Braun. Ueber die Erscbeinung der Verjüngung, p
3. Depuis la rédaction de ces lignes, M. le professeur de Bary a publié un travail remarquable sur l’évolution des organismes connus sous les noms de Myxomycètes et de Myxoqaslres ( Die Mycelozoen, Zeitschrift f. wiss. Zoologie
cette vésicule est présente chez tous les infusoires sans exception. Nous avons constaté sa présence chez les Heteromita et les Cercomonas ; mais nul, que nous sachions, n’a pu la voir chez des microgonidies ou des phytospermes, malgré l’analogie de forme de ces différents organismes. Tant qu’il en sera ainsi, nous aurons le droit de considérer comme appartenant plutôt au règne animal, tout être muni de cet organe. Une autre différence plus capitale encore, mais moins générale, est celle relative à l’intussusception. Partout où l’on rencontre une ouverture buccale, l’on a à faire à des animaux. Mais ce n’est pas là un caractère absolu, car, bien que certains auteurs ne veuillent voir dans les Astomci de M. de Siebold que des plantes, il n’en restera pas moins des organismes, dépourvus soit d’ouverture anale, soit d’ouverture buccale, soit d’appareil digestif dans toute l’étendue du terme, organismes qui devront néanmoins toujours être rangés parmi les animaux. Telles sont, par exemple, les Opalines, les seuls des Astoma de M. de Siebold auxquels on ait épargné le déménagement perpétuel d’un règne dans un autre. Tels sont également les Helminthes cestoïdes, les Acantocé-
phales ', les Grégarines, etc. Ce caractère faisant donc défaut, la vésicule contractile
nous reste seule, et nous nous y tenons.
X. 1839). Ces êtres jusqu’ici classés parmi les champignons, présentent des phénomènes de reproduction analogues à ceux des algues zoosporées. Leurs zoogonidies jouissent en outre de la particularité de posséder une vésicule contractile animée de pulsations plus ou moins rliytlimiques. Plus tard, ces zoogonidies passent à un état parfaitement identique aux Amœba. Durant cette phase, les Myxomycètes vivent d’une véritable vie de rhizopode et donnent naissance à des corps reproducteurs, sporanges ou sporocystes, qui, par leur conformation, paraissent entièrement semblables au péridium des champignons gastéromycêtes. M. de Bary pense voir là des raisons suffisantes pour éliminer ces organismes du règne végétal et les classer, sous le nom de Mycélozoaires, dans le règne animal. Il est certain que si nulle erreur ne s’est glissée dans les résultats de ce savant observateur, l’affinité des Mycétozoaires avec les Rhizopodes est évidente. Toutefois, il nous semble également impossible de les éloigner des Gastéromycêtes. Et pourtant personne ne voudra considérer un Lycoperdon ou un Bovista comme un animal, car alors quelle est la plante qui ne risquerait d’être accusée d’animalité? C’est là une preuve nouvelle en faveur de l’opinion défendue par nous que la distinction entre un règne dit animal et un règne dit végétal est purement artificielle Cela nous semble incontestable au point de vue pratique, cela nous semble même évident d’une manière absolue. On nons objectera peut-être qu’il y a une différence prineipielle philosophiquement nécessaire entre l’animal et la plante. L’animal étant sensible, par opposition à la plante qui ne l’est pas, pas même le Mimosa ; le mouvement de l’animal étant volontaire, et celui de la plante ne l’étant pas, il semble que l’animal le plus inférieur, ayant déjà un élément de liberté, se différencie bien de la plante qui ne l’a pas. Cette distinction est plus spécieuse que réelle. Nous voyons la sensibilité décroître par degrés dans la série animale et finir par s’éteindre complètement. Il en est de même des lacultés intellectuelles ou dites instinctives, si bien que nous arrivons à des animaux dont la vie n’est plus qu’une espèce de rêve: de cette vie à peine consciente, nous passons graduellement à celle qui est purement automatique, et nous voguons alors en pleine végétabilité (Noie de 1860).
I. Depuis que ces lignes étaient écrites M. David Weinland a décrit un canal alimentaire chez un Echinorhynchus américain. Toutefois, cette découverte n’a été confirmée par aucun observateur ( Note de 1860).
Nous croyons donc devoir rayer les zoogonidies végétales du règne animal en général, et de la classe des infusoires en particulier, nous contentant de voir chez elles des plantes qui revêtent, pour un court laps de temps, une forme pseudo-animale. C’est là un phénomène analogue à celui qu’on observe chez les polypes hydro-médusiens, par exemple.. Ces derniers sont, dans leur jeune âge, des pseudo-infusoires ciliés (planula) ; les zoogonidies d’algues sont des pseudo-infusoires flagellés , parfois aussi ciliés. Dans les deux cas, la ressemblance avec les infusoires est purement extérieure et superficielle. On nous accordera du reste, sans peine, que les infusoires flagellés, tout en étant des animaux, ne sont pas plus éloignés des algues, dans la série des êtres, que les hvdro-méduses ne le sont des infusoires ciliés.
