Perty, zur Kenntniss, etc., p
2. Notes on the Freshwater Infusoria of the Island of Bombay. Annals and Mag. of Nat. Hist. 2. Series. XVIII, 1856, p. 247.
3. Gustav Woldemar Focke : Physiologische Studien, 2. Heft. Bremen, 1854, PI. IV, Fig. 27.
dire hardiment que la position de la vésicule contractile reste constamment à l’arrière. Or, il n’est pas possible de concevoir que le corps de l’Amæba roule sur luimême et que néanmoins la vésicule contractile, située dans l’épaisseur du parenchyme, ne prenne pas part à cette rotation. On ne pourrait expliquer le phénomène qu'en admettant que la vésicule contractile n’est que la coupe par le plan focal d’un vaisseau circulaire longitudinal qui ferait tout le tour de l'animal. Nous nous sommes
assurés qu'il n’en est rien et qu'il n'existe pas de vaisseau semblable.
I n’est donc théoriquement pas possible d'admettre que l’Amæba quadrilineata roule sur elle-même, et l’on en vient à se demander si ce roulement apparent ne serait pas une pure illusion d'optique. C’est bien aussi là notre opinion. Les granules contenus dans la cavité du corps sont soumis à un mouvement réel, et nous transportons involontairement ce mouvement à toute la masse du corps. On peut s’assurer qu'il en est bien ainsi, en fixant, non pas un granule de la cavité digestive, mais un granule du parenchyme. Il est vrai qu'il n’est pas toujours facile d'y réussir, car le plus souvent le parenchyme, vu même à de très-forts grossissements, se montre d’une homogénéité désolante. On trouve cependant çà et là des individus plus propres que d’autres à ce genre d'observation, et l’on peut s'assurer chez eux que la face dorsale est permanente et que l’animal ne se roule point sur lui-même. Notre ami M. Lieberkühn, dont l’attention a été, comme la nôtre, attirée tout spécialement par une espèce aussi favorable à l'étude que celle-là, est arrivé aux mêmes conclusions que nous. [Il s’est convaincu que l'A. quadrilineata rampe sur sa face ventrale”.
L’Amæba Limax Auerb. (A. Guttula Perty) peut servir de sujet à des recherches tout-à-fait analogues. En effet, sa vésicule contractile occupe une place constante non loin de l’extrémité postérieure, et chez elle aussi le roulement du corps sur lui-même n’est qu'apparent. D’autres espèces offrent des particularités anatomiques qui permettent également de s’assurer que les Amæœæbéens ne roulent pas sur eux-mêmes. Telle est,
par exemple, une Amœba, dont l’extrémité postérieure est hérissée de petites épines
1. Nous devons cependant dire que notre collaborateur, M, Lachmann, n’est pas tout-à-fait du même avis. Il croit s'être assuré que l'A. quadrilineala roule sur elle-même. Si son opinion était fondée, il serait complètement impossible d'expliquer maintenant la permanence de position de la vésicule contractile.
et qui a été figurée par M. Lieberkühn'. Telle est encore une grosse espèce voisine de cette dernière, mais qui, au lieu des petites épines, porte une agglomération d’appendices renflés en massue.
Il est donc avéré pour nous que les Amœæbéens, rampant sur une surface de reptation qui est toujours la même, et qui, elle seule, est chargée d'émettre et de retirer les expansions destinées à produire le mouvement. C’estun fait qui était déjà hors de doute pour les Arcelles et les Difflugies, mais qui est vrai même des Amœba proprement dites.
Nous ne savons pas d’une manière positive si les Amœæbéens peuvent, comme les Actinophrys et les autres Rhizopodes, absorber de la nourriture à une place quelconque de leur corps, et, dans le cas contraire, nous ne savons pas s’ils sont monostomes ou polystomes. Les Podostomes paraissent cependant parler en faveur d'ouvertures buc-
cales préexistantes en nombre multiple.
Réparlilion des Amæbéens en genres.
Pseudopodes ne s'étendant pas / Une seule sorte de pseudopodes.... 1. AMOEBA. à leur extrémité en feuilles | Deux espèces de pseudopodes; les
Pas de minces, uns larges et servant à la loco-
coque. motion, les autres en forme de < fouet et servant à la nutrition... 2. PODOSTOMA. Z \ Pseudopodes cylindriques s’étalant à leur extrémité en feuilles minces .. 3. PETALOPUS. B MIEXIDIE RER EEE Pere -erelere--ecr--cs teens 4. PSEUDOCHLAMYS. = Unecoque. j Solide, non { Non incrustée de substances étrangères............... 5. ARCELLA. 4 flexible. Incrustée par des substances / Ornée de prolongements
étrangères agglutinées. tubuleux ouverts...... 6. ECHINOPYXIS.
l Sans prolongements tupuleux--=-"--52-— 7. DIFFLUGIA.
; 1er Genre. — AMŒBA.
Notre intention n’est pas d’entrer ici dans une discussion détaillée de toutes les
espèces qui ont été établies dans ce genre. En effet, nous ne pensons pas avoir en
1. Evolution des Grégarines. — Académie de Belgique. Mémoires des savants étrangers. Tome XXVYI, PI. XI, Fig. 40. 2. Le genre Cyphidium Ebr. (Inf., p. 135) ne nous est pas connu jusqu'à ce jour.
