Stein: Die Infusionsthiere, p
2. Nous verrons plus bas que M. Stein n’a pas distingué les Podophrya des Actinophrys.
5. M. Perty s’énonce, au sujet du phénomème en question, d’une manière toute analogue.
i. V. Ehrenberg, Inf., p. 306.
ET LES RIIIZOPODES. 379
clare avoir vu chez ces animaux une place claire qu'il a considérée comme la bouche. Cette place claire n’est pas autre chose que la vésicule contractile.
M. Ehrenberg et M. Stein ont donc été à deux doigts de la vérité, sans même l’entrevoir. Les Acinétiniens sont, en effet, bien réellement des animaux doués d’un grand nombre de suçoirs sétil'ormes rétractiles. Les renflements en bouton qu’on voit à l’extrémité de ces soi-disant soies, ne sont autre chose que des ventouses à l’aide desquelles ils sucent leur proie. De là, l’explication toute simple du fait que VHalteria grandinella reste si souvent suspendue aux rayons des Acinétiniens. Ses sauts imprudents et brusques l’amènent plus fréquemment peut-être qu’aucun autre infusoire en contact avec ces animalcules suceurs. De là, l’explication du fait également parfaitement bien observé par M. Stein, qu’un Paramecium qui n’a pu se libérer d’une Podophrya attachée à son corps par ses ventouses, finit par se ralentir, s’arrêter et périr.
Lorsque quelque infusoire vient à rencontrer les suçoirs d’un Acinétinien, on voit ces organes, auparavant en apparence si raides, se recourber avec une grande célérité pour atteindre l’imprudent qui se hasarde dans leur voisinage. Cette manœuvre a-t-elle réussi, l’animal raccourcit ses suçoirs de manière à amener la capture à une distance peu considérable de son corps. Deux, trois ou quatre de ces suçoirs s’élargissent un peu en diamètre, surtout dans les espèces à rayons très-fins, comme YAcineta mystacina, et l’on voit sans peine un courant s’établir au travers de ces tubes, de la proie à l’animal suceur. Les granules passent directement et d’ordinaire assez rapidement du corps de l’un dans celui de l’autre. Ces granules arrivés dans l’Acinétinien, continuent leur chemin, avec une rapidité assez notable, jusqu’à un point situé profondément dans le corps de l’animal. A partir de là, ils prennent part à la circulation lente du liquide contenu dans la cavité du corps de l’Acinétinien. — L’opération de la succion dure parfois plusieurs heures; quelquefois aussi elle se termine plus tôt. On voit alors l’infusoire, dont l’Acinétinien a fait la proie, devenir de plus en plus incapable de mouvement; la vésicule contractile présente des pulsations de plus en plus rares; enfin, l’animal meurt, ses téguments s’affaissent et l’Acinétinien n’a plus, entre ses suçoirs, qu’une masse informe. Il abandonne alors la proie, étend de nouveau ses suçoirs aff loin et attend paisiblement qu’un autre infusoire veuille bien venir lui servir de pâture.
Les Acmétiniens ont été jetés tantôt à droite, tantôt à gauche dans le système, et jusqu’ici leur position n’a pas été bien fixée, grâce à de nombreuses confusions avec des animaux qui n’ont rien à faire avec eux. Dans l’origine, M. Ehrenberg méconnut complètement les affinités réciproques, non seulement des différents genres de cette famille, mais encore des différentes espèces d’un même genre. En effet, sous les noms d 'Acineta et de Podophrya, il fonda deux genres contenant des animaux qu’il n’est pas possible de distinguer génériquement les uns des autres, et il relégua le premier parmi ses anentérés dans la famille des Bacillaria qui est formée à peu près exclusivement par des Diatomées, tandis qu’il assigna une place au second parmi ses infusoires entérodèles, dans la famille peu naturelle des Enchélyens (comprenant en outre des Podophrya, non seulement des Trachéliens et des Bursariens, mais encore des Rhizopodes, comme les Actinophrys et les Trichodiscus). Toutefois, il ne tarda pas à reconnaître, pendant l’impression même de son ouvrage, quelle entorse il avait donnée aux affinités naturelles, et il indiqua dans une note 1 que les Acineta devaient être réunis aux Podophrya et au nouveau genre Dendrosoma, pour former une famille à part, à laquelle il donna le nom d ' Acinetina. Par cette modification, M. Ehrenberg avait circonscrit le groupe des Acinétiniens dans des limites parfaitement naturelles. C’était un coup de main heureux, mais, en quelque sorte, inconscient, puisque M. Ehrenberg n’avait qu’une idée bien vague de l’organisation des Acinétiniens et qu’il ne connaissait pas en particulier l’abîme qui les sépare des Actinophrys.
Les successeurs de M. Ehrenberg ont fait un pas en arrière en détruisant la famille naturelle des Acinétiniens. M. Dujardin en fait des Rhizopodes qu’il réunit aux Actitinophryens; il fit même d’une Podophrya (P. fixa Ehr.) une Actinophrys proprement dite sous le nom d’M. pedicellata (v. Duj., Inf., p. 266). Cette confusion s’est, dèslors, perpétuée, et nous la retrouvons, en particulier, dans les ouvrages de MM. Perty et Stein. Quelle distance, cependant, entre un Acinétinien armé de ses nombreux suçoirs portant chacun une ouverture buccale préformée et des Actinophrys susceptibles de prendre de la nourriture par un point quelconque de la surface de leur corps ! M. Stein considère la Podophrya, qu’il tient à tort pour une phase du développement