Mikroskopische Algen und Pil/.e. p
3. M. Cohn (Mikroskopische Algen und Pilze. p. 176) a montré que ces cordons sont, chez les Gonium, produits par des prolongements en pointe de chaque individu. La membrane des cellules développe en effet des espèces de prolongements plus ou moins coniques qui lui donnent une apparence étoilée, et chacun de ceux-ci vient s’appliquer bout à bout contre un prolongement semblable, émané d’une cellule voisine. Le contenu de la cellule, le contenu vert du moins, ne pénètre pas dans ces cônes membraneux. — Chez les Volvox, il en est un peu différemment : ici, les individus sont placés au centre des cellules d’enveloppe qui sont polyédriques et parfois très-difficiles à reconnaître. M. Williamson (Further élucidations on the structure of Volvox globator, by prof. Williamson. — Quarterly Journal of microscopal Science. 1855, p. 45, a été le premier à les reconnaître, et sa description concorde parfaitement avec nos propres observations. De chaque individu partent, dans l’état normal, des filaments (connecting threads de M. Williamson) qui vont en rayonnant jusqu’à la paroi de la cellule. Ils atteignent celle-ci à un point qui correspond parfaitement à celui qu’atteint un filament dans la cellule voisine, d’où résulte l’apparence de fils continus, allant d’un individu à l’autre. D’après M. Williamson, ces filaments sont, du reste, des prolongements d’une membrane fort délicate ( proloplasmalic membrane ), qui se trouve toujours entre le protoplasma de chaque individu et la membrane de sa cellule. C’est à l’origine d’un de ces prolongements remplis de protoplasma que se trouve la vésicule contractile.
4. Dujardin. Histoire naturelle des Infusoires. Paris, 1841, p. 315.
substance des individus mêmes. Nous n’avons constaté que la présence d’une seule de ces vésicules. — Nous nous étions déjà convaincus de ces faits, lorsque nous nous aperçûmes que M- Busk1, en Angleterre, avait déjà vu et figuré la vésicule contractile chez le Volvox globator. Consultant alors sa figure et sa description, nous vîmes que la place indiquée par cet excellent observateur coïncide parfaitement avec celle que nous avons trouvée. — La présence d’une ou de plusieurs vésicules contractiles paraît donc être un phénomène répandu chez les Volvocinées.
M. Cohn, il est vrai, a cherché inutilement une vésicule contractile chez les Stephanosphæra et les Chlamydococcus (Protococcus), mais ce n’est pas à dire qu’elle n’existe pas et, dans tous les cas, cela ne détruit pas le fait de son existence chez d’autres Volvocinées.
Après avoir vu M. Cohn découvrir la vésicule contractile chez les Gonium et les Chlamydomonas, on s’attend à ce qu’il descende dans la lice pour défendre l’animalité des Volvocinées. Mais tout au contraire, parce que, suivant son opinion, si l’on fait des Gonium et des Chlamydomonas des animaux, il faut nécessairement déclarer les Stephanosphæra et les Chlamydococcus (Protococcus), membres intégrants de la grande phalange animale. Si l’on consent à cela, pense-t-il, les genres Pediastrum et Hvdrodietyon devront suivre la même route, et alors il n’y aura plus de raison pour refuser le même titre d’animal aux spores de Cladophora et de Tetraspora, ni a toute la cohorte des zoogonidies végétales.
Cette objection est spécieuse. Il est certain que les Stephanosphères devront suivre partout les Volvox, dût-on même ne jamais découvrir de vésicule contractile chez elles.
Il est certain que les Volvocinées offrent dans leur mode de développement (Stephanosphæra, Chlamydomonas 2) une grande affinité avec les Hydrodictyon et les Pediastrum , mais, d’un autre côté, elles en sont cependant assez éloignées pour former un groupe à part bien distinct. M. Cohn reconnait que la vésicule contractile d’une Vçlvocinée ne se distingue en rien de celle d’un Rhizopode amœbéen ou d’un Infusoire. Mais il admet . que cet organe (qui est probablement, à nos yeux, la première apparition d'un cœur dans
1. Busk. Soirte observations on the structure and developement of Volvox (jlobalor and its relations lo othe? unicellular plants. Quarterly Journal of microscopieal Science. 1855, p. 3l-5o.
