Genre. — NORTICE LL A
Les Vorticellines sont si clairement caractérisées par leur pédoncule contractile non ramifié, que nous n'avons pas à nous arrêter sur la diagnose générique. L'étude des espèces laisse, par contre, une vaste lice ouverte à la discussion, lice dans-laquelle nous éviterons cependant de descendre. En effet, les espèces sont nombreuses et fort difficiles à caractériser d’une manière positive. M. Ehrenberg en a déjà établi toute une série nombreuse, et nous n’aurions le droit de recommencer son travail qu'avec la conviction que nous pouvons réellement faire mieux que lui. Or, nous ne pouvons pas avoir cette prétention. Les dessins que M. Ehrenberg donne de ses Vorticelles sont, il est vrai, très-imparfaits pour tout ce qui concerne les détails anatomiques, comme, par exemple, la forme du péristome et de l'organe vibratile, l’implantation des cirrhes buccaux, la forme du nueléus, ete.; mais ils sont assez exacts pour ce qui concerne la forme extérieure, et ils rendent assez bien lhabitus des animaux qu’ils sont destinés à représenter. C’est là le point essentiel, parce que les espèces de M. Ehrenberg sont basées précisément sur des différences dans le port de l'animal, bien plus que sur des différences anatomiques. Celles-ci sont, d’ailleurs, peu nombreuses, et se réduisent, en général, à quelques différences dans les dimensions du péristome et de l'organe vibratile ainsi que dans la forme du nucléus. Le nucléus affecte, chez toutes les espèces à nous connues, une forme de ruban, plus ou moins contourné, mais la longueur et les courbures du nucléus sont souvent différentes chez des espèces voisines. Le nucléus le plus contourné que nous ayons observé est celui de la Vorticella Campanula. Malheureusement, on ne peut dire que, sous le rapport de la longueur du nucléus, chaque espèce présente un type parfaitement constant. — On peut retrouver avec certitude presque toutes les espèces ehrenbergiennes, et cependant rien n’est plus difficile que d'établir leurs diagnoses. Personne, nous le croyons, ne serait en état de déterminer les espèces uniquement d’après les diagnoses de l'ouvrage de M. Ehrenberg, ni d’après les nôtres, si nous voulions remplacer celles-ci par de nouvelles. Il est done
urgent d'accompagner les descriptions de dessins fort exacts qui puissent rendre très-
parfaitement l’habitus de ces animaux. Nous n'avons malheureusement pas de dessins en nombre suffisant pour présenter à ce sujet un travail quelque peu complet; nous avons donc préféré éliminer toutes les figures de Vorticelles et nous en tenir à celles qui existent dans les ouvrages déjà existants. Il est, d'ailleurs, une méthode qui permet de déterminer avec assez d'exactitude la plupart des espèces ehrenbergiennes en n'ayant recours qu'aux dessins de M. Ehrenberg et à ses diagnoses ; elle consiste simplement dans l'étude des localités où se trouvent les Vorticelles observées. M. Ehrenberg a toujours eu égard à ce point important, qui nous a avant tout servi de guide pour retrouver ses espèces.
Il y a, en effet, des formes qu’on ne trouve Jamais que dans des eaux contenant des matières en putréfaction et répandant d'ordinaire une odeur assez félide. Telles sont, par exemple, la Vorticella microstoma Ehr. et la V. Convallaria Ehr. La première de ces deux espèces, la plus commune de toutes, est, du reste, facile à distinguer de toutes les autres, grâce à l’étroitesse de son péristome. M. Stein en a donné des figures’ bien plus exactes que celles de M. Ehrenberg, sous le rapport anatomique, mais ces dernières sont cependant supérieures au point de vue de lhabitus général.
De plus, M. Stein représente la V. microstoma comme étant parfaitement lisse, tandis que nous avons toujours vu sa cuticule présenter d’une manière très-évidente les stries que représente M. Ehrenberg : ces stries ne forment, toutefois, pas un seul système transversal, comme l’indiquent les dessins de cet auteur, mais deux systèmes croisés et obliques à l'axe, dont l’un est en général beaucoup plus évident que l’autre. M. Dujardin a déjà indiqué ces deux systèmes dans sa Vort. infusionum (Meyen), qui est identique avec la V. microstoma Ehr. — La seconde espèce, la Vort. Convallaria, ne se laisse pas caractériser plus facilement, et l’on pourrait la confondre facilement avec des formes voisines, par exemple avec la Vort. nelulifera Ehr., bien que celle-ci ait un port plus élancé et plus élégant. Mais les doutes disparaissent lorsqu'on a égard à la provenance des animaux. La Vort.Convallaria ne se trouve, en effet, que dans les bocaux qui contiennent des matières en décomposition, ou dans les eaux
stagnantes très-sales, où elle se fixe sur des débris de tous genres. La Vort. nebulifera