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Gattungen einzelliger Algen. 1849, p

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ET LES RHIZOPODES. 9 cellule végétale sont une loi générale el sans exception. À notre avis, les mouvements des spores prouvent précisément l'exception en dépit de la loi. Nous ne croyons pas davantage devoir nous ranger à l'avis de M. Wenham ‘, qui semble ne vouloir faire du mouvement ciliaire chez les végétaux qu'une variété du mouvement moléculare.

Que quelques-uns prétendent trouver dans les mouvements des zoogonidies quelque chose qui fasse l'impression de lobéissance à une force aveugle, c’est un sentiment tout subjectif, qui n'aura certainement rien de général. IT subsiste toujours un fait inexplicable : ce sontles observations de M. Cohn sur ïes microgonidies de la Spharoplea annulina. Les microgonidies de cette algue s’agitent dans un grand bassin d’eau, souvent fort loin de la cellule-femelle dans laquelle elles doivent pénétrer. L'entrée de celle-ci ne leur est permise qu’au travers d'une ouverture à peine plus large que le diamètre de leur propre corps, et cependant, d’après les observations de M. Cohn, elles gouvernent en ligne droite sur la petite ouverture et pénètrent, en général, du premier coup dans l'intérieur. Parfois, mais rarement, il leur arrive de manquer le but, et alors elles

tentent un nouvel essai *.

D'autres considérations peuvent rendre l’idée de M. Unger encore plus séduisante. C’est, par exemple, la division spontanée qu’on observe dans de certaines circonstances chez les zoogonidies végétales. Nous n’avons pas seulement en vue ici ces formes doubles ou triples décrites par M. Braun © et M. Cohn ‘, formes qui ressemblent, les premières du moins, à un infusoire dans le moment de la division fissipare. C’est là un état qui s'explique tout naturellement par un arrêt dans le développement des zoogonidies. I s’agit d’un autre fait: M. Alex. Braun *, par exemple, rapporte avoir vu plusieurs fois des zoogonidies de Vaucheria clavala éprouver de la peine à sortir par

l'ouverture de déhiscence de la cellule. Etranglées par le milieu, en cherchant à se

1. Wenham. On the circulation of the sap in the leaf-cells of Anacharis. — Quarterly Journal of microscopieal Science. July 1855, p. 283.

2. Sans doute tous ces phénomènes doivent avoir leur sourcé dans la combinaison de certaines lois physiques ; mais il nous faut reconnaitre que ces lois sont encore mystérieuses aujourd'hui (Note de 1860). . Verjüngung, p. 286 . Entwicklungsgeschichte der mikroskopischen Algen und Pilze, p. 225. . Verjüngung, p. 174.

libérer ‘, elles finissaient par se partager en deux: l’une des moitiés continuait sa course vagabonde, l’autre restait prisonmière dans la cellule. La même chose se présenta à lui chez le Srigeoclonium subspinosum. L'une des moitiés de la spore finit par se séparer de l’autre, avec laquelle elle n’était plus unie que par un long filament. Celui-ci finit également par se briser, et la partie libérée de la spore continua sa route comme si rien ne lui était arrivé. M. Cohn * a observé un phénomène tout semblable chez une Vauchérie : l’une des moitiés de la zoogonidie s’échappa, l’autre germa dans l’intérieur de la cellule-mère. M. Thuret * a constaté le même fait également chez une Vauchérie, et il croit devoir en tirer la conclusion que les zoogonidies sont dépourvues de membrane *.

Ceci nous a rappelé un fait curieux : Un Acinétinien avait capturé une Stylonychia Mytilus Ehr. et était occupé à la sucer. L'opération de la succion est toujours assez longue et dure parfois plusieurs heures. La Stylonychia vivait toujours, mais, peu soucieuse de se laisser ainsi sucer jusqu’au bout, elle n’imagina rien de mieux, pour échapper à ce malheureux sort, que de se diviser en deux, opération qui, chez ces animaux, exige souvent moins d’une heure. L’une des moitiés se sauva par ce moyen et échappa ainsi à une mort presque inévitable. Nous n’osons décider si la coïncidence de la division spontanée et de cette position critique était purement fortuite ou non. Si la seconde alternative est la plus juste, ne serait-on pas presque tenté de voir dans la zoogonidie de la Vauchérie un instinct analogue de conservation personnelle ?

