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CHAPITRE II. OBSERVATIONS

Ce chapitre contient toutes les observations qui serviront de base à cette étude. Nous les avons analysées méthodiquement et abrégées autant que possible de façon à en rendre la comparaison facile. Nous les avons classées d’après les caractères de la lésion trouvée à l’autopsie.

Un premier groupe contient les cas où ces altérations se rapprochent des 'plaques jaunes.

Un deuxième, ceux où l’on a trouvé des kystes, des cicatrices, des cavités anfractueuses remplies de tissu cellulaire, en un mot, des lésions analogues à l’infiltration celluleuse et aux anciens foyers hémorragiques.

Le troisième comprend les cas où, sans être remplacée par aucune production nouvelle, la substance nerveuse a complètement disparu dans l’endroit qui avait été le siège de la lésion primitive.

Le quatrième, les cas de sclérose diffuse primitive ou consécutive, caractérisés par l’induration de l’hémisphère atrophié. ! -

Cotard. Maladies mentales.

Dans un cinquième groupe, nous avons placé quelques cas douteux quant à la nature de l'altération.

Article lor. — Plaques jaunes.

Obs. 1. (Due à M. le docteur Charcot.) — G... morte le 5 avril 1862, à l’infirmerie de la Salpêtrière, à l’âge de 72 ans.

Début. D'après les renseignements fournis par le fils de la malade et par la malade elle-même, elle aurait été frappée d’hémiplégie gauche vers l’âge de 40 ans, et serait restée infirme depuis cette époque. Sa santé était bonne auparavant et elle n’avait aucune infirmité.

Etat mental. Cette femme était réduite à l’état d’idiotisme ou plutôt d'enfance ; elle se conduisait comme les enfants, on lui reprochait d’aller mendier dans les cours de la Salpêtrière pour avoir du tabac. Elle s’exprimait d'ailleurs avec assez de facilité, ne bégayait pas, ne substituait pas les mots les uns aux autres, seulement ses idées étaient restreintes dans un cercle très étroit.

Etat de la face. Dans les derniers jours de la vie on a remarqué que la figure paraissait plus petite à gauche.

Etat des membres. Membre supérieur gauche contracturé, rapproché du tronc. L’avant-bras en pronation est fléchi à angle aigu sur le bras, la main fléchie sur l’avant-bras, il est impossible de redresser les membres; et les tentatives paraissent causer une vive douleur. Les trois derniers doigts sont fléchis, leurs dernières phalanges étendues et appliquées sur la paume de la main. L’index est seulement demi-fléchi, il est incliné vers le bord cubital de la main et croise les trois derniers doigts ; le pouce est libre et a conservé quelques mouvements. Le membre inférieur a conservé des mouvements assez étendus ; il y a seulement un peu de roideur au genou et au cou-de-pied.

La malade marche en boitant et en s’aidant d’un bâton.

Les membres paralysés sont amaigris, mais il n’y a pas de raccourcissement.

Autopsie. — Crâne. Épaisseur très ordinaire des deux côtés.

Méninges. Aucune altération appréciable de la dure-mère. Sous l’arachnoïde, du côté droit, accumulation d’une grande quantité de liquide.

Cerveau. L’arachnoïde incisée et le liquide écoulé, on voit l’hémisphère droit revenu sur lui-même et n’ayant pas en tout le volume du poing ; les circonvolutions sont ratatinées ; un certain nombre

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d’entre elles ont disparu, beaucoup paraissent transformées en un tissu membraneux constitué par la parlie connective des circonvolutions. Coloration gris brun jaunâtre de la partie postérieure de l’hémisphère. Une seule partie de l'hémisphère a conservé à peu près son volume normal, c’est la portion la plus interne de la circonvolution du lobe temporo-pariétal qui borde inférieurement la scissure de Sylvius ; cette partie, de forme irrégulière et du volume d’une noix, a tout à fait son aspect normal.

Hémisphère gauche sain.

Le nerf optique droit paraît un peu plus petit que le gauche, mais il n’a pas de coloration grise. Du côté droit le corps genouillé interne a son volume normal, mais le corps genouillé externe est évidemment réduit à sa couche la plus superficielle ; toute la partie intérieure doit être détruite, la couche superficielle, demi-transparente et affaissée, forme la paroi d’une cavité dont on sent parfaitement l’existence par la palpation.

Le corps genouillé externe du côté gauche est plein, bombé et solide; de ce côté la bandelette optique ne peut (ce qui est l’étal normal) être suivie au delà du corps genouillé ; du côté droit la bandelette optique, s’atténuant progressivement en arrière, se continue sous forme d’un tractus mince jusque vers le tubercule quadrijumeau antérieur. Les autres nerfs crâniens ne présentent aucune altération appréciable.

Isthme. Le pédoncule cérébral droit est de moitié plus petit que le gauche. La protubérance est très asymétrique, sa moitié droite est très petite. La pyramide antérieure droite est d’un bon tiers, sinon d’une moitié, plus étroite que la gauche, mais il n’y a pas de coloration grise.

Moelle. La moitié gauche de la moelle est un peu plus petite que la moitié droite. Pas de coloration grise.

Examen microscopique. — On a trouvé dans la parlie jaunâtre atrophiée de l’extrémité postérieure de l’hémisphère droit :

1° De rares fibres nerveuses très bien conservées ;

2° Beaucoup de matière granuleuse ;

3° De la graisse granulaire et des corps granuleux;

4° Des corps amyloïdes rares ;

5° De nombreux corpuscules d’hématosine amorphe.

Moelle. La substance grise et les faisceaux blancs n’ont présenté aucune altération appréciable, non plus que les racines nerveuses des deux côtés.

Nerf médian gauche sain.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Obs. II. (Due à M. le docteur Charcot.) — Dominique-Caroline D.. 7 entrée à l’infirmerie de la Salpêtrière le 10 avril 1863. Morte le 24 mai 1863, à l’àge de 45 ans.

Début. Il paraît que la malade a eu une attaque suivie d’hémiplégie, il y a une vingtaine d’années (vers l’àge de 15 ans, par conséquent).

Etat mental. Il paraît que, jusqu’à ces dernières années, la malade ne présentait pas de troubles intellectuels considérables, elle pouvait parler et soutenir une conversation ; il y a cinq ou six ans, \\ est survenu des pertes de connaissance et des troubles intellectuels qui ont fait admettre la malade à la Salpêtrière, division des aliénées. Actuellement l’intelligence est très affaiblie, la malade ne se rend pas compte de son état. Elle parle assez mal et s’exprime d’ailleurs dans un patois flamand à peu près incompréhensible.

Etat de la face. Très légère déviation de la bouche à gauche. La langue n’est pas déviée.

Etat des membres . Hémiplégie droite avec contracture. L’avantbras est fléchi à angle droit, la main fléchie sur l’avant-bras, les doigts fortement fléchis dans la paume de la main, le pouce est resté étendu. On ne peut étendre le membre qu’avec effort et il reprend sa position habituelle dès qu’on l’abandonne à lui-même. Pied équin : la malade marche assez facilement en s’appuyant sur l’extrémité antérieure du premier métatarsien droit.

La sensibilité est conservée dans les membres paralysés.

Autopsie. — Crâne. Normal.

