‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 70 sur 198 · GLAUCOMA · texte numérisé non relu

GLAUCOMA

1er Genre. — PARAMECIUM.

Les Paramecium sont des infusoires ciliés sur toute leur surface et munis d’une bouche latérale qui n’est munie ni de lèvres membraneuses, ni de soies faisant saillie à l’extérieur. Souvent on voit des faisceaux de cils plus forts s’agiter à l’intérieur de l’œsophage, comme, par exemple, chez le Par. Aurélia, mais ces cils ne sont pas assez longs pour saillir à l’extérieur. Chez plusieurs espèces, la fosse buccale forme un sillon oblique, infundibuliforme, à l’extrémité duquel est situé l’orifice buccal. Les cirrhes qui tapissent ce sillon, sans être plus vigoureux que ceux du reste de la surface du

corps, contribuent plus activement qu’eux à apporter les matières étrangères jusqu’à la bouche1.

Le genre Paramecium, dans les limites que nous lui assignons, se trouve renfermer un infusoire que M. Ehrenberg plaçait non seulement dans un autre genre, mais encore dans une famille toute différente. C’est le Par. Bursaria, dont ce savant faisait un Loxodes, quelque minimes que fussent les analogies entre cet animal et le Loxodes Rostrum, auquel il se trouvait accouplé, sans doute à son grand étonnement. L’erreur évidente dans laquelle est tombé M. Ehrenberg relativement au P. Bursaria, a sa cause dans l’importance attachée par cet auteur à la position de l’anus. L’orifice anal est, chez le P. Aurélia, situé sur le côté ventral, tout auprès de la bouche, tandis que chez le P. Bursaria il est placé à l’extrémité postérieure. Il n’en fallait pas davantage pour éloigner complètement l’un de l’autre ces deux animaux dans le système des Polygastriques. Or, nous pouvons l’affirmer, cette différence dans la position de l’anus est, dans le cas spécial qui nous occupe, d’une importance fort minime. Rien n’est si peu constant que la place de cet orifice dans le groupe des Colpodéens. Elle présente même une grande variabilité chez les espèces que M. Ehrenberg classait dans son propre genre Paramecium. On peut établir dans le genre Paramecium toute une série d’espèces, dans laquelle on voit l’orifice anal passer graduellement, de la position toute ventrale qu’il affecte chez le P. Aurélia, à la position terminale que nous lui voyons (■hez le Par. Bursaria. Cette série est la suivante : P. Aurélia, P. Colpoda, P. putrinum, et P. Bursaria. En effet, l’anus qui, chez le P. Aurélia , est placé sur le ventre à une distance à peu près égale entre la bouche et l’extrémité postérieure, recule déjà un peu plus en arrière chez le P. Colpoda. Chez le P. putrinum, il n’est plus très-loin d’être terminal, et enfin chez le P. Bursaria il atteint une position exactement terminale.

I. Peut-être pourrait-on avec avantage conserver le nom de Paramecium à ces espèces-là seules (P. Aurélia, P . Bursaria, P. putrinum, P. Colpoda, P. inversum) et réunir les autres dans un genre spécial, auquel on pourrait transporter le nom de Panophrys, créé par M. Dujardin pour les Frontonia. En effet, la diagnose que ce savant donne de son genre Panophrys ne s’appliquerait pas mal à ces espèces-là.

ESPÈCES

1° Paramecium Aurélia. Elir., p. 350. PI. VIII, Fig. 5-6.

Svn. Paramecium, caudatum. Ehr., p. 351. PI. VIII, Fig. 7.

Diagnose. Corps très-allongé, peu comprimé; sillon buccal oblique, long, étroit et dirigé de gauche à droite; anus environ à égale distance de la bouche et de l’extrémité postérieure; nucléus ovale; des tricliocystes.

Nous n’entrerons pas dans une description détaillée de cette espèce si connue, dont nous avons déjà signalé ailleurs les tricliocystes et le faisceau de cils plus longs placés à l’extrémité postérieure. Le P. caudatum Ehr. n’en est certainement pas spécifiquement différent. C’est une simple variété qu’on pourrait même à bon droit considérer comme la forme typique de l’espèce.

2° Paramecium Bursaria. Focke. Isis, 1830, p. 786.

Svn. Loxodes bursaria. Ehr. lui'., p 321, PI. XXXIV, Fig. 3.

Paramecium versutum. Perty. Zur Remit., p. 144, PI. IV, Fig. t).

Diagnose. Paramecium peu allongé, déprimé, à sillon extrêmement large dans sa partie antérieure et dirigé de gauche à droite; anus terminai; nucléus recourbé avec un nucléole adjacent; des tricliocystes.

Cette espèce est aussi suffisamment connue, grâce surtout aux travaux circonstanciés que MM. Focke’, Colin et Stein nous ont donnés sur elle. Les Figures de M. Stein sont en particulier parfaitement exactes, tandis que celles de M. Colin renversent la direction du sillon buccal : elles l’indiquent comme allant de l’avant et de la droite à la gauche et l’arrière, tandis qu’il se dirige invei sèment de la gauche et de l’avant à la droite et l’arrière. — Cette espèce qui, comme l’on sait, n’est point toujours verte, mais qui est parfois entièrement incolore, paraît présenter constamment, dans la couche la plus interne de son parenchyme, des granules ronds que M. Ehrenberg considérait comme des œufs. Ce sont ces granules qui se colorent par un dépôt de chlorophylle chez les individus verts, en ne conservant qu’une tache claire en leur centre,

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