B. Desmitliacées, Dlatomacées, Volvoeiniées, Protococcaeées, Euglènes et autres organismes à position douteuse.
On s’étonnera peut-être de nous voir amener ici en cause les Desmidiacées et les Diatomacées, pensant que nous aurions dû les laisser de côté, comme rentrant incontestablement dans le règne végétal. Cependant, la place naturelle de ces organismes est loin d’être décidée. M. Ehrenberg ne cesse pas de les considérer comme des animaux polygastriques dépourvus d’intestins (Polygastrica anentera). M. Focke, dont les observations sur ces deux groupes dénotent un si grand degré d’exactitude, laisse dans le doute si les premiers sont des animaux ou des végétaux, et accorde aux seconds l’animalité et des organes locomoteurs rétractiles en forme de pieds. N’a-t-on même pas voulu voir, durant ces derniers temps, en Angleterre, que lesNavicules se meuvent à l’aide de cils, etc. '. La question est donc loin d’être décidée. Pour ne citer que les
1. M. Hogg, l’auteur de cette découverte réelle ou prétendue, prétend même que les Diatomées peuvent faire cesser à volonté les mouvements de ces cils. (Voyez Hogg: Cilia in Diatomacea. Quarterly Journal of microscopical Science April 1855, p. 235.) — Ces cils sont toutefois pour nous encore très-problématiques, pour ne pas dire davantage.
Closterium, ont-ils cessé d’être ballottés entre les deux règnes? Après qu’Otto- Fr. Mueller et Nitzsch en eurent fait des animaux, Lyngbye n’y voulut voir que des algues. Bory de Saint-Vincent les restitua au domaine de la zoologie ; mais bientôt M. Turpin revint à l’idée de Lyngbye et Agardh suivit son exemple. M. Ehrenberg, dans ses divers travaux sur les infusoires, attribue aux Closterium une bouche et des organes digestifs que nul, il est vrai, n’a prétendu retrouver depuis lors. Et si les observateurs plus récents, MM. Morren, Ralfs, Smith, Jenner, Nægeli, Braun, etc., ont paru faire pencher la balance du côté de la végétabilité de ces organismes, M. Focke ’ ne paraît pas tout à fait sûr que ce ne soient pas des animaux \ Un des grands botanistes de l’époque actuelle, M. Schleiden 3, les exclut même très-positivement du domaine de la botanique. Aussi, bien que nous penchions plutôt à accorder à ces organismes une nature végétale, croyons-nous devoir donner ici un bref exposé de leur mode de reproduction.
D’un autre côté, il est une autr e division de la classe des infusoires, telle que l’admettait encore M. Dujardin, qu’on a voulu retrancher, en majeure partie tout au moins, du règne animal, pour la rejeter dans le règne végétal, c’est celle des infusoires flagellés. M. de Siebold, par exemple, dans son Manuel d’anatomie comparée, exclut complètement de la série animale toute la famille des monades, et bien des savants semblent partager aujourd’hui ses vues. Le groupe des Volvocinées est également rejeté, presque d’un commun accord, dans le domaine des algues. LesEuglènes, les Dinobryons, sont considérés par beaucoup comme formant un groupe d’êtres douteux, que chacun se renvoie ou bien s’arrache, suivant les dispositions de caractère.
1. Focke. Physiologische Studien. Erstes Heft. Bremen, 1847, p. 37 et 61.
2. M. Focke a, comme l’on sait, découvert chez le Closterium I.unula des cils vibratiles (Loc. cil., p. 54), don! l'existence a été depuis lors fort contestée. Toutefois, M. Osborne (On Economy of Closterium Lunula. — Quaterly Journal of microscopal Science. Oct. 1854, p. 55) les a décrits de nouveau avec une grande exactitude. Il a même voulu observer un courant, pénétrant de l’extérieur dans l’intérieur du Closterium, par une ouverture placée à chaque extrémité de celui-ci. Nos observations concordent parfaitement avec celles de MM. Focke et Osborne pour ce qui concerne les cils ; mais nous n’avons pu voir les courants, ni même l’ouverture décrits par ce dernier, bien qu’une ouverture semblable nous paraisse exister réellement chez d’autres espèces, comme par exemple chez le Closterium Dianœ Ehr., et probablement aussi chez les Telmemorus Ralfs. — Nous avons observé le mouvement des cils vibratiles chez plusieurs espèces de Closterium. M. Herbert Thomas (Quarterly Journal of microscopical Science. Oct 1854, p. 36) soupçonne un mouvement ciliaire analogue chez le Cosmarium margaritiferum. Toutefois, c’est en vain que nous avons cherché à le constater chez cette Desmidiacée et chez d’autres espèces voisines.
b. Schleiden. Grundzüge der wissenschaftlichen Botanik. Erster Theil. Leipzig, 1849, p. 316.
