‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 31 sur 198 · Leydig. Lehrbuch der Histologie, p · texte numérisé non relu

Leydig. Lehrbuch der Histologie, p

Ces données coïncident parfaitement entre elles, et, d’autre part, elles semblent toulà-fait en harmonie avec l’observation de M. Schmidt, d’après laquelle, chez les Vorticelles, la vésicule serait unie à l’œsophage par un canal. Cependant, nous croyons à une erreur de la part de ces observateurs, du reste, si exacts. La vésicule est placée, chez les Vorticellines, immédiatement sous la cuticule du vestibule, comme elle l’est, chez d’autres infusoires, sous un autre point quelconque de la cuticule du corps.

Du reste, nous avons des objections plus positives à faire à M. Carter. Ce savant rapporte qu’il a observé des Vorticelles récemment enkystées, et qu’il a vu qu’au moment de la contraction de la vésicule leur vestibule se remplissait de liquide. Bientôt ce vestibule se vide complètement, jusqu’au point de disparaître sans laisser de trace aux yeux de l’observateur, bien avant que la vésicule contractile ait reparu. M. Carter en conclut que le liquide qu’il a vu dans le vestibule provient de la vésicule et ne revient pas dans celle-ci ; mais il ne s’inquiète pas de nous dire ce qu’il en advient, et il se contente d’y voir une preuve des fonctions excrétoires de l’organe. Toutefois, ce cas particulier nous paraît être précisément un argument contre M. Carter. Cet observateur pense que le rôle de la vésicule contractile et des vaisseaux qui sont en communication avec elle consiste à pomper et à verser au dehors l’eau qui est introduite avec la nourriture dans l’intérieur de l’animal. Or, les Vorticellines enkystées ne prennent plus de nourriture et n’introduisent plus d’eau dans leur organisme; aussi devraientelles se dessécher rapidement, si elles continuaient ainsi à pomper et déverser l’eau contenue dans leurs tissus. En outre, l’eau excrétée devrait s’accumuler entre l’animal et son kyste, et, au bout de quelque temps, la vorticelle amaigrie nagerait dans le liquide surabondant du kyste. Or, c’est ce qui n’a pas lieu. M. Carter nous répondra peutêtre que ce liquide passe à l’extérieur à travers les parois du kyste, tandis qu’une eau plus respirable pénètre au contraire dans le kyste, et, de là, dans les tissus de la Vorticelle, pour remplacer celle qui vient d’être expulsée. Mais à cela s’oppose le peu de perméabilité de la membrane du kyste. Si, en effet, nous n’avons pas d’expériences positives sur la perméabilité de cette membrane dans le sens de l’extérieur à l’intérieur, nous savons cependant qu’elle est excessivement peu perméable à l’eau de l’intérieur à l’extérieur, puisque les kystes peuvent être desséchés, pendant des mois entiers, sans que leur contenu en souffre le moins du monde.

Du reste, M. Carter est parfois un peu trop hardi, lorsqu’il s’agit des fonctions de la vésicule contractile. C’est ainsi que, d’après lui, la vésicule contractile est chargée de faire éclater les kystes des Euplotes et des Vorticelles, lorsque ces animaux veulent rentrer dans la vie active. Nous avouons ne pouvoir comprendre la manière dont la vésicule pourrait, par ses contractions, produire la distension qui, suivant M. Carter, amène la rupture du kyste. Elle a beau pomper énergiquement et faire passer le liquide du corps de l’infusoire dans l’espace qui sépare ce corps de la membrane du kyste, le volume du contenu de ce kyste n’en reste pas moins toujours le même, et il n’y a pas de distension produite.