main les matériaux suffisants pour tenter une réforme systématique des Amœba, et nous aimons mieux ne rien faire que mal faire. Jusqu'ici nous n'avons pas de caractères positifs, tranchés, anatomiques, qui nous permettent de séparer clairement les différentes espèces les unes des autres. On est toujours réduit à les distinguer par leur mode de progression vif ou lent, rectiligne ou sinueux, par la forme qu’elles présentent le plus habituellement, et autres caractères aussi peu certains. M. Auerbach à essayé dans une monographie d’éclaircir la question d’espèce dans le genre Amœæba', et il est incontestable que son travail à fait faire à la science un pas en avant; mais ce n’est qu'un premier pas. Îl faut souvent un peu d’audace pour donner un nom à telle ou telle espèce d’Amæba qu’on croit nouvelle, et cette audace n’a fait défaut ni à M. Dujardin, ni même à M. Auerbach. Gombien souvent n'arrive-t-il pas qu’on poursuit une Amæba en lui voyant conserver, durant des heures entières, la forme étoilée si caractéristique que M. Ehrenberg nomme À. radiosa, puis tout à coup le même individu s'étale, sous le regard de l’observateur surpris, en une feuille mince, à contours irréguliers, à laquelle M. Ehrenberg appliquerait immédiatement le nom d’Amæba diffluens. La forme à laquelle M. Auerbach donne le nom d'A. actinophora peut, elle aussi, s’étaler en A. diffluens. Quel garant avons-nous done que l'A. actinophora et l'A. radiosa ne soient pas une seule et même espèce? Il est sans doute des formes qui sont si positives el si constantes qu'il ne peut régner aucun doute sur leur valeur spécifique. Telles sont l'A. quadrilineata Carter, et l'A. bilimbosa Auerb.”; telles sont encore PAmæba figurée par M. Lieberkühn, dans la figure 40 de la planche XI de son « Evolution des Grégarines » et plusieurs autres non décrites jusqu'ici. D’autres sont également fort reconnaissables comme formes typiques. Ce sont l'A. princeps Ehr., l'A. verrucosa Ehr., l'A. radiosa Ehr., VA. Limaæ Auerb., VA. Guttula Auerb.*. Mais il est bien difficile de fixer leurs limites. L’A. Gleichent Duj. et l'A. multiloba Duj. sont singulière-
ment difficiles à séparer de l'A. Limaxæ Auerb., bien qu’on rencontre çà et là des formes
{. Auerbach: Ueber die Einzelligkeit der Amœben. Zeitschrift f. wiss. Zoologie, VII. Bd., 4. Heft, 1855.
2. Cette dernière devra peut-être former un genre à part, genre qui devra porter le nom de Corycia, car il ne nous paraît point douteux que l'animal décrit sous ce nom par M. Dujardin, soit identique (génériquement tout au moins) avec VA. bilimbosa. V. Ann. des Sc. nat., 1852, p. 241.
3. Nous n’oserions aflirmer que ces deux dernières soient les mêmes que celles pour lesquelles M. Dujardin avait créé ces noms.
qui répondent beaucoup mieux à la description que M. Dujardin donne de son À. multiloba qu’à celle que M. Auerbach donne de son À. Limax. Une foule d’autres prétendues espèces, comme l’A. polypodia Schultze, VA. lacerata Duj., VA. crassa Duij., l'A. brachiata Duj., VA. longipes Ehr.", VA. punctata Eichw.*, sont autant de protées qui se permutent à volonté les uns dans les autres ou dans quelqu’une des formes précédemment citées.
Il est évident que des actions extérieures ont une grande influence sur la forme, la taille et l'énergie des mouvements des Amœbéens. Il sera, en particulier, intéressant d'étudier l'influence exercée par la concentration des liquides. Tant que les limites de ces actions ne seront pas connues, la discussion des espèces du genre Amœba restera assez aride.
Il est toutefois quelques espèces qui présentent des caractères anatomiques positifs, comme nous l'avons remarqué à propos de VA. quadrilineata Carter, et de quelques autres. Nous attirerons en particulier l’attention des observateurs sur les espèces à vésicules contractiles nombreuses, espèces qui n’ont pas été étudiées jJusqu'ier. On trouve fort fréquemment aux environs de Berlin une forme, excessivement petite, qui possède trois ou quatre vésicules contractiles. Une autre, beaucoup plus grande, et qui adopte en général la forme d’une feuille très-mince, en possède une vingtaine, toutes de dimensions fort petites.
Remarquons enfin, comme nous l'avons dit ailleurs, qu'il faut exelure du genre Amoœæba toutes les formes à pseudopodes pointus et déchirés, à la surface desquels on voit circuler des granules, comme chez les Gromies et les Polythalames. Ces formeslà doivent être rangées dans la famille des Actinophryens. Quelques-unes seront peutêtre encore mieux placées auprès des Gromies. Parmi ces espèces à exclure du genre Amoœba, nous nommerons l’Amæba porrecta Schultze”, observée par M. Max Schultze, dans la mer Adriatique, et qui devra être placée dans la famille des Gromides. Aux environs de Berlin, on trouve parfois une espèce hérissée de pseudopodes irréguliers sur toute sa surface, qui est un véritable Actinophryen.
. Monatsh. d. Berl. Akad., 1840, p. 198.
3. Dritter Nachtrag zur Infusorienkunde Russlands. Moscau, 1852, p. 92. 3. Ueber deu Organismen der Polythalamien von Max Siegmund Schultze. Leipzig, 1854, p. 8, PI. VIT, Fig. 18.
Quant à l’Amæba globularis Schultze*, elle ne nous est pas connue ; mais nous ne serions pas éloignés de croire qu’elle doit former, dans la famille des Amœbéens, un
genre à part.
2e Genre. — PODOSTOMA.
Nous croyons devoir fonder un genre particulier pour une Amœæba, observée à Berlin par M. Lachmann, et qui s’écarte singulièrement des Amœba proprement dites par la présence d'organes préhensibles spéciaux. Cette espèce, à laquelle nous donnons le nom de Podostoma filigerum (V. PI. XXI, Fig. 4-6), peut se présenter sous une forme tout-à-fait amoœæbéenne, et il n’est pas possible alors de la distinguer d’Amœba proprement dites. Elle change sa forme avec rapidité; on la voit passer d’une forme sphérique, et presque complètement dépourvue d’expansions, à une forme étoilée comme l’Amæba radiosa, où laminaire comme l’A. diffluens. Mais le Podostome est susceptible de développer des expansions toutes particulières, qui ne servent point à la progression. Ge sont des prolongements larges, courts et épais, se terminant en un long filament ou fouet qui s’agite dans l’eau en tous:sens, comme le flagellum d’un infusoire flagellé. Ce fouet se courbe, s’agite en tous sens et avec vivacité. Parfois, l'animal le retire subitement à lui, et, dans ce cas, on voit l’organe se contracter en spirale (Fig. 6). On voit les corpuscules étrangers qui arrivent au contact du fouet, tourner autour de lui, sans qu'il ait été possible de constater si ce mouvement provient de l'agitation même du fouet ou d’une autre cause. Le fouet se raccoureit alors en entrainant un corpuscule, et finit par disparaître complètement dans l’expansion qui le porte. Le corpuscule se trouve à ce moment en contact avec l'extrémité arrondie de l’expansion, dans laquelle on voit se former une excavation en forme de cuiller. Le corpuseule pénètre dans l’excavation, et, de là, dans un canal qui se prolonge à l’intérieur de
l'expansion; puis celle-ci se retire, se contracte, et le corpuscule est amené dans l’in-
f. Loc. cit., PL VII, Fig. 20.
térieur du corps. La figure 6A représente cette absorption de nourriture à un fort grossissement.