Méninges . Le crâne enlevé, la dure-mère paraît flasque du coté gauche ; de ce côté la pie-mère est œdémateuse, et adhère intimement à la substance cérébrale sous-jacente qui est profondément altérée.

Cerveau. Hémisphère gauche notablement plus petit que le droit et diminué dans tous ses diamètres ; les circonvolutions de cet hémisphère sont pour la plupart transformées en une substance gélatiniforme transparente, jaunâtre, de la couleur d’une solution de gomme et assez résistante aux tractions.

Cervelet. Atrophie notable de l’hémisphère droit.

Isthme. Le pédoncule et la pyramide du côté gauche sont atrophiés ; la protubérance très asymétrique.

Moelle. Atrophie du cordon antéro-latéral droit.

Nerfs. Les nerfs du côté paralysé (nerf médian) sont beaucoup plus gros que ceux du côté sain.

Examen microscopique. On a trouvé dans la substance gélatineuse des circonvolutions altérées de nombreux corpuscules de tissu con-

jonctif ronds ou allongés, et des débris de tubes et de cellules nerveuses. Il y avait très peu de corps granuleux, seulement quelquesuns le long des vaisseaux.

Obs. III. (Due à M. le docteur Charcot.) — Marie-Louise B... Entrée à la Salpêtrière le 18 juin 1862, morte le 19 octobre 1862, à l’àge de 52 ans.

Début. Cette femme, aveugle depuis trois ans, aurait été frappée, cinq semaines avant son entrée, de paralysie avec perte de la parole.

Etat mental. La malade paraît comprendre ce qu’on lui dit, on peut lui faire tirer la langue ; mais quand on essaye de la faire parler, elle remue les lèvres et répond par un grognement tout à fait inintelligible. On ne l’a jamais entendue prononcer une seule parole. Lorsque ses parents venaient la voir, elle paraissait les reconnaître à la voix, elle répondait alors à leurs embrassements ; quand on lui demandait si elle reconnaissait sa fille, elle faisait entendre un grognement et se mettait à pleurer.

Quand on l’interrogeait et qu’elle voulait répondre oui, elle faisait un grognement et souvent un léger signe de tête. Elle a toujours gâté ; fèces et urines.

Etat des sens. La cécité paraît complète, les pupilles sont dilatées, les milieux de l’œil troubles.

Etat de la face. Très légère déviation de la bouche à gauche ; la langue n’est pas déviée.

Etat des membres et altitude. Hémiplégie droite, décubitus dorsal, un peu latéral droit. Membre supérieur droit étendu, plutôt flasque que roide ; l’avanl-bras est en pronation ; les doigts sont fléchis en crochet ; si on veut les étendre, on éprouve une certaine résistance, et ils reprennent de suite leur position habituelle. La cuisse droite est légèrement fléchie, la jambe fléchie à angle droit sur la cuisse ; tout le membre inférieur repose sur sa face externe. On peut le redresser, mais cela paraît causer de la douleur à la malade. Les membres droits sont libres. Sensibilité conservée dans les membres paralysés.

Accidents ultimes . Le 21 septembre, rotation de la tête et des yeux à droite.

Le 1er octobre, roidcur dans le coude gauche ; le 15 octobre, roideur dans les deux membres du côté gauche, élévation de la température du bras droit. Eschare. Mort le 19 octobre.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Autopsie. — Le crâne enlevé, la dure-mère paraît déprimée, ridée, froncée au niveau des lobes antérieurs, surtout vers la partie latérale du lobe antérieur gauche.

Cerveau. La dure-mère étant incisée, il s’écoula une grande quantité de liquide, et on constata que l’hémisphère gauche avait subi une perte de substance considérable, par suite de la destruction d’un grand nombre de circonvolutions.

Cette perte de substance comprenait :

1° La troisième circonvolution frontale en totalité ;

2° La partie la plus inférieure des circonvolutions transversales ou marginales antérieure et postérieure ;

3° La circonvolution marginale inférieure et l'insula en totalité ; toutes les circonvolutions qui se voient dans la scissure de Sylvius étaient atrophiées ;

4° La plus grande partie des circonvolutions de la face externe des lobes moyen et postérieur à partir de la circonvolution transversale postérieure, restée saine jusque vers l’extrémité postérieure de l’hémisphère.

Les parties où manquent les circonvolutions forment de larges plaques déprimées, d’un jaune ocré, sur lesquelles se dessinent d’abondantes ramifications vasculaires ; la pie-mère sur les parties altérées paraît ridée et froncée. Sous ces plaques jaunes existe un ramollissement grisâtre occupant la substance blanche, mais ne s’étendant pas jusqu'au ventricule. Le corps strié est altéré dans la plus grande partie de son étendue ; la queue et toute la portion externe sont ramollies, jaunâtres vers la surface ventriculaire, grisâtres vers l'insula.

Couche optique saine.

L’hémisphère droit est relativement sain. On y observe seulement un foyer de ramollissement occupant l’extrémité postérieure du lobe postérieur, du volume d'une noix, ne s’étendant pas jusqu'au ventricule, jaunâtre à la surface, grisâtre à l’intérieur. Au niveau de ce foyer, les circonvolutions n’ont pas encore subi l'atrophie qui existe du côté gauche.

Le corps strié et la couche optique sont sains.

Le cervelet, les pédoncules cérébraux , la protubérance et la moelle allongée ne présentent aucune altération appréciable. Pas d’atrophie de l'une ni de l'autre pyramide.

Artères du cerveau. Athéromateuses. La sylvienne gauche, très athéromateuse dans l’étendue d’un centimètre, paraît à peu près oblitérée. Les ramifications artérielles qui se rendent dans les parties

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ramollies présentent çà et là la dégénérescence athéromateuse sous forme de nœuds.

Obs. IV. (Due à mon ami M. le docteur Prévost.) — Q..., 58 ans, admise à la Salpêtrière en 1863, morte le 18 juillet 1865.

Début. Cette femme est hémiplégique depuis vingt ans ; depuis trois mois elle ne peut plus marcher, elle est gâteuse.

Etat mental. L’intelligence est très affaiblie. Tendance au rire. La malade articule difficilement, mais ne paraît pas avoir de peine à trouver ses mots.

Etat des membres. Hémiplégie gauche. Membre supérieur gauche contracturé. Avant-bras fléchi à angle droit, poignet légèrement fléchi, poing presque fermé.

Pas de contracture du membre inférieur. Sensibilité conservée.

Autopsie. — Cerveau. Artères de la base athéromateuses. La terminaison de la carotide droite présente une atrophie remarquable ; elle offre à peine les deux tiers du volume normal : son calibre est oblitéré par un caillot qui se prolonge dans l’artère sylvienne ; plusieurs autres artères sont à demi oblitérées par des dépôts athéromateux, en particulier celles qui se rendent au cervelet. Tout le lobe frontal droit est atrophié et présente plusieurs anciens foyers de ramollissement jaune : 1° à la partie antérieure de la première circonvolution; 2° à la partie postérieure de cette même circonvolution (le ramollissement paraît plus récent dans ce point, quoique jaunâtre) ; 3° à la partie la plus interne des circonvolutions marginales ; il existe en ce point une perte de substance de 5 centimètres de longueur sur 2 à 3 de largeur; les circonvolutions y sont presque détruites, ratatinées, séparées par des interstices jaunâtres ; 4° à la partie interne et antérieure du lobe occipital. Corps strié droit atrophié. La couche optique a conservé son volume normal. Pas de lésion apparente à la coupe.

