‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 185 sur 210 · Froriep's Notizen. 1849, p · texte numérisé non relu

Froriep's Notizen. 1849, p

2. Depuis lors nous avons été dans le cas d'observer la formation des embryons chez les Stentor dans toutes les

saisons de l’année indifféremment, (Note de 1860).

490 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES temps occupé à se multiphier par division. Chez l’un nous suivimes même la marche du phénomène depuis la formation de la crête latérale jusqu’au moment où le disque frontal du nouvel individu fut complétement formé. L’embryon se trouvait logé précisément à côté de la vésicule contractile de ce dernier. Malheureusement la nu't tombante nous força d'interrompre notre observation et le lendemain nous ne pümes retrouver notre Stentor. |

Nous n’avons pu réussir à épier le moment où les embryons des Stentor quittent leur parent, et les essais que nous avons tentés dans le but de produire une parturition artificielle ne furent point couronnés de succès. M. Eckhard et M. Oscar Schmidt disent avoir observé plusieurs fois la sortie des embryons, sortie qui aurait lieu pendant la natation de l’animal-parent. Ce que M. Eckhard rapporte au sujet des embryons tout formés nous a semblé fort peu clair. Il s’attendait, dit-il, à ce que la coque des germes devenus libres éclatät, si bien qu'il paraîtrait que les embryons qu'il observa avaient été mis au monde avec le corps sphéroïdal qui les contenait dans la cavité du corps du parent. Il considère la rangée de cils plus forte, qu'il croit avoir vue, comme la bouche. Du reste 1l ne sait pas que faire de cette observation ; il ne sait comment il doit l’interpréter et il se demande s'il a peut-être eu devant lui le commencement d'un phénomène de gemmation, attendu, dit-il, que ces corps se trouvaient précisément à la place où les bourgeons apparaissent d'ordinaire. Or, il est assez curieux de noter que personne n’a observé jusqu'ici de gemmation proprement dite chez les Stentor et nul ne peut par suite comprendre les paroles de M. Eckhard. Il ajoute du reste lui-même que cette hypothèse n’est nas admissible et que c’est plutôt là un mode de reproduction particulier, analogue à la formation des germes chez les vers intestinaux.

M. Oscar Schmidt s'exprime d’une manière encore plus indécise que M. Eckhard. « Moi aussi, dit-il, j'ai vu de jeunes individus de forme sphérique ou conique sortir des Stentor. » [1 ajoute qu'il serait possible que la formation de ces corps fût liée à la forme en patenôtre du nucléus. On est du reste bien plus incertain encore sur la valeur réeile de ces observations, lorsqu'on entend M. Schmidt dire que les Stentor doivent leur origine à des germes très petits trouvés libres dans l’eau, et qu'on peut suivre toutes les phases du développement de ces animaux depuis la larve transparente qui ne présente qu'une légère teinte bleuâtre, qui est munie de longs cils et chez laquelle la

ET LES RHIZOPODES. 191 spirale cire ne se développe que plus tard, jusqu’à la forme de l'animal adulte. Quels sont ces petits germes”? Quelle est cette larve ? D'où sont-ils venus ? Il est vraiment'regrettable que M. Schmidt ne nous ait pas donné de détails à cet égard, car ces données ne nous suffisent pas à décider si cet observateur a réellement vu là la véritable postérité des Stentor.

