SUBMERSIBIL1TÉ DES DIGUES
tualité d'autant plus effrayante dans Ses effets, que
les digues auront été plus relevées. Nous croyons en avoir assez dit dans ce qui précède pour faire comprendre A quelles épouvantables catastrophes on serait exposé à la suite d'une telle rupture. Or, il ne faut pas perdre de vue que des accidents de cette nature se sont déjà produits en grand nombre A chaque forte crue, de sorte qu’il y a dans les faits du passé ’ la plus terrible des menaces pour l'avenir. Puissionsnous y trouver d’utiles enseignements ! •
Pouri|uoi ou n’a pu construire des digues solides, et énormité des dépenses qu’il faudrait faire pour les obtenir telles.
L’exposé qu'on vient de lire nous paraît de nature • à faire comprendre, soit au point de vue théorique, soit à celui de l’expérience, tout ce qu'il y a de vicieux dans la conception du système d’end iguement longitudinal, tout ce qu’il y a de dangereux dans son mode - d’action contre les crues. Sans parler de la perte de tous les avantages énumérés dans le chapitre troi- c ; , sième, ce système a eu jusqu’à ce jour le grave inconvénient d'établir des digues dans des conditions telles que, d’une part, elles sont infailliblement surmontées à toutes les grandes crues ; que, d’autre part, elles sont insuffisantes pour résister aux puissantes causes de destruction qui agissent contre elles. Mais ne pourrait-on pas espérer de faire disparaître ces inconvénients et de retirer ainsi de ce système le peu de bien qu’il est susceptible de produire? Certes, nous ne disons pas qu’il est absolument impossible de • construire des digues capables de résister à l’action
des fleuves, et de leur donner, ou un écartement, ou une hauteur tels quelles puissent contenir les eaux d’inondation, sans que leur couronnement soit atteint. Les divers procédés de construction sont assez améliorés aujourd’hui pour qu’on puisse considérer - ce problème comme scientifiquement résolu. Mais, pour peu qu’on entre dans la discussion des moyens propres à obtenir ces résultats, on se trouve en présence d'un chiffre de dépense tellement énorme, qu’il devient l’équivalent d’une véritable impossibilité ■ , pratique. Pour s’eu faire une idée sommaire, il suf- . fit de considérerque la seule partie navigable de trois de nos grands fleuves a, dans certaines parties de leurs cours, les longueurs suivantes :
Pour la Loire, entre Digoin et la mer. . . 657 kilom.
Pour le Rhône, entre Lyon et la mer. . > 342
Pour la Garonne, entre Toulouse et la mer. 389
Ce qui donne un total de. 1,388 kilom.
Nombre qu’il faut doubler pour les deux rives. Or, si on met en regard de cet immense développement ' les dépenses déjà si considérables qui ont été faites pour construire de nouveaux ouvrages, le plus souvent en simples terrassements, non pas sur la totalité, mais sur une partie seulement de cette étendue, on se fera une idée de l’importance des sommes qu’il faudrait consacrer à l’exécution complète de l’endiguement longitudinal sur tous nos fleuves, avec des conditions nouvelles, autrement compliquées que celles du passé, soit au point de vue de l'ampleur à
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donner aux ouvrages, soit à celui du degré de stabilité dont il conviendrait de les doter. . -
« Le système de l'endiguement longitudinal, pour « le Rhône seulement, coûterait plus de 100 mil- « lions et serait inefficace1, »
Sans entrer ici dans le détail de toutes les causes qui ont contribué à rendre si peu efficaces les travaux entrepris jusqu à ce jour, il est nécessaire de procéder à quelques recherches sur les principales. En prenant connaissance du résultat de ce travail, on pourra se convaincre, non-seulement que ce que nous venons de dire sur le chiffre élevé des dépenses ne présente rien d’exagéré, mais encore que des difficultés matérielles de premier ordre viendraient étrangement compliquer la question.
En effet, il n’a guère été possible jusqu'à présent, et notamment sur la Loire, de construire le corps des digues autrement qu'en terres très-sableuses; avec une telle substance et eu égard au relief élevé du massif qtr elles forment, ces digues sont excessive- • ment perméables, en même temps quelles s'égouttent avec une très-grande facilité. A peine commencent- ' elles à être atteintes par les eaux, que le liquide y passe comme à travers un crible; cette action va sans cesse en augmentant, soit en nombre, soit en volume, à mesure que la crue s’élève, et de là résulte une première cause très-efficace de destruction.
Or, comment substituer aux terres sableuses des substances plus compactes ? Faudra-t-il les chercher
* Lettre dê S. M. l’Empereur Napoléon III au ministre des travaux publies.
au loin, et doublerou tripler les dépenses? D’ailleurs, si les terres végétales ou argileuses se laissent plus difficilement traverser parles eaux, elles sont exposées un uutre inconvénient qui, pour être petit dans sa cause, n’en est pas moins redoutable dans ses effets. L’expérience prouve que des digues ainsi construites sont incessamment sillonnées de canaux ouverts par les animaux h marche et à habitation souterraines, comme plusieurs aspèces de rats et surtout les taupas. Le mieux peut-être serait d'employer, comme on l’a fuit sur le Rhin, le gravier mélangé de gros et do petits grains avec de bons revêtements; mais il s’en faut qu’on en ait partout à sa disposition.
A celte première cause de la destruction des digues, à celle première difficulté résultant de la nature même des matériaux employés pour les construire, d’en joint une seconde qu’il faut attribuer à des dispositions vicieuses introduites dans l’exécution des ouvrages. 11 a été longtemps posé en principe, et nous ne savons en vérité sur quel motif rationnel on a pu s’appuyer pour prescrire une telle mesure, que les digues longitudinales devaient présenter de nombreuses sinuosités. Or, qu’a-t-011 fait en opérantainsi? On a exposé ces digues à supporter, non-seulement les pressions hydrostatiques résultant de l’exhaussement des eaux, mais encore les chocs dynamiques produits par les vitesses du courant venant frapper leurs parois suivant un ongle plus ou moins offensif. On conçoit en ell’et «pie lorsque des levées sont alignées parallèlement au cours de l’eau, elles ne sont que légèrement frottées par les filets fluides qui sont en
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