CHAPITRE VII
APERÇU» SUR L'ÉVALUATION DES DÉPENSES ET Sl'U LES VOIES ET MOYENS.
HlËMÎÈRE SECtlON. ’
Évaluation de* dépense»
Incertitudes naturelles de celle évaluation. — Son utilité nralgfé ces incertitudes.
On serait dans l'erreur si l'on pensait que, dans un travail comme celui dont nous nous occupons ici#, nous sommes en mesure de présenter des évaluations de dépenses, marquées au coin d'une rigoureuse précision. Manquant en grande partie des données spéciales nécessaires pour apprécier avec certitude le développement des ouvrages à exécuter; ne connaissant que médiocrement les localités, privé de renseignements sur la nature des matériaux à mettre en œuvre, sur l'abondance ou l'exiguïté des ressources don ton pourrait disposer danschaque vallée; n'ayant, en un mot, qu’un très-faible contingent deséléments nécessaires pour la préparation et la production de projets consciencieusement étudiés, nous ne pourrons guère offrir au lecteur que d'assez vagues aperçus sur les métrés des travaux et sur leurs dé-
pèhses rêellès, ët eé n’est paS par éëfitâtaëS de rfillHî francs, mais par millions qu’il faudra cômpter lès differentes probables entre nos supputations ap-1 proximatives et les véritables Sommes qüi Seront dépensées en exécution.
Peut-être objeclera-t-on que, dans ce cas, il eût été préférable de s’abstenir. Cela serait vrai, et noüà serions nous-même le premier à partager cette ma-* nière de voir, s'il y avait aujourd’hui nécessité de conhaîlre avec exactitude les dépenses, c'est-à-dire Si, étant chargé de l'application de notre système pour la défense d’une vallée, nous étions arrivé au moment d'exécuter les travaux. Mais c’est moins dé cette exécution proprement dite qu'il est question dans cet écrit que de la recherche du meilleur mode à Sulire pour la préparer. Ce mode a été discuté par doüfc dans ce qui précède ; il a été étudié dans ses principes essentiel! examiné dans ses convenances techniques, apprécié au poiril dé vue de ses conséquences utiles. . Mais, même sans sortir du cadre des généralités, il nous reste encbre quelque chose à faire, et lé travail de préparation que nous avons entrepris resterait incomplet; si nous ne disions tout tiu moins comment nous ehtendons qu’il faudra s ÿ prendre potir satisfaire aux exigences financières des opérations que nous avons décrites. A Cet égard, le lecteur comjtrem drd sans peine qü il s'agit moins en ce moment d’êtrfc renseigné sur la parfaite exactitude d’Un chiffre dfe dépense que de savoir si c’est avec une somme faible, moyenne ou très-fbrte, qu’on pourra satisfaire au* nécessités de la situation; si c’est par unités Seulë- .
ment, par dizaines ou par centaines qu'il faudra compter les millions qu’on doit s’attendre à dépenser. Posée en ces termes, la question d’une estimation rigoureuse perd son importance, et celle du système financier qu'il faudra mettre en oeuvre pour se procurer les ressources nécessaires, suivant la nature probable de leur quotité, la domine et doit passer avant elle.
Il est évident, en effet, que s’il était permis d’entrevoir dès à présent que quelques millions suffiront pour porter remède au mal, il n'y aurait guère nécessité de recourir à des mesures exceptionnelles pour se les procurer, et qu à l aide de quelques allocations à inscrire sur le budget de l'Etat, on satisferait à tous les besoins. Si, au contraire, il est démontré qu’il faudra dépenser, pour l’ensemble de nos fleuves, quelques centaines de millions, et si, en présence de cette nécessité, vient se placer, en outre, celle de conduire rapidement les travaux à leur terme, on pourra prévoir que, dans ce cas, il y aurait sinon impossibilité, tout au moins imprudence à faire peser une si lourde charge sur le budget, et qu’il faudra se mettre à la recherche de combinaisons propres à se procurer en peu de temps d'importants capitaux.
Tel est le seul but que puissent avoir en ce moment nos investigations sur le montant, assez incertain, d'ailleurs, des sommes à dépenser. Or, l’on verra que, malgré celte incertitude, les chiffres que nous obtiendrons seront de nature à faire disparaître toute irrésolution au sujet du système financier qu’il conviendra d’adopter.
Appréciation des dépenses pour la Loire.
Nous bornerons cette partie de nos recherches à ce qui concerne un seul fleuve, la Loire, pour lequel nos renseignements nous paraissent un peu moins indéterminés que partout ailleurs; les résultats obtenus pour cette vallée donneront une idée suffisante des sommes sur lesquelles il faudrait compter pour toutes les autres; nous en présentons ici les détails, que nous avons cherché à rendre aussi complets que possible.
