Stein, p
338 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES blement une Nassule, à en juger par les figures de M. Perty et par l’indication que cet animal progresse en tournant autour de son axe.
Le Loxodes reticulatus Duj. (Duj., p. 453, PI. XIII, Fig. 9 à 10) est un Chilodon mal observé. M. Stein suppose que c’est tout simplement un Ch. Cucullulus. Cela pourrait bien être.
Le Loxodes Cucullulus de M. Perty (Zur Kenntniss, ete., p. 152, PI. VI, Fig. 9) est aussi un Chilodon mal observé, qui pourrait bien être, comme le précédent, un Ch. Cucullulus.
Quant au Loxodes brevis Perty (Zur Kenntniss, ete., p. 152, PI. VI, Fig. 41),
nul ne peut dire si c’est un Chilodon, plutôt qu'un autre infusoire quelconque.
11e Genre. — TRICHOPUS.
Le genre Trichopus se compose d’infusoires non pas déprimés comme les Chilodon, mais comprimés comme les Dystériens, et caractérisés par la présence d’un faisceau de longs cils implanté sur le côté ventral, non loin de l’extrémité postérieure. Ce faisceau, assez compacte, se meut d’une manière qui rappelle tout-à-fait le pied des Dystériens. Les Trichopus font donc un passage évident des Chilodon aux Dystériens. Le dos et la plus grande partie des côtés sont dépourvus de cils. C’est encore un caractère qui appartient également aux Dystériens. Les Trichopus ne sont
cependant pas cuirassés.
ESPÈCE
Trichopus Dysteria. (N. PI. XIV, Fig. 15.)
DraGNosE. Corps rétréci en avant et atteignant sa plus grande largeur un peu en arrière du milieu; un appareil buccal en baguettes.
Le nucléus est un corps discoïdal placé à peu près au centre de figure de
l’animal. La vésicule contractile est unique et placée près du bord dorsal et
postérieur. — Cette espèce a été trouvée, par M. Lachmann, dans le fjord de
Bergen.
12e Genre. — LOXODES.
Les Loxodes sont des animaux du groupe des Trachéliens caractérisés essentiellement par une rangée de vésicules claires contenant chacune un corps très-réfringent, et par une distribution plus où moins arborescente du canal digestif. Ce genre ne renferme jusqu'ici qu'une espèce, contenue déjà dans le genre Loxodes de M. Ehrenberg,
bien que ce genre coimcide fort peu avec le nôtre. ESPÈCE.
Loxodes Rostrum. Ehr. Inf., p. 324. PI. XXXIV, Fig. 1. Sy. Pelecida Rostrum. Duj. Inf., p. 405. PI, XI, Fig. à.
(V. PI. XVII, Fig. 2.)
DIAGNOSE. Corps recourbé en cimeterre ; sillon buccal et œsophage colorés d'un pigment brun ; une rangée de petits nucléus arrondis.
Le Loxodes Rostrum est recourbé en cimeterre, la pointe de celui-ci étant dirigé en avant. Le tranchant du cimeterre est l’arête dorsale; le bord mousse, au contraire, correspond à larête ventrale. Le sillon buccal forme un are de cerele à peu près parallèle aux bords de la partie antérieure de l'animal. Il présente une coloration due à de petits granules bruns, coloration qui se retrouve dans les parois de lœsophage. Ce dernier organe se présentant en général dans un état de collapsus complet, de même que chez les autres espèces de cette famille, n'apparaît que sous la forme d'une bande colorée étroite partant de la bouche et pénétrant dans le parenchyme. Get æsophage est, comme on le voit par la figure, rectiligne et d’une longueur assez considérable. Parfois la teinte du sillon buccal et de l’œsophage est d’un brun foncé tirant sur le
noir, parfois, cependant, elle est beaucoup plus claire. Il est, du reste, à remarquer
qu’on rencontre des individus qui, dans leur entier, sont affectés d’une coloration brunâtre souvent assez intense, tandis que d’autres sont, à l'exception du sillon buccal et de l’æsophage, parfaitement incolores. Il n’est pas impossible que le degré de la coloration soit en rapport avec l’âge de l’animal. En effet, la taille du Loxodes Rostrum varie entre des limites très:considérables. Les individus les plus gros (dont la longueur dépasse notablement le maximum d’un cinquième de ligne indiqué par M. Ehrenberg), nous ont toujours présenté une teinte brunâtre de tout le parenchyme, et une coloration très-foncée du sillon buceal et de l’œæsophage. Il est clair, toutefois, qu’on trouve des individus bien plus petits de taille et présentant néanmoins une coloration tout aussi intense. En effet, les individus qui résultent de la division spontanée d’un de ces gros exemplaires doivert forcément conserver la coloration de leur parent.
