Stein, p. 183: a 4. Duj., p. 515. j
ayant une bouche presqu'en spirale, et il ajoute simplement qu'il habite dans l’intestin des grenouilles, avec les Bursaria intestinalis, B. Entozoon, B. nucleus et B. Ranarum, dont il à fait des Opalines. M. Dujardin ne parle donc que de la cohabitation avec des Opalines.
Les cirrhes de la rangée buccale deviennent beaucoup plus longs à mesure qu’on se rapproche de la bouche. A l’entrée de celle-ci est fixée une soie roide qui fait saillie au dehors, à peu près perpendiculairement au plan du ventre.
La vésieule contractile est située dans la partie postérieure, plus près du ventre que du dos. Elle se contracte à de très-longs intervalles. M. Ehrenberg signale chez la Burs. cordiformis trois vésicules contractiles, sans spécifier leur position. Pour ce qui nous concerne, nous avons bien trouvé en général chez la P. cordiformis, en outre de la vésicule contractile que nous venons de décrire, plusieurs vacuoles de dimension beaucoup plus petites, mais jamais nous n’avons aperçu, chez elles, la moindre trace de contractilité. Dans tous les cas, s’il y a plusieurs vésicules contractiles, il en existe une principale, qui est celle que nous avons décrite et figurée, et les autres sont forcément beaucoup plus petites.
Le nucléus est réniforme, allongé. Il est en général placé de manière à ce que sa plus grande courbure soit parallèle au bord dorsal de l’animal.
Les téguments de la P. cordiformis sont finement striés, bien que M. Ehrenberg paraisse n’avoir rien vu de semblable. L'animal nage en général en appliquant aux objets sa face gauche, qui est très-plate ou même un peu concave, tandis que la face droite est plutôt un peu bombée.
Gette espèce habite, comme l’ont déjà signalé la plupart des auteurs, dans la partie inférieure de l'intestin des grenouilles, des rainettes et de plusieurs crapauds. Longueur moyenne : Omm 19 à 0,13.
3° Plagiotoma Lumbrici. Duj. Inf. p. 504. PL IX, Fig. 42.
SYN. Bursaria Lumbrici. Stein. Die Infus., p. 184.
DIAGNOSE. Plagiotome en forme de lame, deux ou trois fois aussi large que longue; la bouche un peu en arrière de la longueur totale. Habitant dans les lombrics.
Cette espèce est figurée d’une manière assez reconnaissable par M. Dujardin. Aussi,
n'en possédant qu’une esquisse imparfaite, nous nous dispensons de la figurer de nou-
veau. M. Dujardin décrit très-exactement la manière particulière dont battent les cils de cette espèce. Il compare avec assez de justesse l’apparence produite par Île mouvement de ces cils à celle des dents d’une cremaillère qui seraient mues, de bas en haut, d’un mouvement uniforme assez lent. C’est, du reste, une apparence qu’on ‘retrouve chez la plupart des infusoires parasites, par exemple chez la plupart des Opalines et des Plagiotomes, et chez la Trichodinopsis paradoxa. M. Dujardin explique ce phénomène avec assez de vraisemblance, par un effet d'optique résultant de la juxtaposition momentanée des cils qui, s’infléchissant les uns après les autres, se trouvent superposés et présentent, d'espace en espace, un obstacle mobile au passage de la lumière.
M. Ehrenberg réunit, sous le nom de Paramecium compressum, le Plagiotome des lombries et un infusoire qu'il a trouvés dans le mucus d’Anodontes, pêchées, en 4899, dans POural. Néanmoins, nous avons préféré le nom de M. Dujardin à celui de M. Ehrenberg. En eflet, M. Ehrenberg n’a figuré que les Plagiotomes de l’Oural, et nous ne pouvons, avec la meilleure volonté du monde, faire concorder cette figure, du reste fort imparfaite, avec le Plagiotome du lombric. Il nous paraît probable, comme M. Dujardin l’a déjà admis, que M. Ehrenberg a compris sous un même nom deux espèces différentes, l’une desquelles seulement, à savoir celle du lombrie, devra conserver le nom de Plagiotoma lumbrici, proposé par M. Dujardin, tandis que l’autre, lorsqu'elle aura été retrouvée, pourra porter le nom de P. compressa Ehr. I ne serait pas impossible que cette dernière espèce fût identique avec la Plagiotoma Concharum de M. Perty. Toutefois, la description et les figures de ce dernier sont trop incertaines
pour que nous nous permettions aucune conclusion à cet égard.
% Plagiotoma acuminata. (N. PI. XI, Fig. 6-7.)
DiAGNOSE. Plagiotome ovalaire, terminé en pointe obtuse aux deux extrémités ; œsophage recourbé en avant; nu-
cléus rond. Habitant le mucus des Tichogonia.
Cette espèce est clairement caractérisée par sa forme et par la disposition singulière de son œsophage. Le sillon buccal devient toujours plus profond, à mesure qu'il s'approche de la bouche, puis il se retourne brusquement en entrant dans celle-ci, de
telle sorte que l’œsophage se trouve cheminer à peu près parallèlement à la partie ex-
terne de la rangée des cirrhes buccaux, mais en étant dirigé en sens inverse, c’est-à-dire d’arrière en avant. L’extrémité libre de l’æsophage est légèrement infléchie vers le dos. Si l’on nomme arête ventrale celle qui porte la rangée externe des eirrhes buceaux, la bouche n’est pas précisément sur cette arête ventrale, mais sur la face droite de l’animal, ainsi qu’on peut s’en convaincre en considérant la figure de profil. (Fig. 7.)
