Braun’s Verjüngung, p
ET LES RHIZOPODES. 95 une forme plus allongée que celle des microgonidies, et quatre longs cils flagelhformes. Bientôt la cellule-mère éclate et les zoogonidies se trouvent libres. D’après M. Cohn ! le nombre de ces cils varie de deux à quatre, et les microgonidies ne sont point libres au moment où elles quittent la-cellule-mère, mais enveloppées dans une grande cellule commune, à consistance gélatineuse et très-transparente , ce qui explique pourquoi elles continuent pendant un certain temps à s’agiter en une seule masse. Cette vésicule, qui n’est probablement que le vaisseau primordial de la cellule-mère, ne tarde pas à se dissoudre et les microgonidies s’éloignent dans toutes les directions. — D'après M. Braun, les microgonidies s’agitent pendant trois heures environ, avec beaucoup de vivacité, dans les alentours de la cellule qui leur a donné naissance, puis passent à l’état de repos, prennent une forme sphérique qui les fait ressembler à des Protococcus, végètent ainsi pendant quelque temps et finissent par périr sans se reproduire. Ce serait par conséquent une génération toute stérile.
M. Braun nous a enseigné à connaître des phénomènes analogues chez beaucoup d’autres algues d’eau douce (Draparnaldia, Stigeocloninm, Oedogonium , Bulbochate, Pediastrum, ete.) et les observations de M. Thuret sur les algues marines, rendent de même très-vraisemhlable l’existence de microgonidies chez un grand nombre de Fucacées et autres algues. Il décrit par exemple chez les Algues phéosporées deux espèces de zoogonidies, contenues dans deux genres de sporanges différents, et désignés par lui, en raison de leur forme, sous les noms d’oosporanges et de trichosporanges *.
En soi-mème, il était déjà peu probable que toute cette descendance de 30,000 à 100,000 individus par utricule, n’eût aucun autre but dans la nature que de végéter quelque temps sous forme d’une petite plante composée d'une ou de deux cellules et de périr sans se reproduire. Mais de récentes observations sont venues jeter un jour tout nouveau sur ces singulières gonidies infusoriformes de second ordre.
Déjà depuis plusieurs années on a reconnu, comme on sait, dans les anthéridies de beaucoup de eryptogames la présence de corpuscules plus ou moins filiformes, parfois
ciliés à leur surface, que, vu leur analogie avec les zoospermes des animaux, on à con-
220 et suiv.
1. Ferd. Cohn. Beitrage zur Entwicklungsgeschichte der microscopischen Algen und Pilze. 1855, p. 2. Gustave Thuret, Recherches sur les zoospores des algues. Ann. des Se, nat., 8e série, L. 14, p.
sidérés comme des phytospermes ou spermatozoïdes végétaux, des anthérozoïides, pour parler avec MM. Derbès et Solier. Pour ne citer qu'un exemple vulgaire, chacun à vu ceux des Characées. MM. Nægeli, Henfrey, Leszezye-Suminski, Hofmeister, Itzigsohn, etc., ont surtout contribué à étendre nos connaissances sur ce terrain. En 1845, MM. Thuret et Decaisne ‘ faisaient connaître chez les Fucoïdées de petits corpuscules doués de mouvement, munis de deux cils: l’un court, dirigé toujours en avant pendant la natation, l’autre long et trainé passivement en arrière. En un mot, ces corpuscules avaient une grande analogie de forme avec les Amphimonas et les Heteromita * de M. Dujardin. MM. Thuret et Decaisne les considéraient déjà comme des spermatozoïdes, bien que leur forme différât de tous ceux connus jusqu'alors. M. Thuret fit plus tard des observations qui lui démontrèrent, qu’en effet, un contact de ces corpuscules, engendrés par les anthéridies, avec les spores des fucacées, était nécessaire pour que la fécondation s’opérât *. M. Pringsheim, de son côté *, ne tarda pas à découvrir chez les Vauchéries des corpuscules tout semblables, et parvint même à les suivre jusque dans l’intérieur des sporanges, où ils vont opérer la fécondation. Il n’y a donc plus de doute sur leur véritable valeur physiologique. M. Pringsheim fit en même temps connaîlre une observation des plus intéressantes. Il s'agissait de la seconde espèce de zoogonidies des Bulbochaete et des Œdogonium, qui existe en outre des spores immobiles et des zoogonidies ordinaires, en un mot, des microgonidies de M. Braun. Ces microgonidies qui, abstraction faite de la taille, ont tout à fait la même conformation que les macrogonidies, mettent fin à leur phase errante en se fixant,
chose singulière, toujours sur le sporange ou dans son voisinage. Là, elles éclatent,
1. Thuret et Decaisne. Recherches sur les anthéridies et les spores des fucacées. Annales des Sciences naturelles, oe série, t. 3. 1845. /
2. Comme on a beaucoup parlé de ce rapport de forme, et que néanmoins, abstraction faite de la taille, la distance qui sépare ces infusoires des phytospermes est, à notre avis, fort grande, nous avons cru devoir donner une figure d’un animal qui doit rentrer dans le genre Heteromila Duj. Nous avons observé cet infusoire sur la côte occidentale de Norwége, dans de l’eau de mer puisée sur les rives du fjord de Bergen. Cet Heteromita (pl. IX, fig. 1) possède une vésicule contractile (e æ) dont les pulsations sont parfaitement régulières. Tous les Cercomonas, Amphimonas et Heteromita que nous avons observés jusqu'ici étaient munis de eet organe, en nombre simple on multiple, suivant les espèces. Cela suflira, pensons-nous, pour qu'on nous épargne des théories sur ces phytospermes de taille colossale. La longueur de notre Heteromita = Où m,218, les flagellum non compris.
