‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 39 sur 210 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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contractile, on voit alors le corps se raccourcir, s’élargir, tandis que l'organe vibratile est rentré à l’intérieur de l’urne et que le péristome se contracte au-dessus de lui, comme un sphincter, de manière à fermer complètement l'ouverture de l’urne. Pendant que ce mouvement s'opère, la partie postérieure du corps forme, chez plusieurs espèces, des replis très-prononcés, comparables à l’invagination réciproque des différents éléments d’un tube de télescope. Chez les Vorticellines à pédieule contractile, le pédicule se contracte en même temps, son sommet se rapprochant brusquement de sa base. En considérant les planches de M. Ehrenberg, on trouve les contractions du pédoneule représentées de deux manières, à savoir comme des contractions en spirale, puis comme des contractions en zig-zag dans un plan vertical. Ce dernier mode de contraction n’est représenté qu’une seule fois, à savoir sur la planche XXXVIL, fig. V, chez un individu rapporté par l’auteur au Carchesium polypinum, Vans le texte, M. Ehrenberg ne dit rien qu’on puisse rapporter à ce second mode de contraction, et aucun observateur, à l’exception de M. Czermäk, n’a fait attention à ce curieux dessin. M. Czermak se contente, du reste, d'appeler l'attention des savants sur les courbures en zig-zag figurées par M. Ehrenberg; mais il déclare n'avoir jamais lui-même rien vu de semblable, et il ne semble même pas éloigné de croire que le dessin repose sur une erreur, Pendant longtemps, nous avons cru aussi à une erreur de dessin dans la figure en question. Toutefois, nous avons dû changer d'opinion après avoir rencontré nous-mêmes, dans la mer du Nord, une espèce qui présente un mode de contraction parfaitement identique à celui que M. Ehrenberg figure dans son prétendu Carchestum polypinum. Cette espèce est le Zoothamium nutans (NV. pl. F, fig. #).Chez aucune autre espèce nous n'avons vu se présenter un phénomène semblable. Nous avons, en particulier, toujours vu le Carchesium polypinum se contracter d’une manière normale, c’està-dire en hélice; aussi avons-nous été conduits à nous demander si la figure en question de M. Ehrenberg, représente bien réellement un Carchesium polypiium, et nous avons dû résoudre cette question par la négative. En effet, les individus 7, à et ; de la fig. 5 (PL XXXVI) de M. Ehrenberg, n’ont aucunement le port du Carchesium polypinum, et la colonie :, en particulier, est contractée à la manière d’un Zoothamnium, tous les individus, sans exception, étant contractés à la fois. Il est donc pro-

bable que les trois dessins 7, 9, &, ne représentent point le vrai Carchesium poly-

pinum, mais un Zoothamnium, dont le pédoncule est, comme celui du Z. nutans, susceptible de former des zig-zag dans un seul et même plan.

Des opinions fort diverses se sont fait jour relativement à l'élément auquel il faut attribuer la contractilité dans le pédicule des Vorticellines. M. Ehrenberg considérait le filament central comme un musele strié transversalement, tandis que M. Dujardin cherchait le siége de la contracüilité uniquement dans la substance corticale. Mais ces deux-auteurs n'avaient pas fait une étude histologique suflisante du pédoncule contractile des Vorticellines, et ne pouvaient, par conséquent, étayer leurs opinions de preuves suflisantes. C’est M. Czermàak”, Pauteur d’un travail très-remarquable sur le pédicule des Vorticellines, qui, le premier, à représenté d’une manière parfaitement exacte la structure de cet organe. MM. Ehrenberg, Dujardin et Eckhard se contentaient de considérer Le pédicule comme un cylindre aplati, contenant une cavité où se logeait un musele spiral. MM. Czermäk et Stein ont montré plus tard que le canal n’a pas une position parfaitement axiale, mais qu'il est lui-même excentrique et contourné en une hélice à tours allongés. Tandis que tous les auteurs n'avaient reconnu dans le pédoncule que deux éléments histologiques, à savoir le filament central (le muscle de M. Ehrenberg) et la substance corticale (improprement nommée perimysium |Muskelscheide| par M. Eckhard), M. Czermäk en a découvert encore un troisième chez le Carchesium polypümun. C'est une couche granuleuse mtermédiaire, e’est-à-dire logée entre le filament central et la substance corticale. M. Leydig l'a décrite, depuis lors, comme étant la tunique du muscle. Cette couche granuleuse paraît exister non pas seulement chez le Carchesiun polypinum, mais chez toutes les Vorticellines à pédoncule contraetile. Il est vrai que, chez certaines espêces, en tête desquelles se trouvent le Carchesium polypinum et surtout le Carchesium spectabile, elle atteint un développement très-considérable.

