‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 188 sur 210 · Müller’s Archiv, 1854, p · texte numérisé non relu

Müller’s Archiv, 1854, p

2. Siehold's und Källiker’s Zeitschrift für wissenchaftliche Zoologie. IVter Bd, p. 261. 5. Zur Kenntniss dér kléinsten Lebensformen. Bern, 1852.

ET LES RHIZOPODES. 209 lui-même, de la réunion de deux Arcelles, accolées lune à l'autre, ouverture (du têt) contre ouverture. Nous avons observé souvent le même phénomène et comme, de même que ces observateurs paraissent lavoir déjà vu, nous avons toujours trouvé l’un des têts ancien et opaque et l’autre nouveau et transparent, nous pensons devoir donner pleinement raison à M. Schneider *.

Notre Rhizopode forme un nouveau genre caractérisé par une coque ou têt, fixée au moyen d’une espèce de pédicelle. Ce têt consiste de même que celui des Arcelles en une substance organique qui n’est point encroûtée de substances étrangères comme la coque des Difflngies. Les pseudopodes sont peu nombreux, ordinairement filiformes, et naissent tous d’une place déterminée de la surface du corps.

Nous avons observé chez l'Urnula Epistylidis non-seulement une multiplication par fissiparité, mais encore une reproduction au moyen de petits embryons.

La division spontanée présente chez ce Rhizopode des particularités remarquables. On voit d’abord naître à la partie dorsale de l'animal, entre le milieu et la partie postérieure une seconde vésicule contractile. La partie antérieure commence à montrer des stries qu'on reconnait bientôt être dues à la formation de cils très fins (PI. X, fig. 2). Un sillon circulaire oblique se dessine à la surface et produit un étranglement qui finit par opérer une division complète (fig. 3). A l’aide de ses cils, l’individu cilié gagne le dehors de Purcéele. Il à alors la forme d’un corps ovale (fig. 4) profondément strié et couvert de cils sur toute sa surface. Sa transparence est assez considérable. Dans la partie qui, pendant la natation, est dirigée en avant, on remarque un nucléus de consistance granuleuse. Nous n'avons pu voir chez ce nouvel individu rien qui pût faire songer à l'existence d’une ouverture buccale. Malheureusement il ne nous a pas été possible de poursuivre l'animal nouvellement formé jusqu’au moment où il passe à l'état de repos. Mais nous regardons comme probable qu'il gagne quelque branche d’un arbre épistylien, qu'il s’y fixe et forme un urcéole nouveau tout en perdant son enveloppe ciliée.

Ce mode de division fissipare est des plus intéressants, en ce sens que les deux individus qui en résultent présentent un aspect tout différent l'un de l’autre. Nous avons

1. Depuis lors, nous avons été dans le cas de nous convaincre que souvent cet accollement de deux coques n’indique point la présence de deux Arcelles, mais qu'il a rapport à un changement de coque d’un seul et même individu. Voyez le Tome Ier de ces Études. (Note de 1860),

du reste déjà eu l'occasion de voir un cas semblable chez l'Acineta mystacina. — L'an des nouveaux individus, bien qu’issu d’un Rhizopode dépourvu de toute espèce de cils revêt une enveloppe ciliée et s'éloigne à la nage comme un infusoire cilié. Cependant on ne peut point dire que l'individu cilié soit un embryon, ni une simple gemme produite par l'animal primitif. En effet, l'individu cilié garde pour son propre compte l’ancienne vésicule contractile, tandis que l’autre reste dans l’ureéole, conserve sa forme de Rhizopode et se munit d’une nouvelle vésicule.

Chez l’Acineta myslacina les choses se passent tout à fait de la même manière. Nous avons vu l’une des moitiés de l’Acineta se recouvrir de cils et s’écarter à la nage. Dans l’un des cas observés ce nouvel individu se fixa immédiatement devant l’ancienne cèque et se développa eu Acineta. Cette observation se trouve du reste corroborée par la circonstance que M. Cienkowsky * a vu quelque chose de tout semblable se passer chez la Podophrya fixa .

Un second mode de reproduction dont nous avons également constaté l'existence chez notre Rhizopode est encore plus intéressant que le premier à plus d’un point de vue. Dans le premier stade de préparation à ce mode de reproduction, l’on voit l'Urnula rétracter ses pseudopodes et prendre la forme d’un corps ovale, allongé, chezlequel les pulsations de la vésicule contractile deviennent de plus en plus lentes (PI. X, fig. 5). Peu à peu l’on voit apparaître dans l’intérieur de son corps un ou plusieurs noyaux assez gros (PI. X, fig. 6). Si ce noyau est identique avec le nucléus primitif, ou bien, lorsqu'il y en à plusieurs, s'ils sont résuités d’une division spontanée du nucléus, c’est ce que nous n'avons malheureusement pas pu observer d’une manière directe, attendu que le nucléus est, dans la plupart des cas, fort diflicile à apercevoir. Mais, s’il est permis de tirer une conclusion des observations nombreuses que nous avons faites en pareil cas sur divers infusoires ciliés et d’appliquer cette conclusion à un Rhizopode, nous serons tentés de croire à une relation intime entre ces corps et le nucléus primitif. Chez les Epistylis, en eflet, et le Paramecium Bursaria par exemple, c’est tantôt le nucléus entier, tantôt une partie seulement du nucléus, qui, lorsque ces animaux se préparent à se reproduire, subit des modifications tout à fait analogues à celles que nous allons

décrire chez l’'Urnula Epistylidis.