Béservoirs. — Nous nous sommes déjà expliqué sur l’importance des retenues d’eau à créer sur l’artère principale, en amont de Roanne. Nous avons dit quelles devaient offrir une capacité d’au moins 175 millions de mètres cubes. Mais si ce nombre peut paraître suffisant pour une crue comme celle de 1846, il ne le serait pas pour celle de cette année, surtout en ayant égard aux circonstances qui se sont produites dans la marche progressive du phénomène de ~ la pluie. Les détails dans lesquels nous sommes entré à cet égard ont démontré la nécessité de créer aussi des réserves sur les principaux affluents; nous pensons qu’il faut augmenter de 125 millions le nombre précédent, et porter par conséquent jusqu’à 300 la capacité des réservoirs.
Occupons-nous maintenant du prix de revient de ces ouvrages. ......
M. Boulangé, dans le mémoire que nous avons eu tant d’occasions de citer, parle de vingt-quatre retenues qu’on pourrait établir dans la seule étendue du ; 31
département de la -Loire; il en fait connaître la dépense, mais, malheureusement, il ne s'explique pas sur le nombre de mètres cubes qu'on pourrait ainsi
emmagasiner.
En consultant quelques études faites par divers ingénieurs sur la construction des réservoirs, je forme le tableau suivant ;
Dé*i?nalion des localité».
Réservoirs pour la navigation Je la Seine et Je l’Yonne . . .
Réservoirs pour la navigation de la Baise et du Gers , et pour
irrigations
Etang de Gros-Bois, canal do Bourgogne
Total. ■ . •
Contemnces. Dépense».
m. c. fr.
Ces données, dans lesquelles figurent des prix trèsbas, ordinaires et excessifs, nous paraissent trèspropres à l’établissement d'une moyenne.
Nous en déduirons qu’en matière de réservoirs permanents, surtout lorsqu’on doit en faire un grand nombre, et dans diverses localités, on peut compter moyennement sur une dépense de 80,000 fr. pour chaque million de mètres cubes emmagasinés.
En conséquence , les 300 millions dont il a été parlé cidessus coûteront. 24,000,000 fr.
Digue* transversales. — Lorsque nous nous sommes occupé de ce qui concerne l'établissement des digues transversales , nous
A reporter : 24,000,000
Report: 24,000,000 fr.
avons reconnu que, pour qu’elles réduisissent do moitié la pente naturelle deseaui dans la vallée de la Loire, il fallait quellos fussent espacées entre elles de la distance d’une lieue.
Or, comme on compte du bec d’Allier à l’embouchure, en suivant les sinuosités du fleuve, 190 lieues, il en résulte que si ce moyen de défense devait être généralisé dans toute la vallée , il faudrait 190 couples de digues.
Mais la grande efficacité des réservoirs créés , dans les parties montagneuses doit évidemment être prise en considération, • . ' . .
Les calculs que nous avons présentés au sujet de la diminution introduite par ce moyen dans les hauteurs des crues à Roanne sont de
nature à démontrer combien à l’avenir l’importance des désastres sera atténuée.
Ajoutons que les digues transversales ellesmêmes et les réservoirs temporaires auxquels elles donneront naissance diminueront de plus' en plus les dangers, à mesure qu’elles seront établies en plus grand nombre. Nous nous en référons à cet égard aux idées que nous avons développées à la fin du cinquième chapitre.
On conçoit d'après cela qu'il serait inutile de vouloir en construire partout. Toutefois, nous avons insisté sur la nécessité de leur établis- ” ' ■
sement dans le voisinage des centres de population, et nous avons montré que deux réservoirs de cette nature, construits en amont d'une ville et autant en aval, formeraient une capacité de 36 millions. La création de pareils
ouvrages sur dix points différents du cours de ~ V" ' ■
. ' A reporter : 24,000,000
Report : 24,Q00,(K)0fr.
la Loire serait suffisante pour protéger directement toutes les villes importantes, et pour porter à 360 millions les masses d'eau temporairement emmagasinées. Cette ressource, jointe à celle des réservoirs permanents, nous parait devoir conjurer tous les dangers.
C’est donc à 40 couples de digues transversales que nous croyons devoir nous arrêter.
Au reste, si l’expérience prouvait que ce n’est pas encore assez, il serait facile de multiplier les digues jusqu’à ce qu'enfin leur nombre fût en rapport suffisant avec les besoins.
Nous estimons d’ailleurs qu’en profitant convenablement des accidents de terrain la longueur de chaque digue sera de 1 kilomètre, ce qui fait 2 kilomètres pour chaque couple.
L’ensemble des 40 couples exigera donc que la construction totale se développe sur 80 kilomètres de longueur.
Nous admettons que los digues auront uno hauteur moyenne pour toute leur longueur do 3 mètres, que leur largeur en couronne . sera de 4 mètres, que leurs talus seront réglés à raison de 1 1/2 de base pour 1 de hauteur.
Qu’enfin, elles seront gazonnées sur toute leur superficie.
Do ces données, il résulte que le volume des terres nécessaires par mètre courant sera de 25"*, 50, qui, au prix de 0(,70, comme nous l’avons admis pour les terrassements analogues des canaux de dérivation ,
A reporter : 24,000,000 '
Report : 24,000.000 fr.
coûteront 17 fr. 85 c.
