‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 79 sur 210 · Die Infusionsthiere, p · texte numérisé non relu

Die Infusionsthiere, p

diverticules jouant le rôle d'estomac. Aussi comprend-on difficilement pourquoi M. Dujardin publie, quelques années plus tard, une figure bien plus imparfaite de ce même animal, en disant qu'elle a été dessinée avec toute l'exactitude possible. M. Ehrenberg avait très-exactement reconnu l’existence des trois vésicules contractiles, du nucléus et de l’orifice anal, tandis que M. Dujardin ne paraît pas avoir retrouvé ces organes. Chez son Loxodes dentatus seul, il paraît avoir vu le nucléus.

M. Stein a déjà relevé avec raison le fait que les exemplaires de petite taille du Chilodon Cucullulus ont étè nommés par M. Dujardin Loxodes Cucullulus, lorsque ce savant ne savait pas distinguer l'appareil dégluteur, et Loxodes dentatus, lorsqu'il parvenait à le reconnaitre.

La cavité digestive du C. Cucullulus ne pénètre pas dans la partie très-amincie que M. Ehrenberg appelle du nom de lèvre. Le canal intestinal n'existe pas sous la forme que ce savant lui attribue, mais cependant ce canal n’est point un produit de son imagination ; il est basé sur quelque chose de réel. L’œsophage est en effet un tube mem-

braneux, à peu près rectiligne et fort long, qui s’étend jusque dans la partie postérieure de l’animal. En le prolongeant par la pensée un peu en arrière, de manière à lui faire atteindre lanus et en le munissant de diverticules, on a l'intestin polygastrique de M. Ehrenberg. Malheureusement, ces modifications-là ne reposent sur rien. L’æsophage est purement tubuleux, et s'ouvre librement en arrière dans la cavité digestive. La partie antérieure de ce tube æsophagien est munie de baguettes disposées longitudinalement, de manière à former un appareil dégluteur semblable à celui des Prorodon et des Nassules.

Le nucléus est un corps ovale d'apparence très-variable. Il est constamment muni dans son centre de ce qu’on est convenu de nommer, conformément à la nomenclature de l’école unicellulaire, un »ucléole. Le plus souvent ce nucléus est granuleux dans la plus grande étendue, présentant seulement une aire elliptique transparente et d’apparence homogène tout autour du nueléole. Tantôt le grand axe de cette aire elliptique coïncide avec le grand axe du nucléus, tantôt, au contraire, il lui est perpendiculaire. Parfois le nucléus est entouré, en outre, d’un limbe transparent à aspect homogène. Chez certains individus, le nucléus, finement granuleux, est semé sur

toute sa périphérie de plaques plas homogènes que le reste de sa substance. C'est cette

forme de nucléus que M. Dujardin a aperçue chez son Lox. dentatus, et qu’il appelle un disque granuleux à bord perlé (Duj. Explic. des planches, p. 11). Enfin, chez quelques-uns, le nucléus est rempli de faisceaux de corpuscules bacillaires, sur la signification desquels nous aurons à revenir dans la troisième partie de ce Mémoire. — La position du nucléus est extrêmement variable. Souvent il est détaché de la paroi du corps et flotte librement dans la cavité digestive. |

M. Carter n'attribue au Chilodon Cucullulus, dans l’état normal, qu'une vésicule contractile à position latérale et subterminale. Il est possible que les Chilodon de l'Inde se comportent, à ce point de vue, différemment que ceux d'Europe. Tous ceux que nous avons observés possédaient au moins trois vésicules contractiles, comme M. Ehrenberg l'indique. Deux d’entre elles sont situées à peu près au même niveau : l’une à droite, l'autre à gauche de l'appareil dégluteur. L’autre est située beaucoup plus en arrière, dans la moitié droite de l'animal.

Nous avons dit que le C. Cucullulus possède au moins trois vésicules contractiles. C’est qu’en effet, il n’est pas rare de rencontrer des individus qui en présentent une ou deux de plus. Toutefois, 1l est à remarquer que les vésicules surnuméraires ne sont jamais très-éloignées par leur position de l’une ou de l’autre des vésicules normales; si bien, qu'on est tenté de songer à un dédoublement de ces dernières. Il se pourrait que tous les individus chez lesquels on trouve des vésicules surnuméraires fussent sur le point de se multiplier par division spontanée; mais, dans ce cas, il faudrait admettre qu'il n’y a pas de règle invariable dans l’ordre d'apparition des nouveaux organes, Car C’est tantôt la vésicule postérieure, tantôt l’une des deux vésicules antérieures qui montre les premières traces de dédoublement.

M. Ehrenberg et M. Dujardin ne s'accordent pas sur le nombre des rangées longitudinales de cils que présente le Chilodon Cucullulus. Nous nous garderons bien de prendre parti pour l’un ou pour l’autre dans ce débat, car le nombre de ces rangées paraît varier, chez les Chilodon comme chez les autres infusoires, avec la grosseur des individus.

M. Ehrenberg fait varier la taille du C. Cucullulus entre un quatre-vingt-seizième et un douzième de ligne. Cet animal est en effet soumis à des variations de taille

très-considérables, plus considérables encore que ne le ferait supposer la difié-

rence de grandeur attribuée, par M. Dujardin, à son Loxodes Cucullulus et son Chi-

lodon Cucullulus.

2% Chilodon uncinatus. Ebr. Inf., p. 337. PI. XXXVI, Fig. 8.

DraGNosE. Chilodon de la mème forme que le Chilodon Cucullulus, mais de taille plus petite, avec limbe périphérique plus large et deux ou trois vésicules contractiles, dont une seule située auprès de l'appareil dégluteur.

M. Stein” à réuni le Chilodon uncinatus au C. Cucullulus. ne veut voir en lui qu’une forme jeune et à lèvre plus fortement recourbée, produite par une division longitudinale de ce dernier. Sans vouloir contester absolument l’exactitude de cette assertion de M. Stein, nous croyons cependant devoir conserver, jusqu'à plus ample information, le nom établi, pour cette forme, par M. Ehrenberg. En effet, il nous a semblé reconnaitre une différence constante entre les deux formes dans la position des vésicules contractiles. Le Ch. uncinatus nous a présenté tantôt deux, tantôt trois vésicules contractiles. Nous ne parlons pas du premier cas, qui ne repose peut-être, vu la petitesse de l’objet, que sur une erreur d’observation. Mais, dans le second cas, nous avons trouvé non pas, comme chez le Ch. cucullulus, deux vésicules antérieures situées sur le même niveau, et une seule vésicule postérieure située du côté gauche, mais une seule vésicule antérieure située du côté droit et deux vésicules postérieures situées à peu près sur le même niveau.

Le nucléus est rond, tantôt uniformément granuleux, tantôt perlé sur son bord.

Cette petite espèce est très-fréquente aux environs de Berlin, et nous l'avons” trouvée très-fréquemment sans la précédente, ce qui ne paraît pas être arrivé à M. Stein.

Le Chilodon aureus de M. Ehrenberg (Ehr. Inf., p. 338, PI. XXXVI, Fig. IX) paraît, vu sa forme globuleuse, appartenir au genre Nassule. Il en est de même du Chilodon ornatus, du même auteur, ainsi que nous avons déjà eu occasion de le

voir. — Le Ch. depressus Perty (Z. K., p. 146, PI. IT, Fig. 7) est aussi proba-

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