On a voulu chercher aussi à distinguer les mouvements des spores végétales de ceux des animaux par la constance de leur direction. La rotation des zoogonidies des Vauchéries est, par exemple, toujours dirigée de droite à gauche ; chez les zoogonidies d'Œdogonium, cette direction est inverse ; mais on trouve des exemples tout semblables chez plusieurs de ces êtres à position douteuse, qui offrent en outre d'autres

caractères par lesquels ils semblent se rapprocher au contraire du règne animal. Ainsi

1. C’est là la meilleure preuve que la sortie des spores est bien active, el non purement passive comme M. Braun paraît l’admettre ailleurs.

2. Beitrage zur Entwicklungsgeschichte der Infusorien. — Zeitschrift für wiss. Zoologie, 4 ter Bd. 1855.

5 Recherches sur les zoospores des algues. Annales des Seiences naturelles, 3e série, t. 14, p. 244.

4. Nous avouons que nous ne pouvons pas très-bien nous représenter des cils vibratiles implantés simplement sur un vaisseau primordial, qui n'aurait que la consistance d’une gelée.

ET LES RHIZOPODES. 34 les familles de Pandorina nagent, d’après M. Braun, toujours de gauche à droite ; les Chlamydococcus, de droite à gauche, et ainsi de suite. Il est même certains infusoires ciliés qui paraissent toujours soumis à une loi analogue.

On a également voulu voir quelque chose de tout végétal dans la particularité qu’offrent les zoogonidies de n’apparaître qu'à certaines heures. Déjà Treutepohl doit, au dire de Meyen, avoir constaté chez la Vaucheria clavata que la tuméfaction de l'extrémité de la cellule s'opère de nuit, et que les zoogonidies s’échappent le matin suivant. M. Unger ‘ appuie également sur le fait que les accouchements des Vauchéries ont presque toujours lieu entre huit et neuf heures du matin. M. Thuret * relève aussi le fait que c'estle matin qu’on trouve le plus grand nombre de spores de conferves en mouvement. M. Fresenius * a observé la même chose. Enfin, M. Braun ‘ dit que si l'on veut observer «les gonidies d'Hydrodictyon, il faut s’y prendre de bonne heure : les macrogonidies forment de nouveaux réseaux peu après le lever du soleil, c’est-à-dire à quatre ou cinq heures du matin pendant le gros de l'été, et entre six et huit heures sur la fin de la saison chaude. Parfois, dans les jours sombres de l'automne, le phénomène se prolonge jusqu’à dix heures. Les microgonidies quittent leurs cellules un peu plus tard, à savoir entre sept et neuf heures en été, et entre dix et deux heures en automne.

Si ces faits sont intéressants en ce qu'ils montrent le rôle important que joue la lumière dans l’économie de la nature, ils ne disent rien dans la question de l’animalité des êtres: Ne savons-nous pas combien les animaux aussi sont liés aux influences elimatériques de toute espèce ?

En somme, il n'existe pour nous qu’une seule différence objective bien constante entre les animaux et les végétaux inférieurs. C’est la présence chez les infusoires et les rhizopodes amœæbéens d’une ou de plusieurs vésicules contractiles ”. Jusqu'ici rien de semblable n’a été observé chez aucune spore végétale, tandis qu’il semble probable que

. Uuger, Die Pflanze im Moment der Thierwerdung. Wien. 1842, p. 27.

. G. Thuret, Note sur les organes locomoteurs des algues. Ann. des Sc. nat. 1845, p. 268.

3. Georg Fresenius, Zur Controverse über die Verwandlung der Infusorien in Algen. 1847, p. 4.

. Braun. Ueber die Erscheinung der Verjüngung, p. 237-258

x. Depuis la rédaction de ces lignes, M. le professeur de Bary a publié un travail remarquable sur l'évolution des

organismes connus sous les noms de Myxomycèles et de Myxogastres (Die Mycelozoen, Zeitschrift f, wiss. Zoologie

cette vésicule est présente chez tous les infusoires sans exception. Nous avons constaté sa présence chez les Heteromita et les Cercomonas ; mais nul, que nous sachions, n’a pu la voir chez des microgonidies ou des phytospermes, malgré l’analogie de forme de ces différents organismes. Tant qu’il en sera ainsi, nous aurons le droit de considérer comme appartenant plutôt au règne animal, tout être muni de cet organe. Une autre différence plus capitale encore, mais moins générale, est celle relative à l’intussusception. Partout où l’on rencontre une ouverture buccale, lon a à faire à des animaux. Mais ce n’est pas là un caractère absolu, car, bien que certains auteurs ne veuillent voir dans les Astoma de M. de Siebold que des plantes, il n’en restera pas moins des organismes, dépourvus soit d'ouverture anale, soit d'ouverture buccale, soit d’appareil digestif dans toute l’étendue du terme, organismes qui devront néanmoins toujours être rangés parmi les animaux. Telles sont, par exemple, les Opalines, les seuls des As{oma de M. de Siebold auxquels on ait épargné le déménagement perpétuel d’un règne dans un autre. Tels sont également les Helminthes cestoïdes, les Acantocéphales ‘, les Grégarines, ete. Ce caractère faisant donc défaut, la vésicule contractile

nous reste seule, et nous nous y tenons.

