Dujardin. Infusoires, p
çoit que par instant, et dans certaines positions, les cornicules caractéristiques. La première assertion est tout-à-fait erronée ; le nombre des cirrhes marginaux et frontobuccaux est, 11 est vrai, assez peu constant ; mais celui des pieds-crochets, des piedsrames et des soies, est complètement in variable. Quant au fait, qu’on ne voit les piedscrochets que par instants, cela rend, il est vrai, leur compte plus difficile à faire; mais cela ne prouve rien quant à l’inconstance de leur nombre. Lorsque l'animal tourne sa face ventrale du côté de l'observateur, il arrive en effet souvent qu'on n’aperçoit pas les extrémités en question; mais cela provient uniquement de ce que la face ventrale est en ce moment-là précisément au foyer de linstrument. En élevant alors légèrement le tube du microscope, on amène au foyer les extrémités en crochets, à l’aide desquelles l'animal marche sur la plaque de verre qui recouvre la goutte d'eau en observation.
Un organe qui paraît être général chez les Siylonychies, mais qui n'a été aperçu par personne jusqu'ici, ©’est une rangée de cirrhes longs et minces, placés sur le bord droit de la fosse buccale. Cette dernière est largement béante du côté du front, et va, se rétrécissant en arrière, de manière à se terminer en pointe à la place où est située la bouche. Les cirrhes du bord droit de cette fosse ont leur base dirigée vers la partie antérieure, tandis que leur pointe est dirigée vers la bouche. Is ont pour fonction de retenir la proie qui est avalée par la Stylonychie. Il arrive en effet souvent que les vigoureux cirrhes fronto-buecaux font arriver dans la fosse buccale des infusoires déjà un peu trop gros pour pénétrer facilement dans le tube pharyngien, ainsi, par exemple, des Cyclidium Glancoma, de petits Paramecium Colpoda, ete. Ges infusoires sont arrêtés au fond de la fosse, et tentent de s'échapper ; mais les cirrhes qui bordent le côté droit s’opposent à leur fuite et les compriment contre la bouche jusqu’à ee qu'ils pénètrent dans le pharynx, d’où ils sont expulsés dans la eavité du corps. — Un appareil de cirrhes, tout analogue, paraît exister chez beaucoup d’Oxytriques, peut-être même chez toutes les espèces. Chez les Euplotes, par contre, nous n'avons jusqu'ici rien vu de semblable.
Le pharynx est un tube fort court, courbé de gauche à droite, de même que chez les Euplotes et les Oxytriques. La cavité du corps est loin de remplir tout l'animal.
Elle s'étend en arrière à peu près jusqu’à la base des pieds-rames. Tout ce qui est en
arrière de ceux-ci est formé simplement par le parenchyme du corps. La partie antérieure de l’animal, là où se trouve la partie la plus large de la fosse buccale, n’est pas davantage occupée par la cavité du corps. Voilà pourquoi, soit l'extrémité antérieure, soit l'extrémité postérieure des Stylonychies sont toujours transparentes. C’est là surtout le cas chez la Stylonychia Mytilus. En 41781, le pasteur Eichorn ‘ dessinait déjà la partie antérieure du corps de cet infusoire, comme étant séparée du reste par une ligne tranchée, sur laquelle il implantait, par erreur, une rangée de cils.
L’anus est toujours placé à la base des pieds natatoires. M. Ebrenberg la déjà constaté et indiqué sur ses planches”. M. Dujardin, fidèle à sa théorie, se contente de dire que les corps étrangers avalés par l'animal peuvent être excrétés où expulsés au dehors , mais il ne parle pas d'un véritable anus. I dit même, à propos des caractères généraux de la famille des Kéroniens (p. 425), qu'il a vu, par une ouverture fortuite du contour, une excrétion véritable des substances avalées et quelque temps retenues dans les vésicules ou vacuoles à l’intérieur du corps. I se peut que M. Dujardin ait raison en parlant ici d’une ouverture /ortuite, en ce sens que lorsque les Stylonychies sont pressées entre deux plaques de verre, une déchirure se forme fréquemment à un point quelconque du pourtour, pour livrer passage à une partie du contenu de la cavité du corps. Mais c’est là un accident tout pathologique ; toute excrétion normale se fait par l'ouverture anale.
La vésicule contractile est placée constamment dans la paroi dorsale du côté gauche, à peu près au milieu de la longueur du corps. La position est la même chez les Oxytriques et les Stichochæta. M. Ehrenberg la déjà mdiquée parfaitement exactement. M. Dujardin s’en est naturellement peu occupé. [se contente de mentionner dans les caractères généraux de ses Kéroniens wne ou plusieurs vacuoles plus grandes et plus visiblement extensibles que les autres, et contractiles spontanément. Or, aucun des imfusoires qu'il rapporte à la famille des Kéroniens ne renferme plus d'une vésicule contractile.
Les nucléus sont toujours au nombre de deux, de forme ovalaire, et placés Fun
dans la moitié antérieure, Pautre dans la moitié postérieure du corps. M. Dujardin
1. V. Beitræge zur Naturgeschichte der kleinsten Wasserthiere, Berlin und Stettin, 1781. Tab, V. E. 2. C’est sans doute par erreur que M. Ehrenberg l'indique à la base du dernier pied du côté gauche, Sur Lous nos
dessins, nous le trouvons, au contraire, noté à la base du dernier pied du côté droit.
parle chez la Séylonychia pustalata D'UNE partie ovalaire, en apparence moins molle et moins transparente que le reste, partie que M. Ehrenberg a voulu nommer le testicule. Or, M. Ehrenberg a déjà exactement constaté que le nueléus est double et non pas simple. En 1787, Kühler, et un peu plus tard Gruithuisen, savaient déjà mieux à quoi s’en tenir à ce sujet que M. Dujardin. — Lorsque l’animal est près de se reproduire par division transversale, les nucléus se partagent en travers, ce qui explique pourquoi l’on rencontre parfois des individus munis de quatre nucléus. Les deux nucléus de lindividu antérieur qui résulte de la division, sont alors formés par les deux moitiés du nucléus antérieur de l’individu-parent, tandis que ceux de l’individu postérieur sont formés par le nucléus postérieur de lindividu-parent. Cela suflit à démontrer que les deux organes sont de la même valeur, et qu'iln’est pas probable que lun soit, par exemple, un ovaire et l’autre un testicule.
< A 1° Stylonychia Mytilus. Ehr. Inf., p. 370. PL XLI, Fig. 9. (NP NE Er 12)
DIAGNOSE. Corps très-élargi en avant. Les trois soies de la partie postérieure non ramifiées.
M. Ehrenberg a pris avec raison, cette espèce comme type du genre, sa grande taille rendant l'étude de sa constitution anatomique relativement plus facile; la description et les figures de cet auteur sont cependant loin d’être exactes. Il est Inutile de dire que nous n'avons pu retrouver le canal alimentaire ramifié qu’il dessine sur ses planches. La manière dont il représente la bouche n’est pas non plus très en harmonie avec la nature. Il la figure comme une simple ouverture sur le bord de la rangée des cirrhes marginaux gauche, maisil ne dessine pas la fosse buccale, dont le bord droit lui a entièrement échappé. M. Ehrenber gindique bien 3 soies à l’extrémité postérieure du corps, et 9 styles, nombres parfaitement exacts, mais il compte 18 pieds-crochets disposés par paires sur le côté droit. Ce dernier chiffre est erroné aussi bien que les données relatives au mode de distribution des pieds. [y à dans le fait en tout 13 pieds-crochets qui ne sont nullement disposés par paires. Ils forment deux groupes, dont lun se compose de 8 crochets placés à la partie antérieure du corps et à droite de la fosse buccale, et l'autre de
», disposés sur les deux côtés de la ligne médiane, entre la bouche et les pieds-rames.
ET LES RHIZOPODES. 159 Si l’on tire une ligne de la bouche au pied-rame médian, ligne qui coïncide à peu près avec l'axe du corps, on trouve que trois de ces crochets ventraux sont implantés à droite de cette ligne, et deux à gauche.
