Wiegmann’s Archiv. 1846, p
2. Les figures que M. Eckhard donne de diverses Vorticellines sont également de la plus grande inexactitude. Il représente bien le disque comme entouré de cirrbes &ur tout son pourtour, mais il dessiné un canal alimentaire dont l'ouverture anale et l'ouverture buccale sont fort éloignées Fune de l'autre, sur les bords du disque, à peu près aux deux extrémités d’un mème diamètre, 4
5. Depuis lors nons avons vu la formation des embryons chez un plus grand nombre d'individus, sans que les données de M. Eckhard aient gagné pour nous en vraisemblance.
4. Parmi plusieurs centaines de Stentor, nous n’en avons trouvé que cinq, durant le mois de novembre 1555, qui renfermassent des embryons déjà pourvus chacun d'une vésicule contractile. Par contre, nous avons obserxé bien plus fréquemment les modifications du nucléus, dont nous ailons parler, ainsi que la division spontanée. Malheureusement il paraît que les conditions anormales où se trouvent les infusoires sous le microscope retardent considérablement la marche de leur développement, soit qu'on observe sous une petite plaque de verre, soit qu'on enlève celle-ci. Les Stentor en particulier, vu leur grosseur, paraissent souffrir tout spécialement de l'insuffisance du liquide dans lequel on les observe.
Chez quelques-uns, une partie du nucléus était simplement en forme de ruban, tandis que le reste présentait plusieurs étranglements, de manière qu'on pouvait trouver tous les passages possibles, depuis le nucléus en ruban jusqu’au nucléus en patenûtre, sur lesquels M. Ehrenberg s’est basé pour différencier des espèces. Chez d’autres, enfin, le nucléus était entièrement partagé en un certain nombre de fragments (au nombre de deux à huit), dont les uns étaient encore plus ou moins allongés, les autres ovales ou sphériques. Une fois, nous vimes l’un de ces fragments s’allonger peu à peu jusqu’au point d'acquérir une longueur double de celle qu'il possédait d’abord. Sans doute, 1l était en voie de reproduire un nucléus aussi long que cet organe l’est d’ordinaire. D’autres, au contraire, grossissaient bien, mais, au lieu de s’allonger, se rapprochaient toujours plus de la forme d’une sphère.
Une fois nous renconträmes un individu dont le nucléus dans son tiers inférieur (c'est-à-dire celui qui est dirigé vers la pointe de l'animal) offrait l’apparence d’un ruban uniforme comme d'ordinaire; la partie supérieure, voisine de la bouche, n'offrait non plus rien d’anormal; le centre au contraire était renflé en boule et se détacha, pendant la durée même de l'observation, de la partie supérieure. Entre cette boule centrale et le commencement du tiers inférieur, le nucléus se trouvait interrompu (Voy. PI. IX, fig. 2) et dans l'intervalle se voyait une énorme sphère de 0,063 de diamètre, dont le contenu offrait une apparence toute autre que celle du nucléus. Elle renfermait en effet quatre petits globes à couleur plus claire, mesurant 0"",035 en diamètre, globes dont la périphérie offrait une apparence claire et uniforme, tandis que le centre, sur un diamètre équivalant à peu près au tiers du d'amètre total, paraissait grossièrement granuleux et un peu plus sombre. Dans l’un de ces petits globes on remarquait une petite vésicule douée de contractions qui présentaient uu rhythme régulier. Au bout de peu de temps une vésicule semblable se montra aussi chez les autres. Plus tard on put reconnaître des cils sur toute leur surface. Ges cils en général très fins se montraient plus forts à une certaine place. Enfin ces petits globes commencèrent à tourner autour de leur axe. Parfois ils se contractaient, de manière à ce que leur surface se ridàt, présentant des bosselures et des enfoncements. À ce moment là les cils étaient beaucoup
plus faciles à reconnaître. Il n’était guère possible de douter que nous eussions à faire
là à de vrais embryons”, car on ne peut admettre que des animalcules qui auraient été avalés par le Stentor, commenceraient seulement alors à se munir d’une vésicule contractile et de cils. Ils devraient bien plutôt cesser peu à peu de se mouvoir et leurs contours devraient devenir de plus en plus indistincts. Trois de nos jeunes individus ne donnaient au contraire dans l’origine aucun signe de vie; le troisième ne donnait à reconnaître son existence individuelle que par les contractions de sa vésicule contractile et durant une observation prolongée pendant plusieurs heures, nous vimes des signes de vie se manifester chez eux avec une évidence toujours croissante.