Cervelet. L’hémisphère gauche est atrophié.

Isthme. Atrophie du pédoncule cérébral droit, dont le volume est réduit de moitié, et qui présente une coloration grisâtre. La moitié droite delà protubérance est affaissée. La pyramide droite est atrophiée et grise.

Moelle. Non examinée.

Obs. V. (Due â M. le docteur Charcot.) — C... (Geneviève-Charlotte), 71 ans, morte â la Salpêtrière le 23 février 1868.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Début. Vers l’âge de 2 ans, petite vérole dont elle porte encore les traces. Soit pendant, soit immédiatement après cette petite vérole, elle aurait été prise de convulsions suivies de paralysie du membre supérieur gauche.

Etal mental. Cette femme exerçait le métier de marchande des quatre-saisons. Elle était intelligente.

État des sens. Normal.

Étal de la face. Pas de déviation des traits ni de la langue.

Etat des membres . Membre supérieur gauche atrophié et contracturé ; l’avant-bras demi-fïéchi sur le bras, la main fléchie sur l’avantbras et inclinée sur le bord cubital ; les doigts fléchis dans la paume de la main.

Le membre inférieur est raccourci et la malade marche difficilement ; mais ces accidents datent d’une fracture du col inférieur (il y a cinq ou six ans). Auparavant la malade marchait sans difficulté. Morte de bronchite.

Autopsie. — Crâne. Très dur. Configuration normale.

Méninges. Mombreuses adhérences de la dure-mère. Pas d’adhérences de la pie-mère.

Cerveau. L’hémisphère droit paraît un peu plus petit que le gauche. En arrière de l’extrémité supérieure du sillon de Rolando existe une dépression étendue longitudinalement jusque dans le lobe occipital, et suivant la direction de la scissure interhémisphérique, présentant 5 centimètres de long sur 1 de large. Les circonvolutions y ont complètement disparu ; le fond de la dépression est occupé par une substance brun-jaunâtre assez molle et de consistance pulpeuse. Au microscope, cette substance paraît composée d’une grande quantité de granulations graisseuses et de corps granuleux provenant de la régression des éléments nerveux et d’une trame de substance conjonctive dont on aperçoit les nombreux noyaux. Corps strié et couche optique sains.

Poids de l’hémisphère droit 475.

Poids de l’hémisphère gauche sain 540.

Cervelet. L’hémisphère gauche pèse 5 grammes de plus que le droit.

Moelle. Pas d’atrophie.

Article II. — Kystes et infiltration celluleuse.

Obs. VI. (Due à M. le docteur Charcot.) — D (Marie-Julie), en-

trée le J 8 juillet 1862, à l’hôpital Lariboisière, où elle est morte d’une fièvre typhoïde, à l’âge de 21 ans.

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Début. A l’âge de 10 mois celte fille fut prise de convulsions qui mirent sa vie en danger, et furent suivies d’hémiplégie gauche.

État mental. Intelligence fort peu développée.

État des sens. Les yeux, microphthalmiques, sont agités par un nystagmus continuel, et la malade prétend ne rien voir ; cependant on peut lui faire reconnaître quelques objets. L’examen ophthalmoscopique montre, dans chaque œil, une tache blanchâtre parsemée d’amas pigmentaires, qui occupe presque toute la moitié inférieure du fond de l’œil. La papille 'paraît d’ailleurs saine, et la sortie des gros vaisseaux normale. Celte tache blanche, dans laquelle on peut aisément poursuivre les vaisseaux rétiniens, ne paraît pas s’être produite par une exsudation, mais plutôt par une décoloration de la choroïde, consécutive à la résorption du pigment, et reconnaissant pour cause une inflammation ancienne remontant probablement à l’époque des convulsions.

État des membres. Membre supérieur gauche atrophié : de l’acromion à l’articulation huméro-radiale, 26,5 centimètres ; du côté sain, 30 centimètres; raccourcissement, 3,5. De l’articulation huméro-radiale à l’apophyse styloïde du radius, 21 centimètres; du côté sain, 23,5 centimètres. Raccourcissement, 2,5.

Contracturé : Avant-bras en pronation fléchi à angle droit sur le bras. Main fortement fléchie. Les premières phalanges des doigts sont étendues; les deuxièmes demi-fléchies.

Membre inférieur. Le genou est légèrement fléchi, le pied fortement étendu (pied bot équin). La malade marche sur la pointe du pied.

Etat du tronc. La mamelle gauche paraît plus petite que la droite. La malade se tient inclinée du côté gauche.

Autopsie. — Crâne. Pas de déformation notable.

Cerveau. Pas de traces de lésions récentes ou anciennes à la surface des hémisphères; les circonvolutions sont aussi bien dessinées d’un côté que de l’autre. L’hémisphère droit est notablement plus petit que le gauche. Tous ses diamètres ont subi une diminution qui varie entre 1/2 et 2 centimètres.

Dans l’épaisseur du corps strié on trouve un kyste à parois lisses et présentant des tractus celluleux dans son intérieur. Ventricule droit très dilaté.

Tubercules mamillaires égaux.

Cervelet. Hémisphère gauche atrophié.

Isthme. Le pédoncule cérébral droit est atrophié; la protubérance et la moelle allongée ne présentent rien d’appréciable.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Nerfs. Les nerfs optiques sont très atrophiés ; ils ne paraissent pas plus gros que les nerfs moteurs oculaires communs. Le droit paraît plus petit que le gauche. A l’examen microscopique on a vu dans ces nerfs une grande quantité de tissu conjonctif ; les fibres nerveuses avaient en grande partie disparu. Atrophie de la rétine.

Les autres nerfs examinés ne présentent pas d’altération évidente.

Qbs. VII. (Turner, obs. II). — Veuve C..., 82 ans.

Début. Inconnu. Infirme depuis très longtemps.

Etat mental. Rien de noté.

Etat des membres. Le membre supérieur gauche est atrophié et rétracté à son extrémité; l’avant-bras dans la pronalion, formant un angle droit avec le bras , est appliqué sur le côté gauche du tronc; la main est au niveau de la région ombilicale; elle est fléchie fortement dans l’articulation du poignet. 11 n’y a pas d'inclinaison latérale vers le bord cubital de l’avant-bras, comme c’est l’ordinaire dans les hémiplégies datant de la naissance ou des premières années de la vie.

Le pouce pend verticalement et se dirige vers la paume de la main dans le mouvement d’opposition. Les quatre autres doigts sont fléchis en crochet. Il est impossible de redresser les doigts et la main; quand on veut produire ce mouvement forcé, on fait saillir comme des cordes les tendons des muscles rétractés. Le cubital postérieur, le long abducteur et le court exlenseur du pouce sont devenus fléchisseurs et sont passés à la face antérieure de l’avant-bras. Le biceps brachial otïre aussi un certain degré de rétraction.

Le membre inférieur gauche est atrophié. Le pied est dévié en dedans, et sa pointe est un peu portée en bas. Le tendon d’Achille est rétracté.

Autopsie. — Crâne. Pas de déformation extérieure ; parois épaissies d’uue manière très notable, mais également à droite et à gauche.