On pourrait croire que nous avons eu sous les yeux une autre espèce que la Sfylonychia Mytilus de M. Ehrenberg, et que c’est là la cause unique des différences relatives au nombre et à la position des extrémités, mais cela est improbable. En effet, la Stylonychie que nous décrivons est si commune, qu'il n’est pas possible d'admettre qu'elle ait échappé à M. Ehrenberg. Sa grande taille suffit à la distinguer dès l’abord de toutes les autres’.
Immédiatement en arrière des pieds-crochets postérieurs se trouvent cinq piedsrames, déjà vus par M. Ehrenberg, qui en dessine assez exactement la position. Le second, à partir de droite, est toujours implanté considérablement plus en arrière que les autres ; c’est l'inverse de ce qu'on voit chez les Euplotes, dont le second pied-rame, à partir de gauche, est implanté plus en arrière que tous les autres. Les trois predsrames suivants sont implantés chacun un peu plus en avant que celui qui le précède.
Les pieds-rames de la S£. Mytilus paraissent être toujours dans l’état normal comme échevelés à l'extrémité. Cependant, les filaments qui les terminent ne forment pas un vrai pinceau terminal : les pieds sont tronqués obliquement du côté droit, et c’est ce côté-là seul qui se divise en filaments. Cela s'explique tout simplement, par le fait que ces extrémités sont composées de fibres disposées parallèlement à l’axe de lextrémité
même; les fibres du côté gauche étant plus longues que les autres, s'étendent jusqu'à la pointe extrême du pied-rame. — Les pieds-rames ne sont du reste point cylndriques, mais larges et tout-à-fait plats.
Les trois soies roides qui sont placées à la partie postérieure du corps ont été déjà vues et figurées par M. Ehrenberg.
M. Dujardin se.contente de dire que cette Stylonychie est munie d’appendices très-
longs, formant une rangée de cils très-forts en avant (cirrhes frontaux), wie seconde
1. D'ailleurs, M. Ehrenberg, dans ses démonstrations particulières, nous à montré, SOUS Son propre microscope,
cette mème espèce comme étant sa S€. Mytilus à lui.
460 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES rangée de cirrhes recourbés en crochet, et des styles nombreux en arrière. [l ne fait aucune mention des soies.
Les deux rangées de cirrhes marginaux sont de longueur très-inégale : celle de droite commence immédiatement au-dessous du front, tandis que celle de gauche ne prend son origine qu'un peu au-dessus du niveau de la bouche. La rangée gauche laisse la vésicule contractile sur la gauche; mais à mesure qu’elle s’avance vers la partie postérieure de l'animal, elle se rapproche du bord et elle cesse au moment où elle atteint la soie terminale gauche. Chez beaucoup d’individus la rangée droite cesse également au niveau de la soie terminale droite, mais chez d’autres, par exemple chez l’individu que nous avons représenté, elle passe outre et ne s'arrête qu’un peu plus loin. M. Ehrenberg, qui a confondu les rangées de eirrhes marginaux et de eirrhes fronto-buccaux en une seule rangée faisant le tour de lanimal, dit avoir compté le nombre total de ces cirrhes périphériques chez dix individus et en avoir trouvé 199 à 144. Tout ce que nous pouvons dire à ce sujet, c’est que le nombre de ces cirrhes est fort inconstant. L'individu que nous avons représenté avait environ soixante cirrhes marginaux du côté droit et une trentaine du côté gauche, nombres qui doivent correspondre à peu près à ceux de M. Ehrenberg. Mais il n’est pas rare de trouver les cirrhes marginaux et surtout les cirrhes frontaux beaucoup moins nombreux.
Tout le long des côtés droit et gauche se trouve sur la face dorsale une rangée de soies courtes et roides (voir la planche), dont nous devons la connaissance à M. Lieberkühn. Ces organes ne sont visibles que dans des conditions d'éclairage trèsfavorables.
I'est singulier que M. Dujardin ait nié l'existence des cirrhes marginaux de la Stylonychin Mytilus, civrhes qui n’avaient pas même échappé à Eichhorn, quelque imparfaits que fussent les instruments du siècle dernier.
M. Ehrenberg estime à un cinquième de ligne la longueur des plus grands individus de cette espèce. C’est en effet là environ le maximum, mais on trouve des mdividus fort différents les uns des autres quant à la taille, tellement qu’on peut former comme une échelle depuis la S£. pustulata jusqu'aux plus gros individus de la S. Mytilus, et qu'il est permis de se demander, comme nous le verrons plus loin, si es deux
espèces sont bien réellement différentes l’une de l’autre.
M. Perty, qui paraît n'avoir étudié les Stylonychies que d’une manière extrêmement imparfaite, prétend que le St. Mytilus se rapproche déjà des Cobalines. Or, la famille des Cobalines renferme, d’après M. Perty, des Plagiotomes /Leucophra Anodonte Khr.) et les Opalines. Il est vrai que M. Perty compte aussi parmi ses Cobalines le
Ceronæ polyporum Ehr. (Alastor Perty), qui appartient sans doute au groupe des Sty- Keron« polyp Ehr. (Alastor Perty), tient sans doute au groupe des Sty lonychies. C’est un groupe peu naturel qu’une famille renfermant un Kéronien, des Plagiotomes, et des animaux privés de bouche, dont on ne sait pas même avec certi-
tude si ce sont des imfusoires ou des larves de vers intestinaux. % Stylonychia pustulata. Ehr. Inf., p. 372. PI. XLI, Fig. L. (V. PL VI, Fig. 2.) DIAGNOSE. Corps non élargi en avant. Soies non ramifiées.
Cet infusoire est un des plus connus vu sa fréquence dans toutesles eaux, mais néanmoins nous n'en possédons que des descriptions et des figures fort imparfaites. M. Ehrenberg compte sur la face ventrale trois soies, cinq pieds-rames et quatorze piedscrochets. Ce dernier chiffre n’est pas tout-à-fait exact. La Stylonychia pustulatane possède que treize pieds-crochets, exactement comme la Se. Mytilus, et ceux-ci sont distribués parfaitement comme chez cette dernière. La plupart des figures de M. Ehrenberg sont peu en rapport avec sa description. Les unes ont moins de cinq pieds-rames, d’autres n'en ont même point du tout; celles-ci sont privées complètement de pieds-crochets, celles-là en ontmoins de quatorze ; d’autres n’ont pas de soies; chez un grand nombre, la fosse buccale est représentée comme une simple fente longitudinale sur la ligne médiane, tout-à-fait indépendante des cirrhes frontaux. Du reste, M. Ehrenbere lui-même dit que la plupart de ces figures sont de vieille date, et que les figures 4,3, % et A6 sont seules récentes (Tab. XLEHE, D). I aurait mieux fait de s’en tenir à ces dernières et de supprimer les autres. Pailleurs, ces quatre figures-là sont elles-mêmes loin d’être exactes. La figure 16 n'a que quatre pieds-rames au lieu de cinq; les figures À et 3 sont indiquées comme représentant la face ventrale, mais la figure 3 est renversée, représentant la rangée de eirrhes buccaux du côté droit, tandis qu'elle est du côté gauche. Les pieds-crochets sont dans toutes les figures placés au hasard.
Les figures de M. Dujardin sont bien plus Imexactes encore que celles de M. Ehrenberg. Il a confondu les pieds-rames et les soies avec les cirrhes marginaux. Dans la plupart des figures (PL VE, figures 10, 11, 14 et 18), il n'indique pas de piedscrochets, et dans la seule où il les indique il en dessine beaucoup trop (PL 45, fig. 7),
à savoir 19 au lieu de 13.
