FONTE DES NEIGES ET DES GLACES
pluies abondantes, accompagnée» d’une température douce, ont été précédées par une chute de neige, l'amoncellement des liquides atteint alors de vastes proportions et occasionne , eu égard à l’état actuel du régime de nos vallées, les plus graves désordres.
Presque toutes nos rivières importantes sont soumises à cette double influence. Le Rhône, qui descend des plus hauts sommets des Alpes, doit être cité en première ligne, surtout pour la partie de son cours qui précède Lyon. Ce fleuve est, plus qu’aucun autre, remarquable par l’abondance relative de ses débits pendant la saison chaude, et, sans l’influence modératrice du lac de Genève, la différence de ses régimes d’été et d’hiver serait beaucoup plus prononcée.
Dans la Garonne, les écoulements provenant de la fonte des glaces et des neiges ont une plus faible importance et cessent beaucoup plus tôt. La région des sources ayant moins d’altitude et moins d étendue,., cette cause d'alimentation est> moins puissante par elle-même, en même temps que l’action plus énergique de la température en détruit plus rapidement les effets, qui se prolongent rarement au delà du mois de juillet.
Sur le Tarn et sur le Lot, ces effets cessent de meilleure heure encore, et c’est en juin au plus tard que surviennent les crues provoquées par les dernières fontes de neige. Sur la seconde de ces rivières, ces crues ne font presque jamais défaut. Elles ont reçu un nom particulier, caractéristique de la saison pendant laquelle elles arrivent : on les appelle l’eau des
cerises. Aussi serait-il imprudent d’entreprendre les travaux de fondations hydrauliques avant le passage de ces écoulements, derniers effets des influences météorologiques de l'hiver.
Dans les applications, et surtout lorsqu’il sera question de l’exécution des ouvrages, il sera trèsutile , pour éviter des avaries et des retards , de se rendre à l'avance un compte exact des circonstances particulières qui, à Cet égard, caractérisent chaque vallée.
Il est fort rare qu’une fonte de neige, non accompagnée de pluie, produise une crue redoutable. Il n’en est pas, en effet, de la neige qui fond comme de la pluie qui tombe. Il résulte des explications que nous avons données à ce sujet que l'abondance de celle-ci s’observe plutôt sur les sommets élevés que surles lieux bas, de sorte que les plus grands volumes d’eau coïncident précisément avec les plus fortes déclivités du terrain, et de là des amoncellements de liquide dangereux. La neige, il est vrai, est aussi généralement plus abondante, à mesure que l’altitude augmente; mais d’abord, lorsque la fonte survient, celleci n’a pas lieu partout simultanément, parce que la température de l'air qui la provoque est toujours plus froide dans les couches supérieures; le passage de l'état solide à l’état liquide s'effectue donc d’abord dansles régions basses, de sorte qu’en un point donné de nos vallées, les écoulements qui en résultent sont distincts de ceux provenant des sommités, non-seulement par 1 intervalle de temps que mettent les eaux à franchir les distances séparatrices, mais encore par