Le Podostoma filigerum s’est trouvé en grande abondance dans un verre renfermant des algues et des infusoires. Son nucléus est identique à celui de la plupart des autres Amæbéens : il est circulaire et bordé à la périphérie d’une zone plus transparente que
le ventre. La vésicule contractile est unique. Sa taille est extrêmement varrable.
3° Genre. — PETALOPUS.
Le genre Petalopus est formé par des Rhizopodes qui, à certain point de vue, se rapprochent des Actinophryens. En effet, leurs pseudopodes sont filiformes, et comme d’autre part, ces pseudopodes ne partent que d’un seul point de la surface, ces animaux ont une ressemblance frappante avec les Plagiophrys. Is s’en distinguent toutefois, parce que ces pseudopodes sont susceptibles de s’étaler à leur extrémité en une nappe mince, à peu près comme s’étalerait une Amœæba de la forme de A. diffluens. Puis, cette nappe peut se ramonceler sur elle-même en un globule à apparence sarcodique, et le pseudopode est retiré à l’intérieur du corps. Si donc les pseudopodes des Petalopus ont, par leur forme, de l’analogie avec ceux des Actinophryens, ils se modifient pendant la reptation d’une manière qui rappelle tout-à-fait les pseudopodes des Amœæbéens. Nous n’avons, du reste, pas remarqué à leur surface la circulation de granules qu’on voit chez les Actinophrys. Nous ne connaissons jusqu'ici qu’une seule espèce de ce genre.
Petalopus diffluens. (NV. PI. XXI, Fig. 3.)
Le corps de cette espèce est arrondi en arrière et brusquement tronqué en avant. Sa forme est assez constante, bien qu’il n’y ait pas de carapace. Les pseudopodes naissent parfois en grand nombre de la partie tronquée, parfois aussi il n’existe qu'un seul pseudopode qui se ramifie en plusieurs branches. Nous n’avons pas observé de nucléus. Cette espèce a été observée à Berlin par M. Lachmann.
4 Genre. — PSEUDOCHLAMYS.
Les Pseudochlamys forment le passage entre les Amœæbéens nus et les Amœbéens cuirassés. Ce sont des Amœæba revêtues d’un bouclier mol qui protége leur surface dorsale, à peu près comme la coquille d’une Patelle ou le bouclier d’une Casside protégent l'animal placé dessous. Ce bouclier a l’apparence d’une membrane dure et résistante, mais il suflit de poursuivre un moment les mouvements extrêmement lents de l'animal pour s’apercevoir qu'il n’en est rien et que le bouclier se plie avec la plus grande facilité à toutes les exigences du corps et change sa forme de toutes les manières
possibles. Nous n’en connaissons qu'une seule espèce.
Pseudochlamys Patella. (N. PL. XXI, Fig. 9.)
Chez cette espèce, le bouclier présente une couleur brune qui rappelle la teinte ordinaire de la substance à laquelle M. Nægeli a donné le nom de diatomine. Le corps lui-même est incolore et affecte le plus souvent une forme discoïdale. Des vésicules contractiles, en général au nombre de six à dix, sont distribuées à intervalles réguliers sur tout le pourtour ; le nucléus est unique. Les pseudopodes sont des expansions larges, arrondies et peu allongées.
Une fois nous avons rencontré une Pseudochlamys qui émettait du centre de sa face inférieure trois longs pseudopodes rubanaires parfaitement semblables à ceux d’une Arcelle ou d’une DiMugie (V. PI. XXII, Fig. 6). Elle possédait jusqu’à quinze vésicules contractiles. Peut-être était-ce là une espèce différente de la P. Patella qui, dans les circonstances habituelles, ne paraît émettre de pseudopodes que sur son pourtour. Il est toutefois à remarquer que l'individu en question était renversé sur le dos, et qu'il allongeait ses trois pseudopodes en les agitant en tous sens pour chercher à se retourner. Peut-être que le développement excessif de ces organes n'était qu'un état momentané provenant de la position anormale.
La Pseudochlamys Patella est commune aux environs de Berlin, surtout dans les étangs de la Jungfernhaide. Sa grosseur est très-variable. Son diamètre le plus habi-
tuel paraît être d'environ 0mm,04.
4h44 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES
de Genre. — ARCELLA.
Les Arcelles sont des Rhizopodes à coque solide, et nous les distinguons des Echinopyxis et des Difflugies par la circonstance que cette coque n’est jamais incrustée par des substances étrangères. M. Ehrenberg s’est servi d’un autre caractère distinctif. Les Arcellesont pour lui une coque déprimée en bouclier, tandis que le têt des Difflugies est sphérique ou oblong. Cette différence de forme n’est point suffisante pour servir de critère générique. En effet, la coque de l’espèce typique du genre Arcelle (A. vulgaris) varie beaucoup de forme, et s’il est vrai que cette coque soit en général déprimée en bouclier, il n’en est pas moins certain qu’on rencontre çà et là des individus appartenant à la même espèce, dont la coque est plus haute que large. M. Dujardin, qui s’est servi du même caractère que M. Ehrenberg pour distinguer les Arcelles des Difflugies, essaie de trouver une seconde différence dans la forme des pseudopodes qu’il représente comme aplatis chez les premières et comme cylindriques chez les secondes. Ce second caractère a encore moins de valeur que le premier, car il est impossible de trouver une différence constante dans la forme de ces expansions, qui sont, en
général, aplaties chez les deux genres.
ESPÈCES
1° Arcella vulgaris. Ehr. Inf., p.133, PI. IX, Fig. V.