La distribution des extrémités est parfaitement la même chez la St. pustulata que chez la St. Mytilus. Le bord droit de la fosse buccale est bordé de la même manière par des soies peu nombreuses, longues et fines. La taille et la forme de cette Stylonychie varient à l’infini. Le nombre des cirrhes marginaux est de même excessivement variable. — La forme que nous avons représentée est l’une des plus fréquentes, mais on en trouve d’autres qui sont ou plus courtes, ou de largeur moims uniforme. Les extrémités proprement dites, savoir les pieds-crochets et les pieds-rames, présentent aussi de grandes variations, sinon quant à leur nombre, qui est parfaitement constant, du moins quant à leurs dimensions. Il arrive fréquemment que les trois pieds-crochets antérieurs sont De nieueen développés, tellement que les autres n’apparaissent que comme accessoires. Les pieds-rames sont tantôt larges et courts; tantôt minces et longs; tantôt ils n’atteignent pas l’extrémité du corps, tantôt ils la dépassent considérablement. Des variétés analogues se voient chez les extrémités de la Stylonychia Mytilus. Parfois les pieds-rames de la Sr. pustulata sont échevelés à leur ex-
trémité, parfois aussi ils offrent un contour parfaitement net.
En face de toutes ces variations, on peut se demander si la Séylonychia Mytilus et la S£. pustulata sont bien réellement différentes l’une de l’autre en tant qu’espèces". Nous ne le pensons pas. La seule différence objective qu’on puisse alléguer, c’est l’élargissement considérable de la partie antérieure dans la grande Stylonychie ; mais le degré de cet élargissement est excessivement variable, et il se retrouve du reste fréquemment chez de petites variétés (5. Silurus, Ehr.°?). On trouve, il est vrai, de légères différences dans la position relative des huit pieds-crochets antérieurs chez les différentes
Stylonychies, mais ces différences s'expliquent toutes par les variations de forme de
1. La Si. puslulala possède sur sa face dorsale les mèmes petites soies marginales roides que nous avons mentionnées comme ayant été découvertes par M. Lieberkübn, chez la St. Mytilus.
la moitié antérieure de l’animal; le plan fondamental de la distribution de ces pieds reste toujours le même.
Il est bon de conserver les deux noms de M. Ehrenberg comme désignant deux types assez éloignés l’un de l’autre, mais il ne faut pas oublier que ces deux types sont réunis par toute une série de formes mtermédiaires, et qu'on ne peut guère leur accorder une importance spécifique réelle.
La division spontanée, soit transversale, soit longitudinale, est connue dès longtemps chez la Séylonychia pustulata. M. Ehrenberg parle également d’un cas de bourgeonnement observé par lui. Ce cas semble pouvoir être rapporté, d’après la figure très-insufisante qu'il en donne, à une division longitudinale, dont Pun des segments serait fort petit relativement à l’autre. Nous-même, nous avons vu un exemple de bourgeonnement un peu différent, qu'on peut rapporter à une division transversale, dans laquelle l'individu postérieur serait relativement fort petit. La nouvelle rangée de cirrhes buccaux s'était formée plus en arrière que d'habitude, de telle sorte que l'individu postérieur se trouva formé uniquement par la partie de l’animal qui est située entre les pieds-rames et le bord gauche. Lorsque le bourgeon se détacha (Voy. PI. VI, fig. 3), il emporta avec lui les trois cirrhes marginaux gauches qui étaient les plus rapprochés de l'extrémité postérieure, et lanimal-mère resta pendant quelque temps orné d’une profonde échanerure à cette place. Dans la division transversale proprement dite, l’individu postérieur emporte avec lui les pieds-rames et les soies de l'individu primitif. Dans le cas de bourgeonnement en question, des pieds-rames et les soies restèrent à lPindividu-mère ; le bourgeon se sépara à un moment où il manquait totalement de soies et de pieds-rames, et où les cinq crochets ventraux situés en arrière de la bouche faisaient encore défaut. Les huit crochets antérieurs étaient par contre déjà formés: les trois premiers bien développés, les cinq autres encore rudimentaires. Les
cirrhes marginaux du côté droit étaient formés, mais en petit nombre seulement. 3. Stylonychia fissiseta. (N. PI. VL, Fig. 4.) Dragnose. Corps de la forme de la Stylonychia pustulata. Soies de la partie postérieure ramifiées.
Cette Stylonychie à une grande analogie de forme avec la précédente, cependant $ 5
elle s’en distingue facilement par trois caractères : 4° Le groupe de pieds-erochets est
164 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES plus considérable ; 2° les pieds-rames sont ciliés à l'extrémité ; 3° les trois soies terminales sont ramifiées à leur pointe.
Le groupe d’extrémités antérieures se compose de onze pieds-crochets, tandis qu'il n'en compte que huit chez la Séylonychia pustulata. Gette différence n’est cependant qu'apparente. En effet, nous trouvons huit crochets disposés exactement comme ceux de la Séylonychia pustulata, et, en outre, trois autres placés sur le bord droit. Or, ces trois crochets supplémentaires se trouvent précisément dans lalignement des cirrhes marginaux. Ce sont, en effet, les trois premiers cirrhes marginaux du côté droit qui sont plus gros que les autres et qui, au lieu de se mouvoir de concert avec ceux-ci, cheminent en harmonie avec les pieds-crochets.
Les pieds-crochets situés en arrière de la bouche sont disposés précisément comme chez les espèces précédentes. Les pieds-rames sont de même disposés comme chez la St. Mytilus et la St. pustulata, mais leur extrémité est recouverte de cils très-fins. Ces cils ne sont pas l’analogue des fibrilles par lesquelles se terminent les pieds-rames de la St. Mytilus. Ce sont de véritables cils vibratils implantés sur la surface même du pied. — Déjà avant que nous connussions cette Stylonychié, M. Lieberkühn avait constaté, chez un animal appartenant à ce genre, l'existence de cils vibratiles sur les pieds-rames. Il paraît cependant que M. Lieberkühn à eu affaire à une autre espèce que la nôtre. En eflet, il nous parle d’une Stylonyehie de la grosseur de la Séylonycha Mytilus, et ne mentionne pas chez elle la division des soies, non plus que le nombre plus considérable des pieds-crochets.
Les soies sont fort longues et se divisent à leur extrémité en trois ou quatre filaments fort minces. — Les cirrhes marginaux sont courts, forts et peu nombreux. Chez un exemplaire de taille moyenne, nous en avons trouvé treize du côté droit (non compris ceux qui sont métamorphosés en crochets), et onze du côté gauche.
Le front est très-élevé, et les cirrhes frontaux peu no mbreux. Les soies qui sont implantées sur le bord droit de la fosse buccale sont fort longues et plus faciles à distinguer que chez les autres Stylonychies.
La Séylonychia fissiseta correspond pour la taille tout -à-fait au type moyen de la St. pustulata. Nous l'avons trouvée une seule fois, mais en très-grande abondance,
dans les tourbières de la Bruyère-aux-Jeunes-Filles (Jungfernhaide), près de Berlin.
4 Stylonychia echinata. (N. PI. VI, Fig. 5.)
DaGxosE. Corps plus étroit et plus allongé que celui des espèces précédentes et hérissé de soies sur son pourtour.
Gette Stylonychie se distingue facilement de toutes les autres, par les soies roides et fort longues dont son pourtour est hérissé. Gependant, comme cet animal est encore plus agile que les autres Stylonychies, sautant continuellement de çà et de là, ces soies ne ne sont pas trop faciles à apercevoir, et l’on arrive en général à reconnaître cette espèce avant d’avoir aperçu les soies. Elle se distingue en effet très-facilement des autres par sa forme étroite et allongée et par ses pieds-rames qui, bien qu'implantés comme chez les autres Stylonychies, se reconnaissent cependant immédiatement à ee que les deux premiers (à partir de droite), sont fortement inclinés à droite, tandis que leur pointe s’infléchit légèrement vers le côté gauche. Un examen plus attentif montre d’ailleurs bientôt d’autres différences. La rangée des cirrhes buccaux est fort courte et le corps étant très-allongé, il en résulte que la bouche se trouve placée relativement bien plus près du front que chez les autres espèces. La vésicule contractile, qui se trouve chez les autres Stylonychies à peu près au niveau de la bouche, est placée chez la St. echinata vers le milieu de la longueur du corps, c’est-à-dire bien en arrière de l'ouverture buccale. Les deux rangées de cirrhes marginaux sont beaucoup plus rapprochées de la ligne médiane que chez les autres espèces, si bien qu’elles ne comprennent entre elles qu’une bande étroite.