À l’époque où nous étudions la reproduction des Stentor, nous trouvâmes, une ou deux fois”, libres dans de l’eau qui contenaitune foule deStentor, desanimalculesquiétaient probablement des embryons sortis de ces derniers. Le plus petit d’entre eux (PI. IX, fig. 7) n'avait que Omn,039 de diamètre, taille qui tient à peu près le milieu entre celle des plus gros et celle des plus petits embryons observés dans le corps du parent. Uétait un animal ovale, terminé en pointe d’un côté et portant du côte opposé une ligne arquée, formée par des cils plus forts que ceux qui couvraient le reste du corps. Le centre était granuleux et représentait peut-être le nucléus. Au dessous de la ligne de. cils plus forts se trouvait la vésicule contractile. [l ne nous fut pas possible de constater l'existence de la bouche. Durant l’espace d’une demi-heure la rangée de cils s'allongea quelque peu et se courba de manière à former au bout de ce temps un demicercle complet. — Nous trouvâmes plus tard un autre animalcule dont la forme était la même que celle offerte par le premier au moment où nous le quittèmes. A l'extrémité gauche de la rangée de cils (en nommant dos le côté contre lequel était dirigée la con vexité de l'arc formé par celle-ci) commençait à se former une espèce d’enfoncement, dans lequel cette rangée de cils descendait. A partir de cette phase nous trouvâmes tous les passages désirables, jusqu’à la forme et la taille des Stentor adultes. Le plus grand nombre des petits Stentor étaient contractés de la même manière que les gros le sont aussi souvent pendant la natation. Les plus petits de ceux qui possédaient déjà une ouverture buccale et une spirale de cils enroulée à gauche, comme celle des adultes, mesuraient environ 0,075 en diamètre. Le moins gros de ceux que nous vimes nager sans être contractés était large d'environ Omm,035 en maximum et long de Omn 18, Il

ossédait ainsi que tous les individus plus pétits et beaucoup plus gros que lui, un nu- PI : |

1. Depuis lors nous avons fréquemment eu l'occasion d'observer des jeunes formes de Stentor (Note de

492 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES cléus ovale. Cet organe était même chez quelques-uns tout à fait sphéroïdal. Comme . terme de comparaison nous ajouterons que les individus adultes à demi contractés comme celui de la fig. 2 (PI. IX) étaient longs d’environ 0"®,35 et larges de On 1%. Cependant on en trouvait de plus gros encore. Lorsqu'ils étaient allongés, ils pouvaient atteindre une longueur de 0mm,52.

La plupart des jeunes exemplaires étaient incolores ; quelques-uns renfermaient déjà quelques grains de chlorophylle isolés. Parfois nous pouvions aussi reconnaître chez eux les soïes plus longues qui sont semées à intervalles réguliers entre les cils des Stentor , d’autres fois nous ne réussissions pas à les distinguer, ce qui tenait peut-être uniquement aux conditions d'éclairage.

On voit donc que l’embryon des Stentor n’a pas besoin de subir de métamorphoses bien considérables pour devenir semblable à son parent et nous ne croyons pas qu'il

ait été ni figuré ni décrit par aucun auteur comme devant former un animal à part’.

1. Depuis la rédaction de ces lignes, M. Balbiani (Journal de la Physiologie, 1860, p. 77 et 85) a publié d’intéressantes observations sur la fissiparité des Stentor. Ces observations concordent avec celles de Trembley, et par cou séquent avec les nôtres. Cependant M. Balbiani mentionne en outre un fait qui nous aurait complétement échappé. Suivant cet auteur, au moment où la division d’un Stentor ou d’un Spirostome commence, on voit la longue chaine des grains ovariques (segments du nucléus en forme de rosaire) se contracter lentement et se retirer graduellement des extrémités du corps vers le centre et, par la cocclescence de tous les grains entre eux, ne former bientôt plus qu'une petite masse ovoïde et compacte. Cette masse, après ètre restée quelque temps stationnaire, reprend peu à peu sa forme; primitive en repassant par toutes les apparences qu’elle avait revètues dans le premier stade de son évolution. Elle finit ainsi par atteindre et mème par dépasser de beaucoup sa longueur première, en présentant, à mesure qu'elle s’accroit, des flexuosités de plus en plus nombreuses et prononcées, pour se loger dans le corps de l'animal en voie de fissiparité. Puis le partage a lieu. Telle est la description de M. Balbiani. Quelque surprenant et énigmatique qne paraisse ce phénomène, il faut bien l’admettre, s’il a été exactement observé. Toutefois, malgré l'exactitude qui caractérise généralement les belles observations de M. Balbiani, nous doutons encore, car jamais nous n'avons rien vu de semblable et à moins que M. Balbiani n'ait poursuivi toute cette évolution sur un seul individu, il pourrait bien avoir été induit en erreur par des rapprochements un peu précipités. (Noterde 1860).