L'emplacement des digues exigera 13 mètres carrés de surface par mètre courant, et comme d’ailleurs elles sont surtout construites dans le voisinage des villes, nous croyons devoir portor à l',25 le prix du mètre carré.
Cette partie de la dépense sera
donc de lfr 25
Enfin, comptant 15 mètres su- .
perfieielsdegazonnementà 0f,25 , •
l’un, ci 3 75
On a un total de 37 85
Il suit de là que ces trois natures de dépenses exigeront par kilomètre de digue, et par conséquent pour chacune d’elles. . . . 37,850 fr.
Il faut ajouter à cela les travaux de charpente et d’enrochements pour la construction des plans inclinés à l’extrémité des digues du côté du fleuve, travaux destinés à consolider l’ouvrage dans la partie qui doit limiter le lit majeur, et pour lesquels nous comptons en bloc une somme de 10,000 fr., ci. 10,000 Portant enfin une somme à valoir de 2,150
On arrive à un chiffre définitif, pour chaque digue, de. . ..... 50,000 Ce qui, pour les 40 couples, forme un total
de. ......... 4,000,000
Nous avons raisonné ici dans la supposition
. . . A reporter : 28,000,000
Report : 28,000,000 fr. que. pour la Loire, on conserverait les digues longitudinales, mais toutefois en les abaissant et les renforçant ; dans cette circonstance, le travail des digues transversales a plus encore pour objet de défendre les terrains que de las colmater. Dans ce système , comme nous avons eu soin de le faire remarquer, on perd l’avantage de recevoir les limons fertilisants, et on se préoccupe surtout de sauver des r<V • - •
coites qui , eu égard au modo do culture adopté , peuvent être trop précieuses pour rester exposées à îles chances fâcheuses. C’est un côté de la question au sujet duquel nous avons dit qu'il était nécessaire d’étudier avec soin les localités.
On conçoit d'ailleurs sans peine que, dans ce cas, les réservoirs formés par les digues transversales deviennent permanents. On les videra quand on voudra.
Dans les vallées où, au contraire, on recevra les eaux librement, le nombre de digues transversales devra être proportionnellement augmenté, mais alors on évitera la construction des vannes, dont il va être parlé cî-dessous, et l’on pourra consacrer toute la dépense de cette construction à celle des digues transversales.
Vannes. — Nous avons expliqué que dans une vallée comme celle de la Loire, sur laquelle existe, avec un grand développement, le système des digues longitudinales, on pourra être conduit, par les diverses considérations que nous avons fait valoir dans le chapitre cinquième, à conserver , sous la réserve de
A reporter ; 28,000,000
' ' Report :
certaines modifications, ce moyen de défense. Il est donc nécessaire de percer ces digues de nombreuses vannes, destinées à mettre le eourant principal en communication avee les réservoirs temporaires, à introduire dans ceux-ci les volumes d’eau qu’on voudra emmagasiner , et à les y retenir ensuite aussi longtemps que les circonstances de l’écoulement pourront l’exiger.
Occupons-nous donc de déterminer le nombre do ces vannes.
Pour ne pas nous faire illusion sur l’efficacité des mesures mises en œuvre dans cette circonstance, et pour nous tenir à cet égard plutôt en dessous qu’en dessus de la vérité, nous supposerons que la charge moyenne d’eau sur le centre de l’orifice pendant tout le temps que fonctionneront les vannes ne sera que de 0",90, ce qui suppose que le seuil des vannes sera à 2m,50 en contre-bas du niveau d’inondation, à partir duquel ces appareils commenceront à jouer.
Cela posé, si l’on donne à chacun de ces ouvrages 1 mètre de largeur et 1“,50 de haut, on se convaincra que leur débit moyen sera de 4 mètres cubes par seconde ; do sorte que si l’on veut que les quatre réservoirs placés, savoir : deux à l’amont, deux à l’aval de chaque ville, reçoivent ensemble 1,000 mètres cubes par seconde, il faudra les munir de 250 vannes pareilles, ce qui porte à 2,500 le nombre total des vannes nécessaires pour les dix systèmes semblables que nous proposons d’établir.
A reporter :
28,000,000 fr.