La position de la grosse sphère entre les deux moitiés du nucléus semblait montrer que les embryons s'étaient développés dans un fragment de ce dernier, fragment qui s'était séparé par un acte de division spontanée de l'organe. Cette hypothèse devait gagner singulièrement en vraisemblance par les observations que nous fimes depuis lors au sujet des modifications du nucléus et que nous avons déjà rapportées. Malheureusemeut il ne nous fut pas possible de constater tous les passages d’un fragment du nucléas à la sphère renfermant les embryons. Une fois seulement nous vimes une portion renflée du nucléus qui, tout en étant encore unie à ce dernier, semblait former un degré intermédiaire. Ge fragment était en effet granuleux à l'intérieur, comme le contenu des embryons. Ce centre était entouré d’une masse plus claire, rappelant la formation analogue que nous avons mentionnée chez les embryons, tandis que la périphérie fort mince offrait la même apparence que le nucléus lui-même. [mmédiatement à côté de cette partie renflée du nucléus se trouvait un globe encore plus gros, contenant un Corps qu'on pouvait déjà reconnaître pour un embryon. Celui-ci ne tarda pas en effet à laisser voir une vésicule douée de pulsations rhythmiques.
I n’y à pas lieu de s'étonner que nous n’ayons pu observer un nombre plus considérable de formes intermédiaires, car c’est toujours un hasard, lorsque l'individu qu'on prend pour sujet de ses observations appartient à l’une de ces phases. Les modifications grossières du nucléus se laissent bien en effet reconnaître sans qu’il soit besoin de pro-
céder à un nouvel examen très minutieux, mais les fins détails de structure nécessi-
1. M. Ebrenberg a prétendu que les embryons que M. Eckhard croyait avoir observés chez les Stentor, n'étaient
que des Vorticelles avalées.
ET LES RHIZOPODES. 189 tent une grande attention et une lumière favorable. Cependant chez les individus incolores, grâce à leur plus grande diaphanéité, on reconnaît facilement la présence d’embryons déja bien développés. Il est peu probable qu’on arrive facilement à constater tous les passages ; en effet sur plusieurs centaines de Stentor que nous avons examinés, nous n'en avons trouvé que cinq qui continssent des embryons déjà formés, c'est-à-dire une proportion d’à peine un pour cent. Peut-être la formation d’embryons est-elle plus fréquente au printemps, car c’est dans cette saison que M. Eckhard l’observa. M. Oscar Schmidt‘. qui dit avoir vérifié les données de M. Eckhard, n'indique pas l’époque de l’année à laquelle il fit ses observations *.
Chez deux autres Stentor nous vîimes-un nombre d’embryons moins considérable que chez le premier : l'un n’en contenait qu’un seul, l’autre deux, enfermés chacun dans un corps sphéroïdal particulier. Chez.l’un de ces imdividus le nucléus était normal, c’est-à-dire en forme de bande, seulement un peu renflé à l’une de ses extrémités, chez l’autre il possédait plusieurs renflements. Enfin dans un emquième nous observämes un Stentor renfermant environ douze embryons dont quatre étaient contenus dans une sphère commune. Deux autres corps sphéroïdaux en contenaient chacun deux. Les autres embryons remplissaient chacun pour leur propre compte une sphère isolée.
La grosseur des embryons est très variable. Ceux du dernier Stentor mentionné, dans lequel ils étaient contenus en grand nombre étaient relativement peu gros. Leurs dimensions étaient un peu inférieures à celles des quatre embryons enfermés dans une sphère commune que nous avons mentionnés tout d’abord. Chez les trois Stentor qui ne renfermaient chacun qu'un seul embryon, celui-ci atteignait une grosseur bien autement considérable. Le plus gros que nous ayons observé mesurait 0"%,057 en diamètre.
Nous retrouvons donc ici le même phénomène que chez l'Epistylis plicatilis et la Podophrya quadripartita. Un fragment du nucléus'se sépare du reste et donne naissance tantôt à un seul embryon, tantôt à plusieurs.
Dans deux des cas observés, le Stentor qui renfermait des embryons était en même