‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 108 sur 210 · ORDRE III · texte numérisé non relu

ORDRE III

GROMID A.

Genre. — LIEBERMUEHNIA.

Nous établissons le genre Lieberkuehnia pour des Gromides dépourvus de carapace proprement dite, mais chez lesquels les pseudopodes partent néanmoins d’un seul point de la surface du corps. Ces pseudopodes s'étendent au loin, se ramifient et se soudent les uns aux autres de manière à former un véritable réseau. La circulation des granules est rapide, comme en général chez les Gromides, et paraît atteindre son maximum d'intensité à la surface des pseudopodes. Il est, du reste, incontestable qu’une partie tout au moins des granules circulants est formée par des matières étrangères. Non seulement nous avons vu dansle courant des granules de chlorophylle, qui paraissent d’origine tout-à-fait étrangère, mais encore nous nous sommes assurés que des corpuscules qui gisaient sur le porte-objet venaient parfois à être entraînés par un pseudopode voisin et remontaient jusque dans le corps du Rhizopode. Nous avons même vu un gros infusoire (Stentor polymorphus) être capturé par les pseudopodes dont il s’était imprudemment approché. Les pseudopodes s’étalèrent autour de lui en se fondant les uns avec les autres de manière à l’emprisonner dans une enveloppe glaireuse. Toutefois, le Rhizopode ne réussit pas à l’amener jusqu’à lui; il retira ses pseudopodes en abandonnant sa proie et la partie de sa propre substance qui avait servi à la capturer.

L'animal que M. Bailey a observé dans un Aquarium, à West-Point, et décrit sous

le nom de Pamphaqus mutabilis', est sans doute un Gromide peu éloigné de notre genre Lieberkühnia. Malheureusement l’auteur a négligé d’en donner une figure, et sa description ne peut suflire à donner une idée claire de l'animal.

ESPÈCE

Lieberkuehnmia Wageneri. (N. PI. XXIV.) .

DrAGNOSE. Corps ovoïde entouré d’une membrane qui s’épaissit autour de l’origine des pseudopodes en une espèce de forte gaine.

Bien que cet animal ne possède pas de coque ou carapace, sa peau se prolonge en une espèce de tube membraneux aütour de l'expansion rhizopodique, qui est susceptible de s’étaler au loin. Nous avons trouvé son corps rempli par une masse granuleuse et par un certain nombre de grosses vésicules pleines d’un liquide homogène. Chez aucune de ces vésicules nous n’avons pu trouver trace de contractilité. Toute tentative de découvrir un nucléus a été infructueuse. À ce point de vue, la Lieberkuehnia Wageneri se rapproche des Gromies, chez lesquelles on n’a constaté non plus, jusqu'ici, ni nucléus, ni vésicule contractile. Il serait possible que les grosses vésieules sus-mentionnées fussent identiques avec celles que M. Max Schultze a décrites chez la Gromia oviformis; cependant, nous n’avons jamais pu reconnaître dans leur intérieur les éléments morphologiques que M. Schultze a figurés chez cette der-

nière.

La longueur du corps de notre Lieberkuehnia estd’environ 0,16, mais les pseudopodes peuvent s'étendre à une distance vraiment surprenante. I faut se les représenter trois fois aussi longs que nous les avons figurés sur notre planche. Nous n’avons rencontré qu'une seule fois ce Rhizopode, à Berlin, dans une petite bouteille qui renfermait de l’eau de provenance inconnue. Nous l’avons conservé durant plusieurs jours sur une plaque de verre, et nous avons cru remarquer que la lumière exerçait une influence marquée sur lui. Toutes les fois que nous tirions la plaque de

l'obscurité pour la placer sous le microscope, nous trouvions les pseudopodes de la

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