X. 1859). Ces êtres jusqu'ici classés parmi les champignons, présentent des phénomènes de reproduction analogues à ceux des algues zoosporées. Leurs zoogonidies jouissent en outre de la particularité de posséder une vésicule contractile animée de pulsations plus où moins rhythmiques. Plus tard, ces zoogonidies passent à un état parfaitement identique aux Amœæba. Durant cette phase, les Myxomycètes vivent d’une véritable vie de rhizopode et donnent naissance à des corps reproducteurs, sporanges ou sporocystes, qui, par leur conformation, paraissent entièrement semblables au péridium des champignons gastéromycêtes. M. de Bary pense voir là des raisons suffisantes pour éliminer ces organismes du règne végétal et les classer, sous le nom de Mycélozoaires, dans le règne animal. Il est certain que si nulle erreur ne s’est glissée dans les résultats de ce savant observateur, l’afinité des Mycétozoaires avec les Rhizopodes est évidente. Toutefois, il nous semble également impossible de les éloigner des Gastéromycètes. Et pourtant personne ne voudra considérer un Lycoperdon ou un Bovista comme un animal, car alors quelle est la plante qui ne risquerait d’être accusée d’animalité ? C’est là une preuve nouvelle eu faveur de l'opinion défendue par nous que la distinction entre un règne dit animal et un règne dit végétal est purement artificielle Cela nous semble incontestable au point de vue pratique, cela nous semble même évident d’une manière absolue. On nons objectera peut-être qu'il y a une différence principielle philosophiquement nécessaire entre l'animal et la plante. L'animal étant sensible, par opposition à la plante qui ne l’est pas, pas même le Mimosa ; le mouvement de l'animal étant volontaire, et celui de la plante ne l’étant pas, il semble que l’animal le plus inférieur, ayant déjà un élément de liberté, se différencie bien de la plante qui ne l'a pas. Cette distinction est plus spécieuse que réelle. Nous voyons la sensibilité décroitre par degrés dans Ja série animale et finir par s'éteindre complètement. Il en est de même des facultés intellectuelles ou dites instinctives, si bien que nous arrivons à des animaux dont la vie n’est plus qu'une espèce de rève: de cette vie à peine consciente, nous passons graduellement à celle qui est purement automatique, et nous Yoguons alors en pleine végétabilité (Note de 1860).

1. Depuis que ces lignes étaient écrites M. David Weinland a décrit un canal alimentaire chez un Echinorhynebus américain. Toutefois, cette découverte n'a été confirmée par aucun observateur (Note de 4860).

Nous croyons donc devoir rayer les zoogonidies végétales du règne animal en général, et de la classe des infusoires en particulier, nous contentant de voir chez elles des plantes qui revêtent, pour un court laps de temps, une forme pseudo-animale. C’est là un phénomène analogue à celui qu’on observe chez les polypes hydro-médusiens, par exemple. Ces derniers sont, dans leur Jeune âge, des pseudo-infusoires ciliés (planula) ; les zoogonidies d’algues sont des pseudo-infusoires flagellés, parfois aussi ciliés. Dans les deux cas, la ressemblance avec les infusoires est purement extérieure et superficielle. On nous accordera du reste, sans peine, que les infusoires flagellés, tout en étant des animaux, ne sont pas plus éloignés des algues, dans la série

des êtres, que les hydro-méduses ne le sont des infusoires ciliés.

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IB. HDesgmidincées, Diatomanecées, Volrvocinées, Protocoecreées, Euglènes

et autres organismes à position douteuse.