•2. Aujourd’hui l’on peut ajouter aussi Volvox, grâce à M. Cohn (Noie de I8t»ü).
la série des êtres) n'est pas un caractère d’animalité. Nous reconnaissons, il est vrai, qu’il est possible qu’un jour on arrive à constater la présence d’une vésicule contractile dans un organisme indubitablement végétal ; car, pourquoi n’en serait-il pas de cet organe comme de toutes les autres barrières qu’on a cherché à établir entre le règne végétal et le règne animal? Elles sont à peu près toutes tombées les unes après les autres. Nous savons que lorsque MM. Valentin etPurkinje firent en 1831 la découverte de l’épithélium vibratile, ils y virent le caractère distinctif le plus sûr entre les animaux et les plantes. Les études de M. Unger, sur les zoogonidies des Vauchéries, devaient bientôt renverser cet édilice tout factice. Le second mode de motilité qu’on rencontre chez les infusoires, à savoir la natation au moyen de cils flagelliformes, s’est également retrouvée d’une manière inattendue chez les plantes. Mais, dans tous les cas, c’est un fait conslant que V existence d’une vésicule contractile de la nature de celles des Rhizopodes amœbéens et des infusoires fait défaut dans tout organisme appartenant avec certitude au règne végétal ’. C’est là le seul caractère objectif qui reste à notre disposition pour distinguer les deux règnes dans les organismes inférieurs. On ne sait à tout prendre quelle est la différence réelle et fondamentale entre les organismes qui sont situés sur les derniers rayons de l’échelle des deux règnes organisés, et si l’on admet l’opinion de la majorité, à savoir, par exemple, qu’une Euglène soit un animal, tandis qu’une gonidie de Cladophora ou même une Yolvocinée, serait un végétal, il n’en restera pas moins vrai que la différence entre un tel animal (à supposer qu’il soit réellement astome) et un tel végétal, sera moins grande que celle qui distance cet animal, l’Euglène, du groupe animal le plus voisin, celui des infusoires ciliés !.
S . Depuis que ces lignes ont été écrites, M. de Bary a décrit une vésicule contractile dans les zoogonidies des Myxogastres on Myxomycètes, organismes que chacun considérait jusqu’ici comme des végétaux bien caractérisés. Mais en même temps M. de Bary, pour cette raison et pour beaucoup d’autres, comme nous l’avons vu plus haut, pense devoir a Hector à ces organismes le nom de Mycélozoaires et les faire passer dans le règne animal. Du reste, cette découverte, en montrant toujours plus combien la distinction tranchée entre un règne animal et un règne végétal est peu fondée sur les faits, diminue bien l’importance de la recherche d’un critère objectif de distinction entre ces deux règnes (Noie de 1860).
2. Du reste, lorsque nous rapprochons les Volvocinées et organismes voisins du règne animal, nous avons pour nous l’opinion d’un des botanistes les plus illustres de l’époque actuelle, M. Gustave Thuret: « Les Diselmis (Chlamydomonas), dit-il, Gonium, Pandorina, Volvox, Prolococcus phivialis, présentent des caractères d’animalité trop prononcés pour qu’il soit possible de les réunir au règne végétal. » il pense qu’il conviendrait de les placer avec tous les infusoires (flagellés sans doute) colorés en vert en un même groupe, qu’on pourrait désigner sous le nom de
Mais, puisque nous amenons les Euglènes sur le tapis, et que M. Leuckart 1 les tient pour des plantes, nous dirons quelques mots de la place où se trouve leur vésicule contractile. 11 paraîtra curieux, sans doute, que nul n’ait vu jusqu’ici cet organe. Mais c’est une conséquence toute naturelle de sa position. Les Euglènes ont, comme l’on sait, la forme d’un sac ou utricule dont les parois sont colorées par de la chlorophylle. Elles sont munies d’un long ilagellum à la partie antérieure. Dans le voisinage de l’insertion de ce Ilagellum se trouve un point rouge considéré par M. Ehrenberg et d’autres auteurs comme un œil. Auprès de celui-ci est une place d’un blanc mal, que
