‹ Études sur les inondationsChapitre 30 sur 81 · SUBMERSIBIL1TÉ DES DIGUES · texte numérisé non relu

SUBMERSIBIL1TÉ DES DIGUES

les planches parallèles ab, a'b' se trouvent en place, . . soit qu’étant enlevées, l'eau puisse s'épamlre dans la partie évasée, on obtient l’écoulement sous la forme manifestée par la courbe inférieure ABCI) de la figure n° 2. (Voir sur la planche, figure n° 2.)

Mais si, pendant que l’écoulement a ainsi lieu (les planches ab, à b' n’étant pas en place), on introduit momentanément dans la partie étroite du canal, vers l’aval, un corps qui fasse obstacle partiel il l’écoulement, ou si l’on fait venir l’eau brusquement dans le canal, on obtient toujours invariablement un effet d’écoulement diamétralement opposé au précédent, effet dont l’axe hydraulique est représenté, dans la figure ci-dessus, par la courbe supérieure ABCT)'.

Le même effet s’observe encore lorsque, faisant couler l’eau dans le canal dont le parallélisme est régularisé parle placement des deux planches ab, a'b', on retire celles-ci pendant que le canal est plein.

Nous ne nous arrêterons pas à donner les explications en vertu desquelleson peutse rendre uncompte rationnel de ces deux modes très-variés d’écoulement dans un même canal ; en entrant dans ces détails, nous sortirions du cadre de notre sujet. Bornons-nous à accepter les faits ci-dessus comme des résultats d’expériences authentiques, et déduisousen les conséquences.

Que nous apprennent ces faits? Que, d’une part, lorsque l’introduction de l’eau a été tranquille, la courbe superficielle du courant ne s’écarte de la ligne de pente ponctuée MD que pour descendre assez notablement au-dessous d’elle; d’autre part,

que lorsque l'introduction de l’eau a eu lieu brusquement. ou encore lorsqu’après l’évasement cen- . Irai il se manifeste vers l’aval une diminution partielle de la section, cet évasement devient la cause déterminante d’un regonflement très-prononcé de l'eau, qui, d'après les chiffres donnés par M. Vauthier, peut faire remonter le liquide au-dessus du plafond, à une hauteur double de celle qu’il occupe dans les parties étroites et parallèles soit de l’amont, soit de l’aval.

Or, pendant les crues , ces deux conditions sont simultanément réalisées dans les rivières où le système d endiguement longitudinal est établi. En effet, l'eau n'arrive jamais plus brusquement dans ces rivières qu'aux époques d'inondation; de plus, les digues, comme nous l'avons dit, présentant de grands écarts dans la distance qui les sépare, leurs étranglements doivent être considérés comme produisant des diminutions partielles de la section, tandis que les élargissements qui les précèdent réalisent les circonstances d évasement indiquées dans les expériences que nous venons de relater.

Il importe d ailleurs d’insister sur ce point, que les observations de. M. Vauthier ont constaté que ce mode d'écoulement avec surélévation n’est pas une sorte d’état d’équilibre instable susceptible d’être détruit quand il se produit une diminution notable dans le débit, un ralentissement momentané dans la vitesse à l’aval, ou quelque autre altération dans les conditions d'écoulement; il est au contraire d’une persistance absolue, et l’auteur n’a pu trouver d’au-

SUBMF.RSIBILITÉ DES DIGUES.

tre moyen do le faire cesser que de fermer la vanne et de laisser complètement vider le canal avant de le remplir de nouveau.

« Il est possible, dit en terminant M. Vauthier,

« qu'à la vue des résultats précédemment indiqués,

« quelques personnes, parmi celles qui ont étudié « le régime des cours d'eau sans y avoir rien re- « marqué qui leur ait donné l'idée des phénomènes u produits dans nos expériences, soient disposées à v tirer de ce fait un argument négatif contre ce que « nous avons avancé, et à contester que des effets de « cet ordre puissent se réaliser dans les fleuves et « rivières. Mais nous observerons, d une part, en « nous référant aux considérations préliminaires « que nous avons énoncées, que les phénomènes do « surélèvement et d abaissement dont nous avons « traité se produisent en vertu du terme qui repré- « sente, dans la formule du mouvement permanent, « la hauteur due au changement de vitesse moyenne « d une section d'un courant à l’autre; par suite, les « surélèvements ou abaissements, ne dépendant en « valeur absolue que du rapport des vitesses, pro- <> duisent, dans Taxe hydraulique d un grand cours « d'eau, des inflexions d une bien moindre hauteur, « relativement à In profondeur, que dans un petit « canal comme celui dont nous nous sommes servis; « d’autre part, dans un petit canal on a tout sous « les yeux, tandis que les intumescences ou dépres- « siuns produites dans un grand cours d’eau séton- « dent sur des longueurs considérables. Il résulte de « ces deux faits que, dans un grand cours d’eau, les

a phénomènes de ce genre s’expriment par des re- « liefs ou dépressions de surface qui sont bien loin « d’étre perceptibles à l’œil, comme dans notre ca- « nal, et dont seulement peuvent rendre compte avec « exactitude des nivellements bien faits, convena- « blement interprétés. Il n’est donc pas étonnant « que ces phénomènes, quoique très-réels et très- « fréquents, aient échappé à l’observation des per- « sonnes qui ne soupçonnaient pas leur existence et « ne se servaient pas de la théorie qui pouvait la leur « révéler.

« II est juste , d'ailleurs , d’observer qu’ayant « maintes fois constaté que des élargissements, ap- « profondissements ou bifurcations de lit donnaient « lieu à des abaissements du niveau de l’eau, on « devait être éloigné de soupçonner que les mêmes u causes , modifiées par de légères circonstances, « pussent produire des effets tout opposés, et c’est « cependant ce que nos expériences et la formule « établissent péremptoirement.

« Il ne faudrait pas néanmoins conclure de ce « que nous venons de dire que ces effets, quoique « peu facilement perceptibles aux observations su- « perûcielles, ne soient pas en certains cas de la plus « haute importance, Ainsi, en ne traitant pour l'in- « stant que du surélèvement, nous voyons qu'il n’a « pas dépassé, dans nos expériences, 0“,18: mais il « aurait pu aller de 0m,70 à lm,10, si notre canal « eût été disposé de manière que nous y pussions « produire des vitesses de 4 à 5 mètres de hauteur, « au lieu de celles de im,50 à 2 mètres, au delà des-

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