. Coque très-finement facettée, aplatie sur sa face ventrale, qui offre une ouverture circulaire en son c: 4 DrAGNOSE. Coque très-f t facettée, aplat f: trale, qui off t [ n centre
Cette espèce est trop bien connue pour que nous entrions dans une étude détaillée de tous ses caractères. Nous appuierons cependant sur quelques détails anatomiques qui ont été peu remarqués jusqu'ici, et sur les variations de forme-nombreuses auxquelles est sujette cette espèce. — Le nombre des vésicules contractiles est chez cette Arcella très-variable, et paraît être d’autant plus grand que l'individu atteint une taille plus grosse. Ces vésicules sont disposées sur toute la périphérie. Les nucléus sont dans le même cas et forment un cercle intérieur à celui des vésicules contractiles. Souvent on
trouve des individus qui ne possèdent qu’un seul nucléus; mais il n’est pas rare de ,
ET LES RUIZOPODES. 445
voir les nucléus au nombre égal à celui des vésicules contractiles, parfois jusqu’à douze ou quinze. M. Auerbach a été le premier à constater cette multiplicité des nucléus chez les Arcelles. Du reste, ces nucléus sont parfaitement semblables à ceux de la plupart des autres rhizopodes amœæbéens. Ce sont des disques transparents portant au centre un nucléole plus obscur.
La coque varie beaucoup de forme. Souvent elle représente une calotte hémisphérique parfaitement régulière, fermée par un plan horizontal percé d’un trou en son centre; mais, plus souvent encore, elle est ornée d’une ou de plusieurs ceintures de dépressions concaves, qui lui donnent un aspect très-élégant. Parfois ces dépressions forment de larges facettes sur toute la surface de la calotte hémisphérique. Ces variétés ont été séparées de l'A. vulgaris, par M. Ehrenberg, sous le nom d'A. dentata (V. Inf., p. 134, PI. IX, Fig. VIT). M. Perty s’est emparé de cette prétendue espèce et Va, à son tour, divisée en trois, sous les noms d’A. Okeni, À. angulosa et À. dentata (V. Perty. Zur Kenntniss, ete., p. 186), et il a, en outre, créé deux noms nouveaux, À. hemisphærica et À. viridis, pour deux variétés, de la même espèce, à calotte dépourvue de dépressions concaves. — Il est certain que toutes ces formes ne sont que des variétés d’une seule et même espèce. Les passages nombreux d’une forme à l’autre sont déjà une preuve convaincante, mais nous pouvons en donner une plus positive encore. Les Arcelles changent plusieurs fois de coque durant le cours de leur vie. Lorsqu’elles sont devenues trop grosses pour la coque qu’elles habitent, elles s’en construisent une nouvelle. On voit alors l’Arcelle sortir presqu’entièrement de sa coque ancienne et former une grosse masse à apparence sarcodique devant l'ouverture, tandis que la surface de son corps sécrète la coque nouvelle. On voit, dans ce cas, deux coques d’Arcelles appliquées l’une contre l’autre par leur face ventrale, ouverture contre ouverture. L'une est épaisse et obscure, l’autre est mince; d’abord parfaitement incolore, plus tard légèrement jaunâtre. La première est la coque ancienne, l’autre la coque nouvelle. L’Arcelle passe alternativement de l’une des coques dans l’autre, laissant cependant toujours une partie de son corps dans la coque ancienne. Enfin, lorsque
l’habitation nouvelle a pris assez de consistance, l’Arcelle y passe tout entière, et, dans
1. M. Weisse avait déjà donné précédemment à cette variété le nom d'A, uncinala. (V. Bull. de l'Acad. de St-Pétersbourg, Tome IV, No 8 et 9.)
la séparation violente qui s'opère en ce moment entre les deux coques, la coque ancienne se fend le plus souvent. Nous avons constaté qu’une Arcelle de la forme que M. Ehrenberg appelle A. vulgaris, se construit parfois une coque nouvelle de lune des formes auxquelles M. Perty donne les noms d’A. angulosa, A. dentata et A. Okeni. N ne peut donc régner aucun doute sur l'identité spécifique de ces différentes formes.
L’apparence granuleuse du têt de l’A. vulgaris est due, comme M. Ehrenberg l’a déjà reconnu, à la présence d’une multitude de petites facettes hexagonales très-régulières. C’est à dessein que nous disons des facettes et non pas des pores. En effet, la coque, bien qu'amincie dans ces champs hexagonaux, n’est point percée. Dans les coques abandonnées qui ont longtemps macéré dans l’eau, il arrive fréquemment que les facettes sont transformées en véritables pores, par la destruction des parties amin-
cies. Le têt forme alors un réseau à jour très-élégant.
2 Arcella patens. (N. PI. XXII, Fig. 7.)
Dracxose. Coque hémisphérique, incolore, ouverte dans toute la largeur de sa base.
La coque de cette espèce représente exactement un verre de montre très-convexe, sous lequel le corps de l’Arcelle est abrité comme sous un bouclier. Le corps est fixé à la coque par des pseudopodes en forme de brides minces, comme chez l'A. vulgaris. La vésicule contractile et le nucléus sont uniques. Le diamètre de la coque est d’en-
viron Omm,(5, Nous avons trouvé cette espèce dans la Sprée, près de Berlin.
Nous ne savons si l'espèce décrite par M. Ehrenberg, sous le nom d’Arcella ? hyalina (NV. Inf., p. 134, PL IX, Fig. VII) est bien réellement une Arcelle. Nous avons observé, à Berlin, un Rhizopode dont la coque est tout-à-fait semblable, mais qui paraît devoir rentrer plutôt dans la famille des Actinophryens'. Quant à l’Arcella aculeata Ebr., elle appartient à notre genre Echinopyxis”.
1. Depuis la rédaction de ces lignes, M. Fresenius a étudié en détail cet animal (Abhandlungen der Senckenbergischen Gesellschaft. Frankfurt a. M. 1858, p. 219. Tab. XII, fig. 1-24) et il ressort clairement de cette étude que V’'Arcella hyalina Ehr. doit appartenir ànotre groupe des Actinophryens, et ètre par conséquent exclue du genre Arcella-
2. M. Ehrenberg ne parait pas avoir jamais donné de diagnose de l'espèce qu’il mentionne sous le nom d’Arcella disphæra, du Labrador. (V. Mouatsb. d, Berl. Akad. d. Wiss., 1841, p. 205.)