La vésicule contractile est située à peu près au centre de figure de lanimal ou un peu en arrière de celui-ci, mais nous avons omis de noter si elle se trouve dans la paroi droite ou dans la paroi gauche du corps.
Le nucléus est un corps rond, placé tout auprès de la vésicule contractile, un peu en avant de celle-ci et un peu plus près de l’arête dorsale. ‘
Les téguments sont très-finement striés. Sur la face droite, ces stries sont disposées de telle façon qu’au-dessus de la bouche elles atteignent l’arête ventrale en formant avec elle à peu près un angle droit; au-dessous de la bouche, au contraire, elles cheminent à peu près parallèlement à cette arête.
Cette espèce se trouve en abondance dans les Tichogonia Chemnitzii Kér. (Dreissena polymorpha Nan Ben.), dans les lacs de la Sprée et de la Havel. Elle vit dans la muscosité sécrétée par le manteau et les branchies de ces mollusques. Malheureusement, dans le moment où nous rédigeons ces lignes, nous n’avons pas de Tichogonia à notre portée, et nous devons renoncer à compléter nos observations sur ce Plagiotome. Nous avons négligé de mesurer ses dimensions, mais, d’après notre dessin, il doit atteindre
à peu près la taille de la Plagiotoma cordiformis des batraciens. 9° Plagiotoma Blattarum.
SYN. Bursaria Blaltarum. Sicin. Die Infusionsth., p. 42.
Nous ne connaissons pas cette espèce, qui est mentionnée par M. Stein comme habitant l’intestin de la Blatta orientalis et de la Blatta germanica. Au dire de cet auteur, elle a une grande ressemblance avec la Bursaria (Plagiotoma) cordiformis Ehr.,
ce qui permet de la faire rentrer avec certitude dans le genre Plagiotoma.
6° Plagiotoma Gyüryana.
Nous ne donnons pas de diagnose de cette espèce, parce que nous ne l’avons ob-
servée que d’une manière très-insuffisante, et nous ne pouvons rien dire d'elle, si ce n’est qu’elle rentre dans le genre Plagiotome. Cependant, cette espèce est facile à retrouver, attendu qu’elle vit en abondance dans l'intestin de l’Hydrophilus piceus. Nous la dédions à M. Gyüry, qui a été le premier à la signaler (Sitzengsbericht der Wiener Akademie, XXI. Bd, 2tes Heft. 1856).
7° Plagiotoma coli.
SxN. Paramecium coli. Malmsten. Hygiæa.
(V. PL XI, Fig. 40.)
DrAGNOSE. Plagiotome à forme ovalaire; bouche tout près de l’extrémité antérieure; rangée des cirrhes buccaux très-courte. Habite l'intestin de l’homme.
Nous devons la connaissance de cette espèce aux observations très-scrupuleuses de M. Malmsten, professeur à Stockholm. Bien que nous n’ayons pas eu l’occasion d’observer par nous-mêmes le Plagiotoma coli, nous résumerons les données de M. Malmsten, attendu que la communication de cet auteur, étant écrite en suédois, n’est pas à la portée d’un public bien nombreux.
M. Malmsten décrit son Paramecium coli de la manière suivante : € Animal en forme d’ovale arrondi, un peu pointu en avant; long d'environ 0m® 4. [1 change de forme, devenant tantôt plus large, lorsqu'il a pris beaucoup de nourriture, tantôt plus étroit, lorsqu'il s’agite dans le mucus intestinal, où il se tourne souvent avec vivacité autour de son axe. La peau est toute recouverte de cils disposés en rangées un peu obliques, sans qu’on puisse cependant reconnaitre distimctement une distribution des cils en rhombes. En avant, non pas à l’extrémité de la pointe, mais à côté de celle-ci, se trouve l’ouverture buccale, munie de cils plus longs ; un œsophage assez long s’enfonce dans l’intérieur en s’élargissant et se courbant un peu. Dans le parenchyme intérieur une trainée plus sombre indique la voie suivie par les aliments avalés. A lPextrémité postérieure, un peu plus du côté du ventre, est située l’ouverture anale, qui tantôt
fait saillie à l'extérieur, sous forme d'une petite papille; tantôt, au contraire, forme à
© 1. Infusorier sasom intestinaldjur hos menniskan. Hygiæa Stockholm, 1837.
la surface comme une petite fossette; tantôt, enfin, se présente sous l'apparence d’une ouverture munie de parois propres. Dans l’intérieur on voit l’organe désigné d’ordi-, uaire sous le nom de nucléus, les vésicules contractiles, et des particules nutritives qui ont été avalées. Le contour du nucléus n’est que très-faiblement indiqué : c’est un corps oblong, elliptique. Parfois il est étranglé en son milieu, comme s’il commençait à se diviser. Les vésicules contractiles sont au nombre de deux. L'une, plus grande, est située en arrière non loin de l’ouverture anale ; l’autre, plus petite, est logée dans la paroi dorsale, vers le milieu de la longueur totale. Les vésicules se contractent trèslentement et changent notablement de forme pendant la contraction. Chez quelques individus on les cherche en vain’. En outre, l’intérieur de ces animaux contient une masse plus ou moins considérable de matières étrangères qui ont été avalées : le plus souvent ce sont des cellules d’amylum plus ou moins altérées et des gouttelettes de graisse. »
A cette description nous n'avons que peu de chose à ajouter. Au premier abord on pourrait douter que les animaux vus par M. Malmsten appartiennent bien réellement au genre Plagiotoma. Cependant, nous ne conservons aucune-espèce de doute à cet égard." La spire buccale n’est, il est vrai, pas très-évidente, mais ceci tient à la position de la bouche. Celle-ci étant placée très-près de l’extrémité antérieure, la place nécessaire à la rangée des cirrhes buccaux se trouve réduite à très-peu de chose. Cependant il suflit de considérer les dessins très-soignés qui accompagnent le Mémoire de M. Malmsten, et qui sont dus au crayon de M. Lovén”, pour s'assurer que le sillon buccal existe, bien qu'il soit fort court et qu’il porte une rangée de cils plus longs que ceux qui recouvrent la surface du corps. Ces cils plus longs éloignent le Paramecium coli Malmsten des vrais Parameciums, et le rapprochent tout-à-fait des infusoires parasites appartenant au genre Plagiotome. -
M. Malmsten a observé le Plagiotoma coli chez deux malades qu'il a soignés au lazaret de Stockholm. Dans les deux cas, leur présence était accompagnée d’une diar-
rhée chronique très-persistante, avec ulcération gangreneuse de la muqueuse intestinale.
