‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 170 sur 198 · Depuis lors aussi par M. d’Udekem. (Note de · texte numérisé non relu

Depuis lors aussi par M. d’Udekem. (Note de

soires en question une génération fort simple : le parent y produit des individus qui n’ont besoin de subir qu’une métamorphose peu importante pour devenir semblables à lui. Nous n’avons donc jusqu’ici aucune raison de supposer qu’il en soit autrement chez les Vorticellines.

Il ne faut pas chercher une objection au passage direct de l’embryon à la forme d’Epistylis dans la petitesse de cet embryon. Il est en effet très fréquent de rencontrer des Vorticellines d’une petitesse excessive, dont la taille ne dépasse souvent pas de beaucoup celle de nos embryons. 11 n’est malheureusement pas possible de distinguer à quelles espèces ces petites formes appartiennent, car elles se ressemblent toutes plus ou moins. Il n’est dans tous les cas pas probable qu’on doive les considérer comme spécifiquement différentes des Vorticellines connues jusqu’ici.

En outre de cette reproduction par embryons internes, les Epistylis offrent d’autres modes de multiplication déjà connus depuis longtemps, savoir la gemmiparité externe et la fissiparité. La fissiparité est le phénomène le plus fréquent. C’est par ce moyen que l’arbre épistylien se développe, qu’il se ramifie. Voici en peu de mots comment la chose se passe :

Une Epistylis se divise longitudinalement en deux, de sorte qu’un seul rameau de l’arbre se trouve porter deux individus. Chacun de ceux-ci prolonge le rameau ou pédicule pour son propre compte, ce qui donne lieu à une bifurcation, et après être arrivé à une certaine distance de cette bifurcation il se divise à son tour. Une nouvelle bifurcation est ainsi formée sur chacune des branches issues de la première et ainsi de suite. Il en résulte, comme nous l’avons déjà fait remarquer un type d’édification purement dichotomique. En outre les rameaux croissent avec une vitesse qui est toujours la même pour tous et ils élèvent par suite toutes les Epistylis au même niveau. De là une sorte d’inflorescence en corymbe.

Il arrive parfois que deux individus résultés de la division longitudinale d'un seul se divisent de nouveau chacun pour leur compte avant d’avoir sécrété un pédoncule spécial. lien résulte un bouquet de quatre Epistylis à l’extrémité d’une même branche. Parfois la répétition de la division va plus loin encore et chacun de ces quatre individus se divise de nouveau en deux suivant un plan médian longitudinal. On a alors un bouquet de

huit Epistylis serrées les unes contre les autres à l’extrémité d’un même rameau. Les individus, résultant de cette division binaire trois fois répétée, sont naturellement bien plus petits que les autres membres de la famille. Lorsque les divers individus du bouquet se forment chacun un pédicule particulier, il en résulte une irrégularité dans le type dichotomique de l’arbre. Mais ce n’est là qu'une rare exception. Nous n’en avons rencontré jusqu’ici, comme nous l’avons déjà indiqué, qu’un seul exemple. En général les petites Epistylis qui forment le bouquet se munissent d’une couronne ciliaire postérieure, se détachent de l’arbre et vont fonder ailleurs d’autres colonies.

La production des gemmes a déjà été signalée chez VEpistylis plicatilis par M. Ehrenberg. Elle a lieu le plus souvent, comme c’est en général le cas chez les Vorticellines, à la base de l’animal, vers son point d’attache sur le pédicule. Mais ce n’est point là exclusivement la place où les bourgeons paraissent prendre naissance. Nous les avons constatés en diverses parties du corps de l’animal (Y. PL VII, fig. 14, 15 et 16). Parfois ces gemmes se détachent alors qu’elles ne sont pas plus grosses qu’un embryon.

