C. PARAMECIUM AURELIA
Comme chez la plupart des autres Paramecium, on a constaté chez le Paramecium Aurelia une fissiparité, soit longitudinale, soit transversale. Lorsqu'une division transversale est sur le point de s'effectuer, on voit se former d’abord deux nouvelles vésicules contractiles. L'une d'elles apparaît devant l’une des deux anciennes vésicules, l'autre devant l’autre. Chaque nouvel individu se trouve posséder par suite une vésicule nouvelle et une ancienne. La vésicule ancienne est celle qui se trouve dans la partie postérieure du corps ; celle de la partie antérieure est de formation nouvelle. — Une fois les nouvelles vésicules contractiles formées, le nucléus s’allonge d'ordinaire quelque peu,
cependant il ne se partage ordinairement en deux que lorsque la division du corps est
déjà très avancée. M. Ehrenberg rapporte avoir toujours vu le prélude de la division spontanée consister en un étranglement de la glande sexuelle (nueléus). Ce n’est que dans les cas de division longitudinale qu’il a constaté la formation de nouvelles vésicules contractiles, tandis que nous avons souvent observé ce phénomène de la manière mdiquée dans les cas de division transversale.
Nous n'avons malheureusement que peu de chose à dire sur la reproduction par embryons du P. Aurelia. Nous avons vu le nucléus ‘ se diviser sans qu’il en résultât une scission du corps lui-même. Nous avons également constaté une intumescence considérable de ce nucléus, suivie de la formation de corpuscules globuliformes dans son intérieur. Plusieurs de ceux-ci renfermaient une tache claire et dans deux des plus gros, nous reconnûmes à celte tache des propriétés contractiles. Il n'y pas à douter que ce ne fussent là de jeunes embryons, mais malheureusement nous n'avons pas pu jusqu'ici poursuivre plus loin leur développement ”.
Comme conclusion nous communiquons les mesures relatives à la formation des
“embryons du P. Aurelia :
Longueur moyenne du nucléus ovale du Par. Aurelia............ 0mm 04 Largeur moyenne du nueléus ovale du Par. Aurelia ............. 0, :02 Nucléus tuméfié en disque arrondi (prélude de la formation desembryons) 0, 065
Petits globules (jeunes embryons) de l’intérieur du nucléus......... 0, 004—0,014
Toutes les observations faites par nous sur la reproduetion des Parmecium au moyen d'embryons ont eu lieu durant le mois de novembre et dans le commeneement de décembre. M. Focke a étudié également les embryons du Parmeciun Bursaria dans
l'arrière-saison, M. Stein les a observés durant le mois de mai.
1. Nous avons trouxé dans le Paramecium Aurelia, à côté du nucléus, un soi-disant nueléole, particularité que M. Stein dit n'avoir pas observée.
2, Depuis cette époque, nous avons vu fréquemment des Par. Aurelia, chez lesquels le nucléus s'était divisé en un grand nombre de corps ovales et tuméfiés (15 ou 29), qui remplissaient presque toute la cavité du corps. La formation de ces corps vient d'être décrite très en détail par M. Stein dans son bel ouvrage : Der Organismus der lufusionsthiere, Leipzig, 4859. (Note de 1860).
REPRODUCTION DU
DICYEMA MUELLER I].
Durant notre séjour à Vallée, sur les bords du fjord de Christiania, au commencement du mois d'août 1855, nous eûmes l’occasion d'étudier un parasite des plus intéressants. Il appartient à cette classe d’animalcules qui ont été décrits sous le nom de filaments veineux des Céphalopodes, et qui ont été étudiés particulièrement par M. Erdl ?, puis plus tard par M. Koelliker. Ce dernier a créé pour eux le nom générique de Dicyema *.
L'espèce observée par nous, et à laquelle nous donnons le nom de Picyema Muelleri,
est un animal qui, par sa forme extérieure, semblerait au premier abord devoir se
1. Prof. Erdl : Ucber die beweglichen Faden in den Venenanhängen der Cephalopoden. — Erichson’s sous Archiv, 1843, p. 162.
?. Berichte vou der Kôniglichen Zootomischen Anstait zu Würzburg. — Bericht für das Schuljabr, 1847-1848. Leipzig, 1849.
ranger parmi les vers, mais un examen un peu attentif de sa structure fait bientôt reconnaitre que ses affinités véritables sont d’un tout autre genre. Il est cilié sur toute sa surface, et, dans son intérieur, 1l n'est pas possible de reconnaitre aucun organe particulier. Nous n’avons pas même réussi à constater, chez cet être singulier, la présence d’une ouverture buccale. En somme, les Dicyema possèdent probablement leurs plus proches parents parmi les Opalines.
