‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 9 sur 210 · Lebrbuch der Histologie, p. 16 et · texte numérisé non relu

Lebrbuch der Histologie, p. 16 et

Souvent la carapace n’est pas adhérente au corps, mais forme une espèce de fourreau destiné à protéger le corps mol de l’infusoire (Vaginicoles, Cothurnies, Tintinnus, etc.). Chez les Acineta, on trouve tous les passages entre les carapaces dans lesquelles le corps de linfusoire est librement suspendu (Acineta mystacina, A. patula, etc.) et celles qui sont adhérentes au corps fAcineta linquifera). Ces caparaces sont de véritables têts, comparables à ceux des mollusques, et paraissent, comme ces derniers, n'avoir pas de vie proprement dite.

L'école unicellulaire ne se laissera pas dérouter par ces têts. Qui sait s’il ne viendra pas un moment où elle déclarera ne voir en eux qu'une induration /Verdickung) ou une sécrétion de la membrane de la cellule, et dans le chagrin du têt des Tintinnus, des pores en canalicules {Porenkanæle) !

De même ordre que ces carapaces ou têts sont les pédoncules sécrétés par divers infusoires (Vorticellines, Acinètes). Ce sont aussi de simples sécrétions de la surface du corps. Les pédoncules contractiles de certaines Vorticellines s’éloignent considérablement des autres, par le fait qu'ils sont creux et logent dans leur intérieur un prolongement du parenchyme du corps. C’est à cette circonstance qu'ils doivent de rester sous l’empire de la volonté de l'animal.

Les carapaces ne semblent se distinguer de la cuticule que par leur plus grande épaisseur, leur plus grande résistance et aussi leur moins grande élasticité. La cuticule elle-même est excessivement élastique, mais nous n’avons aucune raison pour la croire contractile. L'école cellulaire a, 1l est vrai, doté en général la membrane de sa cellule d’une contractilité excessive". Mais M. Cohn, un des disciples de l’école, s’est déjà prononcé hautement contre la contractilité de la cuticule* chez certains genres qui, comme les Paramecium, les Coleps et bien d’autres, ne peuvent jamais modifier spontanément la forme de leur corps. Chez les genres qui possèdent à un haut degré la faculté de mouvoir certaines parties du corps indépendamment du reste, tels que les Trachélius, les Amphileptus, les Lacrymaria, etc., nous ne pensons pas que la cuticule

soit essentiellement différente de celle des autres mfusoires. Il est fort probable que,

1. Siebold. Vergl. Anat. — Koælliker. Ueber Actinophrys Sol. Zeitschr. f. wiss. Zool., 1849, p. 215.

2, Cohn. Zeitschrift f. wiss. Zoologie, I, p. 267.

dans ces genres aussi, elle est complètement dépourvue de contractilité propre, et que ses mouvements dépendent de ceux du parenchyme.

L’élasticité de la cuticule est suffisamment démontrée par la facilité avec laquelle elle reprend sa forme, lorsqu'elle a été profondément enfoncée ou étranglée par les efforts que font souvent les infusoires pour se glisser entre les obstacles qui s’opposent

à leur natation.

DES ORGANES APPENDICULATRES.

Tous les infusoires sont munis d'organes appendiculaires, servant les uns à la locomotion, les autres à la préhension des aliments ou à la production d’un tourbillon destiné à amener des particules étrangères dans la bouche. Le plus communément, ces organes se présentent sous la forme de cils (infusoires ciliés) ou de flagellum (infusoires flagellés). — Les flagellums sont eux-mêmes de nature diverse. D’ordinaire, ce sont des filaments allongés, souples, contractiles, propres à être mus en tous sens. Tels sont les flagellum des Euglènes et d’un grand nombre de Monadines. Dans d’autres cas, le flagellum n’est point destiné à être agité en tous sens, mais c’est un filament en général immobile, trainé passivement par l'animal en mouvement. Ces flagellums traineurs paraissent être doués pour la plup art de propriétés contractiles très-énergiques, un peu différentes de celles des premiers. Leur extrémité est suscepüble de se fixer aux objets étrangers par un mécanisme encore inconnu. Une fois cette extrémité fixée, le flagellum se contracte très-vivement, comme le pédoncule d’une Vorticelle, et ramène l’animal en arrière. C’est là le cas, par exemple, pour le flagellum traineur des Hexamites. Les flagellums traineurs par aissent toujours être associés à un ou plusieurs flagellums ordinaires placés à l'avant de l'animal.

Les cils des infusoires ciliés et cilio-flagellés rappellent tout-à-fait, par leur apparence, les cils des épithéliums vibratiles. Ils diffèrent cependant de ceux-ei par la circonstance qu'ils sont soumis à la volonté de lanimal. Tantôt ces cils recouvrent toute la surface du corps, tantôt ils sont restreints à une partie seulement de celui-ci, et cette partie est ordinairement, chez les infusoires ciliés, la face ventrale. — Il est

difficile de décider si les cils appartiennent à la cuticule même ou s'ils la traversent

-de part en part. M. Carter est d’avis que la cuticule fournit une gaïne spéciale à chaque ail‘, mais il ne donne pas de preuves à l'appui de cette manière de voir.

On peut distinguer fréquemment certains cils beaucoup plus vigoureux que lesautres, formant des rangées particulières, qui sont le plus souvent en relation avec la bouche. Ces cils, qu'on peut désigner, pour les distinguer des autres, sous le nom de cirrhes (cirrhes buccaux), peuvent se mouvoir imdépendamment des autres, c’est-à-dire qu'ils peuvent être en activité, tandis que les eils proprement dits restent inactifs, et vice versa. Chez certains infusoires (Vorticellines, Stylonychies, Euplotes, Halteries, etc.), les cirrhes buceaux existent, bien qu'il n°y ait pas d'habit cihaire. Chez d’autres, au contraire, les deux espèces de cils existent simultanément (Tintinnus, Stentor, Bursaria, etc.) |

Parfois il existe encore d’autres rangées de cirrhes que celle des cirrhes buccaux. Nous trouvons, par exemple, des cirrhes marginaux chez les Stylonychies et les Oxytriques, et chez ces dernières, en outre, des cirrhes ventraux. Ces cirrhesne vibrent point à la manière des cils, mais s’agitent d’une façon particulière en général beaucoup plus lente. Souvent ils se meuvent comme de véritables pieds-marcheurs, et montrent par là leur proche parenté avec les apperdices qu’on trouve sur la face ventrale des Stylonychies et des Euplotes, et qui ont été désignés sous le nom de crochets ou pieds corniculés. Ceux-ci servent moins à la natation qu'à une véritable marche. Beaucoup d’infusoires marcheurs possèdent, en outre, des extrémités aplaties en forme de rame, et placées près de la partie postérieure, extrémités auxquelles M. Ehrenberg a donné le nom de styles (Stylonychies, Euplotes, Schizopus, Campylopus, certaines Oxytriques). Le rôle de ces pieds-rames n’est pas très-clair. Parfois les animaux qui les possèdent s’en servent accessoirement pour marcher ou pour se fixer quelque part; mais cela ne parait être qu'un usage exceptionnel, et, d'ordinaire, on voit ces extrémités rester parfaitement immobiles. Dans certains genres (Schizopus, Campylopus), on trouve des extrémités analogues fixées au côté dorsal de l'animal.

Les cirrhes marginaux, les cirrhes ventraux, les pieds-crochets et les pieds-rames,

soit ventraux, soit dorsaux, présentent, dans la famille des Oxytrichiens, une structure

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