6e Genre. — ECHINOPYXIS.
Le genre Echinopyxis est caractérisé par une coque qui est munie non seulement d’une ouverture ronde donnant passage aux pseudopodes locomoteurs, mais encore de prolongements tubuleux ouverts à leur extrémité. Par chacun de ces prolongements peut saillir un pseudopode mince, qui ne parait cependant pas pouvoir être
d’aucune utilité pour la locomotion.
ESPÈCE
Echinopyæis aculeata.
Sxx. Arcella aculeata. Ebr. Inf., p. 135. PI. IX, Fig. 6. Difflugia aculeata. Perty, zur Kenntniss, etc., p. 186.
DraGxose. Coque oblongue. Ouverture excentrique comme la bouche d’un Spatangue.
Cette espèce est suffisamment connue. M. Ehrenberg remarque que son têt est formé par des fibres courtes ressemblant à de la paille menue. Cette apparence est en général due à des Scenodesmes agglutinés à la coque. Vésicule contractile et nucléus sont uniques.
Il n’est pas impossible que l’animal décrit par M. Perty, sous le nom de Difflugia
Bacillariarum (Zur Kenntniss, etc., p. 187), doive rentrer dans ce genre.
7e Genre. — DIFFLUGIA.
Nous limitons ce genre aux espèces dont la coque est incrustée par des substances étrangères, comme M. Perty paraît lavoir déjà fait tacitement. Les Difflugies se distinguent des Echinopyxis par l’absence des prolongements tubuleux. Les espèces de ce genre sont caractérisées par la forme de leur coque et sont par suite faciles à distinguer. Nous n’avons rien à ajouter relativement aux espèces déjà décrites. La D. proteiformis Ehr. (Inf., p.131, PI IX, Fig. D), la D. acuminata Ehr. (nf , p. 131,
PI. IX, Fig. HD) et la D. pyriformis Perty (Zur Kenntniss etc., p. 187, PI. IX ob. Abth. f. 9) sont communes aux environs de Berlin. Probablement que la D. oblonga Ebr. (Inf., p. 131, PI. IX, Fig. ID n’est qu'une D. pyriformis Perty, dépouillée de substances incrustantes. — La D. Helix Cohn (Zeitsch.f.wiss. Zool., Bd. IV, p.26) ne nous est pas connue, mais il est probable qu'elle ne diffère pas de la D. spiralis”, dont M. Ebrenberg s’est contenté de donner une diagnose (Monatsb. d. Berl. Akad. d. Wiss. 4840, p. 199), et qu’elle-mêème est peut-être identique avec l'espèce pour laquelle M. Bailey a créé le même nom de D. spiralis (Microsc. Obs. made in South-Carolina, etc. Smithson. Contr. to Knowl. 1850, p. 1). — La D. Bacillariarum Perty ne nous est pas connue non plus. La D. depressa et la D. gigantea Sch. (Schlumberger. Sur les Rhizopodes. Ann. des Sc. nat., 1845, p. 255) sont caractérisées d’une manière trop insuffisante pour pouvoir être reconnues. La D. Ampulla, à en juger par la simple diagnose qu’en a donnée M. Ehrenberg (Monatsb. d. Berl. Akad., 1840, p. 198), pourrait bien être une Euglypha. Enfin, la D. ÆEnchelys Ehr. est un Trinema*.
XE° Famille. — ACTENOPHEVEINA.
Les Actinophryens ne sont susceptibles que d’une progression excessivement lente, et on peut dire que les plus lents des Amæbéens changent rapidement de place, comparativement aux Actinophryens. On a souvent voulu dénier toute locomobilité à certains genres de cette famille, aux Actinophrys, par exemple. Cependant, il sufiit de considérer attentivement ces animaux pendant quelque temps pour constater chez eux des déplacements qu’on ne peut regarder comme purement passifs. Les Urnula seules ne peuvent changer de place, leur coque étant fixée à des objets étrangers. Il
1. Telle est aussi l'opinion de M. Fresenins dans son Mémoire récent, intitulé : Beiträge zur Kenntniss microscopischer Organismen. Loc, cit., p. 224.
2. Quant à la D. Lagena Ehr. (Monatsb. d. Berl. Akad. d. Wiss., 1841, p. 205) nous ne croyons pas que M. Ebrenberg en ait jamais donné de diagnose.
paraît probable que la locomotion a lieu au moyen de la fixation de l’extrémité
de quelques pseudopodes à des objets étrangers, suivie d’un raccourcissement de ces pseudopodes.
Le mode d'absorption de la nourriture chez les Actinophryens, en particulier chez le genre Actinophrys, est suffisamment connu aujourd’hui, grâce aux observations de M. Külliker', aux nôtres” et à celles de M. Lieberkühn*. Nous avons si fréquemment observé le phénomène de l'absorption de la nourriture chez ces animaux, qu'il est incontestable que toute partie de la surface d’un Actinophryen de laquelle naissent
dés pseudopodes est susceptible de se transformer en une bouche provisoire.
Répartition des Aclimophryens en genres.
a Pseudopodes naissant de tous les points de la surface .............. 1. ACTINOPHRYS. 2 Pss de coque. Pseudopodes ne naissant pas de Ç disposés en ceinture sur le pourtour 2. TRICHODISCUS. Le | tous les points de la surface naissant en faisceaux d’un seul côté 3. PLAGIOPHRYS. E à ( incrustée de substances étrangères................. 4. PLEUROPHRYS. Z | Une coque. \ Coque libre ne incrustée ; | Ouverture RUE robot ht D. DRÔRRS
S | forme oblongue. | Ouverture terminale... ......... 6. EUGLYPHA.
< | \ Coque fixée à des objets étrangers .....,............m.sssesse 7. URNULA.