Comme nous l’avons déjà indiqué les Epistylis, et on le sait, toutes les Vorticellines \ peuvent se trouver aussi bien libres que fixées. Elles quittent leur pédicule en général après une division, ou bien, si ce sont des gemmes, elles se détachent du corps du parent. Lorsque cette séparation a lieu, on voit se former comme un sillon circulaire dans la partie postérieure de l’animal et dans ce sillon on commence au bout de quelque temps à apercevoir des cils, sans qu’on puisse bien voir comment ils ont été formés (PL VII, fig. 17). Ce sont probablement des excroissances des téguments. Les cils se mettent à s’agiter d’abord très lentement, mais leur motion devient de plus en plus accélérée et finit par produire un vrai tourbillon. Enfin vient un moment où le corps de l’animal se détache du pédicule, la place de déhiscence restant parfaitement nette et comme coupée. L’Epistylis nage alors librement. Sous cette forme elle est complètement méconnaissable. Elle est contractée d’avant en arrière sous la forme d’un large disque (fig. 18). Le péristome est fermé et l’organe vibratile complètement rétracté dans l’intérieur, où, grâce à la transparence de l’animal, on peut encore l’apercevoir.

1 . Les Triehodines seules sont libres toute leur vie durant.

L’Epistylis nage ainsi avec une excessive rapidité, tantôt tourbillonnant, tandis que la couronne ciliaire (partie postérieure) est tournée vers le bas, et alors elle fait l’impression d’un disque cilié sur son pourtour, tantôt se portant en avant et dans ce cas le disque affecte une position oblique par rapport à la verticale, la partie postérieure de l’animal étant dirigée vers le bas et l’avant. L’Epistylis ne reste qu’un temps assez bref sous cette forme. Elle va bientôt se fixer quelque part pour sécréter un pédicule et rentrer dans la vie sédentaire.

Une seule fois nous avons eu l’occasion d’observer un cas de conjugaison chez YEpistylis plicatilis, et, chose curieuse, cette conjugaison avait lieu entre une gemme encore attenante à l’organisme parent et un'individu adulte (V. fig. 14). Nous en reparlerons plus tard.

Avant de quitter les Epistylis, nous voulons signaler quelques particularités de forme que nous avons rencontrées plusieurs fois chez ces "Vorticellines, sans que nous soyons en état de faire la moindre supposition sur leur signification réelle. Quelques individus (PI. VII, fig. 19, 20, 21) présentaient un sillon circulaire extrêmement profond, qu’on aurait pu interpréter au premier abord comme une exagération du sillon qui précède l’apparition de la couronne ciliaire postérieure. Mais outre que nous ne pûmes jamais voir apparaître de cils dans cet étranglement, celui-ci était, chez beaucoup dindividus, placé infiniment trop près du péristome pour avoir une semblable signification. On pouvait songer plutôt au commencement d’une division transversale ; parfois même la vésicule contractile était allongée en forme de biscuit, présentant le même étranglement que les téguments, ce qui semblait indiquer chez elle une tendance à se diviser. Mais ce n’était là probablement qu’un résultat de la profondeur du sillon extérieur. D’ailleurs nous ne vîmes jamais ces individus là se diviser réellement, bien que nous les ayons observés pendant plusieurs heures consécutives. De plus on trouvait des individus munis de deux ou trois sillons transversaux semblables (PI. VII, fig. 24), ce qui n’est guère en faveur de la probabilité d’une division, car on ne connaît pas jusqu’ici de division spontanée multiple et simultanée chez les infusoires. Nous n’aurions pas ajouté grande importance à ces anomalies, si l’on ne trouvait des familles, chez lesquelles la grande majorité des membres sont affectés de cette particularité singulière. L’avenir décidera s’il y a là-dessous un phénomène physiologique de quelque importance.

Les mesures suivantes ont rapport au développement de i’Epistylis plicatilis.

Longueur des plus petits individus observés 0mm,039

Largeur 0, 013

Longueur habituelle de la variété grêle 0, 118—0, 14

Largeur. ' 0, 035

Longueur des embryons 0, 011 — 0,013

Longueur maximum de la variété épaisse 0, 18

Largeur 0, 07

Largeur du peristome 0, 054

Diamètre de la gemme représentée fig. 16 (PI. VII).. 0, 055

Diamètre de la gemme conjuguée (fig. 14) 0, 021

Supplément aux deux chapitres précédents

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