Laurent. Etudes physiologiques sur les infusoires, p
ET LES RHIZOPODES. 11 mâle lui a transmis, adopte presque toujours ces germes, et les nourrit jusqu'à ce qu'ils aient assez grossi pour lui devenir tellement à charge que, jouant à son tour le rôle de mâle, il les confie à un autre animaleule. »
« Il y a des mfusoires qui repoussent l'accouplement et qui, immédiatement après avoir reçu les germes du mâle, s’en débarrassent en les confiant à un autre ou en les lançant dans le liquide d'infusion. »
« La fidélité semble fort rare chez les mfusoires; leurs unions durent généralement peu. »
« Planche XXI, fig. 4, p. 171 (Infusion de baies de tomates). Grand ouvrage exéeuté par onze tribus d'infusoires, réunies en corps de nation. Chaque tribu à fut 1e son travail particulier, séparé des travaux voisins par un mur de refend. Des ouvertures permettent de communiquer de la face supérieure à la face inférieure. »
« Des inspecteurs, tels que les individus représentés dans les n°5 6, 7 et 8, surveillent les ouvriers, et souvent aussi les fécondent en passant. Ils leur montrent même, ainsi que le fait le n° 6, comment il faut travailler, et quelquefois ils vont jusqu'à punir, à coups de leur extrémité antérieure, les travailleurs négligents ou imhabiles. »
€ D’autres infusoires, n°° 2 et 5, plus puissants, circulent dans les espaces liquides qui entourent les travaux, et, parmi ces inspecteurs généraux, on en voit, comme celui du n° 3, qui voyagent fort longtemps accouplés. »
« Les gros polypes représentent l'aristocratie de la nation, et le plus fort de tous en est peut-être le roi. »
On reconnait les tendances d’inspecteur; mais on se douterait peu que de semblables folies s'impriment en plein 19 siècle.
Ailleurs, M. Laurent s’'apercevant que M. Ehrenberg est attaqué de tous côtés par les micrographes actuels, croit de son devoir de ne pas rester en arrière. Cela fait penser involontairement à la mouche du coche, pour ne pas dire qu'en bon français, nous serions tentés de nommer cela le coup de pied de lâne.
Mais, c'en est assez, car nous craignons qu'on nous reproche d’avoir pris au sérieux cet ouvrage singulier, d’avoir ajouté foi aux « aventures galantes » des infusoires amoureux, et de croire avec M. Laurent que les petits cailloux et cristaux qu'il à trouvés dans une infusion de radis, etfigurés sur sa planche XVII, sont réellement des infusoires pétrifiés.
Nous ne voulons pas entreprendre de réfuter ici la génération spontanée des infu-
soires. Les expériences faites à ce sujet sont nombreuses et bien connues. Nous renvoyons donc ceux qui en seraient curieux aux travaux de MM. Schulize ‘, Schwann * et Morren *, qui résument au fond toutes les expériences. Les observations plus modernes,
telles que celles de M. Gautier de Claubry, n'ont rien ajouté de plus à ce sujet *.