L’opinion de M. Carter est basée sur une méprise, du reste, facile à comprendre. Ses observations sont parfaitement exactes; seulement, l’espace qu’il a vu se remplir de liquide n’est pas le vestibule, comme il l’a cru, mais un vaisseau qui contourne ce vestibule. On peut observer ce vaisseau chez plusieurs vorticellines dans leur état normal, mais il est, en général, plus facile à voir chez les individus enkystés. Il existe, du reste, une vorticelline qui ne peut laisser aucun doute à cet égard. C’est la Gerda Glans (PI. II, fig. 5 — 8) chez laquelle ce vaisseau est excessivement long et se prolonge jusque dans le disque vibratile. Il suffît de jeter un coup-d’œil sur cette espèce pour s’assurer que le vaisseau n’a aucune espèce de relation avec le vestibule. M. Samuelson, qui a aussi consacré son attention à ce détail anatomique, dit que chez les Vorticelles la vésicule contractile est munie d’un canal, lequel ou bien gagne l’extérieur par l’ouverture buccale, ou bien contourne cette ouverture1. C’est cette seconde alternative qui lui a semblé la plus probable, bien qu’il ajoute : « perhaps my biasmay hâve influenced the observation. » Nous croyons qu’un examen attentif des espèces les plus appropriées à cette étude ne peut laisser aucun doute à cet égard2. Le canal qui part de la vésicule chez les Vorticellines passe autour du vestibule et se continue au-delà, sans jamais s’ouvrir dans celui-ci.

L’existence de vaisseaux ou du moins de canaux en communication avec les vésicules contractiles est déjà connue depuis longtemps, sans cependant avoir été appré-

I. Samuelson : the Infusoria. Quarterly Journal of Micr. Science, V. 1856, p. 103.

-• Voyez aussi Lacbmann, loe. oit. p. 375. PI. XIII. Fig. 3. k. ( Carchesium polypinum).

ciée à sa juste valeur. Spallanzani a déjà eu connaissance de la forme étoilée des vésicules contractiles du Par. Aurélia, forme qui a été revue dès-lors par tous les observateurs, même par ceux qui, comme M. Dujardin, n’admettent pas de différence essentielle entre les vésicules contractiles et les vacuoles du chyme contenu dans la cavité digestive.

M. Ehrenberg est le premier qui ait parlé d’un réseau vasculaire chez le Par. Aurélia; toutefois, par une aberration singulière, il ne rapporte pas ce réseau à un système circulatoire, mais bien à l’ovaire. Plus tard, M. de Siebold1 décrivit une prolongation de la vésicule contractile en un vaisseau, qu’il observa chez le Stentor polymorphus, le Spirostomum ambiguum et YOpalina Planariorum. Cependant, c’est de M. Lieberkiihn2 seulement que date une étude approfondie du jeu de la vésicule contractile et de ses relations avec le système vasculaire. Il prit tout particulièrement pour sujet de ses recherches VOphryoglena / lava ( Bursaria Ehr.), chez laquelle une trentaine de vaisseaux viennent s’aboucher dans la vésicule contractile en rayonnant dans tout le parenchyme du corps. M. Lieberkiihn observa une variété de cet animal, qui possède deux vésicules contractiles au lieu d’une ; il trouva chez elle le système vasculaire double, sans pouvoir cependant découvrir de communication directe entre l’un et l’autre système. Il reconnut çà et là des ramifications simples ou parfois même répétées de l’un des vaisseaux. Nous avons, du reste, trouvé des ramifications semblables chez d’autres espèces, telles que le Par. Aurélia et la Gerda Glans.

M. Lieberkiihn a fait une étude minutieuse du jeu de la vésicule. D’après ses observations, au moment où la diastole a atteint son maximum, la vésicule est une sphère de laquelle partent des canaux rayonnants étroits, possédant sur tout leur parcours une largeur à peu près uniforme. A ce moment-là, chez les exemplaires peu transparents, les canaux peuvent même disparaître complètement aux yeux de l’observateur. Un instant avant le commencement de la systole, on voit les vaisseaux s’élargir à une distance de la vésicule qui équivaut à son propre diamètre. A mesure que la systole s’avance, la partie renflée des vaisseaux devient plus large et plus longue ; elle se rapproche toujours davantage de la vésicule contractile. Supposons, pour suivre

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