Müller’s Archiv
glène, par sa conformation tout entière, bien qu’elle manque de tache pigmentaire. L’organe en verre de montre paraît être bien plus constant et plus propre à fournir un caractère générique. — Nous ne sommes pas éloignés de croire que le genre Olostoma de M. Carter' est fondé sur une Ophryoglène, bien que ce savant ne mentionne pas chez cet animal l'organe caractéristique.
M. Ehrenberg a décrit trois Ophryoglènes, sous les noms d’0. flavicans (nf., p. 361, PI. XL, Kig. VIT), O. acuminata (Anf., p. 361, PI. XL, Fig. VIT) et ©. atra (Inf., p. 360, PI. XL, Fig. VI). Nous avons plusieurs fois rencontré la troisième aux environs de Berlin, mais son peu de transparence la rend impropre à l’étude, et nous n'avons pu ous assurer jusqu'ici si elle est munie de l’organe en verre de montre. M. Lieberkühn paraît être dans le même doute à cet égard. Il est donc encore douteux que cet animal soit une véritable Ophryoglène. —L’0. flavicans est commune à Berlin, mais nous ne sommes pas bien sûrs que l'O. acuminata en soit spécifiquement différente. Quoi qu'il en soit, la véritable O. flavicans a été suffisamment étudiée par M. Lieberkühn, et nous n’avons à ajouter à son étude qu’une remarque au sujet de la tache pigmentaire. M. Lieberkühn place cette tache sur la face ventrale de lOphryoglène, près du bord concave de la fosse buccale. Telle est bien, en effet, la position qu’elle occupe souvent. Toutefois, il n’est pas rare de trouver des Ophryoglènes toutes semblables, dont la tache pigmentaire est placée sur la face dorsale, non loin du pôle antérieur. En général, on ne se trouve pas dans le cas d’observer à la fois des individus offrant des variations dans la position de la tache, parce que celle-ci paraît occuper une place constante chez tous les individus d’une même eau. Nous ne croyons cependant
pas qu’on sait fondé à considérer ces différences comme ayant une valeur spécifique.
Une autre espèce d’Ophryoglène est, comme M. Lieberkühn l’a montré, la Bursaria flava Ehr. (Inf., p. 330, PI. XXXV, Fig. IT), qui devra, par suite, porter dorénavant le nom d’Ophryoglena flava. Cette espèce est très-commune aux environs de Berlin. Nous ne pouvons que confirmer ent èrement à son égard les observations de
M. Lieberkühn. Nous avons, il est vrai, cru à plusieurs reprises remarquer, au sujet
1. On the developpement from the cell-contents of the Characeæ, Annals and Mag. of Nat. Hist. IL series XVI, 1856, p. 117.
de l’æsophage, quelques particularités non mentionnées par cet auteur ; mais ces observations ne sont pas assez mûres pour être relatées 1c1. L’0. flava se distingue facilement de lO. flavicans, non seulement par les corpuscules singuliers dont elle est d'ordinaire farcie, mais encore par des différences dans son nucléole (signalées par
M. Lieberkühn), par l’absence de tache pigmentaire, et, si notre mémoire ne nous
trompe, par l’absence de trichocystes'. — Du reste, l'O. flava est très-variable de-
forme, à moins qu'il n’y ait peut-être plusieurs formes voisines, mais spécifiquement
différentes. La forme-type est pyriforme, renflée en avant et terminée en pointe en ar--
rière. Mais il arrive souvent qu'on trouve des Ophryoglènes de forme précisément inverse, c’est-à-dire terminées en pointe en avant et largement arrondies en arrière. En général, tous les individus d’une même eau affectent la même forme. Quelquefois, mais plus rarement, on trouve des individus arrondis aux deux pôles, et cette forme intermédiaire nous donne à croire que ce ne sont là que des variations d’une seule et même espèce. -
Aux espèces ci-dessus nous pouvons en ajouter une autre, à laquelle nous donnons le nom de
Ophryoglena Citreum. (N. PI. XIII, Fig. 3-4.)
DIAGNOSE. Corps en forme de citron ; pas de trichocystes ni de tache pigmentaire; nucléus formant une longue bande arquég.
L'O. Citreum a tout-à-fait la forme d’un citron, et la cuticule est ornée de stries longitudinales fines et rapprochées. L’œsophage est court et tubuleux, et l’organe en verre de montre est, à proprement parler, appliqué contre la paroi de l’œsophage. La vésicule contractile est unique et située dans la partie dorsale et droite de la moitié postérieure du corps. Le nucléus n’est pas un corps ovale, comme chez l'O. flava et VO. flavicans, mais une large bande arquée, dont la longueur est à peu près égale aux deux üers de la longueur totale. Cette espèce ne peut se confondre avec aucune des précédentes. Nous n'avons pas remarqué chez elle les nombreux vaisseaux qui, chez ces
dernières, partent de la vésicule contractile.
1. Les trichocystes de PO. flavicans atteignent des dimensions très-considérables, aussi n’ont-ils pas échappé à M. Ebrenberg, qui les dessine très-distinctement dans Pune de ses figures. Les filaments décochés par’ ces tricho— cysles sont relativement bien plus longs encore. C'est ainsi que les filaments décochés par les trichocysies d’une Ophryogiène longue seulement de bmw, 062 atteignaient une longueur de 0®»,032.
L’O. Citreum est longue d'environ Omm 41. Nous l’avons trouvée dans les tourbières de la Jungfernhaide, près de Berlin.
Nous ne savons si l'O. semivirescens Perty (Z. K., p.142, PL IV, Fig. 1) est bien réellement différente de l'O. flavicans. Quant à l'O. Panophrys Perty ({bid., p. 142, PI. IN, Fig. 14), il n’est point démontré qu’elle soit une véritable Ophryoglène.
13e Genre. — FRONTONTITA.
Les Frontonia se distinguent des Ophryoglènes par l’absence de l’organe en forme de verre montre. Leur fosse buccale est une fente longitudinale qui n’est pas en général courbée en eroissant comme celle des Ophryoglènes. — Le nom de Frontonia à été créé par M. Ehrenberg, pour les infusoires de ce genre, dont il faisait un sousgenre des Bursaires, et c’est par erreur que M. Stein‘ veut faire rentrer sous cette dénomination certains Plagiotomes. La plupart des infusoires décrits par M. Dujardin, sous le nom de Panophrys, devront sans doute rentrer sous cette rubrique. Nous avons dû rejeter le terme de Panophrys, celui de Frontonia ayant imcontestablement le droit de priorité. Les cirrhes buccaux sont ici, comme chez les Ophryoglènes, réduits à l’état de cils un peu plus longs que ceux du reste de la surface. Aussi pourrait-on être tenté de placer ce genre parmi les Colpodéens.
ESPÈCE
Frontonia leucas. Ehr. Inf., p. 329. PI. XXXIV, Fig. VI.
Syx. Paramecium leucas. Perty. Zur Kenntniss, elc., p. 144.
DiAGNOSE. Frontonia à parenchyme armé de trichocystes; fosse buccale ovale, terminée en pointe en arrière; vésieule contractile unique.
Les figures que M. Khrenberg donne de cette espèce sont très-suffisantes, bien qu’en général cet infusoire ne nous ait pas paru aussi parfaitement ellipsoïdal que cet auteur le représente. Il est plutôt ovoiïde, la partie antérieure étant notablement plus large que la postérieure. Nous avons seulement à ajouter à la description de M. Ehrenberg