1. Ce sont sans donte des individus remplis de substances alimentaires.
2. La Mig. 10 de notre PI. IX est la reproduction de l'un d’entre eux.
Cependant, il ne paraît pas, suivant Malmsten, qu'il ÿ eût un rapport de causalité entre la présence des infusoires et celle des ulcères. L'un des deux patients, Christina Lindstrôm, décéda à l’hôpital. A l’autopsie, l’estomac et l'intestin grêle ne se trouvaient pas renfermer la moindre trace d’infusoires. Par contre, 1l s’en trouva en grande quantité dans le cœcum ainsi que dans le processus vermiforme, où la muqueuse avait une apparence tout-à-fait fraiche. On obtenait surtout des Plagiotomes en abondance en râclant la muqueuse avec la lame du scalpel. Le gros intestin était, çà et là, semé d’ulcères larges comme la pointe du petit doigt, ulcères qui avaient toujours pour centre un folicule solitaire. Au-dessus de la flexure sigmoïde, lintestin était plein d’un liquide icoreux et puant. Soit ce liquide, soit la surface même des ulcères, présentaient bien des Plagiotomes, mais en nombre infiniment moins considérable que le mucus des parties saines de la muqueuse. Les glandes mésentériques étaient tuméfiées. Un examen exact montra qu'il n’y avait point d’infusoires au-dessus de la valvule du colon.
Il est à désirer que l'attention des médecins se porte sur les relations probables de certaines diarrhées chroniques avec la présence de Plagiotomes dans l'intestin. Peutêtre la présence de ces parasites est-elle plus fréquente qu'on ne le croit. Déjà à plusieurs reprises on‘ a mentionné l’existence d’infusoires ciliés dans l'intestin de divers mammifères domestiques. Personne, jusqu'ici, n’a donné de ces parasites une description suffisante pour qu'il soit permis de rien statuer sur leur position générique. Toutefois, il n’est pas improbable qu'il s'agisse aussi, dans ce cas, de véritables Plagiotomes.
7e Genre. — KONDYLOSTOMA.
Les Kondylostomes et le genre voisin des Balantidium sont caractérisés par la circonstance que leur fosse buccale est garnie, aussi bien sur le bord droit que sur le bord gauche, de cirrhes plus vigoureux que les cils de la surface du corps. Chez les
genres voisins, les bords gauche et antérieur sont seuls garnis de cirrhes. Les Kondy-
{. En particulier MM. Gruby et Delafond.
lostomes ont une forme linéaire semblable à celle de beaucoup d’Oxytriques, ce qui sert à les distinguer des Balantidium.
Les Kondylostomes forment évidemment une variation du type des Bursariens, qui
tend la main à celui des Oxytriques. La forme de ces animaux rappelle si bien celle de
certaines Oxytriques, qu’on est tenté, au premier abord, de les rapporter à ce genre.
Toutefois, un examen un peu approfondi montre qu'une pareille assimilation ne serait pas fondée. Les Kondylostomes sont ciliés sur toute la surface du corps, tandis que les Oxytriques ne présentent pas d’habit ciliaire proprement dit, mais sont munies de rangées de pieds-cirrhes sur le ventre. D’ailleurs, toutes les Oxytriques ont la vésicule contractile unique et placée dans la moitié gauche de la paroi dorsale du corps. Chez les Kondylostomes, elle peut, au contraire, être multiple et placée dans la moitié droite. L’anus est, chez ces derniers, exactement terminal, tandis que chez les Oxy-
triques il se trouve placé sur la face ventrale, un peu en avant de l'extrémité posté-
rieure et du côté droit. La parenté avec les Oxytriques se réduit donc à une forme
générale à peu près identique, et à une conformation analogue de la fosse buccale. — Par contre, un examen attentif montre une parenté bien plus grande entre les Kondylostomes et les Spirostomes. La conformation anatomique de ces deux genres est toutà-fait la même, seulement la fosse buccale est beaucoup plus large et plus courte chez les Kondylostomes que chez les Spirostomes, ét elle est, chez les premiers, garnie de cirrhes du côté droit, ce qui n’a pas lieu chez les seconds. Le corps des Kondylostomes est comprimé et non cylindrique. Les sillons obliques si profonds de la surface du corps et l’excessive contractilité du parenchyme des Spirostomes, se retrouvent chez les Kondylostomes.
M. Dujardin a donc bien saisi les vraies aflinités des Kondylostomes en les plaçant
avec les Spirostomes dans la famille des Bursariens. ESPÈCES.