Quant à M. Stein, il a bien aperçu, lui aussi, cette couche intermédiaire, mais il ne la considère pas comme un élément histologique particulier. Il n'en fait mention qu'une seule fois, en disant que la paroi du canal dans le pédoneule des genres Vorticella, Carchesium et Zoothamnium, est recouverte de fines granulations qu’on pour-

rait être tenté de prendre pour une membrane spéciale (p. 78).

1. Ucber deu Stiel der Vorticellen. — Zeitschr, f. wiss. Zool., IV, p. 458.

Reste à savoir auquel de ces trois éléments il faut attribuer la propriété contractile. M. Czermäk s’est appliqué à démontrer, par une analyse approfondie, que la contracülité ne peut résider que dans le filament central. Nous ne reproduirons pas ici son argumentation remarquable avec laquelle nous sommes parfaitement d'accord, et nous renvoyons le lecteur à la démonstration exacte, donnée par cet auteur, de la nécessité que le pédoncule se contracte en spirale. Ce mode de contraction est, en effet, une conséquence immédiate de la structure anatomique du pédoncule.

M. Stein, qui, en dépit de M. Czermàk, veut soutenir l'opinion de M. Dujardin et enlever la contractilité au filament central pour en faire hommage à la substance corticale, n’appuie point son opinion, comme l’a fait son antagoniste, de preuves rigoureuses. Il base seulement sa manière de voir sur la circonstance que, lorsque le pédicule d’une Vorticelline est arraché de lobjet auquel il était fixé, il ne perd pas pour cela sa contractilité. Mais cette observation, qui est parfaitement exacte, ne justifie aueunement les conclusions que M. Stein voudrait en tirer. Les rapports du filament central à l’animal et à la substance corticale du pédicule ne sont nullement modifiés, lorsque ce pédicule se trouve fortuitement séparé de son point d’attache. En effet, comme M. Stein le sait du reste fort bien, chez aucune espèce, le filament central ne va s'attacher lui-même aux objets étrangers. La base du pédoncule est formée, dans toute son épaisseur, par la substance corticale, et le canal qui contient la substance granuleuse intermédiaire et le filament central ne commence jamais qu’à une certaine distance au-dessus du point d'attache du pédoncule. Il est vrai que, lorsque le pédoncule est coupé dans son milieu, la partie qui est attenante au corps de lPanimal conserve encore sa contractlité. Mais ce fait-là, non plus, ne parle aucunement en faveur de M. Stein. Ce savant prétend que, si le filament central était un muscle, la contractilité du pédoncule devrait disparaître en semblable occurence. Nous ne voyons pas pourquoi. Cela serait exact, si le filament central était librement étendu dans le calibre du canal hélicoïdal, parce qu’alors le muscle, en se contractant, se raccourcirait dans l’intérieur de la cavité, sans pouvoir nullement agir sur la substance corticale. Or, il n’en est point ainsi. Le filament central est adhérent, par toute sa surface. à la substance granuleuse intermédiaire, et celle-ci adhère à son tour à la substance

corticale. Les trois éléments histologiques du pédoncule sont done solidaires les uns

des autres dans leurs mouvements; et, si le filament central se contracte activement, la couche intermédiaire et la couche corticale doivent nécessairement se contracter passivement.

M. Czermàk pense trouver une preuve évidente de la contractilité du filament dans la circonstance que, partout où ce filament est détruit, le pédoncule perd la propriété de se contracter. Toutefois, cette preuve n’est pas suflisante ; car, si l’on admet, avec M. Stein, que la substance corticale est seule contractile, et que le filament n’est que l'organe au moyen duquel l'animal exerce sa souveraineté sur cette substance corticale, le nerf moteur en quelque sorte, il est clair que la contractilité cessera aussi toutes les fois que ce filament conducteur de la volonté sera détruit. M. Czermäk donne un argument bien plus favorable à son opinion, lorsqu'il remarque qu’un pédoncule, bien qu'isolé de l'animal qui le surmontait, reste souvent contracté aussi longtemps que le filament central est intact; mais que, dès que celui-ci vient à être détruit par la macération, le pédoncule s'étend de nouveau. C’est là une preuve irrécusable de la contractilité du filament central et de l'existence d’un antagonisme passif (expansion par élasticité) dans la substance corticale.