Méninges. Dure-mère et cavité de l’arachnoïde : rien de particulier. Le tissu cellulaire sous-arachnoïdien est infiltré de sérosité des deux côtés, mais un peu plus à droite.

Cerveau. Les membranes enlevées, il est facile de voir tout d’abord que l’hémisphère droit est atrophié dans toute son éteudue : il est dur, résistant; ses circonvolutions sont maigres, minces, séparées les unes des autres. Le cerveau, abandonné sur la table, s’est affaissé à gauche, tandis qu'à droite la consistance de la substance cérébrale a

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permis à l’hémisphère droit de garder sa forme arrondie normale. Les membranes ont pu être enlevées facilement et sans déchirure à la surface de l’hémisphère induré, tandis qu’à gauche il a été impossible de les enlever sans déchirer la couche corticale des circonvolutions.

En outre, l'hémisphère gauche présentait dans son lobe postérieur un ramollissement et un foyer d’hémorragie capillaire de la grosseur d’un œuf.

La couche optique et le corps strié droit sont manifestement plus durs, plus consistants et diminués de volume ; une coupe montre entre ces deux organes une petite cavité kystique située profondément sur leur partie externe, que M. Turner considère comme un ancien foyer hémorragique.

Cervelet. Lobe gauche évidemment atrophié et induré.

Isthme. Atrophie du pédoncule. Protubérance asymétrique. Atrophie de la pyramide gauche.

Pas d’atrophie des nerfs.

Moelle. Atrophie descendante.

Obs. VIII. (Cazauvielh, obs. V.) — M... (Marie), 68 ans.

Début. Hémiplégie droite datant au moins de la naissance.

Etat mental. Cette femme vendait du lait au marché de la Salpêtrière, il paraît que la sensibilité, l’intellect et la faculté de s’exprimer étaient développés jusqu’à un certain point.

Etat des sens. Pupille droite moins contractée que l’autre.

Etat de la face. Bouche habituellement déviée à gauche.

Etat des membres. Membre supérieur droit aussi volumineux que l’autre, la malade n’avait jamais pu s’en servir; sans cesse fléchie , elle tenait le dos de sa main appuyé contre la poitrine.

Membre inférieur droit plus court et moins gros que le gauche, locomotion très difficile.

Morte de pneumonie.

Autopsie. — Crâne et méninges. Ne présentent rien de particulier.

Cerveau. Hémisphère gauche, lobe frontal petit; dans son intérieur, vers sa partie postérieure et externe existe une cavité pouvant recevoir dans son intérieur une amande et communiquant par une petite ouverture avec le ventricule latéral. La paroi supérieure de cette cavité est formée par la substance grise seulement, son intérieur est tapissé par une membrane rosée, entrelacée de brides ; elle ne contient aucun liquide.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Le corps strié gauche, d’un quart plus petit que le droit, contient fort peu de substance blanche. La différence est un peu moins prononcée pour les ganglions optiques.

Les autres parties de l’encéphale sont régulièrement conformées. Les nerfs sont plus gros et plus jaunes dans les membres paralysés. Les vaisseaux sont égaux.

Obs. IX. (Cazauvielh, obs. VI.) — N..., âgée de 27 ans.

Début. Inconnu.

Etat mental. Facultés intellectuelles obtuses : sa langue se prêtait difficilement à l’expression de ses pensées qui étaient loin d’être lucides.

Etat des sens. Sensibilité peut-être un peu moindre du côté paralysé .

Etat de la face . Bouche habituellement déviée à droite. Pupilles également dilatées.

Etat des membres. Bras droit raccourci et peu volumineux, la main portée en forte pronation ; mouvements très bornés.

Membre inférieur moins volumineux mais aussi long que son congénère. Mouvements pénibles, claudication.

Etat du tronc. Dans la progression le corps de N... se portait toujours sur le côté affecté.

Morte d’une gastro-entérite chronique et d’une pleurésie aiguë.

Autopsie. — Crâne. Le côté gauche du front est moins saillant que le droit, l’inverse a lieu à la partie postérieure.

Méninges. Très infiltrées de sérosité à la surface convexe du cerveau, fort peu à la base; s’enlèvent facilement, excepté sur le lobe antérieur gauche.

Cerveau. Tout le lobe antérieur gauche est affaissé sur lui-même, la consistance de ses deux substances est extrêmement molle. Incisé longitudinalement, ce lobe présente dans toute son étendue une altération remarquable, bornée en haut du côté externe et inférieurement par une couche très mince de substance grise et blanche, en dedans par une lame blanchâtre qui la sépare du ventricule latéral, et consistant en une substance jaunâtre, très molle dans quelques points, ferme dans d'autres ; criblée de petites cellules kystiques remplies d’un fluide également jaunâtre, gélatiniforme. La substance qui environne cette altération est d’une consistance médiocre et très injectée.

Les ventricules contiennent beaucoup de sérosité.

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Les corps striés et les couches optiques sont normaux.

La partie postérieure de l’hémisphère gauche et le reste de l’encéphale sont sains.

Obs. X. (Breschet, ohs. XVÎL) — G..., âgé de 44 ans.

Début. Il y avait un pied bot de naissance.

Etat mental. Intelligence extrêmement bornée ; il faisait peu ou point de réponse aux questions. Il occupait les emplois les plus sales de sa division et était très jaloux de les remplir.

Etat des membres. Pied droit bot, la pointe tournée en dedans, la plante du pied en arrière. Membre inférieur droit plus court et moins volumineux que le gauche.

Les membres supérieurs n’offrent rien de remarquable.

Autopsie. — Crâne. Front très bas.

Méninges. Ne contiennent presque pas de sérosité, pas d’adhérences.

Cerveau. Généralement petit. Hémisphère gauche plus petit en largeur et en longueur que le droit. Vers l’union des lobes moyen et antérieur gauches, dépression irrégulière d’une profondeur de 3 à 4 lignes, d’une étendue de 1 pouce et demi à 2 pouces carrés ; dans cet espace les circonvolutions sont rudimentaires ou manquent même complètement.

Couches optiques atrophiées et indurées toutes les deux, mais surtout la gauche.

Corps strié gauche un peu plus petit que le droit.

Dans l’intérieur de la substance blanche existent plusieurs cavités irrégulières, tapissées par des filaments celluleux très résistants, traversées en tous sens par des filaments de même nature, et remplies par un liquide séreux décoloré. Autour de ces cavités la substance blanche a augmenté de consistance.

Une semblable cavité existe à la pointe de chaque lobe antérieur.

Obs. XL (Lallemand, 6e lettre ; obs. XXIII.) — L..., âgée de 9 ans. Hémiplégie droite avecroideur et atrophie, diminution d’intelligence, conservation ou retour partiel de la parole. Morte de pneumonie.

Autopsie. — Crâne. Bien conformé.

Cerveau. A la surface de l’hémisphère gauche, circonvolutions aplaties supérieurement et en arrière ; sentiment de fluctuation à travers la substance cérébrale amincie.