- 1° Kondylostoma patens. (N. PI. XII, Fig. 3.) Dragxose. Kondylostome à fosse buccale triangulaire, très-large en avant et se terminant en pointe en arrière.
Cette espèce est caractérisée surtout par la forme de sa fosse buccale, qui est trian-
gulaire. La base du triangle forme le bord antérieur de l'animal, et elle est à peu près
égale à la largeur du corps. Le sommet, où se trouve la bouche, est placé à peu près à la fin du premier quart de la longueur totale, un peu plus près du bord gauche que du bord droit. Le bord antérieur et le bord gauche de la fosse buccale sont garnis de cirrhes vigoureux très-rapprochés les uns des autres, qui correspondent à la spire buccale des Spirostomes et des Plagiotomes. Ce sont les cirrhes buccaux proprement dits. Le bord droit est garni de cirrhes tout aussi vigoureux, mais ceux-ci, au lieu d’être serrés les uns contre les autres, sont très-espacés et s’agitent en général plus mollement que les cirrhes buccaux proprement dits.
L’œsophage est court et dirigé d’avant en arrière. On voit fort bien les bols alimentaires se former à son extrémité postérieure.
Les vésicules contractiles sont au nombre de huit et sont disposées en une rangée longitudinale placée près du bord droit.
Les sillons obliques de la cuticule sont largement espacés.
M. Dujardin décrit sous le nom de Xondylostoma patens (Duij. Inf., p. 516, PI. XII, Fig. 2) un Kondylostome de la Méditerranée voisin du nôtre. Nous n'’oserions cependant garantir l'identité spécifique de ces animaux, car, à en juger par le plus grand nombre des figures de M. Dujardin, linfusoire observé par cet auteur avait une bouche bien plus étroite que le nôtre, et son corps était aminci en arrière. En outre, le caractère le plus saillant du Kondylostome de M. Dujardin, c'est la présence d’un long nucléus moniliforme placé du côté gauche. On pourrait penser que ce nucléus n’est pas autre chose que la rangée des vésicules contractiles, bien que celle-ci soit placée du côté droit, car M. Dujardin n'est, en général, pas très-scrupuleux relativement à la droite et à la gauche de ses infusoires. Mais, outre que le nombre des segments de ce nucléus en patenôtre est beaucoup trop nombreux (lune des figures en représente jusqu’à 17) pour permettre un tel rapprochement, nous trouvons dans l’une des figures de M. Dujardin (PI. 49, Fig. 2 c) sept corps ronds disposés en ligne le long du bord droit, lesquels sont sans aucun doute les homologues des huit vésicules contractiles de
notre Kondylostoma patens.
Nous n’avons malh eureusement pas réussi à découvrir le nucléus chez notre Kon-
dylostome, ce qui nous défend de nous prononcer sur l'identité ou la non-idendité des
deux formes. Dans tous les cas, nous conservons à notre espèce le nom de Kondylostoma patens, et s’il devait être démontré un jour que le Kondylostome de M. Dujardin en est spécifiquement différent, on pourra lui donner le nom de Kondyl. marinum. Tel est, en effet, le nom que M. Dujardin, par un lapsus calami sans doute, donne à cet animal dans l'explication des planches. — Quant à la Trichoda patens d'Otto-Frédéric-Mueller, il est difficile de dire si elle est synonyme de l’une de ces deux formes, plutôt que d’une autre espèce.
Notre Kondylostome est une espèce marine, observée dans fjord de Bergen en
Norwége, où elle atteint une longueur d’environ Omm,9.
2° Kondylostoma patulum. (N. PI. XIT, Fig. 4.)
DIAGNOSE. Fosse buccale conservant la même largeur, à peu près dans toute son étendue.
Ce Kondylostome se distingue de l'espèce précédente par la forme de sa fosse buccale, qui est beaucoup plus étroite et dont les bords droit et gauche sont à peu près parallèles entre eux. Cette fosse est en outre beaucoup moins longue, relativement à la longueur totale du corps, que chez le K. patens, et son bord antérieur est bien moins large que l’animal lui-même. Du reste, la position des cirrhes buccaux est la même dans les deux espèces. L’œsophage est:court et dirigé d’avant en arrière.
Les stries de la cuticule sont plus fines et plus rapprochées les unes des autres que dans le K. patens.
Le dessin que nous publions est fait d’après une esquisse de M. Lachmann. La vésicule contractile et le nucléus n’ont pas été observés. :
Le K. patulum est, comme l’espèce précédente, un habitant des eaux de la mer (ford de Bergen en Norwége).
I est possible que l'animal que M. Ehrenberg observa en 1833 à Wismar, dans la Baltique, et qu'il décrivit sous le nom d'Uroleptus patens* ait été un Kondylostome. Son nucléus moniliforme le distingue, dans tous les cas, de la forme d’eau douce à la-
quelle il l'a réuni plus tard sous le nom d'Oxytricha caudata.
1. Driter Beitrag zur Erkenntriss grosser Organisation in der Richtung des kleinsten Raumes. Berlin, 1854, p. 154.
8e Genre. — BALANTIDIUM.
Les Balantidium se distinguent des Kondylostomes par la forme de leur corps, qui est renflé en arrière et aminei en avant. Leur corps ne présente pas non plus un degré. de contractilité aussi considérable et n’est pas comprimé.
Les Balantidium offrent, dans leur forme générale, une grande ressemblance avec les Bursaires, et M. Ehrenberg leur avait, en effet, assigné une place dans son genre Bursaria. Toutefois, leur fosse buccale ne forme pas un entonnoir pénétrant aussi profondément dans l’intérieur du corps que chez ces dernières, et elle ne renferme pas de crête ou corniche en saillie portant une rangée de cirrhes différents des cirrhes du bord de la fosse. Comme chez les Kondylostomes, les cirrhes du bord antérieur et du bord gauche de la fosse buccale sont serrés les uns contre les autres, et représentent la spire buccale des Spirostomes. Les cirrhes du bord droit sont plus rares et plus espacés.
