Plaques jaunes
Cette altération se montre, comme on sait, sous forme de plaques irrégulières, jaunâtres ou ocrées, de dimension variable; à leur niveau, les circonvolutions sont rétractées, froncées et même complètemnt atrophiées ; la plaque jaune tout entière forme une dépression assez profonde à la surface du cerveau. Cette dépression est d’ailleurs d’autant plus prononcée que le ramollissement qui a été le point de départ de la plaque jaune s’étendait plus loin en profondeur; on trouve des plaques jaunes qui pénètrent jusqu’au voisinage du ventricule.
L’observation Ire est un exemple de vaste plaque jaune occupant presque toute la surface de l’hémisphère et ayant probablement succédé à un très vaste ramollissement, ou à plusieurs ramollissements successifs. Il ne reste de sain qu’une petite portion de lobe temporal, et l’hémisphère est réduit au volume du poing.
Les observations II, III, IY, V sont aussi des exemples de plaques jaunes très étendues, moins cependant que celle de l’observation 4.
11 est actuellement démontré que la plaque jaune est une des formes de terminaison du ramollissement du cerveau (1). Mais peut-être la plaque jaune succède-t-elle à d’autre processus morbides. M. Hayem (2) a avancé que certaines formes d’encéphalite se terminaient par des plaques jaunes. Nous avouerons que
(1) Voy. Prévost et Cotard, Études physiol. et path. sur le ramollissement cérébral. Paris, 1866.
(2) Hayem, Études sur les diverses formes d' encéphalite, thèse de Paris, 1868.
DU CERVEAU
cette théorie pathogénique de la plaque jaune ne nous paraît pas encore absolument démontrée. Il est vrai que les terminaisons ultimes de processus differents à l’origine se ressemblent parfois beaucoup, et que toute lésion des circonvolutions, caractérisée par une forte fluxion sanguine, et par un travail de destruction du tissu nerveux, doit vraisemblablement aboutir à une cicatrice colorée, et par conséquent à quelque chose qui ressemble à une plaque jaune. Nous verrons cependant plus loin que l’encéphalite traumatique paraît, quand elle guérit, se terminer d’une manière un peu différente. Aussi, sans affirmer qu’il en soit ainsi dans tous les cas, sommes-nous plutôt disposé à rapporter à des ramollissements les cinq observations de notre premier groupe.
Pour l’observation IV, il ne peut y avoir de doute, l’oblitération artérielle ayant été constatée à l’autopsie. Les caractères du ramollissement ancien ne sont pas moins évidents dans les observations I et III. Nous sommes donc autorisé à considérer toute une catégorie de faits d’atrophie cérébrale comme devant être rattachés au ramollissement terminé par plaque jaune.