REPRODUCTION

DES PARAMÉCIENS.

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A. PARAMECIUM BURSARIA.

Les premières observations sur la formation d’embryons internes, chez le P. Bursaria, sont, ainsi que nous l’avons déjà indiqué ailleurs, dues à M. Focke '. Le parenchyme du corps de cet infusoire est semé, comme on sait, de trichocystes fusiformes. — Sur la face interne des parois du corps, ou parfois assez profondément dans le parenchyme lui-même, se trouvent des corpuscules bien connus, sur lesquels 1l n'y à pas grand’chose à dire, si ce n’est que M. Ehrenberg les considère comme des œufs, opinion qui ne repose sur aucune base quelconque *. Tantôt ils sont d’un gris pâle, ou tout à fait incolores; tantôt verts en tout ou en partie. D’ordinaire, on voit un certain nombre de granules tout semblables, qui cireulent avec les aliments dans la partie digestive.

’ 1, Amtlicher Bericht der Naturforscherversammlung in Bremen, {S14, p. 110 2. M. Werneck nomme, sans plus amples formalités, le noyau plus clair de ces granules une vésicule germinative.

Il est probable qu'ils ont été détachés des parois du corps. I ne paraît pas possible d'admettre une distinction d'espèces, basée seulement sur la présence ou l’absence de la chlorophylle, bien que les individus incolores prennent en général une forme un peu différente de celle des autres. Les individus verts nagent, en général, de manière à ce que la face aplatie de leur corps soit exactement leur face ventrale, si bien que la bouche se trouve alors au milieu de la face inférieure, et que les vésicules contractiles sont situées sur la face dorsale médiane. Les individus incolores, au contraire, aplatissent leur corps d’une manière un peu différente, de sorte que la face aplatie ne correspond plus exactement au côté ventral, et.que leur bouche se trouve placée du côté droit de leur ligne mégiane, tandis que les vésicules contractiles sont repoussées tout à fait du côté gauche. Cependant, on rencontre aussi de temps à autre des individus verts qui aflectent la forme d'individus incolores, comme, par exemple, celui que nous avons représenté sur notre planche (PI. X, fig. 20), et vice versà.

M. Focke croyait avoir trouvé les embryons dans le nucléus, qu'il qualifie par suite, ni plus ni moins que d’utérus. M. Cohn * éleva des doutes contre cette manière de voir, parce qu'ayant écrasé des Paramecium Bursaria, renfermant des embryons, il avait trouvé le nucléus à côté de ceux-ci. M. Stein arriva par la même expérience au même résultat, et s'appuyant sur des observations faites par lui, au sujet de la Podophrya fitu. il pense que les embryons se forment à côté du »ucléole, mais sans participation immédiate de celui-ci. Nous-mêmes, nous n’avons observé chez ce Paramecium que des embryons déjà tout formés et renfermés dans une cavité spéciale, tandis que le nucléus se trouvait en outre toujours présent. Les premiers stades de développement nous ayant done échappé, ce n’est que par analogie que nous pouvons nous faire une idée du mode de formation des embryons chez le Paramecium Bursaria. H est peu probable que nous soyons conduits par là sur une fausse voie, car nous avons fait des observations très intéressantes et assez complètes sur la première origine de l'embryon de deux autres espèces appartenant à ce même genre Paramecium. Ces observations nous ont conduits à un résultat auquel ne s'oppose aucun fait connu, et qui concorde parfaitement avec le mode de développement que nous avons eu l’occasion d'observer chez les Stentors et les Epistvlis.

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