Le groupe des extrémités antérieures se compose de huit pieds-crochets, disposés comme chez la Séylonychia pustulata et Va St. Mytilus. Quant à ce qui concerne les crochets placés en arrière de la bouche, nous ne sommes pas arrivés à un résultat parfaitement certain. Nous en avons dessiné cinq, comme chez les autres espèces ; mais nous n'oserions garantir ce nombre, non plus que la position que nous avons donnée à ces pieds ventraux. Du reste, l'espèce est, sans cela, si bien caractérisée, qu'il ne peut subsister aucun doute sur sa détermination. Les soies dont est hérissé tout le pourtour de la Séylonychia echinata, paraissent être de même ordre que les petites soies courtes et roides que nous avons mentionnées chez les Se. Mytilus et pustulata ;
mais elles sont incomparablement plus longues. Elles paraissent entrer en activité au
moment où l'animal fait un bond. La Sfylonychia echinata atteint, en moyenne, une longueur de 0mm,085.
Nous avons trouvé cette espèce en abondance dans les tourbières de la Jungfernhaide, près de Berlin ; dans la Havel, à Pichelsberg près de Spandau, et dans les
étangs du Thiergarten de Berlin.
M. Ehrenberg mentionne quelques espèces de Stylonychies que nous n’avons pas eu l’occasion d’observer, et sur la détermination desquelles nous croyons devoir élever des doutes nombreux.
La St. Silurus Ehr. (Inf., p. 372, PI. XL, Fig. I) à la forme d’une St. Mytilus, avec la différence qu’elle est plus petite et possède 8 crochets au lieu de 13. La différence dans le nombre des crochets est le seul caractère distinctif véritable avancé par M. Ehrenberg. Il suffirait, bien certainement, à lui seul, à distinguer deux espèces, si l’on pouvait ajouter une confiance absolue aux nombres de M. Ehrenberg. Ce n’est malheureusement pas le cas, puisque nous voyons ce dernier attribaer à la Sf. Mytilus 18 crochets, et à la Sf. pustulata 14, bien que toutes deux en aient 13. Il est vrai que M: Perty cite la St. Silurus parmi les infusoires qu’il a observés en Suisse ; mais il ne nous dit pas à quoi il Pa reconnue. Ce n’est certainement pas au nombre des crochets, car nous pouvons bien affirmer que M. Perty ne s’est jamais laissé aller à compter les pieds d’une Stylonychie. Nous croyons done devoir considérer la S£. Silurus comme une espèce excessivement douteuse. [len est de même de la Sc. Histrio Ehr. (Inf., p. 373, PI. XLIT, Fig. IV), bien que M. Ehrenberg lui donne des caractères trèspositifs. Il attribue, en effet, à cette espèce 3 à 4 pieds-rames, 6 à 8 crochets et un manque absolu de soies. Cela suffirait à distinguer la S£. Histrio de la St. pustulata, avec laquelle elle a une grande ressemblance. Mais la S. Histrio n’a été évidemment observée que d’une manière très-superficielle par M. Ehrenberg, comme cela ressort du fait qu’il hésite sur le nombre des extrémités, qu'il parle de trois ou quatre piedsrames, de six à huit crochets, tandis qu’il est bien certain que le nombre de ces extré-
mités n’est pas soumis à de telles variations. Quant au manque de soies, nous ferons
remarquer que M. Ehrenberg dénie aussi les soies à l'Euplotes Charon, qui en est cependant toujours pourvu, et qu'il néglige de les dessiner dans un grand nombre de ses figures de la St. pustulata. En somme, nous sommes fortement disposés à croire que la St. Histrio Ehr. n’est qu'une variété de la S4. pustulata que nous avons rencontrée fort souvent. variété dans laquelle les pieds-rames sont, relativement, excessivement larges et comme serrés en un faisceau les uns contre les autres. Cette disposition se retrouve tout-à-fait de même dans les dessins que M. Ehrenberg donne de la St. Histrio. M. Perty cite également la S. Histrio parmi ses infusoires suisses; mais il néglige (et pour cause, sans doute), de nous dire à quel caractère 11 Pa reconnue.
La St. appendiculata Ehr. (Inf., p. 373, PI. XLIE, Fig. ID), observée par M. Ehrenberg dans la Baltique, près de Wismar, n’est pas une Stylonychie. Elle est privée des cirrhes marginaux qui ne manquent chez aucune espèce de ce genre; en outre, il est probable, à en juger par les planches, qu’elle est munie de pieds dorsaux. C’est sans doute un animal appartenant au genre Schizopus, ou très-voisin de ce genre.
La Styl. lanceolata Ehr., enfin, est un singulier animal, qui doit former un genre à part, si les observations de M. Ehrenberg sont exactes. Cet auteur lui attribue 5 piedsrames et 3 à 5 (?) crochets. Mais, en outre, il prétend que le corps est cilié sur toute la surface. À en juger par la Fig. V, (nf. PI. XLID, le dos même serait cilié. Ce serait là une anomalie singulière, car l'habit de cils est étranger à tout le reste de la famille. Aussi est-il permis de se demander s'il n’y a pas eu là une erreur. — M. Perty cite, il est vrai, la Styl. lanceolata, comme les précédentes, au nombre de celles qu'il a observées en Suisse; mais c’est une preuve nouvelle du peu de valeur qu'il faut attacher aux données de ce savant sur la famille des infusoires marcheurs. Il dit, en ellet, qu'il a trouvé à Gümligermoos, à Münchenbuchsee et à Egelmoos, des infusoires qu'on peut considérer comme étant la St. lanceolata Ehr. I en a trouvé d’autres plus petits sur le Monte-Bigorio. Il ajoute que ce n’est là, peut-être, qu’une variété de la Styl. pustulata ! Nous serions vraiment curieux de demander à M. Perty sur quel caractère il s’est fondé pour reconnaître la Styl. lanceolate, car si les animacules qu'il a eus sous les yeux étaient ciliés comme la Styl. lanceolata doit l'être, nous ne savons de quel
droit on pourrait les réunir à la Styl. pustulata .
M. Dujardin, qui n’a pas vu plus que nous la Syl. lanceolata, trouve, d’après la description de M. Ehrenberg, qu'il est bien diflicile de la distinguer de l’Urostyla grandis. Nous ne savons, 1l est vrai, pas d’une manière très-positive quel infusoire M. Ehrenberg a désigné sous ce dernier nom; mais il est certain pour nous que les animaux qui ont servi de base à l’établissement de ces deux espèces étaient fort différents l’un de l’autre.
Quant à l’animal que M. Cienkowsky (Zeitschr. f. wiss. Zool. VI, PL XI, Fig. 6) désigne sous le nom de Sf. lanceolata, c'est, à en juger par les dessins, non pas une
Stylonychie, mais une Oxytrique (peut-être PO. fuseau ou l'O. Urostyla).
> Genre. — EUPLOTES.
Le genre des Euplotes est limité de la manière la plus naturelle, et ne paraît pas Jusqu'ici présenter ces passages insensibles aux genres voisins qui rendent, par exemple, souvent la distinction des genres Stylonychie et Oxytrique quelque peu difficile.
Mais si le genre lui-même, tel qu'il est conçu par M. Ebrenberg, est fort bien défini, il n'en est pas de même des espèces qu'il renferme. Les Euplotes sont, comme tous les animaux de la famille qui nous occupe, des êtres excessivement vifs et agiles, qui semblent le plus souvent se faire un jeu de la patience de l’observateur. C’est là ce qui explique pourquoi ils ont été jusqu'ici fort mal étudiés. C’est à M. Ehrenberg que nous devons les données les plus exactes sur les Euplotes. Il a compris de suite qu'il devait baser ses distinctions spécifiques sur le nombre et la position des pieds et autres appendices qui se trouvent sur la face ventrale. Sans doute sa tentative est restée fort incomplète ; des erreurs nombreuses se sont glissées dans estimation du nombre des extrémités et la fixation de leur position relative, erreurs bien compréhensibles pour ceux qui ont essayé d'étudier avec exactitude un Euplote quelconque. — Les observateurs plus récents sont venus embrouiller la question. C’est là tout au moins le cas pour M. Dujardin, qui a surchargé le catalogue spécifique des infusoires d’une
longue série de noms nouveaux, noms qui devront presque tous en être retranchés.
