‹ Études sur les inondationsChapitre 69 sur 81 · RAPIDITÉ D’EXÉCUTION · texte numérisé non relu

RAPIDITÉ D’EXÉCUTION

A la suite de ces considérations, on est conduit à conclure que l'État doit entrer en participation dans les dépenses. Nous pensons que sa part contributive dans la somme annuelle de 24 millions peut être portée à 12 millions, et que le reste doit être laissé A la charge des autres intéressés. Au reste, cette répartition n'a rien d’absolu dans notre système, et l’administration, après mûr examen, restera libre d'en arrêter les bases définitives.

Nécessité d'une rapide exécution des travaux.

Avec ce revenu annuel de 4,800,000 fr. pour la Loire, on pourrait en douze, quinze ou vingt ans, suivant l’importance réelle de l'opération, achever les travaux. Mais un pareil délai serait évidemment trop long; n’employer qu’une ressource annuelle d’environ 5 millions, pour conjurer des pertes presque triples, serait s’exposer à entreprendre un travail sans fin.

11 serait à peu près impossible d'espérer qu’un si long espace de temps s’écoulerait sans de nouvelles irruptions des eaux, et, par conséquent, sans des pertes importantes pour les propriétés, sans de graves avaries pour les travaux, dont la dépense et la durée s’augmenteraient ainsi indéfiniment.

Qu’il nous soit permis de citer, à ce sujet, l’autorité du grand homme qui comprenait si bien comment devaient être traitées les vastes et utiles entreprises destinées à développer la prospérité du pays.

« On évalue, disait l’empereur Napoléon I" en « s’adressant à ses ministres, on évalue la dépense

« du canal de Bourgogne à 30 millions; on ne peut • dépenser que 1,500,000 fr. par an sur las fonds de ■ l’État et des départements; il faudrait donc vingt

a ans pour achever ce canal. Que se passera-t-il pen-

« dant ce temps? Des guerres et des hommes ineptes « arriveront, et les canaux resteront sans être ache- « vés. J'ai fait consister la gloire de mon règne à t changer la face du territoire de mon empire.

« L’exécution de ces grands travaux est aussi néces- « saire à l’intérêt de mes peuples qu’à ma propre a satisfaction. »

Or, il y a plus de nécessité aujourd’hui à porter remède au fléau des inondations, qu’il n’y en avait alors à achever le canal de Bourgogne ; aussi le chef de l’État, dans la lettre qu’il a adressée au ministre des travaux publics, insistc-t-il sur la nécessité de se mettre à l’œuvre et de trouver une solution immédiate.

Dans les circonstances où l’on se trouve, plus l’exécution sera prompte, plus le bienfait aura d’importance et d’efficacité ; c’est en cinq ou six ans au plus, nous le répétons, que tout doit être fini. Mais pour cela, il faut pouvoir compter à la fois et sur beaucoup d'argent, et sur beaucoup de bras.

Application de l'annuité à la souscription et au service d'un emprunt.

Dans ce but, ou lieu de nous servir du revenu annuel de 24 millions pour l’appliqucrdirectement è l’exécution des travaux, considérons-le comme une ressource annuelle destinée à servir l’intérêt d’un

E MPRUN'T.

emprunt de 350 millions, à amortir progressivement le capital de cet emprunt, à pourvoir aux besoins de l’entretien, à venir même en aide par une sage ap- * plication du principe de la mutualité des secours aux victimes futures dos inondations.

Un tel emprunt, dont les versements échelonnés par parties égales sur cinq années ne s'élèveraient qu’à 70 millions par exercice, ne saurait être évidemment considéré comme se trouvant peu en rapport avec les forces du pays; nous pensons qu’il devrait être directement émis par l'État, suivant le mode adopté pour ceux qui ont eu pour objet de subvenir aux besoins de la guerre. Le remarquable empressement avec lequel ces derniers ont été souscrits est de nature à faire comprendre combien on est disposé chez nous à venir en aide aux projets du gouvernement, lorsque ces projets intéressent la gloire, la grandeur et la prospérité de la France.

Pour donner une idée du développement successif que pourraient recevoir les ressources provenant de l cmprunt et de la marche de l’amortissement, nous donnons ci-après le tableau financier de l’entreprise, dans la supposition que le montant de la dépense, pour toute la France, s’élève à 350 millions.

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