‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 59 sur 210 · STEIN. Die Infusionsthiere, etc., p · texte numérisé non relu

STEIN. Die Infusionsthiere, etc., p

5e Genre. — SCHIZOPUS.

Ce genre est suffisamment caractérisé lorsque nous disons qu'il est formé par des animaux constitués comme les Euplotes, mais ayant, en outre, des pieds dorsaux situés du côté droit. La cuirasse des Schizopus est moins accusée que ne l’est, en géné-

ral, celle des Euplotes.

1° Schizopus norwegicus. (N. PL. VIH, Fig. 6-7.)

DiaëxosE. Schizopus muni de trois pieds dorsaux, sept pieds-rames et sept pieds-crochets.

Cet infusoire rappelle tout-à-fait, par sa forme, l’Euplotos-excavatus. Sa face dorsale est bombée, tandis que la face ventrale présente un large sillon longitudinal, dans lequel sont logées les extrémités ventrales et la fosse buccale. Vu de dos, le Schizopus rappelle, par sa forme, un tatou ou un Glomeris étendu. Il présente à son extrémité postérieure, du côté droit, une excavation semi-lunaire, dans laquelle sont implantés les trois pieds dorsaux ; ceux-ci sont infléchis du côté gauche et divisés en filaments à leur extrémité. L’eflilement de ses pieds est constant. et n’est point une suite des circonstances anormales dans lesquelles se trouve placé l’animal pendant l'observation.

Le côté droit présente, en avant, une échancrure assez prononcée.

Le bord antérieur est garni par des cirrhes frontaux vigoureux, dont nous avons malheureusement négligé de compter le nombre.

La face ventrale nous présente d’abord la fosse buccale, logée dans la partie antérieure du large sillon longitudinal. C’est une fosse ovale dirigée obliquement d'avant en arrière et de gauche à droite. La bouche se trouve, comme chez les autres genres de cette famille, à l’extrémité postérieure de la fosse. Tout le long du bord de la fosse sont implantés les cirrhes buccaux ; ceux-ci sont recourbés vers l'axe longitudinal du Schizopus, et se meuvent avec un ensemble tel, qu'on croit avoir devant soi,

non pas une rangée de cirrhes, mais une membrane ondulante.

Les pieds-rames, ou styles, forment une rangée transversale dans la moitié postérieure. Î y en a cinq principaux, dont le premier (à partir de la droite de l'animal) est considérablement plus court que les suivants. En somme, ces pieds-rames sont relativement plus courts que chez la plupart des Euplotes, car au lieu de dépasser l'extrémité postérieure du corps. 1ls sont, au contraire, notablement dépassés par elles. Geci provient, du reste, peut-être moims de la briéveté même de ces organes, que du fait qu'ils sont implantés assez en avant.—AÀ gauche de ces cinq pieds-rames principaux, s’en trouvent deux autres plus courts et plus minces, mais pas assez minces pour mériter le nom de soies. Ils sont, du reste, implantés plus en avant que les autres. Enfin, notre Schizopus possède sept pieds en crochets, distribués, du côté droit, dans le sillon ventral. Les quatre antérieurs sont disposés de manière à ce que leurs bases forment un rhombe à peu près régulier ; les trois autres sont rangés à peu près en ligne droite sur le bord droit du sillon.

La vésicule contractile est placée précédemment comme chez les Euplotes, c’està-dire du côté droit et un peu en arrière du point d'insertion des pieds en rame.

Nous avons malheureusement négligé de mesurer la longueur du Schizopus. Les deux figures que nous en donnons le représentent à un grossissement d'environ 300 diamètres.

Lorsque l’animal se divise spontanément, l'individu postérieur garde, non seulement les anciens pieds-rames, mais encore les pieds dorsaux. Les nouveaux pieds dorsaux, qui doivent appartenir à l'individu antérieur, se forment sur la face dorsale de l’animal-mère, à peu près dans le milieu de la longueur, un peu sur le côté droit.

Nous avons fréquemment rencontré le Schizopus enkysté. Les kystes étaient sphériques, à surface unie. Il était facile de reconnaître, au travers de leur parot, soit les pieds-rames, soit les preds-crochets, soit les cirrhes frontaux.

Nous avons trouvé le Schizopus norwegicus à Bergen, en Norwége, dans l'eau de mer ; il vit entre les floridées et autres algues, qui abondent sur certains points de la côte. Nous lui avons, en général, trouvé une couleur jaunâtre, que nous avons rencontrée également chez l'Euplotes excavatus et chez quelques autres espèces. Ilest proba-

ble que cette couleur provient de la nourriture avalée.