Report :
Si l’on n'avaitégard qu'au* conditions d'économie dans la construction de ces ouvrages, ce qu’il y aurait de mieux à faire serait de les ' grouper ensemble par huit ou par dix. Mais, eu agissant ainsi, on créerait sur certains points pendant l’ouverture dos vannes des écoulements excessifs qui pourraient beaucoup nuire . aux terres voisines. Nous pensons donc qu’une telle concentration serait dangereuse et qu’il faut l’éviter en disséminant autant que possible ces ouvertures. En les supposant réunies par deux seulement, nous avons calculé que le volume de maçonnerie pour chaque couple pourrait varier de 60 à 65 mètres cubes. Cette maçonnerie, composée en partie de pierres de taille, en partie de liriques et de moellons, nous parait susceptible d'être évaluée au taux de 45 fr. le mètre cube , ce qui représente une dépense de 2,925 fr., qui, en y joignant les travaux indispensables de terrassements, et la valeur des bois, tôles, fers et engins nécessaires pour le vannage proprement dit, pourront s’élever à 4,000 fr. pour chaque couple. Les 1,250 couples pareils vaudraient
donc
Canaux de dérivation et de décharge. ■ — Bien que les canaux de dérivation ne puissent être admis en principe, à cause de leur faible utilité, comparée à l’énormité de leurs dépenses, nous avons cependant expliqué que les grands intérêts qui sont concentrés dans les villes pourraient imposer à l’État l’obligation d’en comprendre quelques-uns dans l’énumération des dépenses à faire. Nous avons
A re/iorter :
Report : 33,000,000 fr.
établi, lorsque nous nous sommes occupé de ...
l’ouverture de ces canaux, que leur prix de >.
revient moyen serait de 148,000 fr. par kilomètre. Mais comme, autour des villes, les terrains sont plus chers et qu’on est loin d’avoir pour conduire les tracés les mêmes facilités qu’en rase campagne, nous pensons qu’il est nécessaire de faire subir à ce chiffre une notable augmentation et qu’il ne serait pas prudent de compter sur une dépense- moindre de 230,000 à 240,000 fr. par kilomètre. / . •
Un canal de 5 kilomètres coûterait donc 1,175,000 fr. ; de sorte que pour la construc- , , ,
lion de cinq canaux pareils on peut porter en
compte „ 6,000,000
Appropriation des voies de communication. — La construction des digues transversales entraînera la nécessité d’approprier au nouvel état de choses les voies de commu- , A
nication actuellement existantes.
Les dépenses pour chaque voie interceptée pourront varier suivant les pentes adoptées pour les raccordements, et suivant les hauteurs relatives du niveau des routes et de celui du couronnement des digues. En employant pour ces éléments des valeurs comprises entre des limites acceptables , c’est-àdire entre des différences de niveau do 1 à 3 ; mètres et des différences de pente de 0m,03 à 0*,05 par mètre courant, nous sommes conduit à admettre que les travaux pourront coûter en terrassements et empierrements, suivant ,
les cas, 3,000 fr. au minimum et 7,000 fr. au maximum , soit en moyenne 5,000 fr. , . -
A reporter : 39,000,000
Report :
A quoi il nous paraît convenable d’ajouter une moyenne de 1 , 500 fr. pour les ouvrage» d’art qu’il pourra être nécessaire de construire à nouveau ou d'amplifier.
Ce serait donc en tout un pris de revient de 6,500 fr. par raccordement. Si l’on suppose que pour chaque digue il y en aura deux, leur nombre total s’élèvera à 160, et exigera, par conséquent, une dépenso de
Création d’nn lit d’étiage. — L’établissement de vastes réservoirs permanents dans les parties supérieures des vallées permettra d’obtenir, pour la navigation, de grandes améliorations.
Mais cet avantage, dont nous avons fait apprécier l’importance, ne pourra être complètement réalisé qu’à la condition qu’on créera dans le fleuve un bon lit d’étiage. Nous ignorons jusqu'à quel point ce genre de travaux a ôté développé dans la Loire ; nous ne savons pas non plus quelle est la fraction de son cours navigable sur laquelle ces travaux sont nécessaires; à en juger par les analogies qu’il nous est permis d’établir entre les régimes d’autres rivières, cette fraction peut varier, suivant les cas, entre 1/4 et 1/10.
Mais la Loire, à ce point de vue, se trouve dans des circonstances très-défavorables, et peut-être faudrait-il compter pour elle plus du quart; mais s’il en est ainsi aujourd’hui que son volume d’étiage descend à 30 mètres cubes, les difficultés seront notablement diminuées lorsque les eaux tenues en réserve dans les montagnes pourront facilement tri -
39,000,000 fr.
A reporter : 40,000,000
Report: 40,000,000 fr.
pler ce volume. Nous croyons donc faire une large part aux exigeucea de la situation en portant à 120 kilomètres la longueur sur laquelle la création d'un lit d’étiage devra être entreprise. Si on prend pour bas» des déposes celle indiquée par M. Baumgarten pour les . travaux de la Garonne on trouverait un chiffre de 100 fr. par mètre courant; mais ,
M. Baumgarten a opéré pour un fleuve qui ne roule à l’étiage que 50 mètres cubes environ, et il y en aura plus du double à l’ave- V nir dans la Loire. Son appréciation de 100 fr. doit donc être réduite. Nous avons eu nousmême occasion d'exécuter des travaux de ce genre , et , en consultant notre expérience , nous sommes conduit à admettre comme trèsprobable le chiffre de 65 fr. par mètre courant.
