Ueber deu Stiel der Vorticellen
Zeitscbr. f. wiss. Zool., IV, p. 438.
Reste à savoir auquel de ces trois éléments il faut attribuer la propriété contractile. M. Czermàk s’est appliqué à démontrer, par une analyse approfondie, que la contractilité ne peut résider que dans le filament central. Nous ne reproduirons pas ici son argumentation remarquable avec laquelle nous sommes parfaitement d’accord, et nous renvoyons le lecteur à la démonstration exacte, donnée par cet auteur, de la nécessité que le pédoncule se contracte en spirale. Ce mode de contraction est, en effet, une conséquence immédiate de la structure anatomique du pédoncule.
M. Stein, qui, en dépit de M. Czermàk, veut soutenir l’opinion de M. Dujardin et enlever la contractilité au filament central pour en faire hommage à la substance corticale, n’appuie point son opinion, comme l’a fait son antagoniste, de preuves rigoureuses. U base seulement sa manière de voir sur la circonstance que, lorsque le pédicule d’une Vorticelline est arraché de l’objet auquel il était fixé, il ne perd pas pour cela sa contractilité. Mais cette observation , qui est parfaitement exacte, ne justifie aucunement les conclusions que M. Stein voudrait en tirer. Les rapports du filament central à l’animal et à la substance corticale du pédicule ne sont nullement modifiés, lorsque ce pédicule se trouve fortuitement séparé de son point d’attache. En effet, comme M. Stein le sait du reste fort bien, chez aucune espèce, le filament central ne va s’attacher lui-même aux objets étrangers. La base du pédoncule est formée, dans toute son épaisseur, par la substance corticale, et le canal qui contient la substance granuleuse intermédiaire et le filament central ne commence jamais qu’à une certaine distance au-dessus du point d’attache du pédoncule. Il est vrai que, lorsque le pédoncule est coupé dans son milieu, la partie qui est attenante au corps de l’animal conserve encore sa contractilité. Mais ce fait-là, non plus, ne parle aucunement en faveur de M. Stein. Ce savant prétend que, si le filament central était un muscle, la contractilité du pédoncule devrait disparaître en semblable occurence. Nous ne voyons pas pourquoi. Cela serait exact, si le filament central était librement étendu dans le calibre du canal hélicoïdal, parce qu’alors le muscle, en se contractant, se raccourcirait dans l’intérieur de la cavité, sans pouvoir nullement agir sur la substance corticale. Or, il n’en est point ainsi. Le filament central est adhérent, par toute sa surface, à la substance granuleuse intermédiaire, et celle-ci adhère à son tour à la substance corticale. Les trois éléments histologiques du pédoncule sont donc solidaires les uns
des autres dans leurs mouvements; et, si le filament central se contracte activement, la couche intermédiaire et la couche corticale doivent nécessairement se contracter passivement.
M. Czermàk pense trouver une preuve évidente de la contractilité du filament dans la circonstance que, partout où ce filament est détruit, le pédoncule perd la propriété de se contracter. Toutefois, cette preuve n’est pas suffisante; car, si l’on admet, avec M. Stcin, que la substance corticale est seule contractile, et que le filament n’est que l’organe au moyen duquel l’animal exerce sa souveraineté sur cette substance corticale, le nerf moteur en quelque sorte, il est clair que la contractilité cessera aussi toutes les fois que ce filament conducteur de la volonté sera détruit. M. Czermàk donne un argument bien plus favorable à son opinion, lorsqu’il remarque qu’un pédoncule, bien qu’isolé de l’animal qui le surmontait, reste souvent contracté aussi longtemps que le filament central est intact; mais que, dès que celui-ci vient à être détruit par la macération, le pédoncule s’étend de nouveau. C’est là une preuve irrécusable de la contractilité du filament central et de l’existence d’un antagonisme passif (expansion par élasticité) dans la substance corticale.
