‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 137 sur 198 · Busk. Loc. cit. p · texte numérisé non relu

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détachent de l’organisme-parent et nagent de concert dans les eanx sous une forme qui rappelle les Uvella ou les Syncrypta de M. Ehrenberg.

Le Volvox aureus Ehr. est, d’après M. Stein, une autre espèce de Volvox (F. minor Stein) observé dans le moment où les corps reproducteurs ont pris une teinte rouge dorée. D’après M. Bush ce ne serait qu’une forme de Volvox globator 1 .

M. Colin 2 nous a cependant fait connaître chez les Stephanosphæra, genre excessivement voisin des Volvox, un mode de reproduction qui semble indiquer que ceux-ci pourraient bien se reproduire encore d’une autre manière 3. Ici également on trouve la division binaire, ce procédé de multiplication si fréquent chez les animaux inférieurs. Chaque Stephanosphæra se compose normalement de huit individus, associés en famille dans une enveloppe gélatineuse commune. Une triple division binaire s’effectue chez chaque individu, de manière à ce que l’enveloppe commune se trouve renfermer huit groupes de chacun huit individus. Chacun de ces groupes sort par une déchirure de l’enveloppe commune et forme une nouvelle famille. — Parfois aussi les individus quittent isolément la famille et mènent chacun pour son compte une vie errante. On ne peut guère alors les distinguer des Chlamydomonas. Nous verrons plus bas quelle est la destinée probable de ces individus.

Dans d’autres cas, la division binaire poursuit sa marche de sorte que le nombre des individus appartenant à chaque groupe ne se restreint pas à 8, mais se multiplie

! . Nous savons à peine si nous devons mentionner ici une note de M. le docteur Gros, sur le développement du Volvox globalor (Bulletin de la Société des naturalistes de Moscou. 184b, 1 , p . 580). M. Gros donne de cet organisme une description du reste assez confuse. Il donne aux individus qui composent une famille adulte le nom de polypiers de premier ordre. Les jeunes familles contenues dans l’intérieur du Volvox sont pour lui des polypiers de second ordre, et les individus de ces jeunes familles des vésicules vésiculées de troisième ordre. M. Gros a puisé dans un étang un verre plein de Volvox. Ce verre le suit partout et gèle même en voyage; après quoi M. Gros se met à l’observer avec soin, depuis ie mois de février jusqu’au mois d'octobre, où il trouve que les vésicules mères sont toutes détruites, et que les vésicules de troisième ordre ont seules survécu. Une partie de celles-ci sont à l’état de repos, entourées de gelée. Malheureusement, M. Gros ne sait pas distinguer ces vésicules d’œufs de rotateurs qui se trouvent par hasard dans son verre, il voit ces rotateurs se développer tout naturellement dans leurs œufs, et M. Gros se met en voyage, allant proclamer par le monde qu’il a vu un Rotatoire philodinê issu d’un Volvox. Il en conclut à une alternance de génération chez les Rotateurs, « car, dit-il, ce serait un rotatoire issu de la couvée d’un polvgastrique (!) »

C’est du reste le même M. Gros qui nous apprend ailleurs (Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou, 184b, p. 587) que les spores végétales deviennent des bacillariées, et que les cellules végétales « couvent aussi d’autres infusoires. » 2. Ueber eine neue Gattung ans der Familie der Volvocinen. Zeitsch. f. wiss. Zoologie, 4 ter Bd. p. 77. ô Cette prévision s’est trouvée réalisée dans l’intervalle, par la découverte faite par M. Cohn lui-même, des spermatozoïdes des Volvox, ainsi que nous l’avons exposé dans la note de la page précédente (Note de 1860).

en 16, 32, 64, 1*28, et ainsi de suite. L’enveloppe commune se trouve finalement remplie de myriades de petits êtres munis chacun de quatre cils iïagelliformes. Ces petits êtres fusiformes quittent l’enveloppe commune et nagent librement dans l’eau. Personne ne méconnaîtra l’analogie de ces corpuscules avec les microgonidies des algues.

Ces observations de M. Colin se trouvent complétées par celles de M. Alex. Braun ’ sur les Chlamydomonas elles-mêmes. L’analogie de ces petits êtres avec les Volvox avait déjà été reconnue par M. Ehrenberg, ce qui n’a pas empêché M. Dujardin de les éloigner de ces derniers, et, sans aucune raison valable, de les anabaptiser du nom de Diselmis. — Les Chlamydomonas apparaissent d’ordinaire en masses énormes au printemps, puis disparaissent subitement, sans qu’il soit possible d’en trouver un seul individu pendant l’été. M. Braun a éclairci ce mystère par l’étude du développement de la Chlamydomonas obtusa Br. Dans l’état que l’on regarde d’ordinaire comme leur état normal, M. Braun considère les Chlamydomonas comme des zoogonidies. Elles se multiplient sous cette forme par une division binaire simple ou deux fois répétée. Cependant il arrive de temps à autre que la division binaire se répète un plus grand nombre de fois. Elle donne alors lieu à 46 ou 32 microgonidies dont la forme est différente de celle des macrogonidies. — La même chose a lieu chez une autre espèce, la Chlamydomonas lingcns Br. Au printemps on voit les générations de macrogonidies se succéder très rapidement, et les microgonidies apparaître aussi ça et là. Mais au bout de quelques semaines on ne trouve plus un seul individu en mouvement. Les cellules précédemment allongées, ont pris une forme parfaitement sphérique, et ont passé à l’état de repos. Leur contenu, primitivement vert, se colore peu à peu en rouge brun et l’on voit l’intérieur parsemé de gouttes d’huile. Dans cette espèce d’état de sommeil, les Chlamydomonas persistent tout l’été, et ce n’est qu’en décembre ou janvier qu’on voit apparaître de nouveau des individus mobiles. Leur couleur repasse alors peu à peu du rouge au vert, et les phénomènes de division recommencent.

