‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 105 sur 210 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

PROTEINA.

SGH STfre Famille, — AMŒBINA.

La famille des Amæbéens, telle que nous la comprenons, se différenciant de celle des Actinophryens, surtout par son mode de locomotion, il importe de bien se rendre compte par quel procédé se meuvent les animaux qui en font partie. Ge n’est point là une étude facile, et la plupart des auteurs, bien que frappés de l’étrangeté des mouvements des Rhizopodes amæbéens, ne sont point entrés dans l’étude de leur mécanisme. On s’est d'ordinaire contenté de dire que les Amæbéens progressent en émettant des expansions sarcodiques; on a bien aussi donné à ce mode de progression le nom de reptation, mais on n’est guère allé au-delà. Il y a cependant deux manières bien distinctes de comprendre le mouvement de ces animaux. D'une part, il se pourrait que les Amœbéens roulassent sur eux-mêmes, sans qu'il y eût chez eux aucune opposition d’une surface ventrale ou reptatrice et d’une surface dorsale. Toutes les parties du corps arriveraient dans ce cas successivement en contact avec le sol. D'autre part, il est admissible qu'il y ait chez ces animaux une opposition constante entre une face ventrale ou reptatrice et une face dorsale, tout-à-fait inapte à produire la locomotion.

L'examen de certaines espèces d’Amœæba semble parler tout-à-fait en faveur de la première hypothèse. Lorsqu'on considère attentivement l’Amæba Limax Auerb. (A. Guttula Perty) ou VA. quadrilineata Carter, on croit positivement voir l'animal rouler sur lui-même. Aussi comprend-on que M. Perty caractérise la progression des

Amaœbéens comme « une espèce de reptation ou plutôt de lénte roulade (eine Art sebr lang-

sames Kriechen, oder besser Fortwälzen'). » Toutefois, il est déjà, à priori, précisément chez ces espèces-là, fort difficile de comprendre comment un roulement du corps sur lui-même peut avoir lieu. Ces deux espèces ont une forme à peu près semblable. Elles sont élargies en avant et se terminent en pointe en arrière. C’est la partie large qui progresse d’une manière active et semble rouler toujours sur elle-même; la partie postérieure paraît être traînée d’une manière purement passive. De plus, l’Amæba quadrilineata présente sur sa surface supérieure des côtes élevées longitudinales, qui ont été figurées par M. Carter * et M. Focke*. Ces côtes vont mourir insensiblement dans la partie antérieure, où leur niveau vient se confondre avec celui de la surface générale. La surface supérieure de l'animal ressemble parfaitement à une mai humaine, dont les doigts sont écartés les uns des autres et vont s’atténuant à l'extrémité. Si lAmæba roule réellement sur elle-m ême, on est obligé d'admettre que les côtes élevées s’effacent continuellement au bord antérieur et se reforment également sans cesse dans la partie postérieure. Aucun point donné de la surface du corps ne fait alors partie d’une manière constante d’une côte ou d’un intervalle intercostal, mais l’image que présente la face supérieure de l’animal, reste néanmoins perpétuellement la même. Dans cette hypothèse, la constance de forme de la surface supérieure de l’Amæba pourrait être comparée à la constance de la courbe d’une cascade. En effet, la cascade présente toujours le même aspect, bien que les éléments qui la composent disparaissent constamment pour faire place à d’autres. Le témoignage des sens paraït parler tout-à-fait en faveur de cette manière de voir, et bien qu’un pareil phénomène paraisse étrange, il ne présente rien d’impossible en lui-même. Toutefois, 1l est une autre circonstance qui nous défend d’accorder ici pleine et entière confiance au témoignage de nos sens. C’est la persistance de la vésicule contractile à la même place. Cette vésicule est située un peu en avant de l’extrémité postérieure. Pendant la progression de l’'Amæba elle subit de légers déplacements en avant, en arrière, à droite

ou à gauche, mais ces déplacements ne sont jamais bien considérables, et l’on peut

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