Le filament central ou le muscle, comme nous le nommerons désormais, se continue dans l’intérieur du corps des Vorticellines. Déjà M. Ehrenberg aurait remarqué une prolongation de ce genre chez la Vorticclla Convallaria. M. Eckhard a confirmé cette observation et l’a étendue à la Vorticella nebulifera , et M. Stein, au Carchesium polypinum. Ni M. Steiu, ni M. Eckhard, ni M. Czermàk, n’ont cependant compris la modification que subit le muscle en passant du pédoncule dans le corps de l’animal. Tous trois prétendent que le filament central, en pénétrant dans le corps, se bifurque en deux branches divergentes, qui vont se perdre dans le parenchyme. Or, c’est là une erreur d’optique, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire ailleurs. Dans le fait, le muscle, en pénétrant dans la partie postérieure du corps, s’épanouit en une membrane conique, dont la section parallèle à l’axe, suivant le plan focal du microscope, donne la bifurcation en V, signalée par MM. Eckhard et Stein. — M. Stein refuse d’accorder la moindre importance à la bifurcation du muscle, ou, pour parler plus exactement, à son épanouissement conique. Il se méprend, décidément, sur ce point, car la partie postérieure du corps des Vorticellines prend part aux contractions
saccadées du pédoncule, précisément jusqu’au point où la membrane conique disparaît pour se perdre dans le parenchyme. C’est même là une des meilleures preuves qu’on puisse donner de la contractilité du filament central du pédoncule et de la noncontractilité de la substance corticale. En effet, la contractilité existe partout où se trouve le filament central, même dans l’épanouissement conique de celui-ci, bien que la couche corticale n’existe pas autour de cet épanouissement.
Dans les Vorticellines non pédicellées ou pourvues d’un pédoncule non contractile, la partie du muscle que nous avons désignée sous le nom d’épanouissement en membrane conique subsiste néanmoins. Voilà pourquoi la partie postérieure du corps de ces animaux présente les mêmes contractions saccadées que la partie correspondante des espèces à pédoncule contractile1.
Quant à ce qui concerne la direction de l’hélice du pédoncule, M. Czermàk dit qu’elle est variable, et qu’il a observé aussi bien des pédoncules læotropes que dexiotropes. Nous n’avons pas d’observations personnelles à cet égard.
M. Ehrenberg avait nommé le muscle du pédoncule des Vorticellines un muscle strié transversalement. Ses successeurs n’ont pu retrouver les stries, à l’exception de M. Leydig, qui fait consister le muscle en une série de particules primitives cunéiformes, enchevêtrées les unes dans les autres. Sans vouloir contester l’exactitude de l’observation de M. Leydig, que nous n’avons cependant pas réussi à répéter, nous remarquons que, chez le Zoolhamnimi alternans, nous avons trouvé le muscle trèsévidemment composé de fibrilles longitudinales. Chez un individu arraché à son point d’attache, le muscle, macéré dans la partie la plus voisine du point de rupture, s’était divisé en un grand nombre de fibres contournées en spirale. (V. pi. lï, «g. 4 .y
!. M. Ehrenberg parait, du reste, avoir déjà remarqué cette membrane musculaire chez VEpistylis Galea.
2. Nous remarquerons en passant que notre figure peut donner lieu à une autre interprétation et qu’on pourrait songer à ne voir dans ces fibres que l’expression des plis d’un sareolemme. Tandis que cette feuille était à l’impression, je soumis le dessin en question à la Société de Biologie de Paris (séance du 27 Mars 1858). M. Rouget, professeur agrégé à l’Ecole de médecine de Paris, duquel je n’avais pas l’honneur d’être connu personnellement, était présent à celle séance et me déclara, sur l’inspection de mon dessin, que je ne pouvais avoir eu affaire à des fibres, mais seulement à des plis. 11 ne pouvait, disait-il, y avoir de doute pour lui à cet égard, attendu qu’il savait, par ses observations sur toutes les autres classes d’animaux, que les stries longitudinales présentées par les éléments musculaires sont dues à des plis et non à des fibres. Je me contentai de répondre que c’était, dans le fond, un transport à la fibre musculaire du débat relatif au tissu conjonctif, dans lequel M. Reichert et son école appellent plis ce que d’au-
ET LES RIIIZOPODES.
En résumé, nous considérons, avec M. Czermàk, le filament central du pédoncule des Vorticellines contractiles comme l’élément contractile, et nous pensons devoir chercher, comme lui, le siège de la force expansive antagoniste dans la substance corticale. Quant à la substance granuleuse intermédiaire, il est fort probable qu’elle est identique avec le parenchyme du corps. C’est la prolongation de ce parenchyme dans l’intérieur de la cavité du pédicule.