C'est sans doute au genre Schizopus qu’il faut rapporter un animaleule observé dans la Baltique, près de Wismar, par M. Ehrenberg, et auquel celui-ei donne le nom de Stylonychia appendiculata. Get infusoire ne peut, dans tous les cas, appartenir au genre Stylonychie, parce qu'il est dépourvu de cirrhes marginaux. Les appendices dont il est muni du côté droit, à l’extrémité postérieure, nous paraissent être de l’or-

dre des pieds dorsaux, ce qui rapprocherait tout-à-fait cet animal des Schizopus.

6me Genre. — CAMP YLOPUS.

Ce genre se distingue facilement du précédent par l'absence de pieds en crochets, mais 1l a comme lui des styles et des pieds dorsaux. Les Schizopus forment donc un passage tout naturel des Euplotes aux Campylopus. Les pieds dorsaux de ces derniers ne sont pas implantés directement sur la face dorsale de l’animal : ils sont encore recouverts par un mince prolongement de la cuirasse; mais comme leur base se trouve logée immédiatement au-dessous de cette mince lame, elle appartient plutôt à la région dorsale qu’à la région ventrale. Il est, du reste, une circonstance qui justitie notre manière de voir et qui montre que les pieds dorsaux des Campylopus sont bien assimilables à ceux des Schizopus. En effet, lorsqu'on trouve un Campylopus dans la division spontanée, on remarque bientôt que les pieds dorsaux qui appartiennent à l'individu antérieur, n'apparaissent point sur la face ventrale de l’animal-mère, mais dans une fosse qui part du côté droit de l’animal et qui s'enfonce vers la région dorsale, en n'étant recouverte que par un mince repli des téguments.

Les Campylopus sont des animaux fort singuliers dans leurs mouvements, et par suite excessivement difficiles à suivre et à observer. On les voit progresser pendant quelques instants, en ligne droite, comme par magie. Les nombreuses soies et autres extrémités dont ils sont pourvus restent, pendant ce temps, parfaitement immobiles : les cils frontaux sont seuls en mouvement ; mais comme l'attention se porte involon-

tairement sur l’énergique appareil natatoire dont est doué l'animal, et que cet appa-

reil reste parfaitem ent immobile, le mode de progression du Campylopus semble avoir quelque chose de mystérieux. Tout à coup l’animal disparaît, grâce à un bond, rapide comme l'éclair, qui l’emporte dans des régions fort éloignées du champ visuel, et il faut chercher d'ordinaire bien longtemps jusqu'à ce qu’un autre bond ramène par hasard le fugitif sous les yeux de l’observateur. Ces bonds se répètent fréquemment, mais avec une énergie telle, que les sauts des Stylonychies et des Euplotes ne peuvent en donner qu'une bien faible idée. Il résulte de la vélocité même de ce genre de mouvement, que nous ne pouvons pas indiquer la manière dont il se réalise. Il n’est pas douteux que les pieds-rames, les soies et les pieds dorsaux n’agissent, soit de concert, soit isolément, pour produire le bond : c’est du moins ce que rend fort probable la présence de ce puissant appareil de locomotion, dont nous ne saurions, sans cela, expli-

quer Putilité.

4° Campylopus paradoæus. (N. PL. VIE, Fig. 8-9.)

DiAcNosE. Campylopus ayant 6 soies et de plus 8 pieds tous postérieurs, dont six du côté droit et deux du côté PY10F A ;

gauche.

Cet infusoire à une forme plus ou moins vaguement elliptique; mais son axe est - infléchi, en arrière, quelque peu du côté droit; il est muni d’une carapace semblable à celle des Euplotes, laquelle porte trois côtes longitudinales saillantes sur le dos, l’une médiane, les autres sur les deux côtés. La partie postérieure de la carapace est fortement écha ncrée du côté droit; le front est garni de cirrhes frontaux vigoureux ; la face ventrale est plane, mais offre une large excavation longitudinale, la fosse buccale. Cette fosse n’est point dirigée, comme chez les Schizopus. obliquement de la gauche et de l’avant vers la droite et l'arrière, mais bien plutôt par rapport à l'axe de la droite et de l’avant à la gauche et à l'arrière. La bouche se trouve située à l'extrémité postérieure de cete fosse, c’est-à-dire quelque peu en arrière du milieu du corps. Au premier abord, on ne remarque pas de cirrhes buccaux, on distingue seulement dans l’intérieur de la fosse une ligne longitudinale peu éloignée du bord gauche de cette fosse. Bientôt on reconnait que cette ligne est le bord libre d’une soupape d'apparence membraneuse, qui, de temps à autre, se soulève et s’abaisse alternativement et avec lenteur. Le bord opposé de cette espèce de soupape est fixé au bord gauche de la fosse