4 Genre. — ACTINOPHRYS.
Les Actinophrys sont des Actinophryens nus qui sont susceptibles d'émettre des pseudopodes de tous les points de la surface de leur corps. La plupart des espèces ont la forme d’un sphéroïde aplati; mais elles peuvent modifier beaucoup leur forme et même prendre, dans certaines circonstances, surtout au moment où elles mangent, une forme extrêmement irrégulière. On voit des granules continuellement en mouvement sur leurs pseudopodes, comme sur ceux des Gromides et des Polythalames;
toutefois, leur cireulation est beaucoup plus lente et ne peut être reconnue qu’à l'aide
1. Ueber Actinophrys Sol. Zeitschrift für wiss. Zoologie, 1849. 2. Ueber Actinophrys Eichhorni. Müller's Archiv, 4854, p. 598. 5. Ueber Protozoen. Zeitschrift für wiss. Zoologie, VII, Bd,, 1856, p. 308.
d’une attention soutenue et de forts grossissements. Nous nous contenterons de donner une courte diagnose des espèces jusqu'ici décrites, et d’exposer leur synonymie assez
embrouillée.
ESPÈCES
1° Actinophrys Sol. Ehr. Inf., p. 303, PL XXXI, Fig. VI.
SN. Aclinophrys difformis. Ehr. Inf., p. 304, PI. XXXI, Fig. VIII. Actinophrys Eichhornii. Clap. Müller’s Archiv, 1854, p. 398-418. Actinophrys Sol. Clap. Müller’s Archiv, 1854, p. 419.
DiAGNosE, Une ou deux vésicules contractiles faisant fortement saillie à la surface du corps. Parenchyme n’affrant pas d'apparence celluleuse régulière.
Nous renvoyons, pour l’étude spéciale de cette espèce, au Mémoire que nous avons publié en 1854, sous le titre : Ueber Actinophrys Eichhornii (Mueller’s Archiv, 1854, p. 398).
M. Stein a confondu cette espèce, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire,
avec une Podophrya.
® Actinophrys Eichhornii. Ehr. Monatsb. d. Berl. Akad., 1840, p. 197.
SN. Aclinophrys Sol. Kælliker. Zeitschr. f. wiss. Zool., 1849. Aclinophrys Eichhornii. Stein. Die Infusionsthierchen, p. 148. Actinophrys Eichhornii. Clap. Müller’s Archiv, 1854, p. 419.
DIAGNOSE. Une ou deux vésicules contractiles faisant fortement saillie à la surface du corps. Parenchyme offrant une apparence celluleuse plus où moins régulière.
Cette espèce a été étudiée avec soin par M. Kôlliker et M. Stein. Cependant, le premier a complètement méconnu les vésicules contractiles, et le second les a prises pour des organes destinés à faciliter l’introduction de la nourriture. — L’Actinophrys Eïichhornii est extrêmement commune aux environs de Berlin, où elle atteint souvent
une taille de Omm,5, et au-dessus.
3 Actinophrys brevicirrhis. Perty. Zur Kenntn., p. 197, PL VU, Fig. 7.
Dracnose. Une seule vésicule contractile ne faisant pas saillie à la surface ; parenchyme à structure non celluleuse ; pseudopodes en général fort courts et fort nombreux. è
Notre diagnose se rapporte à une espèce assez fréquente aux environ de Berlin, et
qui pourrait fort bien être identique avec l’Act. brevicirrhis de M. Perty. Ses pseudo-
podes sont extrêmement nombreux, mais n’atteignent pas en général la moitié de la longueur du corps. A des intervalles assez réguliers sont cependant placés des pseudopodes très-minces, dont la longueur est au moins double de celle des autres. Chez l’un des exemplaires figurés par M. Perty, on voit aussi des pseudopodes de deux longueurs. Souvent cette Actinophrys est incolore; souvent aussi elle est colorée en vert et en rosâtre, comme l'indique M. Perty. La vésicule contractile est petite et ne fait pas saillie à la surface ; elle se trouve située plus près du centre que du bord, lorsque l'animal tourne son côté large du côté de l'observateur, tandis que chez les deux espèces précédentes elle apparaît toujours sur le bord même lorsque l'animal est placé
de cette manière.
Son diamètre est de Omm 03 environ.
40 Actinophrys tenuipes. (V. PI. XXII, Fig. 4.)
DiAGNOSE. Pas de vésicule contractile faisant saillie à la surface; parenchyme à structure non celluleuse ; pseudopodes rares, minces et en général fort longs.
Cette petite espèce renferme constamment une espèce d’écaille de la couleur brunâtre de la diatomine, qui rappelle tout-à-fait la fausse carapace de la Pseudochlamys Patella. Cette écaille, bien qu’offrant l'apparence d’une certaine consistance, n’est point solide, mais change de forme en même temps que la partie imcolore du parenchyme. Le nucléus est un gros disque toujours fort distinct. Jamais nous n'avons réussi à reconnaitre de vésicule contractile. La plupart des exemplaires présentaient bien une vésicule sphérique pleine de liquide, mais dans laquelle nous n’avons jamais vu trace de contractions. — Nous avons trouvé l’A. fenuipes par myriades dans le Thiergarten de Berlin, au printemps de 1856. Son diamètre est seulement de Omm,02
environ.
L'Act. oculata Stein (Die Inf., p. 157) pourrait fort bien être tout simplement l’Act. Sol, bien que M. Stein n’ait pas constaté l'existence de la vésicule contractile. Il est cependant à remarquer que son nucléus est, au dire de M. Stein, très-facile à
voir, tandis que chez l'Act. Sol nous n'avons jamais réussi à le reconnaître avec cer-
titude‘. L’Act. oculata Stein est une forme marine, mais nous avons observé, dans la mer du Nord, par myriades, une Actinophrys que nous ne savons pas distinguer clairement de l’Acé. Sol des eaux douces, et qui coïncide tout-à-fait avec la figure que M. Stein donne de son Act. oculata. — L'Act. viridis Ehr. (If. p. 304, PI. XXXI, Fig. VIT) n’est peut-être qu'un Act. brevicirrhis colorée par de la chlorophylle. — M. Dujardin donne le nom d’Acf. marina à une forme marine parfaitement semblable à l’Acf. Sol, mais un peu plus petite et un peu plus rapide dans ses mouvements. Il n’est pas probable que ce soit une espèce particulière. Nous avons observé nousmêmes en grande abondance dans le fjord de Christiania, près de Vallée, une Actinophrys d’une petitesse extrême (0m®,010) que nous n’osons séparer de lAct. Sol, dont elle ne diffère que par la taille, et par la circonstance que la vésicule contractile peut s’enfler au point d’atteindre un diamètre à peu près égal à celui du corps. Une autre Actinophrys, de taille aussi petite, a été trouvée par nous dans le fjord de Bergen ; sa vésicule contractile se comportait exactement comme celle de l'A. brevicirrhis ; en revanche, les pseudopodes étaient rares et fort longs. L’Act.digitata Duj. (Inf., p. 264, PI. I, Fig. 19, et PI. IT, Fig. 4) ne nous est pas connue, mais parait bien être un Rhizopode. Par contre, lAct. pedicellata Duj. est une Podophrya (P. fixa), et nous ne sommes pas éloignés de croire que l’A. stella Perty (Zur Kennt., PI. VITE, Fig. 5) est un œuf de rotateur !