Nous avons trouvé ces animalcules dans les mêmes organes où M. Erdl et M. Kôlliker les avaient signalés, à savoir, dans les reins d’un Céphalopode, l’Eledone cirrhosa, Lam. M. Erdl n'indique pas dans quelle espèce il observa les filaments mobiles, mais il paraît en tous cas que c’était un Octopus.
L’animalcule observé par M. Erdl était, d’après ses descriptions un long filament cilié sur toute sa surface, terminé à sa partie antérieure, par un disque glabre, dans le centre duquel se trouvait une ouverture. Celle-ci était, peut-être, au dire de M. Erdl, une bouche. M. Kôlhiker n'a pomt vu d'ouverture semblable chez son Dicyema puradozum, pas plus que nous chez le Dicyema Muelleri.
En revanche, la partie antérieure du Dicyema Muelleri est munie d'une armure très-singulière (V. PI. XI, 1 — 3 et 5 — 6). Elle a été reconnue d'abord par M. joh. Mueller, qui se trouvait avec nous à Vallôe. Cette armure se compose de deux ou trois rangées de plaques, juxtaposées à peu près comme les écailles sur une carapace de tortue. Les plaques de la rangée antérieure sont des triangles sphériques, scalénoïdes, dont les sommets se réunissent pour former l’extrémité antérieure de l'animal. Les plaques de la seconde et de la troisième rangée sont des espèces de trapèzes ajustés immédiatement derrière les triangles de la première rangée. La forme même de lanimal est très variable. Tantôt c'est un long filament, à peu près partout d’égale largeur ; tantôt sa partie antérieure est fort large, relativement à la partie postérieure qui est mince et très allongée, tellement que lanimal ressemble alors au tétard d'un batracien (PI. XF, fig, 4); tantôt, enfin, le corps est pour ainsi dire contracté, relativement court et ‘large. Nous regrettons vivement que des circonstances diverses nous ayant forcés d'interrompre nos observations, nous ne puissions pas indiquer exactement le nombre total des plaques de l’armure sur la face dorsale ; chaque
rangée est formée par deux plaques.
La consistance du corps de l'animal rappelle tout ä fait celle du corps des Opalines et de beaucoup d’autres infusoires ciliés. Les plaques elles-mêmes ne semblent point formées par une substance particulière. C’est plutôt une simple apparence, produite par une rigidité locale des téguments, comparable à la rigidité des téguments des Euplotes.
Le Dicyema Muelleri présente dans son intérieur une cavité qui reproduit assez exactement la forme extérieure du corps. Ces parois sont d’une épaisseur assez variable (comparez, par exemple, la fig. 4 et la fig. 3). Elle renferme un contenu tout à fait diaphane et seulement un peu granuleux.
Chez certains individus, on trouve cette grande cavité remplie de son contenu ordinaire, et renfermant en outre un nombre très-variable dè globules sphériques (PI. XI, fig. 2), à structure homogène et de couleur très claire. Ces globules sont distribués indifféremment dans toutes les régions de cette cavité. Chez d’autres individus, on trouve ces globules, à consistance homogène, associés à d’autres dans lesquels se montre. une tache obscure. Lorsque l’on considère attentivemeut ces derniers, on s'aperçoit que ce sont des corpuscules munis de cils et renfermés chacun dans une enveloppe spéciale (PI. XI, fig. 3). On ne tarde même pas à en trouver un certain nombre qui s’agitent vivement dans leur étroite cellule. Ce sont là les embryons du Dicyema, résultés probablement de modifications dans les globules précédemment mentionnés.
On peut facilement faire sortir artificiellement ces embryons de leur parent, au moyen d’une pression adroitement exercée. Mais il n’est aucunement nécessaire de recourir à ce moyen, car ces jeunes individus se trouvent en abondance à l'état de liberté dans les reins de l'Æledone cirrhosa, au milieu des adultes. Leur forme est notablement différente de celle de ces derniers. Les embryons ont, en effet, assez exactement la forme d’une toupie (PI. XI, fig. 4). Le sommet en est parfaitement glabre. La partie qui s’amincit en pointe, est, au contraire, munie de cils excessivement longs, relativement beaucoup plus longs que ceux de l’adulte. Le contenu est identiquement le même chez tous. C’est, d’une part, une espèce de nucléus assez fortement réfringent, enfermé dans une espèce de grande cellule ou cavité, et, d'autre part, une accumulation de globules
doués également de propriétés très réfringentes, et qui font l'impression de gouttelettes
huileuses. C’est sans doute là une provision de matière plastique, destinée à servir au développement ultérieur du jeune animal. Enfin, au-dessus de la cellule qui renferme le nucléus réfringent, se trouve une vésicule claire qu'on serait tenté, au premmer abord, de prendre pour une vésicule contractile. Nous n'avons jamais pu cependant observer de contractions chez elle.