L’ensemble de ces travaux coûtera donc. . 8,000,000
Travaux sur les divers affluents. —
Il no parait guère possible que l'on puisse se borner aux seuls travaux ci -dessus qui , à l'exception de ceux des réservoirs permanents, ne concernent que la vallée do la Loiro proprement dite. En tenant compte des divers ,
épisodes de la dernière crue, on ne saurait douter qu’il faudra aussi construire quelques digues transversales , et probablement quelques canaux de décharge dans certaines vallées secondaires. Des cours d’eau comme l’Ailier, l’Indre, le Cher et quelques autres , ne peuvent être abandonnés sans défense, et,
A reporter : 48,000,000
1 Annales des ponts et chaussé si, année 1818, semestre, p. 108
Report ; 48,000,000 fr.
ou égard à leur développement et à l’importance de quelques-uns, ainsi qu’à celle des dépenses faites pour le fleuvo principal, nous croyons devoir tenir compte, pour cet objet,
d’une somme de 10 à 12 millions, ci 12,000,000
' „ somme à valoir. — Enfin, comme, en matière d’ouvrages hydrauliques, il est nécessaire de réserver une forte part à l’imprévu, et que, dans l’exécution de ceux-ci surtout, on pourra avoir à lutter à plusieurs reprises centre l’envahissement des eaux, nous évaluons à 10 millions l’importance de la
somme à valoir, ci . 10,000,000
On arrive donc, pour l’ensemble , à une dépense de 70,000,000
Les détails dans lesquels nous venons d'entrer, nous le répétons, ne sont pas tellement précis qo’on puisse considérer notre évaluation comme rigoureux sement exacte ; niais nous avons expliqué, dès le début de ce chapitre, que l’utilité immédiate de celte exactitude n’était pas l’objet le plus important en ce moment. Ajoutons que ces détails, tout incomplets qu’ils soient, auront cependant l’avantage de fixer les idées - sur les considérations principales auxquelles on de- ‘ . vra avoir égard pour la supputation des dépenses,
. et qu’au point de vue des éléments à mettre en .œuvre, des calculs auxquels il faudra se livrer, des recherches qu’on devra entreprendre, de la direction générale qu’il faudra imprimer au travail de l’évaluation des dépenses, ils contiennent des indications
qüi, ce nous semble, pourront être mises à profit dans la préparation des projets définitifs.
: Au reste , quelque imparfaites que soient ces esti-
mations, quelle que soit l’étendue qu’on voudra raisonnablement attribuer aux limites des erreurs possibles, que la dépense des travaux, au lieu d’être de 70 raillions, descende à 60 ou s’élève à 80, il n’en résulte pas moins, et c’est là surtout ce que nous av ions eu vue d’établir, qu'il faudra des sommes considérables pour porter un remède efficace au mal.
Importance des dépenses pour toute la France.
Si l’on juge, par analogie, de ce qu’il faudra faire pour l’ensemble de nos rivières, comme la Saône, le . Rhône, l’Isère, la Garonne, et quelques autres, d’après les résultats que nous venons d'obtenir pour la Loire, nous pensons qu’il conviendra de quintuple* le chiffre que nous venons d’obtenir pour ce dernier fleuve, et qu’on doit par conséquent s’attendre, pour la to- - lité de notre territoire, à une dépense d’environ 350 millions. C’est un gros budget, sans doute, mais qu’on veuille bien réfléchir que, pour de nombreuses années de prospérité, ce budget est à peine le sixième de celui de deux années de guerre.
Heureusement la guerre, qui impose de si dures - r nécessités, n'aura été qu’une crise passagère, tandis que la paix, nous pouvons l'espérer aujourd’hui, c’est l’avenir avec une longue période de bonheur et de
progrès; car, ainsi que l’a dit une auguste parole
1 Discours d’ouverture de la session législative de 1856. •
« Les souverains ont vu la France qui envoyait deux a cent mille hommes à travers les mers, convoquer en « même tempsà Paris tous les arts de la paix, comme « si elle eût youlu direà l’Europe : La guerre actuelle « n est encore pour moi qu’un épisode ; mes idées et « mes forces sont en partie toujours dirigées vers les « arts de la paix. » Pensée consolante, non-seulement pour notre pays, mais pour l’Europe entière, et qui, si nous en croyons les symptômes qui naissent et se développent autour de nous, est déjà devenue le cri de ralliement des nations civilisées.
Si maintenant on réfléchit qu’une grande partie de l’efficacité de la dépense que nous venons de supputer dépendra de la promptitude avec laquelle les travaux seront exécutés, si l'on pense comme nous qu’il faudrait qu’ils fussent terminés en cinq ou six ans, on voit qu’il serait impossible, sans porter une grave perturbation dans le budget de ('Etat , de faire supportera celui-ci la totalité de la dépense de ces travaux, et qu'il faudra par conséquent recourir à d’autres voies pour se procurer les fonds nécessaires à leur complète et prompte exécution ; c’est ce dont nous voulions, dès à présent, convaincre le lecteur ; c’est ce dont nous nous occuperons en détail dans la section suivante.
Observation* comparatives entre les dépenses à faire et l’importance des perles résultant des inondations.