1. Bulletins de l’Académie impériale de St-Pétersbourg. 1855.

Une fois que les corps sus-mentionnés ont fait leur apparition, 1ls augmentent de grosseur pendant quelque temps, et une cavité se forme à leur intérieur. Chez beaucoup d'individus, cette cavité laisse bientôt von’, dans son intérieur, une foule de petits corpuseules en proie à une vive agitation. Nous ne nous permettrons pas de décider si ce n’est là qu’un simple mouvement moléculaire, ou bien s'il faut y voir quelque chose d’analogue à l'agitation des zoospermes chez les animaux supérieurs (V. PL. X, fig. 7 et 8). Ilest seulement certain que dans un grand nombre d'individus chez lesquels ces corps ovoïdes ont atteint un certain degré de développement, jusqu’au point de remplir complétement la cavité formée par les téguments de lindividu primitif, ces corps subissent des modifications très-profondes.

On voit de petits corpuscules, semblables à ceux dont nous venons de parler, s'agiter avec vivacité dans leur intérieur pendant un certain temps, sans qu'il nous ait été possible de déterminer s'ils se forment dans la cavité même, ou bien si, engendrés dans d’autres, ils pénétrent de l'extérieur dans ceux où nous les avons observés. — Bref, leur agitation finit par cesser, et la substance qui forme les corps ovoïdes présente alors des modifications importantes. Ces corps se montrent d’abord sous la forme d’une cavité limitée par une paroi épaisse et uniforme. Bientôt cependant on commence à distinguer une différenciation dans la substance. Il s’y forme de petits globules, dont les contours gagnent graduellement en évidence, de sorte que la paroi finit par ne plus consister qu'en une couche de ces globules (fig. 9), tapissant la membrane externe. Plus tard, cette membrane développe un ou plusieurs prolongements tubuleux et terminés en cæcum, jusqu'au point d’attemdre les parois de lurcéole ou têt du rhizopode primitif, et ces prolongements finissent même par percer cette parot (fig. 10). En même temps une partie des globules se détachent de la paroi du corps avoide, et se meuvent dans le liquide qui remplit la cavité. Une déhiscence ou déchirure ne tarde pas à s'effectuer à l'extrémité du tube aveugle qui a percé l’urcéole, phénomène qui se trouve probablement accéléré par la pression exercée par les corpuscules en mouvement. Ces petits êtres sortent alors, les uns après les autres, par l’ouverture et gagnent le large (fig. 9). Vu leur petitesse, il ne nous à malheureusement pas été possible de déterminer s'ils possédaient une vésicule contractile ou non. L’agitation perpé-

tuelle dans laquelle ils se trouvaient était un obstacle de plus à cette détermination.

Cependant nous avons cru une ou deux fois pouvoir distinguer un organe de ce genre. Nous nous abstenons de faire des hypothèses sur le sort de ces petits êtres et sur les

métamorphoses qu’ils subissent avant de revenir à la forme normale de l'Urnula Epis-

tylidis. En effet, au bout d’une observation soutenue pendant une durée d’une heure à

une heure et demie, nous avons toujours fini par les perdre de vue au milieu du laby-

rinthe de pédoncules d’Epistylis et de petites monades en mouvement *.

Nous fimes ces observations de la mi-juillet au commencement d'août 4855.

1. En relisant ces observations cinq années après l’époque de leur rédaction première, nous sommes frappés de la ressemblance que ce second mode de développement offre avec l'évolution des Chytridium. Nous sommes amenés par suite à nous demander si ce second mode de prétendue reproduction ne doit pas ètre interprété comme un phénomève rentrant dans l'évolution d’un organisme végétal destructeur de l'Urnula Epistylidis.

Jusqu'ici nous n’avions fait connaître l'Urnula Epistylidis que par une diagnose dans la première partie de ces Études et par une courte mention dans les Annales des sciences naturelles (1858). M. Stein, dans le bé ouvrage qu’il vient de publier (Der Organismus der Infusionsthiere. Leipzig, 1859), croit pouvoir admettre que l'être auquel nous avons donné le nom d’U. Epistylidis n’est que le résultat d’une métamorphose de l'Epistylis plicatilis et point un organisme spécial. {1 ne serait pas loyal de notre part de combattre sérieusement cette assertion, qui n'a pu ètre avancée que parce que nous n'avions pas encore publié de figure ni de description détaillées de cet animal, qui n'a très-certainement rien à faire avec l'£prstylis plicatilis ni avec aucune autre Vorticelline. (Nofe de 1860).

ENKYSTEMENT

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