On s’étonnera peut-être de nous voir amener ici en cause les Desmidiacées et les Diatomacées, pensant que nous aurions dû les laisser de côté, comme rentrant incontestablement dans le règne végétal. Cependant, la place naturelle de ces organismes est loin d’être décidée. M. Ehrenberg ne cesse pas de les considérer comme des animaux polygastriques dépourvus d’intestins (Polygastrica anentera). M. Focke, dont les observations sur ces deux groupes dénotent un si grand degré d’exactitude, laisse dans le doute si les premiers sont des animaux ou des végétaux, et accorde aux seconds l’animalité et des organes locomoteurs rétractiles en forme de pieds. N’a-t-on même pas voulu voir, durant ces derniers temps, en Angleterre, que les Navicules se meuvent

à laide de cils, ete. *. La question est donc loin d’être décidée, Pour ne citer que les

14. M. Hogg, l’auteur de cette découverte réelle ou prétendue, prétend mème que les Diatomées peuvent faire cesser à volonté les mouvements de ces cils, (Voyez Hogg: Cilia in Diatomacea. Quarterly Journal of microscopical Science April1855, p.235.) — Ces cils sont toutefois pour nous encoretrès-problématiques, pour ne pas dire davantage.

Closterium, ont-ils cessé d’être ballottés entre les deux règnes? Après qu'Otto- Fr. Mueller et Nitzsch en eurent fait des animaux, Lyngbye n’y voulut voir que des algues. Bory de Saint-Vincent les restitua au domaine de la zoologie ; mais bientôt M. Turpin revint à l’idée de Lyngbye et Agardh suivit son exemple. M. Ehrenberg, dans ses divers travaux sur les infusoires, attribue aux Closterium une bouche et des organes digestifs que nul, il est vrai, n’a prétendu retrouver depuis lors. Et si les observateurs plus récents, MM. Morren, Ralfs, Smith, Jenner, Nægeli, Braun, etc., ont paru faire pencher la balance du côté de la végétabilité de ces organismes, M. Focke ‘ne paraît pas tout à fait sûr que ce ne soient pas des animaux *. Un des grands botanistes de l’époque actuelle, M. Schleiden *, les exclut même très-positivement du domaine de la botanique. Aussi, bien que nous penchions plutôt à accorder à ces organismes une nature végétale, croyons-nous devoir donner ici un bref exposé de’ leur mode de reproduction.

D'un autre côté, il est une autre division de la classe des infusoires, telle que l’admettait encore M. Dujardin, qu'on a voulu retrancher, en majeure partie tout au moins, du règne animal, pour la rejeter dans le règne végétal, c’est celle des infusoires flagellés. M. de Siebold, par exemple, dans son Manuel d'anatomie comparée, exclut complétement de la série animale toute la famille des monades, et bien des savants semblent partager aujourd’hui ses vues. Le groupe des Volvocinées est également rejeté, presque d’un commun accord, dans le domaine des algues. Les Euglènes, les Dinobryons, sont considérés par beaucoup comme formant un groupe d'êtres douteux, que chacun se renvoie ou bien s’arrache, suivant les dispositions de caractère.

1. Focke, Physiologische Studien. Erstes Heft. Bremen, 1847, p. 37 et 61.

2, M. Focke à, comme l’on sait, découvert chez le Closterium Lunula des cils vibratiles (Loc. cit., p. 54), dont l'existence a été depuis lors fort contestée. Toutefois, M. Osborne (On Economy of Closterium Lunula.— Quaterly Journal of microscopal Science. Oct, 1854, p. 55) les a décrits de nouveau avec une grande exactitude. Il a mème voulu observer un courant, pénétrant de l'extérieur dans l'intérieur du Closterium, par une ouverture placée à chaque extrémité de celui-ci. Nos observations concordent parfaitement avec celles de MM. Focke et Osborne pour ce qui concerne les cils; mais nous n’avons pu voir les courants, ni même l'ouverture décrits par ce dernier, bien qu'une ouverture semblable nous paraisse exister réellement chez d’autres espèces, comme par exemple chez le Closterium Dianæ Ehr., et probablenfent aussi chez les Tetmemorus Ralfs. — Nous avons observé le mouvement des cils vibratiles chez plusieurs espèces de Closterium. M. Herbert Thomas (Quarterly Journal of microscopical Science. Oet. 1854, p. 36) soupçonne un mouvement ciliaire analogue chez le Cosmarium margariliferum. Toutefois, c'est en

vain que nous avons cherché à le constater chez cette Desmidiacée et chez d’autres espèces voisines. >. Schleiden. Grundzüge der wissenschaftlichen Botanik. Erster Theil. Leipzig, 1849, p. 516,