L'’anus est terminal.
ESPÈCES
4° Balantidium Entozoon.
SvN. Bursaria Entozoon. Ehr. pro parte. Inf., p. 327. PI. XXXV, Fig. 3. (V:,PI:XIIL., Fig... 2:)
DraGNosE. Fosse buccale étroite et longue, légèrement courbée en arc, dont lf concavité regarde vers le côté gauche.
Cet infusoire, le seul du genre que nous connaissions, possède une cuticule finement striée en long. Son nucléus est ovale, son æsophage court. La vésicule contractile est située dans la partie postérieure du corps. Chez la plupart des exemplaires, nous
en avons observé deux, à peu près au même niveau et situés l’une dans la paroi ventrale, l’autre dans la paroi dorsale. Il serait possible que cette espèce eût réellement toujours deux vésieules et que l’une d’elles nous eût échappé quelquefois par suite du peu de transparence du parenchyme.
Ce Balantidium, qui se trouve dans l’instestin rectum des grenouilles (Rana eseu-
lenta et R. temporaria) avec le Plagiotoma cordiformis, bien qu’en moins grande abondance que cette dernière, a très-certainement été vu par M. Ehrenberg, mais il n’est pas facile de dire laquelle de ses Bursaires doit lui être rapportée. Ce savant distingue, dans l'intestin des grenouilles, cinq espèces de bursaires, qu'il nomme Bursaria cordiformis, B. Ranarum, B. intestinalis, B. Entozoon, et B. Nucleus. La première est synonyme de la Plagiotoma cordiformis ; la seconde est la grande Opaline comprimée; la troisième est l’Opaline cylindrique *. En procédant ainsi par voie d'exclusion, il ne reste plus que la B. Entozoon et la B. Nucleus qu'on puisse songer à assimiler à notre Balantidion. Les dessins de M. Ehrenberg s’éloignent tellement de celui-ci, qu'il est fort difficile de se prononcer. Toutefois, il nous paraît certain, si l’on s’en tient aux planches, que la B. Entozoon seule peut être un Balantidion et que la B. Nucleus est une Opaline comprimée. En tous cas, la dépression que M. Ehrenberg considère, à tort ou à raison, comme une bouche chez la B. Nucleus, ne peut, par sa position, correspondre à la fosse buccale de notre Balantidium, tandis que celle-ci peut bien trouver son analogue dans le sillon garni de cirrhes dont est ornée la Burs. Entozoon. L'examen du texte de M. Ehrenberg conduit à des résultats un peu différents et semble montrer que ce savant a compris sous le nom de Bursaria Nucleus aussi quelques individus appartenant à l’espèce de notre Balantidium. Il dit, en effet, qu’au moment où il met sous presse il vient d'observer des parasites de la grenouille (non figurés par lui), qu'il croit devoir rapporter à la B. Nucleus; ces parasites ont, dit-il, un nucléus ovale, deux vésicules contractiles et un front triangulaire très-pointu. Gette description concorde parfaitement avec le Balantidium Entozoon, mais nullement avec les figures que M. Ehrenberg donne de sa B. Nucleus, figures que nous persistons à rapporter à la grande Opaline *.
1. Moins cependant les individus représentés dans la Fig. VIL7 de la PI. XXXV, qui appartiennent probablement au
Plagioloma cordiformis.
2, Tout au moins, les individus que M.Ehrenberg représente dans les Fig. IV, VIE, VIH et IX de sa planche XXXV. Les individus des Fig. IV, { et 2, dans l’intérieur desquels sont représentés des objets étrangers, appartiennent peutêtre à une autre espèce.
5. Nous avons trouvé dans l'intestin du Triton tœniatus, près de Berlin, une autre espèce de Balantidium, que nous n’avons toutefois pas assez étudiée pour la décrire ici.
9 Genre. — LEMBADIUM.
Les Lembadium sont des Bursariens aplatis, de forme ovale lorsqu'ils sont vus de face, dont la fosse buccale, large et profonde, atteint une longueur égale aux deux tiers de la longueur du corps. Cette fosse est bordée, du côté gauche, d’une rangée de cirrhes, qui s’agitent avec ensemble de manière à simuler une membrane ondulante. La partie antérieure de la fosse porte deux faisceaux de soies dont les extrémités libres convergent en avant. |
Le genre Lembadium a été établi par M. Perty, et quelque détestable que soit la figure qu'il donne de son Lembadium bullinum, la description qui accompagne ne permet pas de douter qu’il ne s'agisse d’un animal très-voisin de celui que nous rap- .portons à ce genre.
Lorsque les Lembadion s’agitent dans l’eau dans un autre but que celui de prendre de la nourriture, ils progressent très-rapidement, en général en ligne droite, et, dans ce cas, ils tournent continuellement autour de leur axe longitudinal, leur extrémité postérieure étant dirigée en avant. Ce mouvement de progression offre une apparence toute particulière, parce que le corps de l’animal, n'étant pas un solide de révolution, présente alternativement sa face large et son profil très-comprimé. — Lorsque les Lembadium errent, au contraire, lentement au milieu des algues pour chercher leur nourriture, ils progressent dans un plan plus ou moins horizontal, sans jamais tourner
autour de leur axe, et alors c’est leur partie antérieure qui va de l'avant. ESPÈCE. Lembadium bullinum. Perty. Zur Kennin., p. 441. PI V, Fig. 44.
