‹ Études sur les inondationsChapitre 29 sur 81 · SUBMERSIB1LITÉ DES DIGUES · texte numérisé non relu

SUBMERSIB1LITÉ DES DIGUES

face, ou la plus grande valeur de V, est de ln’,2994 \ tandis qu’ici, sur vingt-deux expériences, vingt présentent des valeurs supérieures à lra,400. On devra donc admettre que la formule de Prony soit corrigée pour les valeurs de V, supérieures à 1 m,300, et qu’ alors celle

« représente assez bien la vérité.»

Que résulte-t-il de ces observations et de ces faits ? que toutes les fois que, pour une hauteur déterminée, soit du couronnement des digues, soit des eaux d inondation qui doivent être contenues entre ces ou^ vrages, on aura procédé au calcul de la distance à laquelle les levées longitudinales doivent être placées Tune de l’autre, en s'appuyant sur la valeur de la vitesse moyenne déduite de la formule de Prony, et même de celle dEytelwein modifiée, on obtiendra nécessairement un résultat trop faible, parce que la vitesse moyenne réelle est sensiblement plus petite que la vitesse calculée. Dès lors la section d'écoulement aura dd être plus grande que celle sur laquelle on avait compté, et comme cette section est limitée dans le sens horizontal par les digues elles-mêmes , son augmentation n'aura pu avoir lieu qu’en hauteur. De là, les regontlcmenls d'eau inattendus ; de là, les déversements du liquide par-dessus les digues; de là, enfin, nous le répétons, tous ces désastres qui sont venus donner un démgnti aux prévisions les mieux justifiées en apparence.

• Recueil des cinq Tables, p. 59.

Les élargissements de la distance des digues entre elles produisent, comme les rétrécissements, une surélévation d’eau et sont nue troisième cause de sulmiersibilité.

Si le sujet que nous traitons en ce moment ne s'élevait pas au plus haut degré d'importance dans la question des inondations, nous aurions à demander pardon au lecteur delà longueurdes développements qui précèdent, et nous nous hâterions de mettre ici un terme à cette discussion. Mais lorsqu'un système qu’on regarde généralement comme protecteur, et qui cependant produit tant de ruines, a jeté dans les idées de profondes racines; lorsqu'on s’est accoutumé à le considérer comme le seul remède susceptible de prévenir d’immenses fléaux; lorsque ce système est en pleine faveur, qu’il est permis de prévoir qu’on sera d’autant moins disposé à l'abandonner qu'on lui a consacré dans le passé des sommes plus considérables; lorsqu’enfin on est convaincu, comme nous le sommes, que plus on s'obstinera à le propager, plus grandes et plus terribles seront les calamités qu'il accumulera dans nos vallées, nous pensons que dans . de telles circonstances on ne doit pas être arrêté par la crainte d'en trop dire ; nous pensons qu’au lieu de chercher à abréger la discussion, c'est au contraire un devoir de la pousser jusqu'au bout, et qu'entre 1 inconvénient de donner quelques détails superflus, ou celui d’en omettre un seul nécessaire, on ne doit pas hésiter. Nous prions doua le lecteur de vouloir bien nous suivre encore quelques instants, d’opposer à ses fatigues un peu de patience, et de nous dédom- •

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SUBMERSIBILITÉ DES DIGDÉ8. 191

mager des nôtres en continuant à nous accorder sa bienveillante attention.

Les causes ci-dessus énumérées du regonflement des eaux contenues entre deux digues ne sont pas les seules qui puissent agir dans les rivières. Il en est une autre fort remarquable et tout à fait inconnue jusqu'à ces derniers temps, signalée par M. l'ingénieur en chef Vanillier, qui pourra paraître fort singulière au premier abord, mais qui est d'autant plus acceptable que la théorie elle-même la range dans l’ordre des résultats possibles. • -

« L'une des idées le plus généralement, le plus uni- « versellement admises à litre d'axiome, dit M. Vau- « thier, c'est que dans un lit de forme, de dimensions « et de pentes données et invariables, il n’y a jamais, « pour un débit constant, aussi déterminé, qa'un seul « mode d'écoulement, et par conséquent, pour chaque « point de la longueur du lit, qu'une certaine lar- » geur, une certaine profondeur, une certaine pente « de superficie, et une certaine vitesse moyenne, sui- « vant lesquelles l'écoulement puisse avoir lieu ; « tandis que nos expériences, ainsi que la formule « du mouvement permanent, s'accordent pour éta- « blirque l'écoulement peut avoir lieu généralement, « suivant deux modes très-différents l'un de l’autre, « par les largeurs, profondeurs, pentes de superficie «et vitesses moyennes du courant, en un même *r point de la longueur du lit, bien que la forme, les « dimensions et la pente de celui-ci, ainsi que le dé- « bit constant du courant, soient identiquement les « mêmes dans les deux cas.

«Comme les principaux faits constatés par nous « sont de nature modifier radicalement certaines a idéesd hydraulique théorique et pratiquent qu'ils « peuvent avoir poureffet de faire hésiter devant cer- « laines conclusions trop légèrement énoncées et « admises, et de mettre, dès à présent, sur la voie de « déductions pratiques d'un haut intérêt, dans les « nombreuses et graves questions de ce genre qui sont « actuellement â l’ordre du jour (M. Yauthierécrivait « ceci le lendemain delafameuscinondationdel846), (f nous avons jugé utile de présenter un aperçu somu maire des résultats d’une partie de nos expériences « que nous ferons suivre de quelques observations. »

Procédonsmaintenanl à une analyse rapide des observations de M. Vaulhier. Cet ingénieur a fait usage d'un canal en bois de G mètres de longueur, de0m,20 de largeur, et dont les parois s’élèvent verticalement au-dessus du plafond. (Voir sur la planche la figure n° i.)

Ce canal présente dans sa partie centrale un évasement symétrique à faces rectilignes, s'étendant sur 2 mètres de longueur, à l'aide duquel la largeur du plafond est portée de c en c à 0m,40 au lieu de 0ra, 20. A l'aide de planches mobiles ab, ni», on peut â volonté diriger l'eau entre des bords parallèles, ou lui permettre de s’épandre dans toute la longueur de la partie évasée. L’alimentation du canal se fait à l'aide d’une vanne v, placée à l’origine d'amont, qui retient ou lâche à volonté l'eau d'un bassin.

Cela posé, voici les faits d'écoulement observés : Lorsqu'on ouvre la vanne sans précipitation, soit que

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