5. Mémoires de la Société d'Histoire naturelle de Cherbourg. 1554.
4. Monatsbericht der Berliner Akademie der Wissenschaften. Maerz 1855.
Le
ET LES RHIZOPODES. 7 tantôt immédiatement, tantôt après avoir développé une ou deux cellules fort petites et déversent leur contenu. M. Pringsheim a constaté également que les sporanges des Œdogonium sont munis d’un peut pertuis, d’une sorte de micropyle comparable au micropyle des œufs d'animaux, et que, par conséquent, l'émission du contenu des microgonidies à toujours lieu dans le voisinage de ce micropyle, de manière à pouvoir facilement arriver au contact de la future spore. Le même résultat est atteint chez les Bulbochaete, au moyen de la production d’une fissure dans la membrane du sporange.
Voilà donc la signification de ces pseudo-animalcules à peu près éclaircie. Les microgonidies sont probablement des espèces de machines destinées à transporter le suc fécondateur, des spermatophores comparables à ceux des Céphalgpodes ou des Insectes. On n’a pas reconnu jusqu'ici, ilest vrai, de spermatozoïdes dans leur intérieur, comme dans les spermatophores des animaux, mais on n’en connaît pas davantage dans le pollen des phanérogames, et il n’est pas prouvé que la substance fécondante doive toujours affecter la forme de filaments mobiles ”.
Ces faits sont confirmés par les intéressantes observations de M. Cohn° sur la reproduction de la Sphæroplea annulina. Cette conferve engendre dans ses utricules des spores qui offrent une analogie de forme étonnante avec les spores étoilées qu’on trouve dans le Volvoz stellatus de M. Ehrenberg. Ces spores restent immobiles pendant tout l’hiver dans l’intérieur des cellules-mères, et, lorsque celles-c1 se décomposent, elles restent libres sur le sol, sans apparence de vie, si ce n’est que leur contenu, d’abord vert, passe peu à peu au rouge-brun. Au printemps, le contenu de ces spores se divise et donne naissance à des zoogonidies munies de deux cils flagelliformes, qui
ressemblent tout à fait au Chlamydococcus (Protococcus) pluvialis. Ces zoogonidies se
1. Monatsbericht der Berliner Akademie der Wissenschaften. Mai 1855, p. 355-551.
2. Depuis la rédaction de ces lignes, les observations remarquables de M. Pringsheim sur le développement des Vauchéries, et surtout des OEdogoniées et des Saprolégniées se sont multipliées. Nous sommes obligés, ne pouvant entrer iei dans des détails, de renvoyer aux intéressants Mémoires, publiés par ce savant botaniste dans le journal édité par lui sous le nom de Jahrbücher der wissenschaftlichen Botanik. Toutes ces observations concourent à montrer de la manière la plus évidente que les microgouidies sont des plantules engendrées par voie agamogénétique, mobiles dans leur jeune âge, et destinées à jouer le rôle d’anthéridies par rapport aux hypnospores des oogonies. On peut se demander si une partie des organismes décrits sous le nom de Characium par M. Alex. Braun, ne sont peut-être pas des microgonidies de diverses algues (Note de 1860).
fixent bientôt et germent. M. Cohn à observé que lorsque les cellules de Sphæroplea s'apprêtent à Ja formation des spores, 1l se forme à certaines places de leur membrane de petits trous, au nombre de deux à six. Tandis que ces cellules donnent ainsi naissance à des spores, et jouent par conséquent le rôle de sporanges, on voit d’autres cellules subir des modifications d’un genre différent. Il se forme dans leur intérieur, non pas des spores, mais des myriades de petits corpuseules en forme de bâton, qui s’agitent vivement à l’aide de deux cils, dirigés l’un en avant, l’autre en arrière, comme dans les spermatozoïdes des Fucoïdées et des Vauchéries. Ce sont, au fond, de véritables microgonidies. Les cellules qui les renferment laissent bientôt aussi reconnaître une ou plusieurs ouvertures ; les microgonidies en profitent pour sortir, se trouvent libres et se meuvent rapidement dans l’eau. Elles s'approchent des cellules où se forment les spores immobiles, et pénètrent dans l’intérieur par les étroites ouvertures dont elles sont munies. Elles s’accolent aux jeunes hypnospores, et là, se
transforment en un liquide gélatineux. Ainsi s'opère la fécondation.
Si nous jetons un coup d'œil rétrospectif sur es faits que nous venons de passer en revue, la première remarque qui se présente à notre esprit, c’est la grande parenté qui existe entre le règne animal et le règne végétal, parenté qui se montrera encore plus évidente à nos veux lorsque nous examinerons de près les organismes dont nous nous occuperons dans le paragraphe suivant. Nous avons vu M. Unger se laisser entraîner à considérer les spores végétales comme douées de volonté, et M. Kützing le suivre sur cette voie glissante. Il nous faut avouer que nous comprenons encore mieux cette hallucination, jusqu’à un certain point justifiable, que l'explication du mouvement des zoogonidies qu'a imaginée M. Nægeli. Le célèbre botaniste ne veut voir dans Îles mouvements des cils de ces dernières, qu’un produit du courant engendré dans le milieu ambiant par les actions diosmotiques et par le mouvement de la cellule elle-
même ‘. Pour corroborer cette assertion, il ajoute que limmobilité et la roideur de la