M. Erdi a étudié également le développement de ces Dicvema. Il à constaté la présence de ces mêmes globules dont nous avons parlé, seulement ils sont, suivant lu, rassemblés dans la partie postérieure du corps. Les embryons se trouvaient, au contraire, dans la partie antérieure, et il était facile de suivre toutes les phases de leur formation, depuis l'arrière jusqu’à l'avant de l'animal. À une certaine place du corps de ce dernier, se trouvait un élargissement en forme de sac, renfermant une substance granuleuse. et ce n’était qu'à partir du moment où les œufs (c’est ains! que M. Erdi nomme les globules) arrivent dans ce sac, qu'ils commençaient à se développer. M. Erdi attribue, en conséquence, à ce sac les fonctions d’urgane fécondant, de testicule en un mot.
Chez notre Dicyema, les choses ne paraissent pas se passer amsi. Nous n'avons vu chez lui aucun organe en forme de sac, pouvant jouer le rôle de testicule. D'ailleurs, nous n’avons jamais vu les globules, non développés en embryons, accumulés dans la partie postérieure du corps. Ils sont, au contraire, disséminés indifféremment dans toute la cavité. Il en est de même des embryons ciliés (PI. XI, fig. 3), bien que d'après la. description de M. Erdl, ils ne dussent se trouver que dans la portion antérieure.
M. Erdi à pu suivre plus complétement que nous la formation des embryons dans ses différentes phases. Les œufs (nos globules) possèdent, suivant lui, un nucléus qui se résout en une masse granuleuse. Celle - et s’accroit de manière à devenir bien plus grosse que le nucléus primitif, puis les granules dont elle se compose, se réunissent pour former trois ou quatre petites boules homogènes. Plus tard, ces œufs se transforment en embryons, en se munissant de longs cils. Ces petites boules qu’on trouve dans les embryons ne sont point de nature grais-
seuse, au dive de M. Erdi. Elles lui semblent être dures, cornées, et lu ont laissé
ET LES RHIZOPODES. 205 apercexoir sur leur équateur une espèce de sillon qui rappelle tout à fait les ventouses d’autres animaux,
Gette parte de la description de M. Erdl concorde peu avec ce que nous avons vu. Ces ventouses me sont probablement pas autre chose que lFamas de globules, dont nous avons déjà parlé, comme d'une agglomération de substance plastique. Mais nous n'y avons jamais vu la momdre trace du sillon en question. Leur nombre était du reste beaucoup plus considérable que celui des corpuscules cornés que mentionne M. Erdl. Cependant la petite figure qu'il donne de l'embryon, dans cet état, concorde beaucoup mieux avec la nôtre que celle de l'animal adulte.
Nous ne doutons pas que ces embryons ne prennent assez rapidement une forme parfaitement semblable à celle de leur parent. Nos observations ont été de trop courte durée pour nous permettre de poursuivre ce développement. M. Erdi a du reste constaté tous les passages de la forme embryonnaire à la forme adulte de son animalcule, 11 est donc probable que la même chose a lieu pour le Dicyema de l'Eledona cirrhosa.
Nous avons rencontré un grand nombre de Dicyema qui, outre les globules déjà mentionnés, ou premiers rudiments des embryons, renfermaient encore d’autres corps allongés (fig. 2). Ceux-ci n'étaient jamais fort nombreux: quatre ou cinq au plus dans le même individu ; souvent ils étaient isolés. Dans ce cas, leur taille était fréquemment assez considérable. Chez de petits individus, ils atteignaient quelquefois une longueur égale à environ deux tiers de la longueurtotale du corps (fig. 5). Chacun d'eux était enveloppé d’une membrane spéciale (fig. 7). Leur cansistance paraissait assez homogène. À un fort grossissement on distinguait dans leur intérieur des granules à contours fort nettement dessinés (fig. 7). Nous n’avous pu constater chez ces corps singuliers aucune espèce de mouvement, ni autre signe de vitalité propre.
Nous regrettons de ne point pouvoir donner de mesures exactes, relativement à ces parasites et à leurs embryons, mais, comme nous l'avons dit, nous fûmes obligés d'interrompre brusquement nos observations, et, depuis lors, nous n'avons pas retrouvé d'Eledone. Cependant nous pouvons estimer à environ 3/4 de millimètres la longueur des
adultes. Lorsqu'on coupe ou qu’on déchire un rein d'Eledone, on voits'en écoulerun liquide
trouble et jaunâtre qui fourmille de petits filaments blancs. Ces filaments s’agitent vivement, comme on le reconnaît déjà à l’œil nu. Ce sont les Dicyema. Notre figure 3 (PI. XI) donne assez exactement le rapport de grosseur des embryons aux adultes. L’embryon de la fig. 4 est beaucoup plus fortement grossi que les autres figures de la
planche.
