‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 176 sur 210 · L'MLDOCH CIL ID CIE · texte numérisé non relu

L'MLDOCH CIL ID CIE

ET LES RHIZOPODES. 155 voyions dans ce cas au travers des parois du kyste était bien réelle, et pas une simple apparence produite par les replis d’un animal enroulé sur lui-même. C’est ce qui ressortait avec évidence du fait que l’un des individus tournait souvent de droite à gauche, tandis que l’autre se mouvait de gauche à droite. Plusieurs fois même nous vimes un eysticole, d’abord unique, se scinder en deux sous nos propres yeux. Tout ce que nous pûmes constater sur la constitution de cet animal, c’est qu'il possédait plusieurs vésicules contractiles (fig. 3), circonstance qui l’éloignait toujours plus, soit de l'Epistylis plicatilis, soit de la Podophrya quadripartita. La première n’a jamais en effet qu'une seule vésicule contractile, et la seconde n’en a également qu’une ou, dans de rares exceptions, deux, et extrêmemerit rarement trois ‘. Le eysticole en contenait constamment un nombre plus considérable, au moins quatre ou einq, et même bien davantage, comme nous püûmes nous en assurer plus tard. La rotation perpétuelle de l'animal faisait qu’il était fort difficile de s’assurer de la contractilité de ces vésicules.

En même temps que ces kystes, s’en présentaient d’autres sur nos familles d'Epistylis. Nous en avons déjà touché quelques mots ailleurs. C’étaient des corps ronds ou ovales un peu aplatis et enveloppés d’une membrane. Ils ne laissaient recon naître aucun signe apparent de vitalité, et semblaient dans un état de repos parfait. Ces kystes étaient enfermés chacun dans une espèce d’urne rétrécie en arrière en forme de pédicelle. Leur position sur l’arbre épistylien nous sembla d’abord répondre assez exactement à celle dés véritables Epistylis. En particulier, il n’était point rare d’en rencontrer deux à l'extrémité d'un pédoncule d’Epistylis dans une position telle qu’on était facilement sollicité d'y voir le résultat de la scission d’une. de ces Vorticellines en deux, scission qui aurait été suivie de l’enkystement immédiat des nouveaux individus (V. PI. X, fig. 5). On pouvait facilement se représenter la chose en supposant que chaque individu se fût séparé de ses téguments, comme par une espèce de mue, et se fût enkysté, tandis que ces téguments auraient subsisté sous forme d’urne enveloppante.

Cependant nous étions loin de nous laisser aller à cette idée sans en avoir de preuves plus directes. D'ailleurs nous fûmes promptement conduits à la considérer comme tout

1 Ilest vrai que nous avons constaté dès lors qu'on trouve parfois des Podophrya quadripartita à vésicules contractiles nombreuses, Ce fait a toutefois ici peu d'importance, comme on le verra. (Note de 1860),

à fait improbable. Les deux urnes fixées à l'extrémité d'un pédicule d’'Epistylis laissaient en effet toujours entre elles un petit espace (V. PI. X, fig. 5), qui semblait indiquer qu’une Epistylis avait été là jadis, mais qu’elle avait fini par se détacher et s’en aller au loin et nos urnes semblaient par suite être des étrangères sur le pédoncule épistylien, des geais se parant des plumes du paon.

Nous n'avions du reste vécu dans l'incertitude que parce que les premiers arbres épistyliens que nous avions examinés ne présentaient qu'un fort petit nombre de ces urnes. Nous en renconträmes bientôt d’autres, qui en portaient un nombre fort considérable et nous nous assurâmes que ces urnes peuvent être fixées à une place quelconque de la colonie, les unes à l’aisselle d’une bifurcation, les autres dans l’espace qui sépare deux embranchements successifs, en un mot à des places, où dans le type d’édification de lEpistylis pheatilis, il ne doit pas y avoir d'individus. Nous en conclûmes par conséquent que ces kystes et leurs urnes n’appartenaient point aux Epistylis, mais à d’autres êtres vivant en parasites sur leurs tiges. Cette conclusion ne tarda pas à se trouver justifiée. Nous irouvàmes d’abord quelques unes de ces urnes, puis un grand nombre renfermant au lieu du kvste l'animal qui les forme vers une certaine époque de sa vie en vue de sa reproduction. Ce parasite fut reconnu être un Rhizopode, auquel nous avons donné le nom d'Urnula Epistylidis (V. PI. VE, fig. 2, a).

