‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 181 sur 210 · EMBRYONS DES EPISTYLIS · texte numérisé non relu

EMBRYONS DES EPISTYLIS

Au printemps de l'année 1856, nous eûmes l’occasion de faire une nouvelle série d'observations sur la formation d’embryons dans l’intérieur des Epistylis. — Nous rencontrâmes des individus chez lesquels le nucléus était dans un état de tuméfaction semblable à celui que nous connaissions déjà chez les Stentor et les Acinétiniens. Dans certains cas le nucléus était divisé en plusieurs fragments ; dans d’autres cas, soit le nucléus lui-même dans son entier, soit des corps qu’à leur apparence on était tenté de considérer comme des fragments de nucléus, se trouvaient fortement tuméfiés et arrondis. Le centre de ces corps à consistance plus ou moins granuleuse était entouré d’une large zône uniforme et pâle. (La fig. 6 de la planche VIT représente un nucléus non divisé dans cet état de tuméfaction. — La figure 41 représente un nucléus dont l’une des moitiés renferme une place granuleuse, tandis que l’autre contient des embryons dans un stade de développement plus avancé.) Il n’était pas rare de trouver des nucléus ou des fragments de nucléus renfermant des corpuscules sphériques ou ovoides de couleur obscure (fig. 7), dont quelques-uns étaient munis d'une tache claire. Parfois on rencontrait des individus chez lesquels cette tache disparaissait et reparaissait alternativement. Quelques-uns de ces corpuscules ovales, renfermés dans une cavité commune et munis d’une vésicule contractile, laissaient distinguer une ceinture de cils vibratils (fig. 10 et 11). Un cas intéressant est celui que nous avons représenté dans la fig. 8. Un corps allongé et recourbé (a) de la forme d’un nucléus ordinaire d’'Epistylis, renfermait un certain nombre de corpuseules ovales dont plusieurs étaient munis d'une tache claire. À côté de lui se trouvait un autre corps arrondi, fortement renflé et de couleur pâle dont l’une des moitiés répondait parfaitement au stade que nous avons décrit plus haut: son centre était granuleux; son pourtour clair et plus uniforme. L'autre moitié renfermait dans une cavité plusieurs embryons, munis d’une tache claire, qui, chez quelques-uns était déjà susceptible de contraction. Une partie de ces embryons possédaient déjà la ceinture

de cils à l’aide de laquelle ils nagent lorsqu'ils sont devenus libres.

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REPRODUCTION DES STENTORINEES.

Le premier mode de reproduction qui se présente à nous, chez les Stentors, est une fissiparité longitudinale des plus curieuses. Il est connu depuis fort longtemps, puisque nous en devons une description au célèbre observateur genevois, Ab. Trembley, description d’une exactitude remarquable pour l’époque (1744). Depuis lors, ce mode de division des Stentors est tombé complètement dans l’oubli jusqu’à ces dermiers temps, où nous avons eu de nouveau l’occasion de l’observer et de confirmer ce qu'avait dit Trembley. Il est regrettable que M. Ehrenberg n’ait pas lu avec plus d'attention le mémoire de ce dernier, ce qui lui aurait évité d'établir parmi les Stentors des espèces sans valeur, et lui aurait donné de ce genre une idée beaucoup plus exacte que celle qu'il s’est formée. En effet, la crête sur la présence ou l’absence de laquelle M. Ehrenberg base ses distinctions d’espèces chez les Stentors, est, ainsi que Trembley l’a reconnu, tantôt présente, tantôt absente chez le même individu. Il en résulte, comme nous avons déjà eu l’occasion de l'indiquer dans la première partie de ce travail, que l’un des caractères essentiels sur lesquels M. Ehrenberg base sa distinction des Sr. polymorphus , St: Muelleri, St. cœruleus, St. Rôselii, perd toute valeur. Du reste, nous allons rapporter textuellement la manière dont Trembley décrit la division spontanée de ses Tunnel-like Polypi (Stentor polymorphus) *.

1. Letter from M. Abraham Trembley with observations on several newly discovered species of Fresh-water Po- Iÿpi. — Philosophical Transactions of the Royal Society ; Number 474, p. 186. London, 1744.

« Les Tunnel-like Polypi, dit-il, se multiplient également par une division spontanée, mais ils se divisent autrement que les Clustering-Polypi (Epistylis Anastatica). Hs ne se divisent jamais longitudinalement, ni transversalement, mais toujours suivant une direction oblique. De deux Tunnel-like Polypi, qui viennent d’être produits par la division spontanée d’un seul, lun a la vieille tête et une nouvelle partie postérieure, l'autre a la partie postérieure ancienne et une tête nouvelle.

« Je nommerai celui qui a la vieille tête, le Polype supérieur ; et celui qui a la vieille extrémité postérieure, le Polype inférieur.

« La première particularité observable chez un Tunnel-like Polypus, qui s'apprête à se diviser, ce sont les lèvres ‘ du Polype inférieur. Je veux parler de ces bords (eges) transparents qui sont si faciles à voir dans le Polype tout formé. Les nouvelles lèvres apparaissent d’abord sur le corps du Polype qui va se diviser, à partir du point situé un peu au-dessous des vieilles lèvres jusqu’à environ deux tiers de la longueur totale du Polype, calculée depuis la tête. Ges nouvelles lèvres ne sont pas disposées en ligne droite, suivant la longueur du Polype, mais s'étendent en ligne contournée, faisant à peu près un demi tour. On reconnait ces lèvres au mouvement qui les agite, mouvement d’abord tout à fait lent. La portion du corps du Polype, qui correspond à ces nouvelles lèvres, se dessine plus nettement, par rapport au reste, en se condensant en une masse distincte (gather up itself) ; les nouvelles lèvres se rapprochent msensiblement et se ferment. On voit alors, au côté du Polype, une tumeur qu'on reconnait bientôt n'être autre chose que la tête du nouvel individu appartenant aux lèvres déjà signalées. Avant que cette tumeur ait atteint un développement bien considérable, on commence à reconnaître les deux Polypes qui se forment et lorsqu'elle a acquis des dimensions plus considérables on voit que les deux Polypes ne sont plus unis lun à l’autre que par une portion très étroite. Le polype supérieur n’adhère plus au polype inférieur que par son extrémité postérieure qui est encore fixée au côté de ce dernier. Le polype supérieur commence alors à se livrer à des mouvements qui tendent évidemment à le séparer de l’autre; et, en effet, au bout d’un court espace de temps, 1l se détache de lui, s'éloigne à la nage et va se fixer quelque part. J'en ai vu venir se fixer

tout à côté du polype inférieur dont ils venaient de se détacher. Le polype inférieur

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