Mais, avant de procéder à l’exposition de cette partie de nos recherches, il convient d’examiner si l’in -
tensité du mal est telle qu’il soit raisonnable de se
livrer à une entreprise qui doit coûter si cher.
Il est certain que les travaux dont nous venons de tracer le programme exigeront, pour leur réalisation, d’importants capitaux ; mais noussommes porté à croire que si l’on met cette dépense en regard de celle représentant les pertes qui sont la conséquence des dernières inondations, ce quelle paraît avoir d'extessif s’atténuera dans une grande proportion.
Pour en revenir plus spécialement à la Loire, la crue de ce fleuve, en 1&46* bien que fort désastreuse, est encore loin de pouvoir être comparée, quant à ses effets, à celle qui vient d'avoir lieu, et cependant, suivant le Moniteur du 3 juin 1847, nous 1 avons déjà dit, elle a produit des désastres tels que les pertes appréciables qui en ont été le résultat se sont élevées à la somme de 40 millions. Or, combien, dans ces . moments de désolation, n’y a-t-il pas de pertes qu il est impossible d’enregistrer I Ce chiffre est significatif, il en dit assez pour faire apprécier l’importance de celui qu’atteindront les supputations de 1850.
Nous ne connaissons pas les relevés officiels qui • . ont dû être faits à ce sujet, et il nous est par conséquent impossible de parler deceschiffres avec certitude ; mais les navrants détails que nous avons recueillis dans les récits du temps ne laissent que trop . . deviner, même en faisant la part de quelques exagérations, tribut inévitable payé à la douleur, toute l'étendue des calamités qui ont frappé à la fois 1 agri- . - -
culture, 1 industrie et, ce qui est plus terrible encore, la vie des hommes. Reproduisons ici quelques-uns
de ces détails ; car on oublie facilement en France, et, tant que le mal n’est pas réparé, il n’est pas inu- . tile d’insister sur des souvenirs, sans lesquels nous ne compterions peut-être pas assez avec nos devoirs.
Nous donnons, dans ce but, quelques extraits des journaux de cette époque : ■ ' ■;* sr. •
« 1° On n’a pas encore de renseignements précis « sur l’étendue des pertes, mais on peut dire qu’elles «sont incalculables. Il y a maintenant à Lyon au « moins vingt mille personnes sans asile. Combien « ont péri, nul ne le sait encore. On ne peut pas évaa luer à moins de trois cents le nombre des maisons « détruites. »
« 2° Dans la vallée de l’Isère, en amont et en aval « de Grenoble, depuis la frontière de Savoie jusqu’aux « bords de la Drôme, de larges brèches se sont ou- "
« vertes dans les digues, ont livré passage aux eaux,
« et l’immense et magnifique plaine du Grarsivau- « dan, couverte de riches et abondantes récoltes, a «été submergée en quelques moments, et trans- « formée en un lac tumultueux.
v 3° Les villages de la Palud sur le Rhône, du Bou- « chage sur l’Isère, de Jargeau sur la Loire, ont été a presque entièrement détruits. On avait d’abord « parlé de vingt ou trente maisons abattues dans a cette dernière localité, on était loin de compte: il « y en a plus de cent gisant à terre, sans compter «celles qui menacent de tomber. Nous ne dirons « rien des récoltes, il n’en existe plus. Il y avait là des « terres qui valaient de 3,000 à 4,000 fr. l’arpent ;
« elles ne sont plus aujourd'hui qu’un marécage,
« un désert ensablé, une fondrière remplie de cail- « loux.
«4° Les vieux murs d’Avignon avaient, depuis le « treizième siècle, suffi pour protéger l’intérieur de « la ville : tout cela n’a pas tenu deux heures contre « la fureur du Rhône.
o 5° D’après les premières évaluations, l’arrondis- « sement d’Arles perd à lui seul une valeur de 12 « millions.
« 6° L'administration, si noblement secondée par « l’élan généreux des populations, non-seulement en « France, mais en Europe, l’administration fait beau- « coup pour les victimes du cataclysme diluvien d’où a nous sortons à peine, et pourtant elle éprouvera « d’immenses, d’insolubles difficultés pour adoucir « toutes les infortunes. Jugez-en par quelques chifafres : dans la Nièvre seule, treize mille hectares « sont submergés, deux mille familles sont sans « asile, vingt-cinq ponts sont emportés, dix routes b coupées, cinq digues rompues. Dans le Lot-et- « Garonne, il faudrait 12 millions de francs pour b réparer les pertes les plus importantes et les plus b navrantes ; dix mille personnes sont sans asile. On b ne se fait aucune idée de ces désastres. Ils sont de b ceux que les plumes les plus colorées, les plus « exagérées même, n’ont pu peindre.
a 7° Le gouvernement s’occupe des moyens de ré- « parer immédiatement les digues, roules, ponts et a canaux envahis par les eaux. Les appréciations a provisoires données par les ingénieurs pour cette
« catégorie de dépenses s’élèvent déjà, pour le Rhône
o et la Loire seulement, à 14 millions ; quand ce tra- « vail sera complété, il restera ensuite à compter avec « l’Isère, la Garonne, le canal du Berry, le Cher, l’Al- « lier, l’Indre, la Vienne, le Lot, l’Adoiir.
