Stein., loe, cit., p
ET LES RHIZOPODES. 243 Nal n’est donc en état de dire d’où est provenue la disgrâce qui, dans cette législation nouvelle, a frappé d’une manière si inattendue le groupe des Bursariens.
Nous ne nous dissimulons pas qu'en prenant ainsi sous notre égide M. Dujardin et ses Bursariens nous soulèverons plus d’une objection, car s'il est chez les infusoires ciliés quelques groupes (comme, par exemple, les Vorticellines, les Oxytrichiens, les Dystériens, etc.), si naturels, si nettement délimités, qu'il n’est, pour ainsi dire, pas possible d'élever le moindre doute sur les limites de leur circonscription, les Bursariens ne comptent certainement pas parmi ces groupes-là. En effet, la famille des Bursariens renferme des types si hétérogènes, qu’il est souvent bien difficile de suivre le fil caché qui les unit les uns aux autres. Il est facile de former dans son esprit une sorte de diagramme typique des Vorticellines, et ce diagramme, une fois bien compris, se retrouve immédiatement réalisé dans les genres de cette famille les plus distants les uns des autres, dans les Vorticelles, par exemple, et les Trichodines. Il en est tout autrement chez les Bursariens, et iln’est pas facile de faire cadrer, par exemple, une Freia, d’une part, et une Ophryoglène ou un Lembadium, d’autre part, avec un squelette typique commun. On pourrait même être tenté de revendiquer, pour les Ophryoglènes et les Frontonies, une aflinité plus grande avec certains Colpodéens, comme les Paramecium, qu'avecles Freia et les Chætospira. Gependant, les Lembadium forment un chaînon naturel entre les Ophryoglènes et les Balantidium, et ceux-ci tendent la main, d’une part aux Bursaires, et d'autre part, par l'intermédiaire des Kondylostomes, aux Spirostomes, aux Stentors, et, par conséquent, aux Freia.
Peut-être aurait-on pu réunir les Bursariens et les Colpodéens en une seule et même famille, qui eut alors été clairement distincte de toutes les autres, mais cette manière de simplifier les choses n’eût été qu'un palliatif et pas un remède à la dificulté. Cette immense famille eût renfermé des types bien autrement hétérogènes que les Freia et les Ophryoglènes et n’eût été caractérisée que d’une manière purement négative. Elle aurait renfermé tout ce qui, parmi les Ciliata, à œsophage béant, n’appartient ni aux Vorticellines, ni aux Oxytrichiens, ni aux Tintinnodiens. Il était donc urgent d'établir une ou plusieurs coupures dans ce groupe si hétérogène; et, après un mûr examen, nous n'avons pu employer, dans ce but, de meilleur caractère que celui
déjà proposé par M. Dujardin, savoir la présence ou l'absence d’une spirale de cir-
rhes buccaux. Ce caractère nous permet de former une famille des Bursariens, qui, sans former un tout aussi parfaitement homogène que celle des Vorticellines ou des Oxytrichiens, ou des Tintinnodiens, n’en forme pas moins un groupe clair, et, nous le croyons, naturel. Les Ophryoglènes et les Metopus seuls semblent n'être pas parfaitement satisfaits de la place qui leur est assignée, et rêver de leurs proches parents les Colpodéens.
On pourrait établir encore une coupure dans notre famille des Bursariens, comme la fait déjà M. Lachmann, en proposant une famille des Stentoriens. Cette famille serait caractérisée par la position de lanus, qui est, chez les Bursariens proprement dits, situé à l'extrémité postérieure ou sur la face ventrale, tout près de cette extrémité, tandis qu'il est, chez les Stentoriens, placé sur le dos, peu en arrière de la spire buccale. Nous adoptons cette division de M. Lachmann comme une sous-famille, mais nous ne pensons pas devoir l’ériger en famille indépendante, afin de ne pas séparer les Stentors de leurs proches voisins les Leucophrys. En effet, la Leucophrys patula est un vrai Stentor, qui a l’ouverture anale terminale au lieu de l'avoir sous la spire buccale. Il est à remarquer, d’ailleurs, que les trois genres qui doivent rentrer dans le groupe des Stentoriens, tel que l’a défini M. Lachmann, savoir les Chætospira, les Freia et les Stentor, sont encore unis entre eux par une autre particularité toute spéciale. Ce sont, en effet, les seuls Bursariens qui jouissent de la propriété de se sécréter, tout au moins une partie de leur vie durant, une coque destinée à leur servir d'habitation. La posi= tion particulière de l'anus est même, ce nous semble, imtimément liée à cette particularité-là. Si l'anus avait été placé, chez les Stentoriens comme chez les Bursariens proprement dits, à la partie postérieure de l’animal, les matières fécales une fois excrétées se seraient accumulées dans l’intérieur de la coque et l’auraient obstruée. Aussi, sans vouloir descendre à des considérations téléologiques sur ce sujet, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que, chez tous les Bursariens à coque, Porifice anal est placé dans la partie de l'animal qui fait saillie au dehors de la coque.
La bouche et l’anus des Stentoriens, se trouvant placés tous deux dans la partie antérieure de l’animal, se trouvent forcément plus rapprochés Pun de l’autre que chez les autres Bursariens. Cependant, ce rapprochement ne va point jusqu’à faire de ces infusoires des Anopisthiens, dans le sens de M. Ehrenberg Chez ceux-ci, en effet,
l'anus est situé, ainsi que la bouche, dans une fosse située en dedans de la spire buc-
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au contraire, il n’existe point de fosse commune pour la
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