ET LES RHIZOPODES. 39 M. de Siebold admettait encore, sous le nom d’Astoma, certains organismes flagellés parmi les infusoires : c’étaient les Peridinium et les Astasies. Mais M. Leuckart ‘ range, soit les Péridiniens, soit les Astasiées (Euglènes comprises) dans le règne végétal. Nous avons maintenant des matériaux en main, qui semblent montrer que tous ces êtres, ou tout au moins une grande partie d’entre eux, doivent rentrer bien réellement dans la série animale. Ceci est important, car chacun se souvient du célèbre Mémoire de M. Unger, que nous avons déjà souvent mentionné, Mémoire dans lequel ce savant distingué défendait l’idée de la métamorphose des plantes en êtres animés. Il est incontestable que l’animalité des monades une fois démontrée, les partisans de M. Unger prétendront au premier abord pouvoir y trouver un appui immense en faveur de leur théorie. En effet, la distance qui sépare une monade de la spore d’un Chytridium paraît n'être pas grande. Les zoogonidies des algues appartenant aux genres Cladophora, Ectocarpus, Chœtophora, Ulothrix, Draparnaldia, ete., semblent offrir une grande analogie avec divers genres de la famille des Monadiniens, et cependant nous avons vu qu'on ne peut guère les considérer que comme de vraies plantes. — Nous croyons néanmoins qu'il est possible de tout concilier, de laisser les zoogonidies de Chytridium, de Cladophora, d’Ectocarpus, ete., être ce qu’elles sont bien réellement, c’est-à-dire des êtres végétaux doués de mouvement, issus de végétaux, et devant rester végétaux ; et, d’un autre côté, de laisser aux Monadines, aux Euglènes, aux Pmobryons, aux Volvocinées même, leur caractère d’animalité. Il est en effet une grande différence entre ces deux catégories d'êtres. Nous savons, il est vrai, que le mouvement n’est point une propriété caractéristique des animaux, puisqu'il a été constaté chez un fort grand nombre de plantes, et que la distinction entre mouvement volontaire et inconscient n’est pas possible au point de vue objectif. Mais il est, comme nous avons déjà eu l’occasion de l'indiquer, d’autres caractères qui, jusqu'ici, n’ont été observés que chez des animaux, et dont la présence devra toujours, ce nous semble, décider de l’animalité des êtres qui les possèdent. Tels sont, par exemple, l'existence d'un cœur et lingurgitation spontanée et directe de substances dans l'intérieur du corps par une

ouverture buccale. Or, nous avons vu dans la partie anatomique de ce travail, que la

1. Bergmann und Leuckart, Vergleichende Anatomie und Physiologie. Stuttgart, 1852, p. 132.

36 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES vésicule contractile des infusoires doit être considérée comme l’analogue d’un cœur. Peu importe, d'ailleurs, qu’on préfère avec MM. Schmidt, Gray ', Carter, Leuckart, etc., considérer cet organe comme le centre d’un système aquifère ou excréteur *, il n’en reste pas moins vrai que c'est un organe purement animal, dont l'analogue n'existe pas, ou n’est du moins pas connu jusqu'ici dans le règne végétal. Or, une Euglène, par exemple, possède, comme nous le verrons, une vésicule contractile, et ce simple fait suffit à l’éloigner considérablement d’une zoogonidie quelconque. Les monades paraissent également toutes avoir une où plusieurs vésicules contractiles, et partout où nous trouverons un semblable organe, nous pencherons à admettre lanimalité de l’être qui le possède.

Cela posé, passons à l’étude de la propagation dans les différents groupes, à com-

mencer par les Desmidiacées.

C’est surtout à MM. Morren, Ralfs, Nægeli, Smith et Alex. Braun que nous devons la connaissance du mode de reproduction des Desmidiacées. Les travaux remarquables de MM. Nægeli * et Alex. Braun ‘ nous ont tout particulièrement fourni des données intéressantes à ce sujet. Ces deux savants ont cherché à démontrer chez ces organismes la présence d’une espèce de génération alternante. M. Nægeli admet chez les Desmidiacées des séries successives de génération par fissiparité. Ces séries sont séparées les unes des autres par une génération de transition, où une copulation soit conjugaison a lieu entre deux individus. En d'autres termes, une suite de générations a lieu par simple division spontanée ; la dernière génération de cette série au lieu de se diviser se copule et produit ainsi la première génération-de la série suivante. Ces cycles vont se répétant à l'infini. Tantôt les cellules ou individus appartenant à chacune de ces

séries restent unis ensemble (Desmidüun, Didymoprium, Hyalotheea), tantôt ils végètent

1. Silliman’s American Journal. Mars 1853. M. Gray veut avoir observé chez le Paramecium Aurelia un canal, partant de la vésicule contractile et allant s'ouvrir dans l’œsophage. Nous ne croyons pas que personne puisse re— trouver ce canal.

2, Nous devons dire que l’un de nous, M. Lachmann; parait pencher récemment pour l'opinion qui fait du système circulatoire des infusoires un système aquifère ou excréteur (Note de 1860).

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