M. Ehrenberg suppose appartenir au centre nerveux et qu’il désigne par suite sous le
nom de ganglion (Markknoten), nom que nous conservons provisoirement, sans vouloir cependant prétendre à soutenir l’opinion du savant professeur Berlinois. — Dans les espèces d’Euglènes chez lesquelles nous avons reconnu l’existence de la vésicule contractile, savoir VEuglena viridis (PI. XII, tig. 14, c. v.), l’ Euglena- Acus (fig. 15, c. v.), VE. Pleuronectes (fig. 11, c. v.), cette vésicule se trouve placée précisément sur le dit ganglion 2. La vésicule par elle-même offre à peu près la même coloration que l’organe sous-jacent, et il est par suite difficile de l’apercevoir. Mais, lorsqu’on parvient à la fixer, on ne tarde pas à s’apercevoir qu’elle est douée d’un mouvement de systole et de diastole qui se répète à des intervalles déterminés. Il est inutile de chercher à répéter cette observation sur une Euglène en mouvement. C’est un sujet délicat qui exige avant tout que l’objet observé soit dans un repos parfait. Si nous n’avons pu constater l’existence de cette vésicule chez d’autres Euglènes, telles que VEuglena Pyrum et VE. Spirogijra , cela tient uniquement à l’opacité des individus que nous avons observés. Mais nous ne doutons pas qu’on ne finisse par la trouver également chez toutes les autres Euglènes (les Phacus de MM. Nitzsch et Dujardin compris), les Chlorogonium, etc.
Chlorozoïdes (V. G. Tliuret. Recherches sur les zoospores des Algues. — Annales des Se. nat., t. 14, p. 249). Ce serait toutefois, ce nous semble, accorder une importance trop grande à la présence de la chlorophylle, puisqu’il est avéré que certains infusoires peuvent être tantôt incolores, tantôt colorés en vert, par un dépôt de chlorophylle dans leur parenchyme.
1. Bergmann und Leuckart. Vergleichende Anatomie und Physiologie.
2. Depuis la rédaction de ces lignes, la vésicule contractile* des Euglènes a été décrite par M. Carter, et nous voyons avec plaisir qne ses observations concordent sur ce point entièrement avec les nôtres. (V. Annals and May ■. of nat. History (Note de 18(>0).
Nous savons que les botanistes ont plusieurs raisons à taire valoir pour faire rentrer les Euglènes dans leur domaine. Déjà le fait de la présence d’une très-forte proportion de chlorophylle dans le parenchyme de ces organismes, semble parler en faveur d’une nature végétale. Toutefois il suilit de nommer le Paramecium Bursaria Focke, et bien d’autres infusoires ciliés pour montrer que la chlorophylle n’est plus une substance exclusivement végétale. M. Angstrôm ' a dernièrement montré que la chromule végétale, extraite par l’alcool des plantes phanérogames, donne trois raies lumineuses dans le spectre, tandis que l’extrait à’Euglena ' viridis rren donne que deux, l’une dans le vert, l’autre dans le rouge \ Or, chose curieuse, trois algues que M. Angstrôm a soumises à des expériences comparatives, savoir le Gonferva glomerata , une Zygnema etuneVaucheria ont montré des phénomènes parfaitement identiques à ceux qu’avaient offerts les Euglènes, et différents des résultats donnés par les plantes phanérogames. Ces résultats sont fort intéressants, mais montrent seulement une parenté entre la chlorophylle des algues et celle des Euglènes, parenté que chacun considérait déjà comme une véritable identité. Dans tous les cas nous croyons que la physique se montrera aussi impuissante que la chimie à donner une véritable pierre de touche propre à différencier le règne animal du règne végétal. Nous avons vu la cellulose et l’amylum revendiquer ce titre, et, malgré cela, la cellulose, ce principe éminemment végétal, n’en forme pas moins l’enveloppe des Salpes et des Ascidies :i et l’on veut la retrouver aujourd’hui dans certaines circonstances ainsi que son proche parent l'amylum *, jusque dans les reins ou dans le cerveau humain lui-même \