Ventricule latéral du même côté très dilaté, surtout en arrièie,

aux dépens de la cavité encyroïde qui est de capacité à recevoir un gros œuf de poule... Les parois externe et supérieure du ventricule sont très minces... La substance grise des circonvolutions correspondantes est réduite à une lame très dure, presque cartilagineuse et décolorée; la substance blanche sous-jacente est transformée en une espèce de tissu cellulaire à mailles distendues par une sérosité limpide ; sur les parois de ces cellules qui donnent à la substance médullaire l’aspect de lames appliquées les unes contre les autres, on voit une foule de petits trous capillaires. Cette transformation envahit presque toute la substance blanche de l’hémisphère gauche.

Obs. XII. (Lallemand, 6e lettre; obs. XXIV.) — D..., mort à 21 ans, à Charenton.

Hémiplégie droite, datant de la première enfance, accompagnée d’affaiblissement de l’intelligence et d’accès d’épilepsie qui étaient précédés ou suivis de délire maniaque. Les accès devinrent de plus en plus fréquents, et le malade tomba dans un état complet d’idiotisme.

Autopsie. — Hémisphère gauche, beaucoup plus petit que le droit ; arachnoïde qui le recouvre, épaisse et d’un blanc opaque; à la partie postérieure de la face supérieure de cet hémisphère, dépression considérable. L’arachnoïde, enlevée en ce point, laisse voir la substance du cerveau convertie en une sorte de tissu cellulaire infiltré de sérosité. Ce mode d’altération s’étend en épaisseur jusqu’au ventricule dont la paroi supérieure a, en cet endroit, 3 lignes environ.

Obs. XIII. (Turner, obs. III.) — Jeanne-Irma F..., 18 ans.

Début. Hémiplégie droite congénitale ; plusieurs fois des convulsions pendant l’enfance.

Épileptique.

État mental. Intelligence saine, mais peu développée.

État des sens. Strabisme. La vue est très affaiblie ; elle est presque complètement perdue du côté droit (ophthalmies anciennes, taches sur la cornée).

État de la face. Le côté droit de la face est un peu plus immobile que le gauche ; la pointe de la langue n’est pas déviée.

Etat des membres. Le membre supérieur droit est rétracté et contracturé, l’avant-bras est légèrement fléchi sur le bras ; la main en

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pronation forme avec l’avant-bras un angle droit. Les doigts sont d’autant plus fléchis qu’on se rapproche du bord interne de la main qui offre en outre une certaine inclinaison sur le bord cubital de l’avant-bras (main bot cupido-palmaire). Le membre tout entier présente une atrophie notable ; on y observe quelques mouvements volontaires très bornés. La peau, mince et décolorée, a conservé sa sensibilité. Le membre inférieur droit offre une atrophie moins considérable ; il y a aussi un certain degré de contracture ; le pied seul est rétracté ; la déformation consiste dans l’abaissement de la pointe du pied qui est en même temps portée en dedans (pied bot varo-équin). Les mouvements du membre tout entier sont assez libres; aussi la malade peut-elle marcher, mais avec une légère claudication.

Sensibilité conservée.

De temps en temps dans le coté paralysé et surtout dans le bras, douleurs très vives, quelquefois accompagnées d’un faible tremblement.

Etat du tronc . Il y aune certaine inclinaison de tout le corps du côté paralysé.

Morte de phtisie pulmonaire.

Autopsie. — Crâne. Petit. Léger aplatissement au niveau du pariétal gauche.

Épaisseur des os normale.

Méninges. L’arachnoïde viscérale et la pie-mère n’offrent aucune trace morbide, si ce n’est dans le point correspondant à la lésion principale de l’hémisphère.

Cerveau. Destruction d'une portion considérable de l’hémisphère gauche. Vers le milieu de sa face externe, existe une excavation de 4 centimètres environ de profondeur sur 3 de largeur, étendue de la scissure de Sylvius, au fond de laquelle on ne voit plus le groupe des circonvolutions de l’insula, jusqu’à un pouce de l’extrémité du lobe cérébral postérieur. Celte cavité, en forme de kyste, remplie de sérosité, se trouve au niveau de l’étage supérieur du ventricule qu’elle contourne sans communiquer avec lui. Les parois sont formées par les circonvolutions réduites à l’état d’une masse composée de tissu cellulaire lâche, infiltré de sérosité, où on ne trouve plus de trace de substance cérébrale. Sur les bords on voit les circonvolutions diminuer peu à peu de volume, changer brusquement de couleur et prendre une teinte rosée, puis disparaître bientôt dans la substance cellulaire qui remplit l’excavation.

Les méninges sont adhérentes à cette trame celluleuse et achèvent

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

ainsi cette sorte de kyste à parois mal délimitées, contenant environ 80 grammes de sérosité. L’étage inférieur du ventricule est intact; dans l’étage supérieur, le corps strié et la couche optique se montrent avec une atrophie considérable. Sur la face externe de la couche optique atrophiée, font saillie les corps genouillés avec leurs prolongements aux tubercules quadrijumeaux. Le nerf optique correspondant est un peu plus petit que celui du côté opposé.

Le tubercule mamillaire gauche est un peu plus petit que le droit. Les autres parties de l’hémisphère sont bien développées.

Cervelet ?

Isthme. Pédoncule cérébral gauche visiblement atrophié. Pas de différence notable dans le volume des tubercules quadrijumeaux. Protubérance aplatie à gauche. Atrophie de la pyramide gauche.

Moelle. Atrophie descendante.

Obs. XIV. (Turner, obs. IV.) — A..., 16 ans.

Début. Infirme depuis sa naissance.

1 État mental. Intelligence parfaitement saine.

Etat de la face. Le côté droit de la face est un peu atrophié.

Etat des membres. Le membre supérieur droit est atrophié et présente un certain degré de rétraction. Le défaut de symétrie des deux côtés du corps est surtout marqué à l’épaule. Du sommet de l’acromion à la fourchette sternale, on compte à droite 3 centimètres de moins qu’à gauche.

La hanche droite présente une étroitesse et une déviation remarquables, de telle sorte qu’on croirait volontiers à une luxation (il a été impossible de vérifier le diagnostic). Atrophie et raccourcissement du membre inférieur droit. Pied bol varo-équin.

État du tronc. La moitié droite du thorax est moins large et moins allongée ; il y a une légère inclinaison du tronc de ce côté.

Mort de fièvre typhoïde.

Autopsie. — Crâne. Rien d’anormal.

Cerveau. L’hémisphère gauche est plus petit que le droit, et cette différence de volume porte sur son lobe postérieur. Là, les circonvolutions n’existent plus ; elles sont remplacées par un kyste dont la membrane d’enveloppe se confond à l’extérieur avec les méninges. La portion de substance cérébrale qui le circonscrit est une bouillie gélatineuse de couleur jaunâtre et très vasculaire. Cette désorganisation de la substance nerveuse s’étend à toute la partie du lobe postérieur qui est située au-dessus de la cavité ancyroïde. En outre,

DU CERVEAU

à la face interne du même hémisphère, on voit une excavation analogue à la précédente, et qui, par son extrémité postérieure, se confond avec elle. La circonvolution de l’ourlet et celle qui la double sont détruites et remplacées par du tissu cellulaire infiltré de sérosité. Il y a en ce point affaiblissement de la voûte de l’hémisphère, et la partie postérieure du ventricule latéral parait très élargie.

Le lobe frontal est remarquablement bien développé.

Sur l’hémisphère droit on remarque quelques destructions superficielles sur des points très isolés des circonvolutions qui occupent la face interne du lobe postérieur.