Le filament central ou le musele, comme nous le nommerons désormais, se continue dans l’intérieur du corps des Vorticellines. Déjà M. Ehrenberg aurait remarqué une prolongation de ce genre chez la Vorticella Convallaria. M. Eckhard a confirmé cette observation et l’a étendue à la Vorticella nebulifera, et M. Stein, au Carchesium polypinum. Ni M. Stein, ni M. Eckhard, ni M. Czermäk, n’ont cependant compris la modification que subit le muscle en passant du pédoncule dans le corps de l’animal. Tous trois prétendent que le filament central, en pénétrant dans le corps, se bifurque en deux branches divergentes, qui vont se perdre dans le parenchyme. Or, c’est là une erreur d'optique, comme nous avons déjà eu loccasion de le dire ailleurs. Dans le fait, le muscle, en pénétrant dans la partie postérieure du corps, s’épanouit en une membrane conique, dont la section parallèle à l'axe, suivant le plan focal du microscope, donne la bifurcation en V, signalée par MM. Eckhard et Stein. — M. Stem refuse d'accorder la moindre importance à la bifurcation du muscle, ou, pour parler plus exactement, à son épanouissement conique. Il se méprend, décidément, sur ce

point, car la partie postérieure du corps des Vorticellines prend part aux contractions

saccadées du pédoncule, précisément jusqu’au point où la membrane conique disparaît pour se perdre dans le parenchyme. C’est même là une des meilleures preuves qu’on puisse donner de la contractilité du filament central du pédoncule et de la noncontractilité de la substance corticale. En effet, la contractilité existe partout où se trouve le filament central, même dans l’épanouissement conique de celui-ci, bièn que la couche corticale n'existe pas autour de cet épanouissement£.

Dans les Vorticellines non pédicellées ou pourvues d’un pédoncule non contractile, la partie du muscle que nous avons désignée sous le nom d’épanouissement en membrane conique subsiste néanmoins. Voilà pourquoi la partie postérieure du corps de ces animaux présente les mêmes contractions saccadées que la partie correspondante des espèces à pédoncule contractile*.

Quant à ce qui concerne la direction de l'hélice du pédoncule, M. Czermäk dit qu'elle est variable, et qu'il a observé aussi bien des pédoncules læotropes que dexiotropes. Nous n'avons pas d'observations personnelles à cet égard.

M. Ehrenberg avait nommé le muscle du pédoncule des Vorticellines un musele strié transversalement. Ses successeurs n’ont pu retrouver les stries, à l’exception de M. Leydig, qui fait consister le muscle en une série de particules primitives cunéi- . formes, enchevêtrées les unes dans les autres. Sans vouloir contester l'exactitude de l'observation de M. Leydig, que nous n’avons cependant pas réussi à répéter, nous remarquons que, chez le Zoothamnium alternans, nous avons trouvé le muscle trèsévidemment composé de fibrilles longitudinales. Chez un individu arraché à son point d’attache, le muscle, macéré dans la partie la plus voisine du point de rupture, s'était divisé en un grand nombre de fibres contournées en spirale. (V. pl. IF,

1. M. Ehrenberg parait, du reste, avoir déjà remarqué cette membrane musculaire chez l'Epistylis Galea.

2. Nous remarquerons en passant que notre figure peut donuer lieu à une autre interprétation et qu'on pourrait songer à ne voir dans ces fibres que l'expression des plis d’un sarcolemme. Tandis que cette feuille était à l'impression, je soumis le dessin en question à la Société de Biologie de Paris (séance du 27 Mars 1858). M. Rouget, professeur agrégé à l'Ecole de médecine de Paris, duquel je n'avais pas l'honneur d'être connu personnellement, était présent à cette séance et me déclara, sur l'inspection de mon dessin, que je ne pouvais avoir eu affaire à des fibres, mais seulement à des plis. Il né pouvait, disait-il, y avoir de doute pour lui à cet égard, attendu qu'il savait, par ses observations sur toutes les autres classes d'animaux, que les stries longitudinales présentées par les éléments musculaires

sont dues à des plis et non à des fibres. Je me contentai de répondre que c'était, dans le fond, un transport à la fibre musculaire du débat relatif au tissu conjonctif, dans lequel M. Reïchert et son école appellent plis ce que d’au-

En résumé, nous considérons, avec M. Czermäk, le filament central du pédoncule des Vorticellines contractiles comme Flélément contractile, et nous pensons devoir chercher, comme lui, le siége de la force expansive antagoniste dans la substance corticale. Quant à la substance granuleuse intermédiaire, il est fort probable qu’elle est identique avec le parenchyme du corps. C’est la prolongation de ce parenchyme dans l'intérieur de la cavité du pédicule.