Le système digestif du Loxodes Rostrum présente une disposition toute particulière. La moitié postérieure du corps de cet animal se montre constamment occupée par une masse vésiculeuse, composée de grosses vésicules limpides et claires ne renfermant jamais de substances étrangères, et en outre d’une matière intervésiculaire. On trouve en général les Loxodes remplis de matières alimentaires qui, dans la partie qui avoisine immédiatement l’æsophage, remplissent à peu près uniformément toute la largeur du corps. Dans la partie postérieure du corps, ces matières alimentaires se comportent un peu différemment. Elles sont toujours logées dans les espaces intervésiculaires, et lorsqu'elles sont en circulation, elles progressent dans cette espèce de réseau trabéculaire, sans jamais pénétrer dans les vésicules elles-mêmes. Parfois, lorsqu'un gros objet, tel qu'un test de navicule, se meut dans ces espaces étroits, on voit bien cet objet faire fortement saillie dans une vésicule, mais sans cependant tomber dans sa cavité et en restant toujours séparé de celle-ci par une couche d’une substance incolore qu’on peut être tenté de considérer comme l’expression d’une membrane entourant la cavité.
Il n’est pas très-facile de se rendre compte, au premier abord, de la véritable structure anatomique de la partie postérieure du Loxodes Rostrum, d'autant plus que le système digestif et le système circulatoire paraissent enchevêtrés ici lun dans l’autre, de manière à multiplier les difficultés de lobservation. Pendant longtemps
nous avons cherché la vésicule contractile sans pouvoir parvenir à la trouver. Enfin,
ET LES RHIZOPODES. 34 nous remarquâmes que la partie postérieure du corps, qui est en général assez tuméfiée, présente de temps à autre, on peut même dire rythmiquement, une contraction subite de toute sa masse. À ce moment-là, on voit cette partie postérieure s’affaisser et diminuer de volume, sans cependant que nous ayons pu reconnaitre qu'aucune vésicule disparût à ce moment-là. Bientôt la partie postérieure se tuméfie de nouveau par degrés jusqu'à ce que tout à coup une nouvelle contraction intime s’opère. Nous sommes donc arrivés à la conviction qu'il y a dans cette région du corps un organe contractile, sans arriver cependant à déterminer avec certitude quel est cet organe. On peut cependant supposer sans trop d’invraisemblance que les vésicules qui occupent la partie postérieure du corps sont toutes en communication les unes avec les autres et forment comme un vaste appareil contractile, qui, à chaque contraction, chasse une partie de son contenu dans les canaux non encore reconnus de la partie antérieure du corps.
Nos observations sur le Loxodes Rostrum en étaient là, lorsque M. Lierberkühn nous annonça avoir reconnu chez cet animal un canal intestinal ramifié analogue à celui du Trachelius Ovum. C’est, en effet, là la manière la plus simple et la plus vraisemblable par laquelle on puisse expliquer la circulation des aliments dans les espaces intervésiculaires, et nous nous rangeons pleinement à la manière de voir de M. Lieberkühn. Mais reste à savoir ce que sont dans ce cas-là les vésicules elles-mêmes. Sont-elles, comme nous le supposions tout-à-l’heure, un système de vésicules contractiles? Ou bien peut-être sont-elles des espaces remplis d’une liqueur incolore, comparables à ceux qui se voient chez le Trachelius Ovum entre les branches du canal alimentaire, c’est-à-dire une cavité abdominale séparée de la cavité digestive ? C'est ce que nous ne pouvons décider ici d’une manière parfaitement positive. Les contractions que présente la partie postérieure du corps ne parlent point exclusivement en faveur du système de vésicules contractiles. En effet, l’analogie avec le Trachelius Ovum rappelle à notre esprit une observation que M. Gegenbaur veut avoir faite chez ce dernier. Cet observateur croit avoir découvert une ouverture qui met en communication la cavité abdominale (c’est-à-dire celle dans laquelle l'intestin est suspendu) avec le monde extérieur. S’il existait quelque chose d’analogue chez le Loxodes Rostrum, les contractions de la partie postérieure du corps pourraient bien s'expliquer par
l'expulsion d’une partie du liquide contenu dans la cavité abdominale. Il est tout au moins à noter que la partie postérieure du corps se tuméfie parfois très-considérablement, et que, par une contraction subite, on la voit s’affaisser d’une quantité très-appréciable, sans qu’on remarque qu’une tuméfaction de la partie antérieure se produise, ce à quoi l’on devrait cependant s’attendre, si le surplus du liquide était chassé de la partie postérieure dans la partie antérieure. Du reste, si les vésicules de la partie postérieure ne représentent que la cavité abdominale, la découverte de la vésicule contractile reste encore à l’état de désidératum, car nous ne croyons pas que M. Lieberkühn ait rien observé de plus que nous sur cet organe.