A l’ouverture des ventricules on voit que les corps striés ont conservé leur aspect normal ; la couche optique gauche est manifestement atrophiée, surtout en arrière et en dehors.

Cervelet. Hémisphères égaux.

Isthme. Le pédoncule cérébral gauche est atrophié. Atrophie de la pyramide gauche.

Obs. XV. (Cruveilhier, Anatomie pathologique.) — ... (Marie-Françoise), 7 ans.

Début. Inconnu.

État mental. Idiotie complète; ne parle pas ; pousse quelques cris.

État des membres. Membres flasques et retombant comme une masse inerte. Ne peut se tenir debout ni même assise, reste constamment couchée sur le dos ou sur le côté dans un état d’immobilité absolue.

État d'affaiblissement toujours croissant.

Morte de pneumonie.

Autopsie. — Crâne. Bien conformé à l’extérieur.

Cerveau. Hémisphère droit présentant le même volume que le gauche, mais transformé dans sa presque totalité en un kyste à parois minces et transparentes sur lesquelles se dessinent comme des lignes sinueuses les traces de circonvolutions. Ce kyste n’occupait pas tout l’hémisphère, il avait respecté les circonvolutions les plus internes, les circonvolutions antérieures et les circonvolutions postérieures. Le kyste ouvert, il s’est échappé une grande quantité de sérosité limpide, dont partie était ramassée dans des espèces de kystes, et partie infiltrée dans un tissu cellulaire extrêmement délié. Ces kystes ou plutôt ces poches celluleuses irrégulières ne communiquaient pas entre elles et ne communiquaient pas non plus avec le ventricule latéral dont les séparait une lame extrêmement ténue.

Cotard. Maladies mentales.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Bien que les parois du kyste eussent la ténuité d’une feuille de papier, il a été possible d’y retrouver les circonvolutions, mais atrophiées, semblables à des lames minces superposées et distinctes au moyen d’un tissu cellulaire extrêmement délié ; il est donc évident que les circonvolutions ont existé, mais qu’elles se sont atrophiées... Au milieu du réseau celluleux infiltré de sérosité qui remplissait le kyste, se voyaient un grand nombre de filaments blancs, extrêmement ténus, mais très denses, facilement reconnaissables pour des filaments nerveux.

Ventricule latéral extrêmement dilaté , corps strié et couche optique atrophiés, très denses, blancs, comme granuleux, et vraiment méconnaissables pour la forme et pour la texture. Voûte à trois piliers atrophiée. Septum lucidum très dense, tapissé par la membrane également très dense des ventricules.

Le nerf optique droit est atrophié en deçà du chiasma, mais au delà c’est le gauche.

Hémisphère gauche sain ; cependant le ventricule est très dilaté.

Obs. XVI. (Cruveilhier, Anatomie 'pathologique.) — V... (François)y âgé de 15 mois.

Début. Inconnu.

État mental. Idiotisme complet.

État de la face. Rien de partiulier dans l’état des muscles de laface et des yeux.

État des membres. Flexion des avant-bras à angle droit sur les bras. Les pouces des deux mains sont étendus de toute leur longueur dans la paume de la main et maintenus par les autres doigts fortement fléchis.

Cuisses demi-fléchies sur l’abdomen, jambes sur les cuisses, orteil manifestement incliné vers la région plantaire.

Veut-on étendre les membres, on éprouve une grande résistance et l’on arrache des cris au malade.

État du tronc. Renversement du tronc et de la tête en arrière.

Autopsie. — Crâne. Coronal déprimé dans toute son étendue ; celte dépression cesse brusquement à l’articulation des pariétaux.

Méninges. De nombreux filaments celluleux unissent le feuillet arachnoïdien qui revêt la dure-mère au feuillet arachnoïdien qui revêt le cerveau, surtout au niveau des fosses antérieures et moyennes de la base du crâne et de la convexité des lobes antérieurs. ;

Cerveau. Les lobes antérieurs sont transformés en des kystes à.

DU CERVEAU

parois excessivement minces, transparentes, contenant une sérosité limpide; on dirait autant de kystes séreux ou hydatiques. Tous ces kystes communiquaient entre eux, si bien que l’ouverture de l’un d’eux fut suivie de l’évacuation de la totalité du liquide. Les circonvolutions adjacentes sont atrophiées, déformées et indurées. On voit çà et là une coloration brun-jaunàtre, semblable à celle qu’on observe autour des foyers apoplectiques anciens.

Art. III. — Pertes de substance et disparition complète du tissu nerveux.

Obs. XVII. (Breschet, Mémoire sur quelques vices de conformation par agénésie de V encéphale et de ses annexes. Arch. génér. de médecine, 1831, t. XXV, obs. III.) — X..., 3 ans et demi.

État mental. Idiotie, mutisme, cris et grognements, assoupissement habituel.

État des sens. Pas de surdité, yeux très sensibles à la lumière, pupilles très dilatées.

État des membres. Membres pelviens très faibles ; l’enfant ne peut se tenir debout, les jambes sont contournées. Tout le coté droit du corps parait plus débile que le côté gauche. Mort de rougeole.

Autopsie. — Crâne. La forme et le volume de la tête n’offraient rien de remarquable.

Cerveau. Hémisphère gauche imparfaitement développé ; la partie externe de cet hémisphère n’existait point dans toute sa longueur j elle était remplacée par une membrane transparente qui s’opposait à l’écoulement d’un liquide séreux et abondant renfermé dans le ventricule latéral. L’incision de cette membrane permit l’écoulement de ce liquide , et on s’assura qu’elle était constituée par les deux lames de l’arachnoïde. Entre ces deux lames serpentaient beaucoup de vaisseaux capillaires et vers les deux extrémités de l’hémisphère se trouvait un liquide visqueux, d’apparence albumineuse. Un peu plus loin on apercevait la substance cérébrale, molle, blanchâtre. *

Il n’y avait que la partie externe de l’hémisphère gauche, la couche optique et le corps strié du même côté dont le développement fut imparfait.

Le reste de l’encéphale était régulier.

Obs. XVIII. (Breschet, obs. XVIII.) — X... reçut à l’àge de 3 ans un coup violent sur la partie postérieure droite du crâne. A 7 ans, les membres commencèrent à se contracturer et à se déformer notablement ; l’intelligence était assez bien conservée. (Ni l’âge, ni la cause de la mort ne sont indiqués.)

Autopsie. — Crâne. La voûte du crâne, un peu en dehors de la pointe du lobe postérieur droit, offre une fente avec perte de substance de 2 à 3 pouces de hauteur verticale, sur un pouce et demi de largeur ou d’écartement. Cette fente n’est fermée que par les téguments et la dure-mère.

Les fosses occipitale et temporale droite sont plus petites que celles du côté opposé.

La grande cavité de l’arachnoïde contient au moins 6 onces de sérosité.