« 8° Tout est consommé! s’écrie avec douleur le « Journal de Maine-et-Loire, tout est consommé 1 La « part de l’eau est faite, large, immense. Il est irnpos- «sible de dire aujourd'hui quelle est l’étendue du « sacrifice ; l’avenir seul montrera jusqu’à quel point « s’élèvent nos pertes de toute nature.
a Nous avions près de nous une belle et riche val- « lée, véritable jardin dans le jardin de l’Anjou, une « vallée dont les produits étaient recherchés et forh maient une des branches principales de l’approvi- « sionneinent d’Angers et de Saumur ; elle a disparu « tout entière sous l’eau.
a Nous avions à nos portes une industrie séculaire « qui donnait l’existence à des milliers d'ouvriers, « qui était une source de fortune pour beaucoup de « nos concitoyens, qui ajoutait, par 1 abondance et la « qualité de ses produits, un lustre à la renommée a d’Angers; elle a été envahie par les eaux.
« Hier, la population d’Angers parcourait les routes « de la Pyramide et de Trélazé pour s’assurer de l in- « tensité des désastres. Elle a vu cette commune na- « guère si florissahte, si animée, plongée dans l’eau « triste et morne. Deux mètres d’eau au moins cou- « vrent le sol. L église est baignée à cette hauteur; les « maisons sont englouties, ne laissant paraître, pour « la plupart, que leurs toits. »
Ces affligeants détails, rapprochés des fréquentes
et cruelles épreuves du passé, ne confirment que trop cette vérité, que le système de travaux entrepris jusqu'à ce jour pour conjurer les effets des crues est complètement insuffisant; il s agit donc moins, dans les pénibles circonstances où l'on se trouve, de dépenser peu que de dépenser utilement. I.a question à résoudre est, avant tout, une question d'efficacité; celle d'économie doit passer au second rang.
Ajoutons que ce n'est point par sa valeur absolue qu'il faut apprécier une dépense, mais par sa comparaison avec les ruines qu elle peut éviter, avec les grands intérêts quelle peut sauvegarder.
Pour s’éclairer à ce sujet, il serait éminemment utile, comme nous l'avons indiqué dans le cours de cet écrit, comme cela a été fait en Belgique pour les grandes entreprises d'améliorations territoriales, qu itfùt procédé à un recensement général de ces intérêts; qu'on connût l’étendue des terres, le nombre des maisons particulières, celui des établissements publics, l importance des entreprises commerciales et industrielles qui, à des époques périodiques bien connues aujourd'hui, sont sujets aux désastres des inondations ; qu’on fût enfin parfaitement fixé sur la valeur de tout ce qu’un fleuve peut menacer, envahir et détruire.
Les chiffres de ce bilan donneraient une juste idée de la somme à laquelle il pourra être permis d'élever les dépenses de construction des ouvrages défensifs, et j'ai l'intime conviction que, quand ce travail sera fait, les esprits les plus réservés accepteront sans dif-
ficulté le montant de cette dépense réparatrice, quelque élevé qu’il ait pu leur paraître d'abord.
Il est malheureusement très-probable que je ne me placerai pas au-dessus de la vérité en évaluant, pour la Loire seulement, à 120 millions les désastres provenant des inondations depuis 1846 jusqu’en 1850, c’est-à-dire dans un intervalle de dix ans. C’est donc une perte annuelle de 12 millions, représentant, au taux de 4 pour 100, un capital d’environ 300 millions. Telle est la mesure, selon nous trèsmodérée, des forces actives de la société que le fleuve rend improductives; il s’agit donc de savoir si cet état de choses doit être maintenu, ou si, en dépensant moins que le quart de ce capital, il n’y a pas intérêt à le faire cesser? Poser une telle question, c’est la résoudre.
doublions pas d'ajouter que, dans le système de travaux que nous proposons, non-seulement celte perte de forces actives sera évitée, mais quelle sera au contraire remplacée par les bénéfices certains qui seront la conséquence de l'aménagement général des eaux, tel que nous le proposons.
DEUXIÈME SECTION
Vole» et moyen*.
Impossibilité de mettre à la charge de l’État la totalité des dépenses à faire.
Nous avons expliqué dans ce qui précède que l’exécution des ouvrages évalués dans la première section exigerait une dépense considérable, montant approximativement à 350 millions; nous avons ajouté qu’il y avait nécessité de les mener promptement à leur fin. Nous avons conclu de là que ce ne serait pas sans de grandes difficultés qu’il serait possible d’imposer une pareille charge au budget de l’Etat.