Nous avons à mentionner ici les organes singuliers dont nous avons déjà touché quelques mots à propos de la caractéristique du genre. Ces organes, découverts d’abord durant le cours de l’été 1856, par M. le professeur Johannes Mueller ‘, sont des vésicules parfaitement limpides, contenant chacune dans son centre un corps globuleux fortement réfringent. On dirait autant de vésicules auditives avec un otolithe, mais otolithe privé de mouvement. On pourrait aussi les comparer aux vésicules du sécrétum (Sekretblæschen) des reins de mollusques, ou encore mieux à celles des cellules graisseuses de la peau des Clepsines. Ces vésicules forment une rangée parallèle au bord dorsal de l’animal, ou, si l’on aime mieux, au tranchant du cimeterre. Elles sont situées entre ce bord et la ligne longitudinale médiane, à peu près à une distance égale de l’un et de l’autre. Leur nombre est très-variable suivant les individus. Lorsque les Loxodes ont pris beaucoup de nourriture, la rangée des vésicules en question ne s’aperçoit pas immédiatement : c’est ce qui explique pourquoi de nombreux observateurs ont observé le Loxodes Rostrum sans reconnaître ces singuliers organes. Depuis que M. Johannes Mueller a attiré notre attention sur ces vésicules, nous les avons retrouvées chez chaque individu, pour peu que nous les cherchassions avec quelque soin. M. Lieberkühn les a également retrouvées dès-lors d’une manière constante.
Quant à la signification des vésicules de Mueller, elle est aussi complètement inconnue. Faut-il ÿ voir un organe des sens, une sécrétion ou une excrétion ? Ce sont là
des questions auxquelles nul ne peut répondre. La nature chimique des granules réfrin-
1. Monatsbericht der k. preuss. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 1856, 10. Juli.
gents pourrait peut-être donner quelque éclaircissement sur cette question. Mais chacun sait les difficultés et l’incertitude qui accompagnent inévitablement l’étude chimique de particules aussi petites.
Les nucléus sont très-difliciles à reconnaître, parce qu'ils sont fort petits et que l'animal est rendu en général obscur par les substances avalées. Nous les avons cependant reconnus parfois sous la forme d’un assez grand nombre de corps arrondis à limbe clair, formant une ligne parallèle aux vésicules de Mueller. M. Lieberkühn les a également vus sous cette forme.
Maintenant nous avons à nous justifier d’avoir conservé le nom Loxcdes Rostrum à l’intéressant infusoire que nous venons d'étudier, car on pourrait supposer que M. Ehrenberg, n'ayant mentionné chez son Loxodes Rostrum aucune des singulières particularités énoncées plus haut, notre animal pourrait bien être différent du sien. Nous pensons d'une manière positive que notre Loxodes est bien celui d'Ehrenberg. Les particularités qui le distinguent ne sont pas du genre de celles qui sautent aux yeux dès l’abord. La forme du corps et celle du sillen buceal coïncident entièrement. Il suflit de considérer les dessins de M. Ehrenberg pour s'assurer que son Loxodes Rostrum était un animal du groupe des Trachéliens, et qu'il n'avait rien de commun avec le voisin étrange que lui donne M. Ehrenberg, savoir le Loxodes Bursaria, qui est un Paramecium. Ce savant remarque fort bien qu'on trouve souvent dans l’intérieur du corps du Loxodes Rostrum des Navicules, des Synedra, des Chlamydomonas, mais qu'on ne lui voit pas avaler de couleur. Or, c’est précisément ce qu'on peut dire de tous les Trachéliens.
M. Dujardin donne au Loæodes Rostrum le nom générique de Pelecida, parce qu'il transporte, sans raison bien valable, le nom de Loxodes à d’autres infusoires.
Le Loxodes Rostrum à été observé, par nous, comme par MM. Ehrenberg, Mueller
et Lieberkühn, dans des eaux stagnantes des environs de Berlin.