2e Genre. — TRICHODISCUS.
Les Trichodiseus ne se distinguent des Actinophrys que par la circonstance que les pseudopodes, au lieu de naître de tous les points de la surface, forment uue seule rangée ou ceinture sur l’équateur du sphéroïde aplati. Nous ne connaissons qu’une seule espèce appartenant à ce genre, le Trichodiseus Sol Ehr. (Inf., p. 305, PI. XXXT,
Fig. IX), qui a reçu de M. Dujardin le nom d’Actinophrys diseus. Les individus ob-
4. M. Lieberkühn n’a pas été plus heureux que nous à cet égard. Chez l’Act. Eichhorni le nucléus est au contraire toujours facile à reconnaître.
servés par nous à Berlin concordent parfaitement avec les figures IX, , IX, et IX, de M. Ehrenberg. Nous n’avons pas réussi à reconnaître chez eux de vésicule contractile. Les Fig. IX. et, de M. Ehrenberg paraissent se rapporter à un animal différent, à une Actinophrys dont tous les pseudopodes n'étaient pas étendus, ou peut-être à une Pleurophrys. En 4830, M. Ehrenberg disait qu’on peut suivre les pseudopodes du T. Sol dans l’intérieur du corps, jusqu'auprès du centre. Cette particularité se rapporte sans doute à ces individus, dont la parenté ave le T. Sol nous parait douteux. Les Trichodiscus sont en tous cas encore trop imparfaitement étudiés pour que ce
genre puisse être considéré comme définitif.
3e Genre. — PLAGIOPHRYS.
Les Plagiophrys sont des Actinophryens non cuirassés, munis de nombreux pseudopodes, qui naissent en faisceau d’un seul et même point de la surface du corps. Ces Rhizopodes sont aussi lents dans leurs mouvements que les Actinophrys proprement dites. Les pseudopodes laissent voir à leur surface la circulation de granules caracté-
ristique, qui est toutefois fort lente.
1° Plagiophrys cylindrica (NV. PI. XXI, Fig. 1.)
DraGNose. Corps cylindrique, à peu près trois fois aussi long que large.
Le corps de la Plagiophrys cylindrica est recouvert d’une peau à deux contours bien distincts, qu'il n’est cependant pas possible de confondre avec une carapace adhérente. En effet, cette peau est extrêmement flexible, et, par son aspect, rappelle encore plus l’enveloppe externe de la Corycia de M. Dujardin (Amæba bilimbosa Auerb.) que la cuticule des infusoires. À la base du cylindre cette peau s’amineit et disparaît même complètement, si bien que cette base paraît tout aussi dépourvue de membrane limitante que la surface d’un Actinophrys. Elle est mamelonnée, et c’est d’elle
seulement que naissent les pseudopodes. Malgré un examen très-attentif, nous n’avons } 56
réussi à reconnaître ni vésicule contractile, ni nucléus. Si cette absence complète de vésicule contractile se confirme, la P. eylindrica formerait un passage évident des Actinophryens aux Echinocystidées.
Nous avons vu cette espèce prendre de la nourriture, et cela précisément de la même manière que le ferait une Actinophrys. Une Astasie (Trachelius trichophorus Ehr.) s'étant approchée imprudemment des pseudopodes y resta agglutinée. Les pseudopodes se raccourcirent, tout en s’étalant de manière à former une enveloppe autour de la proie, tandis qu’une partie de la substance du Rhizopode venait au-devant d’elle pour l’envelopper d’une manière plus intime encore, et lAstasie finit par être attirée dans l’intérieur même du corps. La proie continua à s’agiter, pleine de vie, pendant près d’une heure, à l’intérieur de la Plagiophrys. L’individu que nous avons représenté renferme à son intérieur une Astasie et une Chroococcacée.
La PI. cylindrica atteint une longueur d’environ 0®»,13. Nous n’en avons rencontré qu’une seule fois quelques exemplaires, à Berlin, dans une petite bouteille
renfermant de l’eau et des algues de provenance inconnue.
2 Plagiophrys sphærica. (N. PI. XXILI, Fig. 2.)
DiAGNOSE. Plagiophrys à corps exactement sphérique. Le
Gette espèce est suffisamment caractérisée par la diagnose. C’est une boule d’un point de laquelle naît un faisceau de pseudopodes. Ceux-ci sont beaucoup moins nombreux que dans l’espèce précédente ; nous avons constaté chez eux la possibilité de se souder les uns aux autres. Nous avons reconnu l'existence d’une vésicule contractile. — Diamètre du corps, 0m,03-Omm,04. Observée dans la Sprée, à l’Unterbaum (Berlin).
4e Genre. — PLEUROPHRYS.
Les Pleurophrys sont chezles Actinophryens ce que sont les Difflugies chez les Amœbéens. Elles sont revêtues d'une coque munie d’une seule ouverture et formée par des
substances étrangères agglutinées au moyen d’un ciment organique.
ESPÈCE
Pleurophrys sphærica. (N. PI. XXII, Fig. 3.)
DrAGNOSE. Coque sphérique, formée par des particules silicenses.
