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LA VILLE DE CRUSEILLES
DOCUMENT INÉDIT PUBLIÉ, AVEC UNE VIEILLE TRADUCTION FRANÇAISE ET DES NOTES,
PAR
Joies VU Y,
Avocat, Docteur en philosophie de l’Université d’Heidelberg, membre correspondant-honoraire de la Société jurassienne d’Émulation, membre de la Société d’Histoire de la Suisse romande, membre associé de l’Association tlorimontane, membre de la Société d’Utilité publique du Canton de Genève, membre effectif et ancien Président de la Section de Littérature de l’Institut national genevois, membre^ effectif et Secrétaire de la Section des Sciences morales et politiques, d’Archéologie et d’Histoire dudit Institut, etc.
(La Section des Sciences morales et politiques, d’Archéologie et d’Histoire de l’Institut national genevois a voté l’impression de ce travail dans sa séance du 15 juin 1860.)
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AVANT-PROPOS
Le document, dont je vais avoir l’honneur de vous entretenir, remonte à une époque déjà bien reculée, à la première moitié du XIVe siècle. A cette époque, il existait depuis assez longtemps de vives contestations entre l’abbaye de Pomiers et la municipalité libre de Cruseilles, à raison de forêts situées sur la montagne du Salève/
L 'abbaye de Pomiers , fondée en Tl 79 par Guillaume Ier, comte de Genève, joua autrefois un rôle important dans notre vallée.
C’est à elle que nous devons le défrichement des forêts séculaires qui s’élevaient au pied du Salève et couvraient le mont Sion ; nous lui devons la création de la route qui, par le Chable, conduit de Genève à Annecy. N’eût-elle laissé que cette seule trace deson passage, on pourrait dire qu’elle a bien mérité de nos contrées ; elle reçut dans le temps, à ce sujet, des remerciements officiels de l’empereur d’Allemagne. Charles IV y séjourna quelques jours et la mit sous la protection immédiate de l’Empire. « L’on
ne peut, dit Grillet, dans son Dictionnaire historique1, lire, sans intérêt, les éloges que
les empereurs Charles IV et Sigismond donnent, dans leurs diplômes, aux chartreux cle Pomiers, pour avoir défriché les forêts qui s’étendaient depuis Cruseilles jusqu’au