L’apparition des microgonidies chez les Chlamydomonas et les Stephanosphères

I. Al. Braun. Leber Die Erscheiuung (1er Verjüngung in der Natur. |> 520 et suiv.

rend leur existence, chez les autres Yolvocinées, fort probable \ et lorsqu’on songe à l’importance acquise récemment à ces singuliers êtres, parla découverte de M Pringsheim 1 2, quia reconnu que leur destination réelle est de jouer le rôle d’anthéridies, ou même directement de spermatozoïdes, on en concluera que nous ne sommes peut être pas loin du moment où l’on trouvera des sexes chez les Volvox, comme on en a découvert récemment chez les Yauchéries, les Fucoïdées et beaucoup d’autres algues. Les individus des Stephanosphæra que nous avons rapporté se détacher isolément d’une famille, seraient alors des macrogonidies, et leur but serait probablement, en se détachant de la famille, de passer bientôt à l’état de repos.

Nous voyons du reste quelque chose de semblable se passer chez les Gonium, autre genre de Yolvocinées, dont une espèce, le Gonium 'pectorale , a été étudiée par M. Cohn sous le point de vue de son développement3. Le Gonium pectorale se compose, comme on sait, de 16 individus réunis en famille sous une forme tabulaire, dans une enveloppe gélatineuse. La reproduction s’opère au moyen d’une division binaire quatre fois répétée, d’où il suit, qu’après une semblable division, la famille primitive se trouve composée d’un nombre d’individus égal au carré de 16 et répartis en 16 groupes. Chacun de ces groupes forme une nouvelle famille. Il se présente naturellement parfois des irrégularités. C’est ainsi qu’il n’est pas rare de rencontrer des familles de huit individus. Comme la famille n’est point distribuée en échiquier, mais suivant certaines lois dontM. Cohn a fait l’étude particulière, ces familles anormales semblent au premier abord manquer de symétrie. Mais ce sont dans le fait de véritables hémiédries. — De même que chez les Stephanosphæra, il arrive parfois aussi chez les Gonium que les individus, appartenant à une famille, la quittent isolément, probablement pour passer bientôt à l’état de repos. Il faudra encore des observations suivies pour savoir si l’idée des cycles, séparés par une génération de transition (Nægeli et Braun), trouve ici son application. Mais nous en doutons à peine.

1. On peut voir par la note de la page 51 que cette prévision s’est réalisée. L’existence de sexes chez les Volvo-

einées en général, est aujourd’hui parfaitement démontrée (Noie de 1860). '

2. Monatsbericht der Berliner Akademie der Wissenschaften. Mârz 1835.

5. Untersuchungen ttber die Entwicklungsgescbielite des mikroskopischen Algen und Pilze. p. 180 et suiv.

Aux yeux de M. Colin ’ les familles de Gonium formeraient le pendant des Pediastrum, mais en sens inverse. Chez les Pediastrum, ce sont les individus isolés qui sont doués de mobilité, tandis que les familles vivent à l’état de repos. Chez les Gonium ce sont, au contraire, les familles qui mènent une vie errante, tandis que les individus se détachent isolément pour passer à l’état de repos. Les microgonidies n’ont pas été observées jusqu’ici, mais l’analogie des Stephanosphæra et des Chlamydomonas permet de supposer qu’on viendra à les découvrir.

Les Pandorina, les Botryocystis, *etc., offriront sans nul doute des phénomènes analogues.

D’après tout ce qui précède, on s’attend probablement à ce que nous considérions les Vol voci nées comme des végétaux. Toutes leurs analogies semblent être de ce côté là. Le mode de division est tout végétal ; la présence de macrogonidies et de microgogonidies comme chez un Pediastrum ou un Hydrodictyon ne parle guère en faveur de l’animalité, sans compter que les corps reproducteurs (probablement destinés à reproduire des macrogonidies') du Volvox globator ressemblent à s’y méprendre aux spores de Sphæroplea, et subissent comme celles-ci, pendant leur état de repos, un passage de la couleur verte à la couleur brune. Voir des animaux dans de tels organismes, c’est, semble-t-il, vouloir violer toutes les analogies.

Et cependant nous flottons dans le doute, et même, si nous sommes obligés de nous prononcer d’une manière positive, nous croirons devoir faire pencher la balance plutôt du côté de l’animalité. Ce ne sont pas les mouvements qui nous guident dans cette manière de voir, bien qu’on pût se laisser séduire à adopter cette opinion, uniquement par la description que Turpin fait de la manière « dont on voit le^ Gonium se balancer avec grâce, pirouetter, se tourner en avant, en arrière, se ployer majestueusement; comment ils forment une chaîne qui se promène en décrivant toutes sortes de figures, si bien qu’on croirait, dans une goutte d’eau animée par ces émeraudes étincelantes, assister à un bal magnifique, masqué et paré. . . Une petite féérie î » Ce ne sont pas non plus les points rouges fréquents chez beaucoup d’entre eux, mais c’est la présence d’un organe important, la vésicule contractile.

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