D’autres kystes encore plus petits se trouvaient aussi sur les familles épistylieunes (V. PI VE, fig. 1, f et f‘). Leur contenu se divisait souvent en deux, puis en trois ou en quatre. Chacune des parties aussi formées était pourvue d’un nucléus et d’une vésicule contractile. Dans quelques cas (V. PL. VE, fig. 4, f) on pouvait voir des cils s’agiter sur certains points de la surface de ces individus. Il ne nous à pas été possible de déterminer à quels infusoires ces kystes appartenaient ; mais il est certain qu'ils n'appartiennent point aux Epistylis. Ils sont, en effet, beaucoup trop petits et se trouvent toujours près de la base d’une Epistylis, sans répondre exactement à la place où devrait se trouver un nouvel individu.

Mais il en était tout autrement des gros kystes à forme sphérique ou ellipsoidale dont nous parlions d'abord. Ceux-là étaient toujours à une place, où dans le type de l'arbre épistylien, il devait y avoir nécessairement une Epistylis. Les eysticoles se tour-

naient dans leur intérieur avec une constance toujours plus désespérante, sans que nous

ET LES RHIZOPODES. 457 pussions jamais parvenir à en voir un seul quitter son étroite cellule. En conséquence, nous nous décidämes un jour à la seule chose praticable en pareille accurence, à savoir à faire le guet. Nous fixâmes un certain nombre de kystes dans le champ du mmecroscope, bien décidés à ne pas les perdre de vue jusqu'au moment où leurs habitants se décideraient à venir s’ébattre au dehors. I était dix heures du matin lorsque nous commençcämes cette œuvre de patience. Six heures du soir avaient sonné à l'horloge, lorsqu'il plut enfin à un cysticole de cesser ses monotones mouvements de rotation et de regarder ce qui se passait au dehors. Le kyste s'ouvrit et l’animal sortit lentement de sa cachette. Notre étonnement fut grand, en reconnaissant en lui un infusoire cilié sur toute sa surface, muni d'un grand nombre de vésicules contractiles et appartenant au genre Amphileptus ou au genre Trachélius de M. Ehrenberg ". Le même jour nons eûmes l’occasion de voir encore trois ou quatre eysticoles quitter leur résidence et nager librement dans les eaux. Tous affectaient également une forme d’Amphileptus. Depuis lors nous avons été fréquemment dans le cas de répéter cette observation.

De toutes les figures d'Amphileptus jusqu'ici données c’est peut-être celle du Xopoda ochrea dans l'ouvrage d'Otto Friederich Müller * qui offre le plus d’analogie avec notre Trachélien. M. Ehrenberg considère ce Kolpoda ochrea comme synonyme de son Amplhileptus longicollis”, ce qu'il n’est certainement pas. La figure de M. Ehrenberg qui concorde le mieux avec notre Amphileptus est certainement celle de son Trachelins Meleagris ‘, et nous croyons, en effet, devoir le considérer comme étant le véritable Amplileptus (Trachelius Ehr.) Meleagris ”

Quelques-uns de nos Amphileptus étaient gros et assez opaques (PL. VIH, fig. 40).

D'autres (PI. VHE, fig. 44) étaient plus petits, plus plats et plus transparents, différence qu

1. Depuis lors nous avons discuté ailleurs (V. Tome Ie de ces Études) et fixé les limites de ces deux genres, et nous devons par suite nommer cel animal un Trachélien appartenant au genre Amplhuileptus. (Note de (860),

2, Animalcula infusoria fluviatilia et marina, p. 95, Tab. XIE, fig. 9 et 10.

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