La Pleurophrys sphærica ne se distingue de la Plagiophrys sphærica que par la présence de la coque. La forme de ces deux Rhizopodes est parfaitement la même. Le peu de transparence de la coque ne nous a pas permis de reconnaître l’organisa-
tion intérieure. Diamètre, 0®®,02. Dans les tourbières de la Bruyère aux Jeunes-Filles (Jungfernhaide), près de Berlin.
üe Genre. — TRINEMA.
Le genre Trinema a été établi, par M. Dujardin, pour des Actinophryens sécrétant une coque membraneuse, diaphane, ovoide, allongée; plus étroite en avant, où elle présente, sur le côté, une large ouverture oblique par laquelle sortent des expansions filiformes aussi longues que la coque, au nombre de deux ou trois. — Cette caracté-
ristique est excellente ; seulement, le nombre des pseudopodes est très-variable.
ESPÈCE
Trinema Acinus. Duj. Ann. des Sc. nat., 1836.
SyN. Difflugia Enchelys. Ebr. Inf., p. 152. PI, IX. Fig. IV. Euglypha pleurosloma. Carter, Annals and Mag. of Nat. Hist. July 1857.
DiaGNose. Trinema munie de trois vésicules contractiles formant une rangée transversale à l'équateur de l’animal, en avant du nucléus.
Nous pensons devoir rendre à cette espèce le nom spécifique qui lui avait été donné par M. Dujardin, et qui à la priorité sur les noms proposés par M. Ehrenberg et par M. Carter. Ce dernier est le seul qui jusqu'ici ait reconnu le nucléus et les vési-
cules contractiles. Il se contente d'indiquer celles-ci en nombre multiple ; le fait est
qu’elles sont constamment au nombre de trois, comme l'indique du reste la figure de M. Carter. De tous les dessins publiés jusqu'ici de cette espèce, celui de M. Carter est de beaucoup le meilleur”.
Il est à remarquer que l’ouverture n’est latérale que chez les individus adultes. Tant que l’animal n’a pas atteint sa taille définitive, elle est terminale et aussi large que la coque elle-même. |
L'animal chez lequel M. Schneider a étudié un prétendu bourgeonnement, et qu’il désigne sous le nom de Diflugia Enchelys*, n’est point le Trinema Acinus, puisque le caractère du genre, l’ouverture latérale de la coque lui fait défaut. Cet animal
est peut-être le même que M. Ehrenberg a décrit sous le nom d’Arcella hyalina.
6° Genre. — EUGLYPHA.
Les Euglypha sont des Actinophryens à coque membraneuse oblongue et munie d’une ouverture terminale, même chez l'adulte. M. Dujardin a donné à ce genre le nom d'Euglypha, parce que les espèces à lui connues avaient une coque élégamment sculptée. — Il est possible que les genres décrits par M. Schlumberger sous les noms de Cyphoderia et de Pseudo difflugia ® soient basés sur des espèces d'Euglypha *. Malheureusement, M. Schlumberger n’a pas donné de figures des Rhizopodes observés par
lui, et il est bien difficile de déterminer d’une manière positive, d’après ses seules des-
criptions, ce qu'il a eu sous les veux.
Nous ne connaissons qu’une seule espèce d’'Euglypha, savoir VE. tuberculata Du.
(Inf., p. 251, PI. 9, Fig. 7-8), sur laquelle nous n’avons pas grand'chose à remar-
1. V. On the Structure of Spongilla and additional Notes on Freshwater Infusoria, by H. J. Carter, Esq. Bombay. Annals and Mag. of Nat. Hist. July 1857, Vol. XX.
2. Beitrage zur Naturgeschichte der Infusorien. Müller’s Archiv, 1854, p. 204, PI. IE, Fig. 17-21.
3. Sur les Rhizopodes. Annales des sciences naturelles, IL. 35. 1845, p- 255.
4. Depuis la rédaction de ces lignes M. Fresenius a décrit et figuré (loc. cit., p. 225. PI. XII, fig. 28-56) un fort beau rhizopode qu'il rapporte à la Cyphoderia margarilacea Schl. Nous ne pouvons toutefois séparer cet animal du genre Euglypha. Quant à la Lagynis baltica Schultze (loc. cit., p. 56. Tab. I, fig. 7-8), elle ne paraît se distinguer génériquement des Euglypha que par l'absence de facettes à la coque, à moins qu'elle n’appartienne décidément au groupe des Gromides.
quer, sinon qu'elle est munie d’un nucléus situé au sommet de l’animal, et d’une seule vésicule contractile placée immédiatement au-dessous. Nous avons de la peine à croire que l'E. alveolata Duij., PE. lœvis Pertyet l'E. setigera Perty soient réellement des espèces distinctes de VE. tuberculala.— Quant à VE.? curvata Perty (Zur Kennt., p. 487, PI. VITE, Fig. 21), elle nous est tout-à-fait inconnue. C’est peut-être le même animal que M. Schlumberger a décrit sous le nom de Lecquereusia jurassica (Ann. des Sc. nat. 1845, p. 255), et qui est peut-être un Rhizopode du groupe des Gromies, puisque . M. Schlumberger remarque que les pseudopodes se ramifient en se contractant.— Il ne ressort du reste aucunement de la description de M. Perty que la coque de son Euglypha? curvata appartienne réellement à un Rhizopode. Quant à l'Æ.? minima Perty (Zur Kenntniss, p. 187, PI. VIII, Fig. 20), nous croyons devoir doubler le point d’in-
terrogation dont M. Perty a fait précéder son nom.
7e Genre. URNULA.
Les Urnula sont des Rhizopodes habitant une coque membraneuse qui n’est point libre comme celle des espèces précédentes, mais fixée par sa partie postérieure sur
des objets étrangers. Nous n’en connaissons jusqu'ici qu'une seule espèce.
ESPÉEE.
Urnula Epistylidis.
DIAGNOSE. Coque urcéolée, rétrécie soit à sa partie postérieure, soit près de son ouverture. Animal librement suspendu dans sa coque.
Cette espèce, qui n’est pas rare à Berlin dans la Sprée, vit en parasite sur les colonies d'Epistylis plicatilis qui recouvrent les Paludines vivipares. — Nous l'étudierons
en détail dans la 3° partie de ce Mémoire. :