M. Dujardin ne s’est, en effet, pas rendu compte d’une manière bien exacte de la conformation de ses Ploesconiens. Ceux-ci sont, suivant ses propres paroles, «munis sur une des faces de cils épars, charnus, épais, en forme de soies roides ou de crochets non vibratiles et servant à la progression, portant, sur l'autre face, une rangée semi-cireulaire, et en baudrier, ou en écharpe, de cils vibratils régulièrement espacés, dépassant le bord, et devenant plus minces à partir de la partie antérieure jusqu’à la partie postérieure où se trouve la bouche. » Or, la face qui porte les organes servant à la progression est la face ventrale. D’après la description de M. Dujardin, la bouche se trouverait done sur la face dorsale, ce qui n’est jamais le cas. La cause de cette erreur git dans la circonstance que la rangée des cirrhes frontaux et des cirrhes buccaux est placée obliquement par rapport au plan de section horizontal de Panimal. Le sommet de la rangée est bien réellement placé sur la face dorsale. Les cirrhes sont implantés dans le sillon qui sépare le front (Stirn Ehr.) du bord de la cuirasse. Ce sillon ou cette gouttière contourne le front en descendant sur le côté gauche de Panimal, si bien que les premiers cirrhes buccaux proprement dits’ ne sont plus implantés sur le dos, mais bien sur le côté gauche. La gouttière conservant son obliquité, la fin de la rangée
arrive sur la face ventrale, où se trouve la bouche.
M. Dujardin a surtout été frappé de l’irrégularité des Euplotes. Tout, dans leur forme, dit-il, manque de symétrie ou même de régularité. Il y à du vrai dans cette assertion ; mais en jetant un coup d'œil sur les planches de M. Dujardin, on s'aperçoit bien vite que l’auteur a singulièrement exagéré ce manque de symétrie. Il a dessiné des extrémités. un peu au hasard, tantôt sur la face ventrale, tantôt sur la face dorsale de lanimal, et il en est résulté des formes fort diverses les unes des autres. Mais dans le fait, les Euplotes paraissent être tous construits sur un type commun. Lorsqu'on s’est familiarisé avec ce type, on n’est plus frappé par l'irrégularité de ces animaux. On s’habitue, au contraire, à considérer comme régulier tout ce qui est en harmonie avec ce type; mais alors les figures de M. Dujardin paraissent, par contre, fort irrégulières. M. Dujardin à bien eu une idée vague de ce type, ainsi qu’on peut s’en apercevoir lorsqu'il
dit: « Les cirrhes de la face inférieure ou ventrale sont disposés très-trrégulièrement ;
1. C'est-à-dire les premiers eirrhes de la rangée qui ne sont plus implantés dans le sillon fronto-dorsal,
on remarque néanmoins qu'ils sont plus abondants aux deux extrémités, et quelquefois ils forment comme une rangée vers le côté droit. » Mais ce n’est là, comme nous le disions, qu’une idée fort vague.
La rangée de éirrhes buccaux paraît être placée, chez tous les Euplotes, sur le côté gauche. Soit M. Ehrenberg, soit M. Dujardin, l’indiquent, dans certain cas, du côté droit, mais il n’est pas douteux que ce ne soit là une méprise. Les pieds-rames forment une rangée transversale sur la partie postérieure de la face ventrale. — La vésicuie contractile se trouve, non loin de leur base, du côté droit de l’animal. M. Dujardin, toujours fidèle à sa théorie, la confond avec les vacuoles situées dans le chyme de la cavité du corps. Il se contente en effet de dire, à propos de ses Ploescomiens, qu'à l’intérieur on voit des vacuoles, les unes contenant des aliments, les autres ne contenant que de l’eau et se contractant plus rapidement ou disparaissant tout-à-fait.
L'’anus est placé immédiatement au-dessous de la vésicule contractile. IT est vrai que M. Ehrenberg l'indique du côté gauche, précisément au-dessous de la bouche, mais c'est sans doute là une erreur de dessin.
Le nucléus est toujours unique, et point double comme chez les Oxytriques, les
Stichochaetes et les Stylonychies.
ESPÈCES. ‘ 1° Euplotes Patella. Ehr. Inf., p. 378. PI. XLIL fig. IX. (V: PI. NII, Fig: 4-2.)
DIAGNOSE. Euplotes à carapace ornée de lignes élevées très-faiblement marquées: neuf pieds-crochets, cinq pieds-rames et quatre soies, dont deux ramifiées.
Cette espèce est facile à reconnaître, quelque grossiers que soient les dessins qui en ont été donnés jusqu'ici. Cependant, il n’est pas aisé d’en donner les limites exactes, parce qu’elle varie de forme à l’infini, suivant les localités, la nature des eaux qui la renferment et d’autres circonstances non déterminées. Nous avons pris pour type (V. Fig. 1) la variété la plus large. Gette variété a la forme d’un rhombe un peu irrégulier et
tronqué en avant. Au milieu du front commence une fosse profonde qui, d’abord
ET LES RHIZOPODES. 171 étroite, s’élargit à mesure qu’elle s'étend sur la surface ventrale. A l’extrémité postérieure de cette fosse se trouve la bouche, qui conduit dans un œsophage court et cilié. Celui-ci a la forme d’un tube recourbé, dont la concavité est tournée vers l'avant de l'animal. L'œæsophage a, par suite, une direction presque transversale. — La carapace est naturellement munie d’une ouverture qui permet à la nourriture d'arriver à la bouche. Mais la forme de cette ouverture ne coïneide point avec celle de la fosse que nous venons de mentionner. Le bord gauche de l’ouverture de la carapace suit exactement la ligne d'implantation des cirrhes buccaux sur la partie charnue de lanimal. f] se rapproche, par conséquent, beaucoup plus du bord gauche de l'animal que ne le fait le bord de la fosse; et une région charnue, de forme plus ou moins triangulaire, se trouve mise à découvert entre le bord gauche de la fosse buceale et le bord gauche de l'ouverture de la carapace. 11 n’y a, comme on le voit, que la moitié inférieure de la rangée des cirrhes buccaux qui soit implantée immédiatement au bord de la fosse. Ces cirrhes-là sont considérablement plus courts que les autres. La moitié antérieure de la rangée est composée de cirrhes plus longs, qui affectent, en général, une position différente de celle des cirrhes de la moitié inférieure. Ils se relèvent en effet, en général, contre le bord de la carapace et se recourbent vers l'axe de l'animal. — La partie droite de la fosse buccale n’est point à découvert. Le bord droit de l’ouverture de la cuirasse fait saillie et la recouvre comme une espèce de toit.— Les cirrhes frontaux sont en général au nombre d’une douzaine.
M. Ehrenbere est le seul qui se soit donné la peine de compter les extrémités de l’Euplotes Patella. M. Dujardin s’est contenté de copier les nombres de M. Ehrenberg. Malheureusement, ces nombres sont lom d’être exacts. M. Ehrenberg compte quatre pieds-rames de longueur égale et situés dans un même plan. Dans le fait, 1l y en à cinq, de longueur assez inégale. En les comptant de droite à gauche, on trouve les trois premiers en général passablement plus courts que les deux derniers. Les points d'insertion de ces styles forment une ligne brisée. C’est le premier du côté droit qui est inséré le plus en avant. Les trois suivants sont insérés un peu plus en arrière et, de plus, en arrière les uns des autres. Le cinquième est, par contre, inséré un peu plus avant que celui qui le précède. Le plastron de l'Euplotes présente des côtes éle-
vées qui séparent les bases des pieds-rames les unes des autres.
La vésicule contractile est immédiatement au-dessous el en arrière des deux styles
de droite.