Cerveau. En enlevant le cerveau, on remarque d’abord que la partie postérieure du ventricule latéral droit communique à l'extérieur par la corne postérieure et supérieure ; celte ouverture pathologique correspond à la lésion de la voûte et tout autour, des adhérences unissent cette partie du cerveau avec le crâne... Au voisinage de cette ouverture, dans l’étendue de 10 à 55 lignes, l’arachnoïde et la pie-mère sont confondues avec la substance du cerveau et forment une substance tantôt molle, tantôt résistante, membraniforme, d’une à deux lignes d’épaisseur. En arrière de cette ouverture, toute la pointe du lobe postérieur a notablement diminué de volume ; les circonvolutions sont extrêmement petites... leur consistance très grande. La pointe du lobe postérieur gauche offre dans ses circonvolutions un changement d’état absolument semblable à celui des circonvolutions du lobe postérieur droit, et de plus, à sa convexité elle présente une altération tout à fait semblable aussi à celle des bords de l'ouverture pathologique de ce dernier lobe. Cette altération est transversale, elle a 1 pouce et demi d’étendue en longueur, et 8 lignes en hauteur; elle ne communique pas avec la corne postérieure du ventricule gauche, et n’intéresse que la surface du cerveau.

Considéré en masse, l’hémisphère droit est plus petit ; cette différence porte sur le lobe moyen et non sur le lobe antérieur.

Les extrémités sont atrophiées ; demi-flexion et fausse ankylosé de toutes les articulations.

DU CERVEAU

Obs. XIX. (Piorry, Journal de physiologie de Magendie, t. IX.) — Y..., âgé de 29 ans, naquit, s’il faut en croire ses assertions, avec une hémiplégie du côté gauche, accompagnée de difformité des membres du même côté et principalement de la main. Les membres gauches étaient, pour ainsi dire, atrophiés. On ne remarquait rien de particulier dans ses fonctions intellectuelles. Mort phtisique.

Autopsie. — Crâne. Rien de particulier du côté droit ; à peine une légère dépression.

Méninges. Quantité considérable de sérosité à droite.

Cerveau. Hémisphère droit atrophié, remplacé par un simple feuillet membraneux. La substance cérébrale de ce côté avait disparu.

Couche optique et corps strié atrophiés, indurés, criant sous le scalpel, uniformément grisâtres à la coupe.

Obs. XX. (Andral, Clinique médicale , obs. I.) — X..., âgé de 28 ans.

Début. A 3 ans chute sur la tête d’un premier étage dans la rue ; à la suite de cette chute, paralysie du côté gauche.

État mental. Cet individu reçut de l’éducation et en profita, il avait bonne mémoire, sa parole était libre et facile, son intelligence était celle du commun des hommes ; il n’avait jamais offert le moindre trouble de ce côté.

État des membres. Hémiplégie gauche, membre supérieur complètement privé de mouvement, n’offrant d’ailleurs aucune trace de contracture. Pied gauche fortement étendu sur la jambe, de telle sorte que cet homme ne marchait à gauche que sur la pointe du pied.

Phtisique. Mort de péritonite suraiguë par perforation.

Autopsie. — Les méninges du coté droit étaient transparentes et fluctuantes dans presque toute leur étendue. On les incisa, et il jaillit en grande quantité une sérosité claire et limpide comme de l’eau de roche. Entre ces méninges et le ventricule il n’existait pas la moindre trace de substance nerveuse ; ces membranes constituaient la paroi supérieure d’une vaste cavité, dont la paroi inférieure était formée par la couche optique, le corps strié et toutes les autres parties situées au niveau de ces deux corps. Il ne restait de la masse nerveuse située au-dessus du ventricule que celle qui, située en avant du corps strié, en forme la paroi antérieure.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Obs. XXI. (Rostan, Ramollissement du cerveau , obs. L.) — L... (Marie-Anne), âgée de plus de 60 ans.

Début. Convulsions à l’âge de 15 ou 16 mois, à la suite desquelles le bras droit est resté paralysé.

État mental . Probablement intelligence ordinaire, puisqu’il est indiqué que c’est la malade elle-même qui a raconté son histoire.

État des membres. Bras droit atrophié et complètement paralysé. Sensibilité conservée.

Morte d’une affection de poitrine.

Autopsie. — Cerveau. Le lobe postérieur de l’hémisphère gauche n’existait qu’en partie ; en dehors et en haut on n’en voyait aucune trace ; la membrane qui tapisse le ventricule était dans cet endroit doublée par une membrane accidentelle, transparente, subjacente à la méningine, de sorte que dans une circonférence de deux pouces environ la paroi du ventricule se voyait au-dessous de l’arachnoïde, et autour de cette perte énorme de substance les circonvolutions étaient petites, ridées, minces, comme atrophiées.

Le ventricule contenait une assez grande quantité de sérosité.

Le cervelet et la moelle n’offraient rien de particulier.

Les nerfs du bras atrophié, comparés à ceux du bras sain, furent trouvés plus gros et d’une couleur jaune plus foncée.

Obs. XXII. (Baud, Bulletin de la Société anatomique , 1853, p. 78.) — X..., âgé de 33 ans.

Début. À l’âge de 3 ans, convulsion suivie d’hémiplégie et d’épilepsie.

État mental. Les facultés intellectuelles n'avaient subi aucune altération.

Crâne. Sensiblement déprimé du côté gauche.

Cerveau. La voûte de l’hémisphère gauche est atrophiée, de sorte que la paroi externe du ventricule n’est plus représentée que par une membrane nerveuse.

Obs. XXIII. (De Saint-Germain, Annales médico-psychologiquesf 1858, p. 613.) — Eugénie B..., Ai ans, épileptique.

Début. Dans la première enfance, coup violent du côté droit de la tête, suivi de convulsions épileptiformes et d’hémiplégie.

Etat mental. La malade a appris à lire, à écrire, à coudre. Son intelligence bien développée était aussi saine que peut l’être celle

DU CERVEAU 483

d’une épileptique. Sa mémoire était très exacte, elle aimait beaucoup à lire ; elle parlait facilement.

État des sens. Intégrité des sens divers.

État des membres. Atrophie du membre supérieur gauche avec contracture des doigts et paralysie presque complète. Paralysie incomplète du membre inférieur, la malade marche en fauchant.

Morte à la suite d’attaques répétées.

Autopsie. — Crâne. Régulier. Dans la région pariétale droite existe une large perte de substance où aboutit la trace d’une ancienne fracture.

Cette perte de substance est comblée en dehors par le péricràne et en dedans par la dure-mère très adhérente au pourtour de la perte de substance.

Cerveau. Hémisphère droit atrophié, les circonvolutions du lobe frontal présentent leur volume et leur consistance habituels $ les circonvolutions pariétales n’existent plus, elles sont remplacées par une sorte de membrane d’apparence celluleuse qui sépare le ventricule très dilaté de la cavité de l’arachnoïde. Corps strié et couche optique atrophiés.

Cervelet. Sain. Pas d’asymétrie non plus que dans la moelle allongée.

Obs. XXIV. (Turner, thèse de 1856, obs. 1.) — Julie H..., 22 ans.

Début. A 7 ans, maladie convulsive grave suivie d’hémiplégie gauche, de cécité et d’épilepsie.

État mental. Intelligence un peu obtuse, mémoire affaiblie.

État des sens. Cécité, les yeux sont fixes, amaurotiques, etc., il n’y a pas de strabisme.

Étal de la face. La paralysie qui occupe son côté gauche est très légère. La langue semble un peu déviée à gauche.

