‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 131 sur 198 · Ralfs. British Desmidiea*. 1849, p · texte numérisé non relu

Ralfs. British Desmidiea*. 1849, p

D’autre part, M. Morren rapporte avoir vu une cellule reproductrice, produite à la suite d’une copulation de ce même Closterium Lunula, s’agiter pendant vingt minutes en tous sens, comme une zoogonidie, puis passer à l’état de repos et prendre la forme d’un Closterium.

Il est encore à noter que M. Braun ' mentionne des corps analogues à des infusoires, qu’on voit se former dans les cellules d’algues vertes (Spirogyra, Œdogonium, etc.) qui sont près de périr. Ces corps se distinguent des zoogonidies normales par leur forme irrégulière, leurs mouvements plus lents et leur contenu brunâtre entouré d’une gelée. M. Braun a vu de telles pseudo-gonidies se former dans les mêmes cellules où naissent les zoogonidies normales, et pense qu’on les a souvent confondues avec cellesci. Ce fait conduit involontairement à songer à ces corps ronds, immobiles, analogues à des cellules reproductrices que Meyen i. 2 a observé chez de vieux Closterium non copulés. M. Colin 3 décrit chez une conferve, la Sphœroplea annulina , des pseudo-gonidies analogues à celles sur lesquelles M. Braun a attiré l’attention. On les trouve dans les cellules qui jouent le rôle d’authéridies et ont formé des phytospermes. Ce sont des parties du contenu des cellules qui n’ont pas été utilisées, et qui montrent néanmoins des mouvements propres. Peut-être, suppose M. Colin, ces corps sont-ils produits par une fusion de plusieurs spermatozoïdes, à peu près comme M. Meissner 4 admet que les zoospermes non utilisés (et les autres aussi du reste) chez les animaux, se transforment en gouttes d’huile 5 6. Des globes mobiles analogues se trouvent également dans les cellules de la Sphæroplea, qui jouent le rôle de sporanges. Enfin, M. Cohn a rencontré dans ces utricules, en outre des productions pathologiques douées de mouvement, de vrais infusoires ( Trachelius trichophorus 6 Ehr.) avec lesquels il faut bien se garder de les confondre.

i. Braun. Verjüngung, p. 300.

i. Meyen. Pflanzenphysiologie iii, pl. X. fîg. 24.

3. Monatsbericht der Konigl Akademie der Wissensehaften zu Berlin. Mai 1833, p. 345.

4. Beobaclitungen über das Eindringen der Spermatozoen in das Ei.-Zeitschrift für wissensch. Zoologie. 0. Band.

5. Depuis lors, cette doctrine de la transformation des zoospermes engraisse a été singulièrement ébranlée. Voyez Claparède: Ueber Eibildung und Befruchtung bei den Nematoden. — Zeitschrift fur wiss. Zoologie. 9 Bd, p. 106 et suiv. — De la formation des œufs chez les Nématodes, in-4°, Genève, 1859. ( Note de 1860).

6. Nous avons vu ailleurs (tome 1er, p. 3-46) que ce prétendu Trachelius est un infusoire flagellé du genre des Astasies ( Note de 1 860).

Les Diatomées se rapprochent très-sensiblement des Desmidiées par leur mode de reproduction. Leur conjugaison fut découverte d’abord par M.Thwaites 1 dans YEunotia turgida Ehr. Cette découverte fit sensation, attendu qu’elle semblait décider la question de l’animalité ou de la végétabilité de ces organismes. L’analogie de ce mode de reproduction avec celui des Desmidiacées, va en effet à peu près jusqu’à l’identité, et la position des Desmidiacées parmi les algues, semblait moins douteuse que celle des Diatomacées. La conjugaison des Eunotia consiste, d’après M. Thwaites, dans l’union de l’endochrôme de deux frondes voisines. La masse qui résulte de cette fusion se recouvre d’une membrane propre, et devient ainsi ce que M. Thwaites, probablement par analogie avec lesDesmidiacées, nomme le sporange. Mais ce nom ne paraît pas justifié, comme M. Braun le fait remarquer 2, car ces corpuscules passent immédiatement à l’état de cellules végétatives, de frondes nouvelles en un mot, ce qui n’a pas lieu chez les Desmidiacées, où les cellules reproductrices passent un long temps à l’état de repos. — Peu de temps après, M. Thwaites 3 constata des faits tout à fait semblables chez les Gomphonema et les Cocconema , ainsi que chez les Fragilaria. Il reconnut que les cellules r eproductrices deviennent semblables aux frondes-mères, et se multiplient même par fissiparité longitudinale. Pendant la conjugaison, les frondes conjuguées se divisent en général en deux moitiés, pour laisser échapper l’endochrôme qu’elles renferment; mais cependant, dans certains cas, comme dans le Gomphonema mimtissinum et la Fragilaria pectinalis , l’endochrôme s’échappe par une fente, située à l’extrémité de la fronde.

Ici donc nous retrouvons une alternance de générations du même genre que chez les Desmidiacées. La copulation des cellules a toujours lieu à la suite d’une série de générations par fissiparité, et a pour but la production directe ou indirecte de cellules reproductrices, destinées à être des espèces de générations de transition à un cycle végétatif nouveau 4.

1. On eonjugation in the Uiætomaceæ t>y G.-H.-K. Thwaites, Lecturer on Botany at the Bristol medical SchooL Aimais and Mag. of Nat. History Vol. 20. 1847, p. 9.

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