M. Ehrenberg compte huit crochets marcheurs. L'Æuplotes Patella en a toujours neuf. Il n’est pas possible de déterminer, d’après les dessins du professeur de Berlin, lequel des crochets lui a échappé, car il a représenté un peu au hasard, sur ses dessins, la position des pieds qu'il avait comptés. — Trois crochets sont implantés sous la partie droite du front. Un quatrième est placé près de l’angle formé par la partie droite et antérieure de l’animal. Au-dessous de ces quatre crochets se trouve une rangée transversale de trois autres, celui du milieu étant placé plus en avant que les deux autres. Enfin, beaucoup plus en arrière, dans une région plus rapprochée des piedsrames, se trouvent les deux derniers. — Outre les extrémités sus-mentionnées, lEuplotes Patella présente quatre soies fines et roides, implantées chacune sur un petit bulbe avec lequel elles sont, pour ainsi dire, articulées. Deux d’entre elles sont placées sur le bord gauche de l'animal, non loin de son extrémité postérieure. M. Ehrenberg les a vues, et les désigne comme étant deux crochets placés en arrière et du côté droit. Cependant, ces soies fines n’ont rien à faire avec les crochets-marcheurs. Elles ne servent point à la progression ordinaire, et ne paraissent se mettre en mouvement que lorsque l'animal fait un saut. Un peu à droite de la pointe postérieure de l'animal se trouvent enfin deux autres soies, qui ont la particularité d’être ramifiées à leur extrémité. Nous ne savons si M. Ehrenberg a bien vu ces deux soies. Il parle de deux styles isolés, du côté droit, complètement à part des autres. Ce pourraient bien être là les deux soies en question, bien que la place qu'il leur assigne dans ses figures ne coïncide guère avec cette interprétation. En somme, M. Ehrenberg compte dix crochets et six pieds-rames, c’est-à-dire seize extrémités, ce qui ne s'éloigne guère du chiffre réel dix-huit.
M. Dujardin a déjà reconnu l'existence des soies ramifiées chez l'E. Patella, mais il a représenté sur sa planche huit soies, au lieu de quatre, et il en a doté trois de ramifications. 1] dessine en tout vingt-huit extrémités, c’est-à-dire précisément dix de trop, et il en implante une justement dans la bouche (V. Duj., Fig. 1, PI. 8), quel-
que anormale que cette position puisse paraître. Du reste, les figures À et 4 de M. Du-
jardin sont renversées: elles représentent les cirrhes buccaux du côté droit et les crochets du côté gauche, tandis que c’est la position inverse qui se rencontre dans la nature.
Comme nous l'avons déjà mentionné, la forme de lÆuplotes Patella varie sensiblement, suivant les cas. Tantôt la cuirasse est fort large et anguleuse, tantôt elle est étroite et dépourvue d’angles saillants. Le nombre habituel des côtes élevées dont cette carapace est munie sur le dos, est de sépt à huit; mais ce nombre diminue lorsqu'on à affaire à des individus étroits. Nous avons rencontré parfois, à Berlin, dans de l’eau douce, et dans la mer du Nord, près de Glesnæsholm, un Euplotes, que nous avons représenté (PI. VII, Fig. 2), et que nous rapportons avec doute à l’Euplotes Paiella. K s'éloigne excessivement du type de espèce, pour ce qui concerne ses contours. Le bord droit et le bord gauche de la cuirasse sont devenus parallèles entre eux. L'animal est largement tronqué en avant. En revanche, le nombre et la position des crochets, des pieds-rames et des soies concorde parfaitement avec le type de l'Euplotes Patella, où du moins, s’il se présente quelques différences dans la position relative, ces différences s'expliquent suflisamment par le rétrécissement général de l'animal. Les deux soies de droite sont aussi ramifiées. Il est possible qu'il faille considérer cet Euplotes comme une espèce particulière; mais c’est ce que nous n’osons faire en présence des nombreuses variations de forme que nous présente VE. Patella. Nous croyons
plutôt ne devoir trouver en lui qu’une race assez écartée du type primitif.
2% Euplotes Charon. Ehr. Inf., p. 378. PL XLIL fig. X. (NBI Ft 10")
DIAGNOSE. Carapace sillonnée de côtes longitudinales granulées et très-marquées. Dix pieds-crochets, cinq piedsrames et quatre soies non ramifiées.
Nous appliquons ce nom à une espèce qui ne répond que d’une manière bien insuffisante à la description que M. Ehrenberg a donnée de son Æ. Charon, et cependant, nous ne doutons pas que nous n’ayons eu sous les yeux le même animal que ce savant. Notre Æuplotes Charon est excessivement commun, soit dans l’eau douce, soit
dans la mer. C’est une espèce qui, vu sa fréquence, a aussi peu de chances d'échapper aux
recherches de l'observateur, que le Paramecium Aurelia, par exemple, et cependant, ni M. Ehrenberg, ni M. Dujardin n'ont donné de descriptions ni de figures, dans lesquelles on puisse la reconnaitre avec certitude. Il faut admettre forcément que ces auteurs ont bien vu l'Euplotes en question, mais ne l’ont représenté que d’une manière insuffisante. La diagnose que M. Ehrenberg donne de son Euplotes Charon (E. testula minore, ovato-elliptica, antico fine oblique subtruncata, dorsi striis granulatis), s'applique fort bien à notre espèce. Ses figures concordent également, pour la forme générale, avec celle-ci. La plus grande différence entre l'E. Charon de M. Ehrenberg et le nôtre, consiste en ce que M. Ehrenberg déclare n'avoir point vu de soies chez le premier, tandis que nous en avons toujours trouvé quatre chez le second. Or, VE. Charon de M. Ehrenberg doit être une espèce assez répandue, et nous n’avons cependant jamais vu, ni dans la mer ni dans les eaux douces, d'espèce analogue qui fût dépourvue de soies. Notre espèce étant, par contre, fort commune, et M. Ehrenberg ne l'avant pas mentionnée, il semble bien permis d’en conclure que M. Ehrenberg n’a pas vu les soies de l'E. Charon, soies qui, vu leur finesse, sont en effet souvent fort difficiles à
apercevoir, surtout lorsque l’animal se meut avec une certaine agilité.
M. Ehrenberg attribue à l'Euplotes Charon huit crochets-marcheurs, qui souvent se réduisent, en apparence, à sept (off scheinbar sieben). En quoi peut consister cette réduction apparente ? c’est ce que l’auteur ne dit pas et ce que nous ne savons expliquer. Dans le fait, l'E. Charon n'a pas huit crochets, mais bien dix, disposés comme nous l’indiquons dans notre figure. Les pieds-rames sont au nombre de cinq, comme M. Ehrenberg l'indique. Les soies sont placées de la même manière que dans l'Euplotes Patella, deux à droite et deux à gauche ; mais elles ne sont jamais rami-
fées.
M. Ehrenberg indique environ trente cirrhes frontaux et buccaux. Nous avons omis de les compter. L’anus est, comme chez les autres Euplotes, du côté droit, en arrière de la vésicule contractile, et non à gauche immédiatement au-dessus de la bouche, comme M. Ehrenberg l'indique. La carapace est munie, sur le dos, de six ou sept
côtes longitudinales.
I ne nous à pas été possible de déterminer si la Ploesconia Charon de M. Du-
jardin est identique avec notre Æ. Charon. W ui attribue des cirrhes assez longs et droits, en arrière, mais point de cirrhes corniculés en avant. Plus loin, il dit que ces cirrhes droits sont distribués irrégulièrement vers l'extrémité postérieure et le long du bord droit. Par ces derniers mots, il veut évidemment désigner les cirrhes corniculés, soit crochets-marcheurs. La figure donnée par M. Dujardin ne nous donne pas de renseignements plus exacts; mais nous pouvons aflirmer à priori, que, chez aucun Euplotes, les crochets et les styles ne peuvent être implantés d’une manière aussi anormale que dans la figure en question. M. Dujardin ayant en outre néghigé de compter le nombre des appendices, il n’est pas possible de reconnaitre Panimal qu'il à désigné sous le nom de Plæsconia Charon.
Il n’est pas douteux que les Euplotes Charon de la mer et ceux des eaux douces ne forment qu'une seule et même espèce. Il est vrai que, si lon plonge subitement des Euplotes des eaux douces dans de Peau de mer, ils périssent presque immédiatement. Mais nous avons trouvé qu'on peut les habituer graduellement à ce changement d’habitation sans qu'il en résulte d’inconvénient pour eux. C’est, du reste, ce que M. Cohn
a déjà mentionné 1l y a quelques années”.