(V. PI. XII, Fig. 5-6.)
DiAGNOSE. Corps ovale muni en arrière de deux longues soies flexibles; vésienle contractile placée sur le bord droit de la fosse buccale.
Le Lembadium bullinum est très-comprimé et de forme ovale. Son extrémité postérieure porte deux longues soies, qui sont par conséquent dirigées en avant lorsque
l’animal nage rapidement à travers les eaux. Ce ne sont point là des soies saltatrices,
Ce"
car jamais nous n'avons vu les Lembadion faire de bonds. D'ailleurs, ces soies ne présentent aucunement la rigidité particulière aux soies saltatrices, et sont, au-contraire, excessivement flexibles. Elles paraissent plutôt remplir la fonction d’organes du toucher, car on voit les Lembadion changer la direction de leur natation lorsque ces sotes viennent à choquer des objets étrangers.
La fosse buccale est ovale. son bord droit est à peu près parallèle au bord droit du corps, et son axe croise, par conséquent, l’axe de l’animal. Chez quelques individus, son bord antérieur est tronqué un peu obliquement du côté gauche (Fig. 6). Dans la fosse buccale même se trouve une grande excavation ovale -qui en occupe toute la partie inférieure et droite. C’est l’orifice buccal, dont les dimensions sont si considérables, qu'il donne passage à des Diatomées et d’autres objets dont la longueur est égale à la moitié de celle de l’animal. — Le bord gauche de la fosse se réfléchit vers l'intérieur de celle-ci et forme une bande étroite et transparente, qui recouvre et protége la ligne d'insertion des cils buccaux. Ceux-ci se meuvent avec un ensemble tel qu'on est tenté de prendre la ligne formée par leurs extrémités libres pour une soie parallèle au bord gauche de la fosse ou pour la limite d’une membrane ondulante. — Des deux faisceaux de soies qui ornent la partie antérieure de la fosse buccale, celui de droite est inséré un peu plus en arrière que l’autre.
La vésicule contractile est placée sur le côté droit de l’animal, tout auprès de la fosse buccale, à peu près vers le milieu de la longueur totale du corps.
Le nucléus est un corps arrondi, situé dans la partie postérieure du corps.
Lesindividus que nous avons observés ne dépassaient guère une longueur de 0m® 058. Cette espèce se trouve, çà et là, aux”environs de Berlin, surtout dans les tourbières de la Bruyère des Jeunes-Filles (Jungfernhaide).
Il est difficile de dire si le Lembadium bullinum de M. Perty est bien spécifiquement le même que le nôtre, M. Perty n’ayant observé ni sa vésicule contractile, ni son nucléus, ni les deux faisceaux de soies de la partie antérieure, ni les rapports de la bouche àx la fosse buccale. Cependant, M. Perty remarque que les cils de la partie postérieure se prolongent quelquefois en une espèce de queue, ce qui semble indiquer que son espèce avait, comme la nôtre, les deux soies caudales. Toutefois, comme nous ne trouvons dans la description que M. Perty donne de son Lembadium bullinum rien
qui ne puisse, à la rigueur, s’appliquer à notre Lembadium, nous avons cru devoir conserver à celui-ci le même nom spécifique. Les individus observés par M. Perty parais-
sent seulement avoir été un peu plus gros que les nôtres.
Quant au Lembadium duriusculum Perty (Zur Kenntmiss, etc., p. 441. PI. VW, Fig. 15), il suflit de dire que M. Perty lui-même fait suivre son nom générique d’un point d'interrogation, pour montrer que nul ne pourra décider si c’est un Lembadium ou autre chose. |
Il est possible que la Bursaria Pupa Ehr. (nf., p. 329. PI. XXXIV, Fig. IX), que nous n’avons pas eu l’occasion d’étudier jusqu'ici, doive rentrer dans le genre Lem-
badium.
10° Genre. — BURSARIA.
Les Bursaires sont caractérisées par une vaste fosse buccale en forme d’entonnoir, qui est bordée de cils sur son pourtour, et dont la cavité renferme en outre une arête portant des cirrhes vigoureux. Les Bursaires se rapprochent donc, d’une part, des Lembadium par les grandes dimensions de leur fosse buccale, et, d'autre part, des Balantidium par la forme de cette fosse; mais elles se distinguent de ces deux genres par la présence de l’arête chargée de cirrhes.
Le genre Bursaire, ainsi défini, perd bien de l'étendue qu'il avait dans les classifications jusqu'ici en usage. Dans la nomenclature de M. Ehrenberg, il formait une espèce d’asile ou de refuge avec la porte ouverte à tout venant. En effet, parmi les nombreuses espèces que ce savant y admettait, nous trouvons des Bursariens de genres fort divers (Bursaria, Plagiotoma, Frontonia, Balantidium, Ophryoglena et, peut-être, Lembadium), et des êtres à nature douteuse, dont on ne peut pas même dire avec certitude que ce sont des infusoires (Opalines). M. Dujardin saisit déjà d’une manière un peu moins vague le type des Bursariens, et il en exclut les éléments par trop hétéro-
gènes qu'y avait laissés M. Ehrenberg (Frontonies, Ophryoglènes, Opalines). En re-
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vanche, il réunit au genre Bursaire les Leucophrys, qui, bien que plus proches parents des vrais Bursaires que les Frontonia, et surtout que les Opalimes, en doivent être néanmoins génériquement distingués. Il lui adjoint même, avec un point de doute 1l est vrai, un Colpodien: le Paramecinm Bursaria.
