‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 134 sur 210 · Isis. 18357, p · texte numérisé non relu

Isis. 18357, p

3. Essais pour déterminer l'influence qu'exerce la lumière dans la manifestation et le développement des végétaux et des animaux, dont l’origine aurait été attribuée à la génération directe, spontanée ou équivoque. — Observateur médical belge, 1834, et Annales des Sciences naturelles, 2e série, t 3 et #4. 1855.

4. Depuis la rédaction de ces lignes, en 4855, nous avons vu, en 1859, la question de la génération spontanée donner lieu à de nouveaux et vifs débats au sein de l'Académie des sciences de Paris, à la suite de recherches soutenues de M. Pouchet, de Rouen. M. Pouchet, en refaisant les expériences de MM. Schultze et Schwann, est arrivé à des conclusions diamétralement opposées à celles de ces savants. Bien qu’en thèse générale un résultat positif ne puisse ètre infirmé par un résultat négatif, nous ne sommes point persuadés que les procédés de M. Pouchet aient sufli à éliminer toute erreur, Nous regrettons cependant qu'on ait, de certain côté, essayé de réfuter M. Pouchet, en insistant particulièrement sur le caractère peu orthodoxe et biblique de ses résultats. Ceux qui, comme MM. Doyère, de Quatrefages, Milne Edwards, Payen, ont cherché à réfuter des arguments sérieux par d’autres d'un poids égal ou supérieur au point de vue scientifique, ont seuls suivi la bonne voie. En somme, malgré le débat académique auquel nous venons de faire allusion, on peut dire, en 1860 comme en 1855, que nulle preuve suffisante n’a été donnée en faveur de la génération spontanée, L'ouvrage remarquable de M. Darwin (on the Origin of Species. London, 1559), en donnant peut-être la clé de la formation des espèces, a mème diminué l'importance de cette génération équivoque dans les époques géologiques qu'a traversées notre globe. Son admission ne parait plus nécessaire que pour la première apparilion des êtres organisés à la surface de la terre. Nous ne pouvons pas non plus passer ici sous Silence un Mémoire publié par M. Cieukowski, sous le titre: Zur Genesis eines einzelligen Organismus, Mémoire dans lequel l'auteur pensait pouvoir donner des preuves évidentes en faveur de la génération primaire ou équivoque. Les observations de ce célèbre micrographe peuvent se résumer de la manière suivante : Un grain de fécnle, abandonné à lui-même dans l'eau, s'entoure bientôt d'une enveloppe qui, d’abord exactement adhérente à la surface, se dilate ensuite de manière à laisser un espace libre entre elle et lui. Cette enveloppe produit souvent des prolongements tubuleux. Le grain de fécule se dissout graduellement de la phériphérie au centre, et à sa place se forme une matière mucilagineuse qui rem— plit l'enveloppe. Des granules se précipitent bientôt à l’intérieur de ce mucilage et s'organisent en monades armées de deux flagellum ; celles-ci percent la membrane enveloppante et vont s’agiter au dehors. Dans ce Mémoire, M. Cienkowski considérait l'enveloppe comme un organisme unicellulaire, et les corps monadiniformes comme des zoogonidies reproductrices.

Le nom seul d’un observateur aussi consciencieux que M. Cienkowski devait forcément attirer l'attention des savants mème les plus sceptiques. D'ailleurs, ces observations furent répétées et confirmées de tous points par M. Regel, M. Merklin, et l'un des micrographes les plus distingués de l’époque actuelle, M, Nægeli. La doctrine déjà défaillante de la génération spontanée commençait à rebattre d’une aile.

Toutefois, M. Cienkowski lui-même (Ueber meinen Bewcis für die Generatio primaria. Bulletin de la classe physico-mathématique de l'Acad. de St-Pétersbourg, tome 17. 1858), vient de nous donner la clé de ces singuliers phénomènes. La membrane qui enveloppe le grain de fécule est bien un organisme unicellulaire ; mais cet organisme ne s’est point formé de toutes pièces autour du granule. Il a précédemment véeu de la vie de monade. M. Cienkowski, en poursuivant de petites monades, a vu fréquemment comment l'une d'elles venait s'accoler à un grain d'amylum, pour diffluer en quelque sorte et s'étendre en couche mince tout autour de celui-ci. La petite monade enveloppe le grain de fécule, dont la grosseur est relativement gigantesque, précisément de la même manière qu'un rbizopode enveloppe sa proie. La provenance de la membrane qui entoure le grapule se trouvant ainsi expliquée, le reste du phénomène w’offre plus rien d'anormal. (Note de 1860).

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