3° Euplotes longipes. (N. PL VIT, Fig. 5.)
DiAGNOSE, Pieds-crochets au nombre de 10; soies non ramifiées. Fosse buccale à bords à peu près parallèles
entre eux. Carapace non striée.
Cette espèce ne nous est connue que d’après un dessin communiqué par M. Lachmann. Elle se rapproche beaucoup de l'£uplotes Charon, par les détails anatomiques ; mais son habitus est tout différent. Le nombre des appendices est le même chez les deux espèces. Cependant, les pieds-crochets sont distribués d’une manière un peu différente, comme on peut S'en convaincre par l'examen des figures. — Le bord droit et le bord gauche du corps sont parallèles entre eux. La fosse buccale conserve à peu près partout la même largeur, tandis que chez VE. Charon elle est notablement plus large en avant qu'en arrière. Soit les pieds-crochets, soit les pieds-rames, sont extrêmement longs et vigoureux. Enfin, le dos lisse empêche toute confusion avec VE. Charon.
1. Entwickelungsgeschichte der mikroskopischen Algen un Pilze, p. 475.
Cette espèce a été observée par M. Lachmann, soit près de Vallüe, dans le fjord de Christiania, soit dans le fjord de Bergen.
4 Euplotes excavatus. (N. PI. NII, Fig. 45.) DIAGNOSE. Corps très-convexe sur le dos. Six pleds-crochets einq pieds-rames et deux soies.
Cet Euplotes n'a point une forme aussi aplatie que les trois précédents. 1 est, au contraire, très-bombé. Vu de dos, il rappelle quelque peu, par sa forme, un tatou. La face ventrale est profondément excavée en long, présentant une sorte de large gouttière, qui se rétrécit vers la partie postérieure de l'animal, tout en se détournant légèrement à gauche. C’est dans cette large gouttière que se trouvent logés les pieds-rames, les soies, la fosse buccale et les cirrhes buceaux. La fosse buccale a la forme d’un ovale allongé, placé, dans une direction diagonale de gauche à droite et d'avant en arrière, dans la gouttière ventrale. Sur le bord gauche de la fosse sont implantés les cirrhes buccaux, qui sont relativement assez fins, et qui se meuvent tous à la fois, de manière à simuler une membrane ondulante, ainsi que le fait la ceinture ciliaire des Trichodines. Les cirrhes frontaux sont longs et forts. [ls se meuvent avec énergie et sont presque continuellement en activité, tandis que les cirrhes buceaux restent le plus souvent à l’état de repos.
Les pieds-rames sont au nombre de cinq, larges et longs. Ils sont courbés dans le même sens que la gouttière ventrale, c’est-à-dire que leur concavité est tournée du côté gauche. Le premier, à partir de droite, est implanté plus en avant que les suivants ; il est aussi notablement plus court qu'eux. Ces pieds-rames ne servent pas plus à la marche que ceux des espèces précédentes ; mais lorsque l’animal s'arrête quelque part entre les algues pour pâturer, le mouvement des crochets s'arrête, tandis que les piedsrames se redressant, prennent une position perpendiculaire au plan du corps et ils servent alors, pour ainsi dire, de support du corps de l'Euplotes. À gauche des piedsrames, et un peu plus en avant qu'eux, se trouvent deux soies aiguës, fortes et roides. Celle qui est le plus rapprochée des pieds-rames est plus longue que l’autre.
Les crochets-marcheurs sont au nombre de six, disposés, tous, sur la moitié droite de
la face ventrale. Les points d'insertion de quatre d’entre eux forment un quadrilatère
assez régulier, immédiatement en arrière du front. Le cinquième est implanté environ au niveau d’une ligne transversale qui séparerait les deux tiers antérieurs de la fosse buccale du tiers postérieur. Le sixième, enfin, est placé immédiatement en avant de la base du premier pied-rame (en comptant à partir de la droite de l'animal).
La vésicule contractile ne se trouve pas comprise dans la large gouttière ventrale. Elle est refoulée tout-à-fait sur la droite, notablement en arrière de l'insertion des
pieds-rames.
L’Euplotes excavatus à une longueur d'environ Omm 140.
Nous avons trouvé cette espèce dans la mer du Nord, savoir dans les eaux de
Glesnæs, sur la côte occidentale de Norwége.
te]
Ce sont là les seuls Euplotes que nous ayons rencontrés jusqu'ici. Un grand nombre d’autres espèces ont été décrites, soit par M. Ehrenberg, soit par M. Dujardin. Il nous reste à faire la critique de ces espèces et à déterminer celles qui, décrites d’une manière trop insuflisante, doivent être rayées du catalogue de la famille qu’elles ne
font qu'encombrer.
L'Euplotes striatus Ehr. (Inf., p. 379, PI. XLIT, Fig. XI) n’a pas été observé suffisamment par M. Ehrenberg. Ce savant n'indique pas le nombre de ses appendices. Les figures qu'il donne sont à ce sujet en désaccord entre elles. La figure XI, (Tab. XLIT). indique 5 pieds-rames et 3 crochets, c’est-à-dire en tout 8 extrémités; la Fig. XI, 5 pieds-rames et 4 crochets : en tout 9 extrémités; la Fig. XL, qui représente l'animal vu de profil, indique en tout 12 extrémités. Comme on le voit, il n’est pas possible de rien faire avec ces nombres. La rangée de cirrhes buceaux est indiquée du côté droit; mais c’est certainement là une erreur. M. Ehrenberg dit lui-même qu'il pourrait bien s’être trompé à cet égard. La seule chose qui pourrait permettre de reconnaitre cette espèce, c’est la circonstance qu'elle est privée de soies, et qu'au dire de M. Ehrenberg la partie antérieure du corps est dépourvue de crochets. Malheureuse-
ment les données de M. Ehrenberg sur le nombre et la position de ces organes n’of-
178 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES frent pas en général assez de certitude pour qu'on puisse leur accorder une grande confiance.
L'E. appendiculatus Ehr. (Inf., p. 379, PL XLIT, Fig. XIP) pourrait fort bien être un Euplotes Charon dont M. Ehrenberg a vu les soies postérieures. Toutefois, 1l n'attribue à cet animal que 3 crochets et #pieds-rames, tandis que PE. Charon a 10 crochets et 5 pieds-rames. L’E. appendiculatus doit, en outre, se distinguer de Æ. Charon par le fait que sa bouche est du côté droit; mais c’est là probablement une méprise. — M. Stein (p. 157) cite bien VE. appendiculatus comme ayant été trouvé par lui dans la Baltique; mais il faut, sans doute, rapporter l'animal qu'il a eu sous les yeux à notre E. Charon. M. Stein aura de préférence choisi le nom d’E. appendiculatus, parce que M. Ehrenberg attribue à celui-ci les quatre soies qu'il n’a pas vues chez PE. Charon.
L’'E. truncatus Ehr. (Inf., p. 379, PL XLIE, Fig. XI) doit être, de même que les deux précédents, très-voisin de VÆ. Charon, dont 11 diffère par la présence de 7 crochets au lieu de 10. C’est encore une différence à laquelle nous ne pouvons accorder grande valeur, M. Ehrenberg n'ayant accordé que 8 crochets à l'E. Charon.
L'Euplotes viridis Ehr. (Monatsb. der Berl. Akad. d. Wiss. 1840, p. 200) n’est fondé que sur sa coloration verte. C’est peut-être un Æ. Patella, coloré par un dépôt de chlorophylle.
La Plæsconiw Vannus Duj. (Inf., p. 436, PL. X, Fig. X) de la Méditerranée doit être rayée du catalogue des Euplotes, attendu qu'il est complètement impossible de la reconnaître. M. Dujardin lui attribue 5 à 8 cirrhes en crochet, en avant, et 7 à 8 plus droits en arrière. Le nombre des crochets et des pieds-rames ne variant Jamais chez une même espèce, il n’est pas possible d'utiliser des données si peu exactes.
La Plæsconia balteata Duj. (p. 437, PI. X, Fig. 14) de la Méditerrannée est aussi peu reconnaissable. M. Dujardin se contente d'indiquer des cèrrhes faibles, et peu nombreux. La figure qu’il donne (PI. X, Fig. 14) est du reste renversée, le côté droit ayant été pris pour le côté gauche.