Les contractions saccadées, soit du corps des Vorticellines, soit du pédoneule de beaucoup d’entre elles, offrent un cachet si particulier, qu’on conçoit qu'il ait pu venir à l’idée de M. Perty de réunir dans une division commune, sous le nom de Spastica, tous les infusoires qui présentent des contractions semblables. Toutefois, cette division des Spastica est peu naturelle, puisqu'elle a conduit M. Perty à réunir aux Vorticellines les Stentors et les Spirostomes. D'ailleurs, il est d’autres infusoires qu’on serait obligé de faire rentrer dans cette division, bien que leurs affinités naturelles soient d’un côté tout différent. Ainsi, par exemple, l’Oxytricha retractilis devrait forcément compter parmi les Spastica, tels que les définit M. Perty, et c’est cependant une véritable Oxytrique.

Les Vorticelles, bien qu’étant, à l'exception des Trichodines, fixées durant la plus grande partie de leur vie, sont toutes susceptibles de mener momentanément une vie errante. Elles se munissent, dans ce but, d’une couronne de cils postérieure, se détachent de leur pédoncule et nagent librement dans l'eau, leur partie antérieure

étant contractée et regardant en arrière. Dans ce passage de l’état fixe à l’état errant,

tres nomment fibres. — « Comment! s’écria M. Rouget, je crois que vous vous permettez d'élever des doutes sur lexactitude de mes observations! » — « Non, Monsieur, répondis-je ; il ne s’agit point de l'exactitude des observations, mais seulement de l'interprétation de celles-ci : la preuve, c'est que nous acceptons tous deux ce dessin, mais que nous l’expliquons différemment.» — « Ah! Monsieur l'Allemand! s'écria M. Rouget, lorsque je vous parle d'une observation, c’est qu'elle est de moi, et qu’elle est bien faite, et il n°y a que moi qui puisse le savoir! Si donc vous vous permettez de conserver le moindre doute sur cette question, je vous donne à choisir entre une paire de soufllets et deux coups d'épée dans le ventre !! » — Je ne cite ces brutalités ridicules que pour montrer qu'en certain lieu on est moins disposé à résoudre les problèmes histologiques avec le scalpel de Fanatomiste qu'avec celui du spadassin. M. Rouget s'étant permis, davs l'étrange conversation à laquelle je viens de faire allusion, plus d'une parole offensante pour les savants allemands en général, je profiterai encore de l’occasion pour lui enseigner, ce qu'il parait ignorer, que la science est cosmopolite et ne reconnait aucune division territoriale ni linguistique. D'ailleurs, pour ce qui me concerne, je suis né sur le beau sol d’Helyétie, et je puis (comme citoyen, non comme savant) m'enorgueillir d’une pareille patrie ; mais si le sort m’eût fait naître Allemand, je me ferais une gloire de l'être. E. C.

la Vorticelline change subitement de forme, et chaque espèce paraît adopter alors une forme déterminée. Malheureusement, on n’a pas jusqu'ici fait assez d’attention à ces formes libres, qui fourniraient, sans aucun doute, des caractères excellents pour la distinetion des espèces. Les unes, en effet, se contractent en un cylindre long et étroit; d’autres se transforment en un disque aplati ou en une sphère; d’autres retirent la partie antérieure dans la partie postérieure, de manière à former une véritable invagination; d’autres présentent une invagination précisement inverse, la partie antérieure se retirant dâns la partie postérieure ; d’autres, enfin, nagent, le péristome ouvert, à l’aide de leur organe vibratile, et leur partie antérieure est alors dirigée en avant, pendant la natation, et pas en arrière, comme c’est la norme. Nous désirons attirer tout spécialement l’attention des observateurs sur ce point, attendu que la détermination des espèces, chez les Vorticellines, étant quelque chose de fort difficile, il serait très-utile de pouvoir étayer les diagnoses spécifiques de caractères aussi positifs que la forme de la Vorticelline errante.

Nous entrerons dans les détails relatifs aux espèces de beaucoup de Vorticellines d’une manière peu circonstanciée, parce qu'un grand nombre d'espèces ont été trèsbien caractérisées par M. Stein, et nous nous contenterons de renvoyer le lecteur à l'ouvrage remarquable de ce savant. Nous ne nous arrêterons qu'aux espèces nou-

velles ou à celles sur lesquelles nous avons quelque chose de neuf à dire.

ET LES ÉHIZOPODES.

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