‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 71 sur 198 · Die Infusionsthiere · texte numérisé non relu

Die Infusionsthiere

tache dont M. Werneck a voulu faire la vésicule germinative des prétendus œufs. Chez les individus incolores, ces granules existent également, mais sans dépôt de chlorophylle.

On sait que la rotation des aliments atteint un degré de rapidité tout particulier chez le Par. Bursaria, où elle fut découverte d’abord par M. Focke ; mais il n’est point exact que cette rotation n’existe pas chez les individus incolores. Telle est pourtant l’opinion de M. Stein.

3° Paramecium putrinum.

Diagnose. Paramecium peu allongé, déprimé, à sillon extrêmement large dans sa partie antérieure et dirigé obliquement de gauche à droite ; anus subterminal ; nucléus recourbé avec un nucléole adjacent ; pas de tricbocystes.

Cette espèce est très-voisine de la précédente, dont elle reproduit à peu près exactement la forme. Son bord antérieur et gauche est, comme chez celle-ci, obliquement tronqué, et la partie antérieure du sillon buccal est fort large. Les différences sont surtout l’épaisseur bien moins grande du parenchyme, la position de l’anus et l’absence soit des trichocystes, soit des granules particuliers au P. Bursaria. Ces dilîérences peuvent paraître de bien peu d’importance, puisque nous savons que dans certaines circonstances les trichocystes peuvent disparaître chez des infusoires qui en sont pourvus à l’état normal, comme nous l’avons vu à plusieurs reprises chez le P. Aurélia, et que la portée physiologique des granules du P. Bursaria nous est inconnue. Toutefois, nous montrerons, dans la troisième partie de ce Mémoire, que les embryons du P. putrinum sont très-différents de ceux du P. Bursaria. C’est cette circonstance qui nous a engagés à donner une valeur spécifique aux caractères ci-dessus. D’ailleurs, nous devons dire que nous avons observé le P. putrinum souvent et en très-grande abondance, mais que jamais nous n’avons rencontré d’individu offrant trace de trichocystes. En outre, nous n’avons observé chez cette espèce qu’une seule vésicule contractile, placée dans la moitié antérieure de l’animal, tandis que le P. Bursaria en possède toujours une seconde, située dans la moitié postérieure.

Le P . putrinum ne paraît habiter que des eaux qui renferment des substances orga-

i . Nous donnerons également dans la troisième partie une figure de cette espèce.

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niques en décomposition, au point de répandre une odeur fétide. Nous l’avons trouvé dans la Sprée, à Berlin.

4° Paramecium Colpoda. Khr. Inf. p. 352. PI. XXXIX, Fig. 9.

Diagnose. Parainecinm très— aplati, à sillon buccal court et étroit, incliné de gauche à droite; anus sublerminal; nucléus ovale ; pas de trichocystes.

Cette forme, très-commune, est trop connue pour que nous nous arrêtions à elle. Elle se distingue de toutes les espèces précédentes par la brièveté de son sillon buccal, qui fait que sa bouche est située beaucoup moins en arrière que chez ces dernières. Elle possède une vésicule contractile située dans la moitié postérieure du corps. C’est évidemment à tort que M. Dujardin veut la rapporter au Colpoda Cucullus.

Le P. Colpoda atteint souvent la taille du P. Bursaria. Nous avons trouvé cependant, parfois par myriades, un Paramecium au moins trois fois plus petit, dans des spongilles en putréfaction. La forme de ces infusoires était si semblable à celle du P. Colpoda, que nous avons cru devoir les rapporter à cette espèce.

5° Paramecium inversum. (V. PI. XIV, Fig. 2.)

Diagnose. Paramecium à corps peu aplati; sillon buccal large et court, incliné de droite à gauche; anus subterminal.

Ce Paramecium a ceci de fort singulier que son sillon buccal offre une direction exactement inverse de celle qu’on a observée chez toutes les autres espèces. Ce sillon est en elfet dirigé de l’avant et de la droite à la gauche et l’arrière. Il est court et large, et la bouche se trouve placée, par suite, comme chez le P. Colpoda, beaucoup plus en avant que chez les autres espèces. La disposition anomale du sillon buccal fait que, chez le P. inversum, le côté droit est plus court que le côté gauche, tandis qu’il est, au contraire, plus long chez le P. putrinum et le P. Bursaria. L’anus est placé, comme chez le P. Colpoda, sur le côté ventral, à une distance peu considérable de l’extrémité postérieure. La vésicule contractile est unique et située dans le tiers postérieur du corps.

La cuticule du P. inversum est fortement et profondément striée, comme celle de la plupart des autres Paramecium. Sa longueur n’est que d’environ 0min,04. Nous l’a-

vons trouvé en grande abondance dans de l’eau de Sprée, renfermant des spongilles en décomposition.

6° Paramecium microstomum. (Y. PI. XIV, Fig. 9.)

Diagnose. Paramecium à parenchyme, dépourvu de triehocystes ; pas de fosse buccale oblique; bouche excessivement petite, non située dans une dépression.