486 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES buccale. I paraît, du reste, qu'il ne s’agit point là d’une vraie membrane. Cette apparence est produite par la rangée des cirrhes buccaux, qui se meuvent avec un ensemble parfait et simulent, en conséquence, une membrane ondulante. É

La partie postérieure de l'animal présente deux fosses ou excavations semi-lunaires, dans lesquelles sont logées les principales extrémités. Celle du côté droit est beaucoup plus large et plus profonde que celle du côté gauche. Ces deux fosses sont séparées lune de l’autre par une espèce d’isthme charnu qui se prolonge jusqu’à l'extrémité postérieure de l’animal, et dans lequel pénètre la cavité du corps. Soit la fosse droite, soit la fosse gauche, sont recouvertes par une espèce de toit mince, formé par un prolongement de la carapace. Dans la fosse droite sont logées six extrémités. Lorsqu'on considère le Campylopus paradoæus par la face ventrale, on trouve l'ouverture béante de cette fosse remplie par trois pieds-rames à peu près droits; ces pieds sont forts, larges et divisés en un faisceau de filaments à l’extrémité : ces extrémités-là sont parfaitement analogues aux pieds-rames des Euplotes, des Schizopus et des Stylonychies. On remarque en même temps que ces pieds-rames recouvrent trois autres extrémités recourbées et fort larges; celles-ci ne se voient dans toute leur étendue que lorsqu'on considère le Campylopus par la face dorsale. Les extrémités recourbées sont, en effet, des pieds dorsaux, dont l'insertion est superposée à celle des pieds-rames. Les trois pieds dorsaux du coté droit sont considérablement plus larges et plus forts que les pieds-rames de la face ventrale. Leur extrémité est fortement infléchie du côté gauche et se divise également en un pinceau de fils. — La fosse gauche ne loge dans son intérieur que deux extrémités recourbées, qui sont fort larges à leur origine, mais qui vont en s’amincissant par degrés et finissent en pointe : ces pieds sont logés tout-à-fait dans le fond de la fosse, immédiatement au-dessous de la lame tectrice fournie par la carapace, de sorte qu'ils rentrent de droit dans la catégorie des pieds dorsaux. Is sont divisés en filaments à l'extrémité, comme les précédents, et infléchis du côté droit.

Outre ces 8 pieds, le Campylopus parudorus nous a encore présenté six Soies eflilées; quatre d’entre elles sont situées du côté droit sur la face ventrale; l’une est implantée immédiatement au bord antérieur de la fosse droite : c’est la plus longue et la plus forte des quatre. Un peu plus en avant et plus à droite se trouve une seconde

soie plus courte. Celle-ci est suivie, dans la même direction, par une troisième, plus

ET LES RHIZOPODES. 187 large qu'elle; puis par une quatrième, qui est, à son tour, plus courte encore. Du côté gauche sont deux soies, assez brèves, implantées tout-à-fait sur le bord ventral, en avant de la fosse gauche.

La vésicule contractile n’est point placée du côté droit, comme chez les Euplotes et les Schizopus, mais du côté gauche, immédiatement en avant des deux pieds dorsaux gauches.

Le plus gros individu que nous ayons rencontré atteignait une longueur de Omm 10; mais c'était un individu montrant déjà des signes de division. La plupart des Campylopus observés watteignatent que les deux tiers environ de la longueur de celui-là.

Nous avons trouvé le Campylopus paradozus en grande abondance dans la mer, sur la côte de Norwége, soit à Vallée, sur les bords du fjord de Christiania, soit à Christiansand, soit à Bergen et à Gleswær, près de Sartorce. C’est un animal côtier

qui erre entre les ceramiums, les ulves, les zostera et autres plantes marines.

C’est sans doute à ce genre qu'il faut rapporter lanimal déerit par M. Dujardin comme une Plæsconia Scutum, mutilée et figurée dans sa PI. 10 (Fig. 7b et 7°). M. Stein rapporte avoir trouvé dans la Baltique un animal qu'il croit devoir rapporter à la PE. Scutum ", et il ajoute, à ce sujet, que cet animal devra dorénavant former un genre particulier, parce que la partie postérieure de son corps est munie de prolongements styliformes, non pas seulement du côté ventral, comme cela a lieu chez les Euplotes, mais encore du côté dorsal. M. Stein a négligé de dire si cet animal, qu'il a eu sous les yeux, possédait des pieds-crochets ou non; de sorte que nous ne pouvons savoir s'il a eu affaire à un Schizopus ou à un Campylopus. Cependant, la figure, dans tous les cas fort inexacte, de M. Dujardin, a plus d’analogie avec ce dernier genre qu'avec le premier. L'individu de la Fig. 7e est représenté avec deux crochets; celui

de la Fig. 7 avec un seul, M. Stein propose de conserver le nom de Plæsconia pour

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