M. de Siebold admettait encore, sous le nom d ’Astoma, certains organismes flagellés parmi les infusoires : c’étaient les Peridinium et les Astasies. Mais M. Leuckart 1 range, soit les Péridiniens, soit les Astasiées (Euglènes comprises) dans le règne végétal.
Nous avons maintenant des matériaux en main, qui semblent montrer que tous ces êtres, ou tout au moins une grande partie d’entre eux, doivent rentrer bien réellement dans la série animale. Ceci est important, car chacun se souvient du célèbre .Mémoire de M. Unger, que nous avons déjà souvent mentionné, Mémoire dans lequel ce savant distingué défendait l’idée de la métamorphose des plantes en êtres animés. Il est incontestable que l’animalité des monades une fois démontrée, les partisans de M. Unger prétendront au premier abord pouvoir y trouver un appui immense en faveur de leur théorie. En effet, la distance qui sépare une monade de la spore d’un Chytridium paraît n’être pas grande. Les zoogonidies des algues appartenant aux genres Cladophora, Ectocarpus, Chœtophora , Ulothrix , Draparnaldia, etc., semblent offrir une grande analogie avec divers genres de la famille des Monadiniens, et cependant nous avons vu qu’on ne peut guère les considérer que comme de vraies plantes. — Nous croyons néanmoins qu’il est possible de tout concilier, de laisser les zoogonidies de Chytridium, de Cladophora, d’Ectocarpus, etc., être ce qu’elles sont bien réellement, c’est-à-dire des êtres végétaux doués de mouvement, issus de végétaux, et devant rester végétaux ; et, d’un autre côté, de laisser aux Monadines, aux Euglènes, aux Dinobryons, aux Yolvocinées même, leur caractère d’animalité. Il est en effet une grande différence entre ces deux catégories d’êtres. Nous savons, il est vrai, que le mouvement n’est point une propriété caractéristique des animaux, puisqu’il a été constaté chez un fort grand nombre de plantes, et que la distinction entre mouvement volontaire et inconscient n’est pas possible au point de vue objectif. Mais il est, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer, d’autres caractères qui, jusqu’ici, n’ont été observés que chez des animaux, et dont la présence devra toujours, ce nous semble, décider de l’animalité des êtres qui les possèdent. Tels sont, par exemple, l’existence d’un cœur et l’ingurgitation spontanée et directe de substances dans l’intérieur du corps par une ouverture buccale. Or, nous avons vu dans la partie anatomique de ce travail, que la
I. Bergmann und Leuckart. Vergleichende Anatomie und Physiologie. Stuttgart, 1852, p. 132.
vésicule contractile des infusoires doit être considérée comme l’analogue d’un cœur. Peu importe, d’ailleurs, qu’on préfère avec MM. Schmidt, Gray Carter, Leuckart, etc., considérer cet organe comme le centre d’un système aquifère ou excréteur 1 2 3, il n’en reste pas moins vrai que c’est un organe purement animal, dont l'analogue n’existe pas, ou n’est du moins pas connu jusqu’ici dans le règne végétal. Or, une Euglène, par exemple, possède, comme nous le verrons, une vésicule contractile, et ce simple fait suffit à l’éloigner considérablement d’une zoogonidie quelconque. Les monades paraissent également toutes avoir une ou plusieurs vésicules contractiles, et partout où nous trouverons un semblable organe, nous pencherons à admettre l’animalité de l’être qui le possède.
Cela posé, passons à l’étude de la propagation dans les différents groupes, à commencer par les Desmidiacées.
C’est surtout à MM. Morren, Ralfs, Nægeli, Smith et Alex. Braun que nous devons la connaissance du mode de reproduction des Desmidiacées. Les travaux remarquables de MM. Nægeli 5 et Alex. Braun 4 nous ont tout particulièrement fourni des données intéressantes à ce sujet. Ces deux savants ont cherché à démontrer chez ces organismes la présence d’une espèce de génération alternante. M. Nægeli admet chez les Desmidiacées des séries successives de génération par fissiparité. Ces séries sont séparées les unes des autres par une génération de transition, où une copulation soit conjugaison a lieu entre deux individus. En d’autres termes, une^suite de générations a lieu par simple division spontanée; la dernière génération de cette série au lieu de se diviser se copule et produit ainsi la première génération de la série suivante. Ces cycles vont se répétant à l’infini. Tantôt les cellules ou individus appartenant à chacune de ces séries .restent unis ensemble ( Desmidium , Didymoprium, Hyalotheca ), tantôt ils végètent
1. Silliman’s American Journal. Mars 1833. M. Gray veut avoir observé chez le Paramecium Aurélia un canal, partant de la vésicule contractile et allant s’ouvrir dans l'oesophage. Nous ne croyons pas que personne puisse retrouver ce canal.
2. Nous devons dire que l’un de nous, M. Lachmann; parait pencher récemment pour l’opinion qui fait du système circulatoire des infusoires un système aquifère ou excréteur (Note de 1860).