1. Depuis la publication de ces lignes, nous avons publié une description du Dicyema Muelleri, dans un recueil allemand (V. Müller’s Archiv, 1837, p. 555), comme supplément à un excellent mémoire de notre ami M. Guido Wagener sur le genre Dicyema. Nous renvoyons pour une foule de détails, soit au mémoire de M. Wagener, soit à celui de M. Kôlliker, que nous n'avions pas encore pu nous procurer à l'époque de notre rédaction. Nous remarquerons seu— lement que. soit M, Külliker, soit M. Wagener, distinguent dans les espèces de Dicyema qu'ils ont observées deux espèces d’embryons, dont lune présente la mème forme que les embryons décrits par nous, tandis que les autres sont allongés, vermiformes (wurmfürmige Embryonen Kolliker). {1 est fort possible (ou mème probable) que les corps allongés que nous avons signalés chez certains Dicyema Muelleri ne soient que le premier rudiment de cette seconde forme d’embryons. (Note de 1860).
Le —
REPRODUCTION D'UN RHIZOPODE.
(URNULA EPISTYLIDIS.)
Sur les troncs et les branches des familles d’Epistylis plicatilis nous avons trouvé en grand nombre un animalcule vivant dans une coque ou urcéole en forme de bouteille (V. PI. 1, fig. 2, a, et PI. X, fig. 1). Cette coque s'amincit en pointe vers son extrémité inférieure ; elle est fixée latéralement au moyen d’un petit disque d’encrassement sur l’arbre épistylien (PL. X, fig. 4). La partie qui avoisine son ouverture est rétrécie et en particulier comprimée sur les côtés, de sorte que cette ouverture forme comme une espèce de fente. La face ventrale de l’urcéole est rapprochée du pédoncule de lEpistylis, de manière à ce que l’axe du parasite forme un angle très aigu avec ce pédoncule. Son ouverture est toujours tournée du côté de l'Epistyhis.
Dans cet urcéole se trouve toujours, tantôt plus ou moins librement suspendu dans l'intérieur, tantôt retiré dans le fond, un animal sur les affinités duquel on peut rester longtemps dans le doute, mais que nous croyons maintenant avoir des raisons suffisantes pour classer parmi les Rhizopodes. Cet animal a la forme d’un œuf un peu allongé. Sur son côté ventral, c’est-à-dire sur celui qui regarde le pédoncule de l'Epistylis on remarque d'ordinaire une petite échancrure. C’est de ce point que partent les
expansions variables qui caractérisent notre animal en tant que Rhizopode. Ges expan-
sions ordinairement au nombre de deux à cinq seulement sont très minces, fihformes et s’agitent d'ordinaire très vivement. L'animal les retire souvent complétement dans son urcéole et les étend de nouveau au dehors. Parfois elles sont terminées en bouton ce qui fait qu’on serait tenté de les prendre pour les suçcoirs d’un Acinétinien. Cependant la consistance de ces expansions parait s'opposer à cette manière de voir. Elles sont semées de petits granules comme les pseudopodes d'une Actinophrys, d'une Acanthomètre ou d’une Gromie; elles peuvent non-seulement se rétracter, mais encore se diviser et prendre des formes irrégulières qui rappellent tout à fait ce qu'on voit chez les Actinophrys et d’autres Rhizopodes (V. PI. VI, fig. 2, a). Les granules sont continullement en mouvement comme dans les pseudopodes des Rhizopodes. On les voit couler pour ansi dire, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Nous n'avons cependant pas encore observé de fusion entre deux de ces expansions filiformes comme on le voit fréquemment chez d’autres Rhizopodes. La vésicule contractile est située du côté dorsal, à peu près dans son milieu.
La manière dont l’Urnula Epistylidis se reproduit est un phénomène des plus intéressants. En effet, on ne connaît jusqu'ici aucun exemple de reproduction d'un Rhizopode, si l’on fait abstraction de la fissiparité observée par M. Schneider” chez la Difflugia Enchelys ®) Ebr. M. Schneider vit deux individus résulter de la division d’un seul. L'un d’eux sécréta une coque nouvelle tandis quil était encore imtimément um avec l’autre. M. Schneider nomme ce phénomène une gemmation /Anospung), mais on peut aussi bien le caractériser par l'expression de division spontanée, ou si l’on aime mieux de gemmation fissipare, puisque les deux individus avaient une taille égale. Les
M. Schneider a
termes n’ont du reste ici qu’une importance tout à fait secondaire. vu également plusieurs individus (trois à cinq) ayant chacun leur coque distincte, umis par une expansion commune et il croit pouvoir interpréter la chose par une division semblable. S'il s'agissait là d’une conjugaison ou bien d'unescission, c’est ce qu'il est difficile de décider. Par contre M. Schneider croit devoir refuser le nom de conjugaison
au phénomène déjà observé par M. Gohn - et par M. Perty * et constaté également par