Nous croyons rendre un véritable service à la science en séparant les uns des autres les éléments si hétérogènes qui ont été compris jusqu'ici sous le nom de Bursaria. On peut discuter la question de savoir si celui de ces éléments auquel nous avons réservé ce nom générique avait plus de droit de le porter que tel ou tel autre. Mais ce n’est là qu’une question secondaire, et le genre des Bursaires. tel que nous l’admettons, a du moins, l'avantage d’être clairement délimité et distinct de tous les
autres.
ESPÈCES
0 3 » 2 1° Bursaria decora. (NV. PI. XIE, Fig. 4.) 2 - # £ # . = DrAGNOSE. Bursaire en forme d’urne ventrue, ayant un long nucléns contourné, et des vésicules contractiles très— nombreuses, disséminées dans tout le parenchyme. :
Cette magnifique Bursaire est en général légèrement comprimée et représente une véritable urne, car sa fosse buccale forme une cavité infundibuliforme, un peu recourbée, qui pénètre jusque dans la partie postérieure du corps. Cet entonnoir est ouvert, en avant, par une troncature coupant la partie antérieure de l'animal; mais cet orifice se ‘prolonge, en outre, en une longue fente ou échancrure sur le côté ventral du corps. Cette fente, qui s'étend jusque vers le milieu de la longueur totale et dont les bords sont à peu près parallèles entre eux, n’est pas exactement longitudinale, mais légèrement oblique par rapport à l'axe : elle se dirige de l'avant et de la gauche vers larrière et la droite. L’entonnoir, formé par la fosse buccale. est courbé de manière à tourner sa concavité du côté gauche, et la bouche, qui est placée au fond, se trouve être très-rapprochée de la partie postérieure. L’orifice de la fosse buccale présente, outre la longue fente ventrale, une légère échancrure du côté gauche. Soit le bord antérieur de l’animal, soit la partie supérieure de la fente ventrale, sont garnis de cils plus longs et plus forts que ceux du reste de lhabit eiliaire ; mais les cirrhes buccaux
proprement dits sont bien plus vigoureux et forment à l'intérieur de la fosse infundibu-
liforme une rangée régulière, placée sur une corniche saillante, qui, prenant son origine du côté gauche, auprès de la petite échancrure latérale, descend en décrivant une courbe en S jusqu’au fond de l’entonnoir.
Le parenchyme présente une apparence cellulaire très-remarquable, analogue à celle du tissu de lPActinophrys Eichhornii, mais formée par des éléments plus petits. Cette apparence est due à la présence d’une foule de cavités arrondies pleines de liquide, serrées les unes contre les autres, et séparées par une matière granuleuse intermédiaire. Dans toute l'étendue de ce parenchyme, aussi bien sur la face dorsale que sur la face ventrale, soit en avant, soit en arrière, sont disséminées de nombreuses vésicules contractiles, qu’on reconnaîtra dans notre figure à leurs contours plus marqués que ceux des cavités à apparence celluleuse du parenchyme.
Le nucléus est une longue bande étroite et contournée, qui est situé dans la moitié postérieure du corps.
Nous avons observé cette Bursaire à Berlin, où elle est loin d’être commune, mais où M. Lieberkühn nous à dit cependant lavoir rencontrée aussi. Elle atteint en moyenne une longueur de Omm,55. Son parenchyme paraît offrir une certaine résistance à la putréfaction, car, dans une bouteille qui en renfermait un très-grand nombre, et se trouvait sans doute trop petite pour suffire à leurs ébats, nous trouvämés, au bout de deux jours, les Bursaires mortes jonchant le sol, mais conservant encore parfaite-
ment leur forme.
La Bursaria truncatella Ehr. (Inf., p. 326, PI. XXXIV, Fig. V) doit être fort vorsine de la précédente par sa forme. Elle possède aussi un nuecléus en bande allongée, disposé, il est vrai, autrement que chez la B. decora. Cependant, M. Ehrenberg ne fait nullement mention chez elle des nombreuses vésicules contractiles, mais signale, au contraire, une grosse vésicule qui doit être constante, et qui, par suite, semble devoir être une vésicule contractile unique. Malgré cela, nous aurions rapporté notre B. decora à la B. truncatella Ebr., si M. Lieberkühn ne nous avait assuré qu’elles sont spécifiquement différentes. Get observateur a, en effet, rencontré la véritable B. truncatella, et s’est assuré qu’elle est dépourvue des nombreuses vésicules contractiles qui
caractérisent la PB. decora.
Outre ces deux espèces, il en est encore une troisième qui devra peut-être être rapportée au genre Bursaria dans ses limites actuelles. C’est la Bursaria Vorticella Ehr. (Inf.,p. 326, PI. XXXIV, Fig. 6). Cet infusoire ne nous est pas connu, et M. Ehrenberg disant lui-même qu’il n’est pas bien sûr qu'il soit différent du Leucophrys patula, nous ne nous permettrons pas de rien exprimer sur la position probable de cet animal.
Les autres espèces qui ont été décrites sous le nom de Bursaria doivent être réparties comme suit: La Bursaria cordiformis Ehr. et la B. lateritia Ehr. sont des Plagiotoma ; la Burs. patula Duij., la B. spirigera Duj. et la Burs. virens Perty sont des Leucophrys (L. patula) ; la B. flava Ehr. est une Ophryoglène; la B. leucas et la B. vernalis Ehr. sont des Frontonia (F. leucas Ehr.) ; la B. Entozoon est un Balantidium; la B. Ranarum Ehr., la B. éntestinalis Ehr. et probablement aussi la B. Nucleus Ehr. sont des Opalines; la B. Lorodes Perty est un Paramecium (P. Bursaria) ; la B. Pupa Ebr. est probablement un Lembadium. Enfin, la position de la B. aurantiaca Ehr. et de la B. voraxz Ehr. est encore douteuse. Si l’on s’en tient aux paroles de M. Ehrenberg, il n’est pas impossible que la première soit une Nassule, et la seconde pour-
rait bien être voisine des Kondylostomes.
