‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 136 sur 210 · Acten der Academie der Naturforseher. Vol. 15, p · texte numérisé non relu

Acten der Academie der Naturforseher. Vol. 15, p

4. Recherches sur les organes locomoteurs des Algues, par M. Gustave Thuret. Annales des Sciences paturelles . 2e série, tome 19. 1845.

5. Vaucher. Histoire des conferves d’eau douce. Genève, 4805. p. 79, pl. 8.

de l’algologie moderne) la production de filaments allongés à plusieurs cellules qui sortent des utricules anciens. C'était là, sans aucun doute, le développement de spores restées par hasard dans la cellule-mère.

Peu de temps après M. Unger, Meyen * observa aussi la formation de zoogonidies dans la Vaucheria clavata, et la décrivit à peu près comme le premier.

M. Agardh fils ? vint corroborer ces observations, qui étaient jusqu'alors restées isolées, et que bien des savants n’osaient honorer que d’un coup d'œil de doute. Il raconta en particulier comment les granules verts qui tapissent à l'intérieur la paroi des cellules dans la Conferva aërea se détachent de celle-ci pour s'agglomérer en une masse elliptique ou ronde, et se séparer de nouveau en montrant un mouvement très-actif. En même temps, il vit la membrane de la cellule faire saillie en un certain point, former là une espèce de tumeur, qui finit par s'ouvrir et par livrer passage aux granules. Ceuxci, auxquels il donne le nom de sporules, ont une forme allongée. L'une des extrémités (le rostre) est incolore et amincie; l’autre, l'extrémité postérieure, est colorée d’un vert sombre. Le rostre est toujours dirigé en avant, de sorte que M. Agardh supposait que le mouvement provient de cils vibratiles placés à l'avant des sporules, bien qu'il n'eût jamais réussi à les apercevoir. Il voyait seulement les granules comme entourés d’un bord hyalin, apparence présentée aussi par les mfusoires lorsqu'on emploie un grossissement trop faible pour reconnaître leurs cils. Ces sporules continuaient à se mouvoir avec une grande rapidité dans l’eau, pendant l'espace d'une ou deux heures, cherchant autant que pos-

sible à gagner les places à l'ombre, phénomène que Treviranus *

avait déjà constaté chez les spores de la Conferva compacta. Parfois elles semblaient s'arrêter dans leur progression et se reposer, mais n’en faisaient pas moins vibrer leur rostre en cercles rapides. Elles ne tardèrent pas à se fixer au fond du vase qui les contenait et à germer.

M. Agardh fit des observations analogues sur des conferves marines (Ectocarpus tomentosus et E. siliculosus), ainsi que sur deux ulvariées (Ulva clathrata et Bryopsis arbuscula). En 1837, les zoogonidies de la Draparnaldia tenuis lui donnaient l’occasion de

faire des observations toutes semblables.

4. Nova acta Acad. Caes. Leop. naturæ curivsorum, v. 19, Pars 2. 2. Annales des Sciences naturelles. 2 série. 1856, 3. Treviranus. Vermischte Schritt:n. Beiträge zur Pllanzenphysiologie.

ET LES RHIZOPODES. 17 Les observations de M. Agardh portaient en elles-mêmes un cachet de vérité et d’exactitude. En effet, si les deux flagellum qui, comme on l’a reconnu plus tard, sont portés par le rostre des zoogonidies d'Ectocarpus, ont échappé à sa vue, c’est la faute des instruments d’alors. Il fallait bien se résoudre à l'évidence, et voir dans les mouvements des spores des algues, nonobstant les diverses variations qu'ils pouvaient présenter, un phénomène jouant un rôle important dans la nature. L’attention s’éveillait. et le moment était devenu propice pour lancer dans le monde, amst que M. Unger le fit alors, un opuscule dont le titre ne promettait rien moins que la démonstration de la transformation des végétaux en animaux *.

Oken * s'était, il est vrai, déjà élevé contre cette idée, pensant que des corpuseules organiques qui germent aussi rapidement doivent posséder en eux des mouvements viiaux, et croyant que dans de telles conditions il n’est pas possible d'admettre, malgré leur nature végétale, qu'ils puissent se comporter tranquillement dans l’eau, aussi longtemps du moins qu'ils possèdent un poids spécifique égal à celui du liquide ambiant. Mais, en 1843, moment où M. Unger publia son opuseule, le monde savant semblait devoir être disposé à accueillir favorablement ces idées de métamorphoses. En effet, l'intérêt général avait été suscité, durant les années précédentes, par les belles observations de M. Lovén sur les Campanulaires, et de M. Sars sur les Méduses et les Cyanées. M. Lovén * avait reconnu que les embryons de la Campanularia geniculata sont des corps allongés, plus ou moins cylindriques, espèces de sacs formés par une membrane couverte de cils à sa surface. Il vit ces embryons infusoriformes se mouvoir avec agilité dans l’eau, se dirigeant en tous sens à peu près comme le ferait un Paramecium ou un ver turbellarié. Mais il constata que bientôt ces embryons s'arrêtent, se fixent sur une plante marine, et se développent en présentant peu à peu la forme et l’organisation d’une Campanulaire. M. Sars ‘avait également vu les œufs de la Medusa aurita donner naissance à de Jeunes embryons Imfusoriformes, animaleules ovoïdes,

privés de bouche, se mouvant dans l’eau à l’aide de cils vibratiles. Il constata que ces

1. Unger. Die Pflanze im Moment der Thierwerdung. Wièn, 1843.

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