Cette espèce a la forme d’un cylindre à bases arrondies, et sa bouche est si petite qu’elle est fort difficile à percevoir, d’autant plus qu’aucune dépression de la surface du corps n’indique la place où elle se trouve. L’orifice buccal est situé entre le premier et le second tiers de la longueur totale, et conduit dans un œsophage tubuleux et court, qui est légèrement incliné vers la partie postérieure. La vésicule contractile est située un peu en arrière du milieu et sur le côté droit. Les quelques individus que nous avons rencontrés étaient colorés d’un brun jaunâtre. Longueur : 0ram,10.

Cette espèce est marine. Nous l’avons observée dans le fjord de Bergen, en Norwége.

7° Paramecium glaucum. (V. P!. XIII, Fig. 5.)

Diagnose. Paramecium à parenchyme armé de triehocystes; bouche située dans une dépression longitudinale et profonde de la surface ; deux vésicules contractiles.

Cette espèce, que nous avons vue colorée d’un bleu verdâtre assez intense, ressemble, par sa forme générale, à la précédente, mais s’en distingue immédiatement par la profonde dépression dans laquelle est située la bouche. Cette dépression ne ressemble pas au sillon buccal des cinq premières espèces, qui est une dépression allongée oblique, large en avant et terminée en pointe en arrière. En effet, chez ces espèces-là, la bouche est placée à cette extrémité postérieure, ce qui n’est point le cas chez le P. glaucum , où elle est logée vers le milieu de la dépression.

Le seul individu de cette espèce que nous ayons observé était orné de deux vésicules contractiles étoilées, placées toutes deux dans la moitié postérieure du corps. Nous ne pouvons donc affirmer avec une parfaite certitude que ces deux vésicules soient constantes. Leur grand rapprochement permet de supposer qu’elles étaient dues à un dédoublement précurseur d’une division spontanée.

ET LES RIIIZOPODES.

Longueur : 0mm,17. Espèce marine, observée à Glesnæsholm, près de Sartoroe (côte occidentale de Norwége).

8° Paramecium ovale. (V. PL XIV, Fig. 1.)

Diagnose. Paramecium sans fosse buccale oblique, à parenchyme dépourvu de tricbocystes et bouche située non loin de l’extrémité antérieure.

Cette petite espèce est un peu comprimée, et, vue par son côté large, elle offre un contour parfaitement ovale. Le parenchyme de son corps est relativement très-épais et forme comme une zone transparente à la périphérie. La vésicule contractile est unique et située du côté droit; le nucléus, placé au-dessous, est un corps ovalaire, transparent, dont la longueur égale au moins la moitié de la longueur de ranimai. Longueur moyenne : ümm,04.

Observé, avec des spongilles, dans la Sprée, près de Berlin.

Nous avons trouvé, dans la mer du Nord, plusieurs petites espèces, dont l’une est très-vraisemblablement le P. Milium que M. Ehrenberg (V. I n f . , p. 358, PL XXXIX, Fig. 13) observa dans la Baltique. Ces petites espèces rappellent tout-à-fait les Cyclidium, dont elles se distinguent par l’absence de soie buccale et par la circonstance qu’elles ne sautent pas. Toutefois, nous n’avons pas d’idées assez arrêtées sur les limites spécifiques de ces petites formes pour nous en occuper ici.

Le P. Chry salis Ehr. est un Pleuronema. Le P. comprtssum Ehr. est probablement un Plagiotome parasite des vers de terre (P. lumbrici?). Le P. griseolum Perty (p. 144, PL IV, Fig. 11) et le P. aureolum Perty (p. 144, PL V, Fig. 4) ne sont pas assez bien déterminés pour qu’on puisse affirmer qu’ils appartiennent au genre Paramecium. Enfin, le Par. sinaiticum Ehr. est trop imparfaitement observé pour qu’on puisse songer à lui attribuer une place dans le système.

2e Genre. — COL FO DA.

Les Colpoda se distinguent des Paramecium par la présence d’un faisceau de soies courtes qui est implanté sur le bord inférieur de la bouche et simule une espèce de de lèvre mobile. Leur corps est comprimé. L’anus est situé sur la face ventrale.

ESPÈCES

1° Colpoda Cucullus. Ehr. Inf. PI. XXXIX, fig. 5.

Diagnose. Partie antérieure fortement recourbée en avant; vésicule contractile située à l’extrémité postérieure.

Cette espèce est suffisamment connue par les travaux de M. Stein'. Ce savant a seulement le tort de lui dénier tout orifice anal. Celui-ci existe bien réellement, ainsi que M. Ehrenberg l’avait reconnu. Soit M. Ehrenberg, soit M. Stein, considèrent l’animal comme étant en partie glabre. M. Stein, en particulier, restreint l’habit ciliaire à la partie antérieure et à l’arête ventrale. C’est une question difficile à décider, parce que les cils de cet animal sont souvent fort difficiles à percevoir. Si cependant on venait à reconnaître que le dos est réellement glabre, on pourrait former un genre à part pour l’espèce suivante.

