nat. 1843, p. 268.

5. Georg Fresenius. Zur Controverse über die Verwandlung der Infusorien in Algen. 1847, p. 4,

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