Les contractions saccadées, soit du corps des Vorticellines, soit du pédoncule de beaucoup d’entre elles, offrent un cachet si particulier, qu’on conçoit qu’il ait pu venir à l’idée de M. Perty de réunir dans une division commune, sous le nom de Spastica, tous les infusoires qui présentent des contractions semblables. Toutefois, cette division des Spastica est peu naturelle, puisqu’elle a conduit M. Perty à réunir aux Vorticellines les Stentors et les Spirostomes. D’ailleurs, il est d’autres infusoires qu’on serait obligé de faire rentrer dans cette division, bien que leurs affinités naturelles soient d’un côté tout différent. Ainsi, par exemple, YOxytricha retractilis devrait forcément compter parmi les Spastica, tels que les définit M. Perty, et c’est cependant une véritable Oxytrique.
Les Vorticelles, bien qu’étant, à l’exception. des Trichodines, fixées durant la plus grande partie de leur vie, sont toutes susceptibles de mener momentanément une vie errante. Elles se munissent, dans ce but, d’une couronne de cils postérieure, se détachent de leur pédoncule et nagent librement dans l’eau, leur partie antérieure étant contractée et regardant en arrière. Dans ce passage de l’état fixe à l’état errant,
1res nomment libres. — « Comment ! s’écria M. Rouget, je crois que vous vous permettez d’élever des doutes sur l’exactitude de mes observations! » — «Non, Monsieur, répondis-je ; il ne s’agit point de l’exactitude des observations, mais seulement de l’interprétation de celles-ci : la preuve, c’est que nous acceptons tous deux ce dessin, mais que nous l’expliquons différemment.» — «Ah! Monsieur l’Allemand! s’écria M. Rouget, lorsque je vous parle d’une observation, c'est qu’elle est de moi, et qu’elle est bien faite, et il n’y a que moi qui puisse le savoir! Si donc vous vous permettez de conserver le moindre doute sur cette question, je vous donne à choisir entre une paire de soufflets et deux coups d’épée dans le ventre ! ! » — Je ne cite ces brutalités ridicules que pour montrer qu’en certain lieu on est moins disposé à résoudre les problèmes histologiques avec le scalpel de l’anatomiste qu'avec celui du spadassin. M. Rouget s’étant permis, dans l’étrange conversation à laquelle je viens de faire allusion, plus d’une parole offensante pour les savants allemands en général, je profiterai encore de l’occasion pour lui enseigner, ce qu’il parait ignorer, que la science est cosmopolite et ne reconnaît aucune division territoriale ni linguistique. D’ailleurs, pour ce qui me concerne, je suis né sur le beau sol d’Helvétie, et je puis (comme citoyen, non comme savant) m’enorgueillir d’une pareille patrie ; mais si le sort m’eût fait naître Allemand, je me ferais une gloire de l'èlre.
la Vorticelline change subitement de forme, et chaque espèce paraît adopter alors une forme déterminée. Malheureusement, on n’a pas jusqu’ici fait assez d’attention à ces formes libres, qui fourniraient, sans aucun doute, des caractères excellents pour la distinction des espèces. Les unes, en effet, se contractent en un cylindre long et étroit; d’autres se transforment en un disque aplati ou en une sphère; d’autres retirent la partie antérieure dans la partie postérieure, de manière à former une véritable invagination ; d’autres présentent une invagination précisément inverse, la partie antérieure se retirant dans la partie postérieure; d’autres, enfin, nagent, le péristome ouvert, à l’aide de leur organe vibratile, et leur partie antérieure est alors dirigée en avant, pendant la natation, et pas en arrière, comme c’est la norme. Nous désirons attirer tout spécialement l’attention des observateurs sur ce point, attendu que la détermination des espèces, chez les Vorticellines, étant quelque chose de fort difficile, il serait très-utile de pouvoir étayer les diagnoses spécifiques de caractères aussi positifs que la forme de la Vorticelline errante.
Nous entrerons dans les détails relatifs aux espèces de beaucoup de Vorticellines d’une manière peu circonstanciée, parce qu’un grand nombre d’espèces ont été trèsbien caractérisées par M. Stein, et nous nous contenterons de renvoyer le lecteur à l’ouvrage remarquable de ce savant. Nous ne nous arrêterons qu’aux espèces nouvelles ou à celles sur lesquelles nous avons quelque chose de neuf à dire.
Tableau de la répartition des Vorticellines en genres.
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