On à attribué le nom de Loxodes à de nombreuses espèces qui doivent être re-
tranchées du genre tel que nous l’avons délimité.
Le Loxodes Bursaria Ehr. est un Paramécien (Paramecium Bursaria Focke).
Le Loxodes Cüthara Ehr. est un animal sur la position duquel nous ne nous permettons pas de décider. Nous n'avons jusqu'ici rencontré aucun infusoire que nous ayons pu lui rapporter avec quelque apparence de certitude. M. Dujardin croit pouvoir affirmer que le Loxodes Cithara Ehr. est un Bursarien ou un Paramécien, mais nous n’osons pas nous prononcer d’une manière aussi positive que lui.
Le Loxodes plicatus Ehr. est fort probablement un Aspidisea, comme M. Ehrenberg le donne déjà à entendre lui-même. C’est sans doute une des espèces que M. Dujardin a décrites dans son genre Coccudina.
Le Loxodes Cucullulus Duj. est un Chilodon, dont M. Dujardin n’a pas reconnu l'appareil buccal. C’est sans doute le Chilodon Cucullulus Ehr.
Il'est difficile de dire ce qu'est le Loxodes reticulatus Duj., dont M. Dujardin lui-même fait précéder le nom d’un point d'interrogation. Il n’est pas probable qu’on puisse jamais le retrouver avec certitude, ni surtout en faire un Loxodes.
Le Loxodes marinus Duj. est peut-être un Chilodon marin; mais, à en juger par la figure de M. Dujardin, nous serions encore plus tentés d’y supposer un Dystérien imparfaitement observé.
Le Loxodes dentatus Duij. est très-probablement le Chilodon Cucullulus Ehr., et, par suite, identique avec le Loxodes Cucullulus Duj. M. Dujardin dit lui-même que son Loxodes dentatus ne diffère du Loxodes Cucullulus que par un appareil buccal semblable à celui des Chilodon.
Le Loxodes Cucullio Perty est aussi fort probablement le Chilodon Cucullulus Ebr. Quant à la forme dont M. Perty fait, sous le nom de Loxodes caudatus, une variété de son Lox. Cucullio, nous n’oserions affirmer si c’est un Chilodon ou autre chose, et nous ne pensons pas que personne soit beaucoup plus heureux que nous.
Le Loxodes brevis Perty est, nous le craignons, une forme tout-à-fait indéterminable.
Le Pelecida costata Perty, qui devrait rentrer dans notre genre Loxodes, puisque le genre Pelecida de M. Dujardin est identique à notre genre Loxodes, est cependant
probablement un Amphileptus. Les dessins de cette espèce, que donne M. Perty,
semblent devoir se rapporter, les uns au Loxophyllum Fasciola, les autres au Loxoph. Lamella.
183 Genre. — TRACHELIUS.
Les Trachelius sont des animaux du groupe des Trachéliens, dont la bouche est située à la base d’un prolongement en forme de trompe, et conduit dans un canal alimentaire ramifié. Ce canal s’ouvre à l'extrémité postérieure du corps, à l'extérieur. C’est là que se trouve l’anus. Les Trachelius se rapprochent, par conséquent, beaucoup des Loxodes, mais ils s’en distinguent par l’absence de la rangée d’organes problématiques qui distingue ces derniers. Jusqu'ici, nous ne connaissons qu’une seule espèce
rentrant dans le genre de Trachelius ainsi délimité.
ESPÈCE
Trachelius Ovum. Ehr. Inf., p. 323, PL. XXXII, Fig. 13.
Sy. Amphileplus Ovum. Duj. Inf., p. 487.
Harmodirus Ovum. Perty. Zur Kenntniss, etc., p. 151,
DrAGNOSE. Corps globuleux prolongé en avant en un appendice en trompe très-mobile; vésicules contractiles nombreuses ; nucléus en forme de ruban.
Nous n’entrons dans aucun détail circonstancié relativement à cette espèce, attendu que nous n’avons rien à ajouter qu'une confirmation entière à des communications orales qui nous ont été faites par M. Lieberkühn, il y a déjà quelques années, c'est-à-dire à une époque où nous ne connaissions pas encore le Trachelius Ovum. M. Lieberkühn n’a pas, il est vrai, fait connaître ses observations; mais M. Gegenbaur vient de publier récemment! une note sur le Trachelius Ovum, note qui se trouve
coincider, sur la plupart des points, avec les observations de M. Lieberkühn, et