‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 91 sur 198 · ORDRE III · texte numérisé non relu

ORDRE III

INFUSOIRES CILIO-FLAGELLÉS.

Les infusoires cilio-flagellés forment un chaînon intermédiaire entre les infusoires ciliés et les infusoires flagellés, bien qu’ils soient certainement plus proches parents des derniers que des premiers. Plusieurs auteurs sont indécis sur leur nature, et M. Leuckart en particulier veut en faire des végétaux. Cette opinion ne paraît cependant reposer sur aucune base solide, et comme personne n’a reconnu jusqu’ici de phase purement végétative dans le cycle d’évolution de ces êtres, nous pensons devoir nous ranger à l’opinion la plus généralement accréditée, c’est-à-dire à celle qui considère ces êtres comme des animaux.

Le corps des infusoires cilio-flagellés présente un contenu d’apparence fort variable, sans qu’on ait réussi à s’assurer jusqu’ici que des objets de nature évidemment étrangère en fassent partie. Nous avons fait toutefois, sur des Ceratium marins, une observation qui semble indiquer la possibilité de l’existence d’une ouverture buccale chez ces animaux. On voit parfois le long flagellum des Ceratium disparaître instantanément par une contraction subite. Unexamen attentif enseigne que la cause de cette disparition gît dans l’existence d’une cavité sphérique placée auprès du point d’insertion du flagellum, cavité dans laquelle ce flagellum peut venir se loger par rétraction. Peut-être que les mouvements brusques du flagellum sont destinés à amener dans cette cavité des particules étrangères propres à la nutrition. Nous n’avons pu cependant nous

en assurer.

Les infusoires cilio-flagellés sont trop peu nombreux et s’éloignent trop peu du type commun, pour que nous songions à en former plusieurs familles. L’ordre entier comprend donc une seule famille, celle des Péridiniens, caractérisée par la présence d’un ou de plusieurs llagellums et d’un sillon transversal en ceinture, dont le bord antérieur porte une rangée de cils vibratiles. Le genre Prorocentrum seul paraît s’éloigner un peu du reste de la famille par la disposition des cils, et devra peut-être un jour former une famille spéciale.

Les Péridiniens sont, en général, munis d’une cuirasse. On trouve cependant, soit dans les eaux douces, soit dans la mer, une foule de formes tout-à-fait nues. Ces formes ne paraissent point constituer autant d’espèces différentes, mais semblent n’être que des phases de développement d’espèces cuirassées. Aussi éliminerons-nous de ce chapitre toutes les formes dépourvues de test, nous réservant de nous en occuper dans la troisième partie de ce Mémoire.

Les genres Chætotyphla et Chætoglena, que M. Ehrenberg classe dans la famille des Péridiniens, doivent en être écartés, parce qu’ils sont dépourvus de la ceinture de cils vibratiles cjui caractérise la famille. Ce sont de véritables infusoires flagellés.

La cuirasse de tous les Péridiniens (les Prorocentrum exceptés) se compose de deux moitiés, l’une antérieure, l’autre postérieure, séparées l’une de l’autre par le sillon cilié. La face ventrale de la moitié postérieure présente constamment une ouverture ou petite échancrure qui est comme la continuation de celle de la moitié antérieure. Le sillon transversal n’est point circulaire, mais forme en quelque sorte un élément de spire dextrogyre. Il commence sur la face ventrale du côté gauche, et c’est à ce point qu’il est le plus rapproché de la partie antérieure, puis il passe sur le côté gauche, se continue sur le dos et revient à droite sur la face ventrale à un niveau plus rapproché de l’extrémité postérieure que ne l’était son point de départ.

Chez aucun Péridinien on n’a reconnu jusqu’ici l’existence de vésicules contractiles. En revanche, ils contiennent des corps de formes diverses qu’on peut considérer comme des nucléus.

M. Bailey 1 croit qu’une partie des êtres décrits comme étant des Péridiniens sont

1. Note on new Species and localities of Microscopical Organisms, by J. W. Bailey. — Sraithsonian Contributions to Knowledge. Novembre 1853.

des phases embryonnaires d’Annélides. Cette opinion repose sur une prétendue analogie existant entre ces infusoires et les embryons de Néréides décrits par M. Lovén. Toutefois, cette analogie n’est qu’apparente. Ce n’est qu’une ressemblance de forme qui existe dans les gravures, sur le papier bien plus que dans la nature. Les embryons d’Annélides n’ont rien qui ressemble à la cuirasse des Péridiniens.

Répartition des Péridiniens en genres.

Oh

Un sillon r Les deux moitiés de la ( Cuirasse armée de prolongements en forme

transver- \ cuirasse de longueur à < de cornes

sal. < peu près égale. ( Cuirasse sans prolongement

I Les deux moitiés de la cuirasse I Bords de l'échancrure relevés en lame V très-inégales. ( Bords de l’échancrure non relevés. .

Pas de sillon transversal. Cils sur le bord antérieur

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