La Plæsconia Cithara Daj. (Inf., p. #37, PI. X, Fig. 6) n’est pas mieux caractérisée que les précédentes. M. Dujardin dit qu'il aurait cru pouvoir aflirmer que cette espèce n’a pas de cirrhes en crochets ou corniculés à la partie antérieure, S'il n’en avait
apercu deux ou trois (il en dessine 5; V. PI. X, Fig. 6), très-dificilement, une seule Ÿ 2 o
fois. Il pense que ces appendices manquent souvent. Cette dermère hypothèse est toutà-fait dénuée de fondement. Rien n’est plus constant que les appendices des Euplotes. Ou bien M. Dujardin à confondu deux espèces, l’une dépourvue, l'autre munie de crochets, ou bien, ce qui semble plus probable, il n’a pas toujours su distinguer ces organes. M. Dujardin indique en outre la rangée des cirrhes buccaux du côté droit, tout en ajoutant cependant lui-même qu'il n’a pas une entière certitude à ce sujet. Nous partageons ce doute de la manière la plus décidée. M. Dujardin dessine une douzaine d’appendices à la partie postérieure de sa Plæsconia Cithara. Malheureusement 1l n’est pas possible de déterminer lesquels sont des soies et lesquels sont des pieds-rames. En somme, il ne subsiste aucun caractère qui permette de caractériser la Plæsconia Cithara, en tant qu'espèce, car on ne peut pas considérer comme tel le grand nombre de côtes longitudinales de la carapace, d'autant plus que ce nombre n’est point spécifié par M. Dujardin.
La Plæsconia affinis Duj. (Inf., p. #41, PI. VI, Fig. 7) serait impossible à reconnaître, si M. Dujardin ne disait pas qu’elle ne diffère guère de la P£. Charon que par son habitation dans l’eau douce; en effet, il ne dit mot de ses appendices. Or, nous avons vu que l'Euplotes Charon habite, soit l’eau douce, soit l’eau salée. Si donc la Plæsconia Charon Duj. est identique à notre Euplotes Charon (ce que nous n'osons aflirmer d’une manière positive, car il faut une hardiesse infinie pour reconnaitre les Plæsconies de M. Dujardin), il est probable que la Plæsconia afjinis n'en diffère pas davantage. M. Dujardin parle bien en outre d’une légère différence dans la forme, dans la largeur; mais ces différences-là n’ont pas de valeur spécifique chez les Euplotes. En tout cas, il est certain que le Plæsconia affinis ne peut pas subsister comme espèce indépendante.
La Plæsconia subrotundata Duj. (nf., p. 441, PI. XII, Fig. 9) est encore une production malheureuse qui ne peut subsister un instant devant la faux de la critique. M. Dujardin lui-même déclare avoir de la peine à la distinguer de la Plæscoma Charon et de la PL. affinis ; nous en avons autant, et plus que lui. Les appendices de cet animal sont décrits par ce savant de la manière la plus laconique : « Des cils longs et minces aux deux extrémités. » Ceux de l'extrémité postérieure sont, sans doute, des pieds-
rames (en partie aussi des soies ?) ; mais il n’est pas possible de savoir st'ceux de la
partie antérieure sont des crochets ou des cils frontaux. D’après la figure, il paraîtrait plutôt que ce sont les cils frontaux, et, dans ce cas, l’auteur n'aurait pas vu les crochets. En somme, cette espèce est, comme on le voit, aussi méconnaissable que les précédentes. M. Dujardin avait déjà mis un point de doute devant le nom de Plæsconia subrotundata.
La Plesconia radiosa Duj. (Inf., p. 442) est encore une espèce que M. Dujardin orne d’un point de doute. Or, lorsque ce savant met un tel signe devant une de ses Plæsconies, nous sommes obligés, pour notre compte, de le renforcer encore. M. Dujardin n'a pas figuréecette espèce, et 1l n'indique pas un seul caractère qui puisse servir à la distinguer des précédentes ; il serait sans doute bien embarrassé lui-même s’il devait la reconnaître aujourd’hui d’après sa propre diagnose.
La Plæsconia longiremis Duy. (Inf., p. 442, PI. X, Fig. 9 et 12) ne nous semble pas mériter un sort meilleur que les précédentes, bien que ce soit celle que M. Dujardin ait dessinée avec le plus de soin. La figure 92 (PI. 40) est, 1l est vrai, renversée, représentant la rangée de cirrhes buecaux du côté droit, tandis qu’elle est toujours du côté gauche (M. Dujardin la dessine du reste de ce côté dans la figure 9b ); mais cette rangée est dessinée précisément telle qu’elle est chez beaucoup d’Euplotes, avec la bande diaphane qui l'accompagne au-dehors. M. Dujardin indique en outre sur la planche 5 pieds-rames, dans une position tout-à-fait normale, et trois soies. Malheureusement, les pieds en crochets ont été tout-à-fait négligés par lui. Dans la figure 9%, il en représente 5; dans la figure 9P, 3, et dans la figure 9e, 4. En outre, ces crochets sont dessinés comme formant une ligne droite d'avant en arrière, disposition qui n'existe probablement chez aucun Euplotes. Il est possible, du reste, que la Plæsconia longiremis ait été tout simplement un Euplotes Charon. La longueur des styles n’est pas, en effet, un caractère spécifique ; cette longueur varie infiniment suivant les cas. M. Stein rapporte avoir trouvé dans la Baltique un Euplotes qu'il croit devoir rapporter à la PI. longiremis Duj. 1 est regrettable que cet auteur ne nous ait pas appris sur quoi il s’est fondé dans cette détermination.
M. Perty n’a décrit aucune espèce nouvelle de ce genre. Les Stylonnychia et les Euplotes semblent être restés pour lui une sorte de Thulé, peu saisissable. Le genre
Oxvtrique est le seul de la famille qu’il ait osé aborder d’un pas. Néanmoins, M. Perty a cru } q P À
retrouver en Suisse certaines espèces qu'il est, à notre avis, complètement impossible de reconnaitre d’après les descriptions et les dessins qui en ont été donnés jusqu'ici, tels que l'E. affinis Duj., l'E. subrotundus Duj., VE. appendiculatus Ehr., VE. truncatus Ebr. Il est fâcheux que M. Perty ne nous ait pas appris sur quoi il s’est basé pour arriver à de telles déterminations. Cette omission ôte toute valeur à la citation de ces espèces parmi celles qui se trouvent en Suisse.
Voilà done de nombreuses espèces d’Euplotes que nous croyons devoir rayer complètement du catalogue des infusoires, comme ayant été observées d’une manière insuffisante, et comme étant impossibles à reconnaître d’après les descriptions et les figures qui en ont été données.
Il nous reste encore quelques espèces à nommer, qui ont été décrites comme étant des Euplotes, mais qui appartiennent à d’autres genres ; ce sont les suivantes :
40 L’Euplotes monostylus Ehr. C’est un Dystérien.
2% E. turritus Ehr. Doit être rapporté au genre Aspidisca.
30 E. aculeatus Ehr. Doit être aussi, sans doute, rapporté au genre Aspidisca.
4° La Plæwsconia Scutum Duj. Sous ce nom, M. Dujardin à confondu deux êtres fort différents. Le premier, celui qu’il a représenté PI. 10, Fig. 7*, paraît être un très-bel Euplotes, de taille considérable, dont les pieds ont été dessinés au hasard; le second (Fig. 7bet c), doit, sans doute, être rapporté au genre Campylopus. M. Dujardin a considéré cette seconde forme comme résultant d’une mutilation de la première. Mais, si nous jugeons bien ses figures, il nous semble qu’elles indiquent des pieds dorsaux. semblables à ceux des Campylopus. C’est là aussi Pavis de M. Stein. Celui-ci rapporte, en effet ‘, avoir trouvé dans la mer Baltique la Plæsconia Scutum Duj. H dit à ce sujet que cette espèce devra former un genre séparé, attendu qu’elle n’a pas seulement des
pieds-rames à la face ventrale comme les Euplotes, mais encore à la face dorsale.