‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 137 sur 210 · Isis, 1822, 2, Heft · texte numérisé non relu

Isis, 1822, 2, Heft

3. Wiegmaun’s Archiv für Naturgeschichte, 3. Ilabrgang; 4. Bd., 1837. 4. Wiegmann’s Archiv., 7. Bd., 1841.

animalcules vont, au bout de quelque temps, se fixer sur un corps étranger, et que là, chaque individu, prenant un aspect cupuliforme et s’allongeant par degrés, finit par offrir l'aspect d’un polype hydraire.

M. Unger trouva naturellement, dans ces observations de M. Lovén et de M. Sars, ample matière à comparaison. Pour lui, il n’y avait de la planule d’une Méduse à la zoogonidie d’une Vauchérie qu’un pas facile à franchir. Toutes deux n'étaient-elles pas ciliées sur toute leur surface ? N'’offraient-elles pas une grande analogie dans leurs mouvements ? D'ailleurs la planule n’a qu'une existence fort brève sous forme de planule; elle va se fixer quelque part et développe un prolongement tubuliforme qui, dans l’origine, pour un esprit un peu prévenu. se distingue à peine essentiellement de celui que la spore d’une algue produit pendant la germination : la planule entre alors dans la seconde phase de sa vie, l’état de polype, comme la zoogonidie entre dans la vie végétative. L’analogie ne peut-elle pas au besoin être poussée plus loin encore? L'état de polype n’est-l pas lui-même un état végétatif, lorsqu'on le compare à la vie errante d'une planule nageuse? — Ces comparaisons sont certes séduisantes, et il ne faut par conséquent pas s'étonner que M. Unger se soit laissé entraîner à déclarer que les zoogonidies mobiles de la Vaucheria clavata et de diverses autres algues sont dans le fait des embryons doués d’animalité, et qu'ils ne se distinguent de l'embryon d'un animal que par leur provenance et leur destinée, par leur passé et par leur futur.

M. Uriger croyait que les zoogonidies des Vauchéries se distinguent des spores ordinaires par la constitution de leur épiderme, dans lequel il prétendait reconnaitre les caractères d’une membrane animale et non ceux d’une membrane végétale, Aussi lui donnait-il de préférence le nom d’épithélium. W'un autre côté, les mouvements de ces zoogonidies lui semblaient une preuve irrécusable de leur animalité. Il lui semblait qu’elles savaient éviter avec beaucoup d’adresse les obstacles qu'elles rencontraient sur leur passage. Il les voyait trouver admirablement leur route au milieu du labyrinthe de filaments formés par les utricules des Vauchéries, et les zoospores elles-mêmes semblaient éviter de s’entrechoquer.

Il est de fait que les mouvements des zoogonidies végétales sont un phénomène des

plus difficiles à expliquer. On ne peut songer à invoquer, pour en rendre compte, le

mouvement moléculaire de Brown, bien que M. William Harvey ‘ croie pouvoir le faire

dans certains cas, ni la seule endosmose, comme voudrait le faire M. Nægeli *. En théorie, on a beaucoup parlé de la différence des mouvements des infusoires et de ceux des zoogonidies. Les premiers, a-t-on dit, sont incontestablement soumis à la volonté de l'animal ; les autres sont évidemment le résultat de lois purement mécaniques. Mais il n’est dans le fait aucunement possible de faire une distinction semblable, et lorsqu'on considère un zoospore d’algue dans ses évolutions, il est permis de s’abandonner à l'illusion d’une volonté logée dans cette cellule végétale, illusion qui cède à peine devant le raisonnement.

M. Unger décrit avec beaucoup de vie la mort de la plante animée, mort provisoire, car la zoogonidie est pour lui un phénix qui renaît de ses cendres. Elle quitte la vie animale pour ressusciter dans la vie végétale; c’est la palingénésie des algues, ou ce que d’autres nomment moins poétiquement la germination.

Mais c’est en vain que M. Unger a voulu faire cette application de l’aphorisme d’Oken, qui disait que le règne végétal est l’utérus du règne animal. Nous ne pouvons voir dans les zoogonidies que des germes de plantes, doués, momentanément il est vrai, de mobilité, mais néanmoins de nature essentiellement végétale. Nous ne nous permettrons pas de juger sévèrement un savant aussi distingué que M. Unger ; loin de là, car nous savons que sans la connaissance du fait que la zoogonidie d’une Vauchérie est produite par une algue, et retourne elle-même plus tard à la forme d’algue, nous n'aurions pas plus de droit de lui refuser une place dans la série animale qu’à la planule d’un polype ou qu'à certaines Opalines. Ces êtres sont, en effet, comme elle, un simple sac dépourvu de vésicule contractile et de bouche. La toute jeune larve d’un mollusque est dans le même cas.

En 1843, M. Unger faisait connaître des observations analogues aux premières, mais relatives cette fois à l'Achlya prolifera (Saprolegnia ferax Kützing) *, algue qui a été étudiée d’abord par M. Carus ‘, et à laquelle M. Nees von Esenbeck a donné le

1. Nereis borealis americana, dans les Smithsonian Contributions to Knowledge. Washington, 1855. 2. Carl Nægeli. Gattungen einzelliger Algen. Zürich, 1849, p. 22.

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