D’ailleurs, on pourrait contester à bon droit la justice d’une pareille détermination, et l’on ne voit pas pourquoi, si un précédent de cette nature venait à s’établi r, l’Etat refuserai t désormais de porter remède, à ses frais, aux désastres de diverses sortes qui se produiraient dans toute 1 étendue du territoire, soit par les inondations, soit par les incendies, soit par la grêle, soit par tout autre fléau.
Ce n’est pas que nous ne reconnaissions que les travaux à faire auront, à plusieurs points de vue, une utilité réelle pour l’Etat, et nous ne manquerons pas d’avoir égard à cette considération dans l’exposé qui nous reste à faire; mais les mômes travaux auront aussi incontestablement .de très-grands avantages ' pour les propriétés, préservées à l’avenir des pertes
qui viennent de les frapper; ces propriétés acquerront ainsi une plus-value certaine, et nous n'énoncerons qu'un principe juste en disant qu’elles doivent être appelées à contribuer, dans une proportion qu’il sera facile d’établir, à la dépense qui-aura pour objet de leur assurer cette plus-value.
Création d’une annuité destinée A pourvoir aux nécessité» de la dépense.
Cela posé, voici ce qu’il nous paraîtrait convenable de faire. *
Supposons qu’on ait déterminé dans une vallée, celle de la Loire, par exemple, le périmètre qui enceint le champ de l'inondation, et qu’on ait divisé l’espace compris dans ce périmètre en diverses zones, en prenant pour base de celte division les chances plus du moins fâcheuses que peuvent avoir ces zones d’ôtre ravagées par le débordement, absolument comme on le pratique lorsqu’il s'agit de dessèchement de marais; de sorte que nous n’innovons pas, nous ne faisons que développer l'application d’un principe déjà admis dans l'administration du pays.
Au reste, des opérations analogues à celles dont il est ici question, entreprises et aujourd'hui exécutées sur une vaste échelle, avec, le concours des propriétaires,dans un pays voisin du nôtre, prouvent que les difficultés qu’on pourrait avoir à redouter ont une médiocre importance Les mesures législatives arrêtées en Belgique pour l’amélioration de la Campine, pour le canal de dessèchement de Zelsaete, pour l'écoulement des eaux du midi de Bruges, sont aujour-
d’hui sanctionnées par l’expérience, et pourront être consultées avec fruit lorsqu'il s’agira d’organiser les travaux que nous aurons à exécuter en France.
- Les zones dont nous venons de parler auront plus ou moins d'intérêt à la construction des ouvrages défensifs et à leur maintien en bon état; imposonsleur des taxes proportionnelles à ces intérêts, nous aurons ainsi créé le principe d’un revenu annuel; ce principe me paraît devoir être la base principale de la partie financière de l'entreprise. *
Quelle pourra donc être l’importance dece revenu? Puisque dans la Loire, par exemple, les pertes annuelles s'élèvent à un minimum de 12 millions, ce serait déjà une incontestable amélioration que d'exonérer les intéressés de la moitié de ces pertes : on pourrait donc compter dans ce système sur une recette annuelle de fi millions; mais ceci ne concerne que les pertes réellement éprouvées. A cette première recette, il faudrait ajouter celle des taxes des propriétés, qui, quoique menacées, quoique ayant un besoin continuel de défense, ont pu ne pas souffrir dans les dernières inondations, mais qui pourraient être frappées à leur tour dans les inondations suivantes, si des travaux protecteurs n’étaient pas exécutés. Il est à croire qu’avec cette addition on n’obtiendrait pasune somme inférieure à une dizaine de millions. Réduisons ce chifi're d'un peu plus de moitié, et arrêtons-nous à 4,800,000 fr., ce qui porterait à la somme de 24 millions l’annuité pour toute la France.
Nous montrerons tout à 1 heure comment, avec ce
revenu annuel, nous pourrons facilement et rapidement satisfaire à toutes les exigences.
Répartition de cette charge annuelle entre l’État et les autres intéressés.
Mais, ainsi que nous l’avons déjà reconnu, les avantages à retirer des travaux ne profiteront pas seulement aux propriétaires des terrains, aux commerçants et aux industriels deslocalitésinondées.ilsproûteront aussi dans une proportion assez importante à l’Etat.
Celui-ci, en effet, s’assurera par ce moyen, nonseulement la rentrée certaine de contributions auxquelles il est obligé de renoncer après chaque inondation, mais encore une augmentation d'impôts résultant, d’une part, de la plus-value acquise au sol par la protection que lui donneront les travaux de défense et, d’autre part, des améliorations que les dépôts limoneux assureront désormais aux terrains.
De plus, nous avons eu soin de faire remarquer que les réservoirs permanents pourront servir à créer des puissances hydrauliques et à alimenter d’utiles canaux d’irrigation, qui, augmentant la valeur territoriale du sol, seront directement ou indirectement une cause d’accroissement pour les revenus du budget.
Ajoutons, enfin, que dans l’exécution de cette entreprise, l’État trouvera les moyens d’apporter de grandes améliorations à la navigation de toutes les rivières, et que celte circonstance, qui développera la prospérité du pays, sera pour le Trésor une nouvelle source de revenus.