M. Dujardin a confondu cet animal avec le Paramecium Colpoda.

2° Colpoda par vivrons. (V. PL IX, Fig. 3.)

Diagnose. Partie antérieure non recourbée en avant"; vésicule contractile non terminale.

Cette espèce est visiblement ciliée sur toute sa surface, et rappelle, par sa forme, le Par. Colpoda ; seulement, sa partie antérieure est moins développée et ne se recourbe pas en avant, comme chez le C. Cucullus. Le faisceau de cils en forme de lèvre est plus vigoureux que chez ce dernier. L’œsophage est extrêmement court. Le nucléus est un corps ovale placé dans la région médiane. La vésicule contractile est unique et

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placée dans la région postérieure, sans cependant être précisément terminale, comme chez le C. Cucullus.

La longueur moyenne de l’animal est de 0mm,039. Nous l’avons trouvé dans la Sprée, à Berlin.

La C. Ren Ehr. et la C. Cucullio Ehr. sont des animaux de position encore incertaine, de l’aveu de M. Ehrenberg lui-même. Nous n’avons jamais vu d’infusoires que nous pussions leur rapporter avec quelque vraisemblance. Quant au C. Ren de M. Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 145, PL V, Fig. 7), nous sommes singulièrement tentés d’y voir un Paramecium Colpoda. Le C. Luganensis, du même auteur1, est un infusoire fort mal observé, mais n’est certainement pas un Colpoda.

3e Genre. — CYCLIDIUM.

Les Cyclidium sont des Paraméciens à corps comprimé, chez lesquels une ou plusieurs soies fort longues font saillie au dehors par la partie supérieure de la bouche.

Notre définition de ce genre n’a aucun rapport avec celle qu’en donnait M. Ehrenberg, car ce savant n’a pas eu connaissance des soies caractéristiques. Il rangeait ses Cyclidium dans la famille des Cyclidina, auxquels il refusait une ouverture anale et dont il faisait des Anenterés. Il ne les croyait point ciliés sur toute leur surface, mais seulement sur leur pourtour. Cependant il leur accordait bien une bouche. Aussi, M. Dujardin a-t-il fait très-décidément un pas en arrière en formant pour ces infusoires, et quelques autres aussi peu astomes qu’eux, la famille des Enchélyens, dont le principal caractère est d’être privés de bouche. Cet auteur anabaptise, du reste sans aucune raison, le genre Cyclidium. Il rejette, sans dire pourquoi, la dénomination proposée par M. Ehrenberg, et fonde, sous les noms d’Enchelys, d’Alyscum et d’Uronema, trois nouveaux genres qui n’ont fait que jeter de la confusion dans la nomencla-

ture. En effet, il n’est point improbable que le même animal revienne sous trois noms différents dans chacun de ces genres. M. Stein a eu fort raison d’adresser à ce sujet une verte critique au savant de Rennes1.

Quelque mauvaises que soient les figures de Cyclidium données jusqu’ici par les auteurs, il n’en est pas moins facile de reconnaître qu’elles se rapportent à des animaux de ce cenre, grâce aux descriptions qui les accompagnent. En effet, les Cyclidium présentent des mouvements si caractéristiques, qu’ils n’ont échappés à personne, ils se meuvent par bonds saccadés, et, durant les intervalles, ils restent immobiles, leurs cils hérissés comme des aiguilles inflexibles. Ces mouvements sont dus à la présence d’une soie saîtatrice.

ESPÈCES

1° Cyclidium G laucoma. Ehr. 1 n f . , p. 245. PL XXII, Fig. 1.

S vn. Uronema marina. Duj. Inf. , p. 592. PI. VII, Fig. 13.

? Alyscum sallans. Duj. Inf., p. 591. PI. Vi, Fig. 3.

? Enchelys Iriquelra. Duj. Inf., p. 590. PI. VII, Fig. 4.

? Acomia Ovulum. Duj. Inf., p. 385. PI. VI, Fig. 7.

Diagnose. Corps ovale, muni en avant d'une longue soie sallatrice.

Cette espèce, fort commune dans les eaux douces et dans la mer, est munie d’une bouche située un peu en arrière du milieu de la longueur. M. Ehrenberg indique la

bouche à une place tout-à-fait inexacte, ce qui conduit M. Stein à supposer que ce sa-

vant prend la vésicule contractile pour l’ouverture buccale. La vésicule contractile est, en effet, placée à l’extrémité antérieure, un peu plus près du côté ventral que du côté dorsal, et se contracte beaucoup plus fréquemment que chez la plupart des autres infusoires. M. Stein lui-même n’a réussi à voir ni la bouche, ni la soie qui en sort. Celleci n’a été vue jusqu’ici que par M. Dujardin, chez les individus dont il a fait son Alyscum sait ans, et il la considère comme multiple, tandis que nous n’avons réussi à

reconnaître qu’une soie unique. Du reste, il est fort possible que cet Alyscum ne soit

pas un Cyclidium, mais un Pleuronema, et les soies en question seraient alors le faisceau ventral qui caractérise ce genre.

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