11° Genre. — METOPUS.
Les Metopus sont munis d’une fosse buccale oblique très-allongée, analogue à celle des Paramecium, et dominée par un prolongement en coupole du front, soit de la partie antérieure du corps.
Les Metopus offrent une grande analogie avec les Paramecium et sont un des chaînons qui unissent d’une manière intime la famille des Bursariens à celle des Colpodéens. Mais ils s’éloignent des Paramecium par la circonstance que leur fosse buccale est bordée par des cils beaucoup plus vigoureux que ceux du reste de la surface du corps, et ce caractère leur assigne une place dans la famille des Bursariens. Toute-
fois, nous ne nous dissimulons pas que le genre Metopus, et, jusqu’à un certain point,
les genres suivants, ceux des Ophryoglènes et des Frontonia, font une tache dans la famille des Bursariens et qu’ils tendent la main à leurs voisins les Colpodéens. Une circonstance qui distingue encore les Metopus ‘des autres Bursariens, c’est que les cils plus vigoureux ne se bornent pas à former une rangée de cirrhes buccaux, mais qu’ils recouvrent toute la partie antérieure de l’animal, en particulier la proéminence que,
pour rester en harmonie avec la terminologie habituelle de M. Ehrenberg, nous avons nommée le front.
ESPÈCE
Metopus sigmoides. (N. PI. XII, Fig. 1.)
DiacxosE. Corps aplati recourbé en forme de S; bouche siluée à peu près vers le milien de la longueur totale xésicule contractile près de l'extrémité postérieure.
Le Metopus sigmoïdes est déprimé et présente exactement la forme d’un S. L’inflexion supérieure de PS est formée par le front, au-dessous duquel commence la fosse buccale ou sillon buccal. Ce sillon, large à son origine, traverse obliquement la face ventrale de l’animal en se rétrécissant graduellement et en décrivant une courbe dont la concavité regarde le côté gauche. Le sillon s’arrête non loin du bord droit dans la région médiane, et là se trouve l’orifice buccal qui conduit dans un æsophage fort court. È
La cavité digestive répète parfaitement la forme extérieure du corps et pénètre jusque dans le front. Là se trouve constamment un amas de granules fortement réfringents, à signification encore problématique. Ces granules rappellent ceux qu’on trouve fréquemment chez le Par. Aurelia et chez certaines Nassules. — La position de l'anus ne nous est pas connue. Il est probable qu’elle est terminale. :
La vésicule contractile est spacieuse et logée dans la courbe postérieure de PS.
Le nucléus est un corps discoïdal placé au milieu du corps, immédiatement en arrière de la fosse buccale. Il a souvent une apparence granuleuse.
Nous avons rencontré à plusieurs reprises le Metopus sigmoides dans les étangs
des environs de Berlin, où il est cependant loin d’être abondant.
12e Genre. — OPHRYOGLENA.
Les Ophryoglènes sont des infusoires ciliés à corps plus ou moins sphérique ou ovoïde, dont la bouche est assez distante du pôle antérieur. Elle est placée dans une fosse ayant la forme d’un croissant, dont la concavité serait tournée du côté droit. Sur le bord de cette fosse est placé un organe singulier, à fonction inconnue, dont la forme rappelle tout-à-fait celle d’un verre de montre. M. Lieberkühn à été le premier à signaler cet organe chez l'Ophryoglena flavicans et VO. flava. Nous renvoyons au Mémoire de cet auteur‘, pour de plus amples détails sur cet organe, ainsi que sur le système vasculaire très-développé des deux espèces précitées : car le récit de nos propres observations ne serait qu'une répétition des observations antérieures de M. Lieberkühn.
La fosse buccale est bordée de cils plus longs que ceux de la surface buccale, et c’est ce caractère qui assigne aux Ophryoglènes une place dans la famille des Bursariens. Toutefois, ces cils sont loin d'atteindre la force des cirrhes buccaux de la plupart des genres précédents; ils ressemblent bien davantage aux cils de l’habit ciliaire, aussi ne les reconnait-on d'ordinaire que lorsque l'animal est tourné de manière à ee que la bouche se trouve sur le bord. On voit alors clairement les cils buecaux dépasser notablement les autres en longueur. Nous croyons nous souvenir que ces cils plus longs ne bordent que le côté convexe ou gauche de la fosse buccale ; cependant, M. Lieberkühn dif que la fente buccale (Mundfalte } porte des cils plus longs sur tout son pourtour. Il se pourrait donc que notre opinion soit erronnée. La bouche conduit dans un pharynx tubuleux qui renferme un groupe de cils (lambeau ciliaire, Wèmperlappen de M. Lieberkühn) comparable à celui qu’on voit dans l’œsophage des Paramecium, mais bien plus développé.
Le caractère essentiel du genre Ophryoglène était, pour M. Ehrenberg, la présence d’une tache dite oculaire. M. Lieberkühn a suffisamment montré que la tache de pigment est souvent plus ou moins diffuse et ne peut, en aucun cas, compter dans la
caractéristique du genre, puisque la Bursaria flava Ehr. est une véritable Ophryo-