Etat des membres. Le membre supérieur gauche est appliqué sur le côté correspondant du thorax dans un certain degré de rétraction ; il présente une atrophie réelle, marquée par de la bouffissure. Toute espèce de saillie musculaire a disparu. L’avant-bras est fléchi sur le bras ; la main formant avec l’avant-bras un angle droit est dans la pronation et en même temps inclinée sur son bord cubital. Les doigts sont très légèrement fléchis, toutes leurs articulations présentent une notable laxité ; il y a de la contracture, mais elle est peu intense. Quand on veut redresser la main, les doigts se fléchissent et l’on fait saillir à la partie antérieure du poignet les tendons des fléchisseurs et du cubital antérieur qui soulèvent la peau comme des

cordes, etc. Les doigts et la main sont à peu près complètement immobiles : l'articulation du coude offre des mouvements assez étendus, et l'articulation de l’épaule est assez libre.

Sensibilité conservée, semble un peu émoussée à la main.

Le membre inférieur présente une atrophie moins considérable que le membre supérieur. Pied bot varo-équin très prononcé. Il est impossible de le redresser complètement. 11 y a delà rétraction, les mouvements volontaires y sont très bornés. L’articulation du genou est libre et l’articulation coxo-fémorale a des mouvements aussi étendus que du côté sain, mais à cause de la déformation du pied, la marche est un peu gênée.

Sensibilité conservée.

On observe des tremblements et quelquefois des secousses douloureuses dans le côté paralysé et en particulier dans le membre supérieur.

Ces phénomènes prennent ordinairement plus d'intensité quand surviennent les accès d’épilepsie.

Etat du tronc. La moitié gauche du corps présente aussi une atrophie très notable, le tronc est constamment incliné du côté paralysé.

Morte de phtisie pulmonaire.

Autopsie. — Crâne. Ne présente aucune déformation à l’extérieur; ses parois sont au moins doublées et en certains points triplées d’épaisseur... Dans l’épaisseur de la voûte orbitaire droite se sont développées de grandes cellules sans doute en communications avec celles des sinus frontaux... La voûte orbitaire gauche présente le même phénomène, mais à un moindre degré. Fossette antérieure droite très rétrécie par le boursouflement des os. Fossette moyenne droite un peu diminuée par l’épaississement des os. Fossette postérieure gauche moins profonde que la droite.

Méninges. Sur l’hémisphère droit, dans les points où elle n’adhère pas aux méninges, la dure-mère présente une coloration gris rougeâtre comme s’il y avait eu dans l’arachnoïde un ancien foyer hémorragique. Son adhérence à l’arachnoïde et à la pie-mère a lieu sur une assez grande étendue à la partie supérieure et externe de l’hémisphère qui présente en ce point une destruction profonde. A ce niveau les membranes offrent des lésions d'inflammation ancienne, elles sont ternes, épaissies, on y rencontre çà et là quelques plaques osseuses sous la forme de fragments plus ou moins allongés. Ailleurs les méninges sont sans altération notable ; seulement l’espace sousarachnoïdien postérieur rempli par le liquide céphalo-rachidien est manifestement plus étendu à gauche.

DU CERVEAU

Méninges du côté gauche saines.

Cerveau. Hémisphère gauche sain.

Hémisphère droit. Lobe antérieur atrophié dans toutes ses parties ; circonvolutions ratatinées. La substance grise et la substance blanche ont subi l’une et l’autre un certain degré d’induration.

Le lobe moyen et la partie voisine du lobe postérieur présentent en haut et en dehors une destruction considérable ; les circonvolutions n’existent plus en ce point, elles sont remplacées par une excavation remplie de sérosité infiltrée dans des tractus celluleux qui vont se continuer avec le tissu cellulaire sous-arachnoïdien et les adhérences à la dure-mère présentant en ce point quelques ossifications.

Cette excavation a 7 ou 8 centimètres de longueur et 6 à 7 de largeur ; elle s’étend jusqu’au corps calleux qui présente son aspect normal. Les circonvolutions, qui peu à peu se changent sur ses bords en tissu celluleux où l’on ne voit plus trace de substance cérébrale, sont indurées, ratatinées, bien séparées les unes des autres et baignées par le liquide céphalo-rachidien.

Le ventricule latéral est distendu par 200 grammes de sérosité, mais cette distension n’a pas lieu également sur tous les points de la cavité ventriculaire. L’étage supérieur ne présente pas en avant de dilatation anormale; le corps strié, très peu diminué de volume, est seulement induré.

C’est dans la moitié postérieure de l’étage supérieur des ventricules et l’étage inférieur lui-même que s’est faite l’ampliation, tous les organes qui font saillie dans cette portion dilatée sont atrophiés et indurés. La couche optique est complètement flétrie et déprimée, l’ergot de Morand a disparu. La corne d’Ammon est aplatie, on n’y observe plus que des vestiges du corps bordé et du corps frangé. Le trou de Monro est très dilaté, et la moitié antérieure de la voûte est atrophiée de ce côté. La cloison transparente est intacte, les commissures des couches optiques sont solides ; le troisième et le quatrième ventricule sont médiocrement dilatés. Atrophie du tubercule mamillaire droit correspondant à l’atrophie du pilier droit de la voûte.

Le nerf olfactif est plus petit que le gauche, les nerfs optiques sont réduits l’un et l’autre à un faible cordon de coloration jaunâtre ressemblant un peu à la substance grise décolorée. Ils sont atrophiés dans toute leur étendue jusqu’à leur origine, on ne peut même plus les suivre en arrière des pédoncules cérébraux.

Cervelet. Le lobe gauche est très notablement atrophié dans toutes ses parties, le pédoncule cérébelleux moyen correspondant ne participe que très peu à la lésion cérébelleuse.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Isthme. Pédoncule cérébral droit très notablement plus petit que le gauche, paraît plus court, plus étroit et plus grêle. Protubérance n’offrant plus de saillie prononcée à droite. Les tubercules quadrijumeaux paraissent avoir le même volume des deux côtés. Pyramide droite réduite à la moitié de son volume normal.

Pas de différence notable entre les autres prolongements de la moelle au cervelet et au cerveau.

Corps resliformes, pédoncules supérieurs du cervelet égaux à gauche et à droite.

Pas d’atrophie des nerfs moteur oculaire commun, moteur oculaire externe, trijumeau, facial, grand hypoglosse...

Moelle. Atrophie descendante bien caractérisée et pouvant être suivie assez loin.

Obs. XXV. (Laborde, Bull, de la Soc. anatom ., 1860, p. 422.) — X , âgé de 45 ans.

Début. Pendant la première enfance, maladie très grave (convulsions), à la suite de laquelle le malade est resté infirme.

Etat mental. Le malade répond très bien aux questions qu’on lui adresse ; il exprime parfaitement le motif qui l’amène à l’infirmerie (légère indisposition gastrique), et fournit avec une certaine assurance mnémonique quelques renseignements qui lui sont demandés relativement à ses antécédents. Mais à peine force-t-on le cercle restreint de quelques souvenirs que se trahit l obtusité très notable de son intelligence... On obtient pour toute réponse un rire qui possède le caractère de l’idiotie. La physionomie est hébétée. La parole est normale, sauf une espèce de zézayement.

Etat des sens. Strabisme gauche convergent. 11 voit d'ailleurs très bien ; aucune particularité anormale ne se manifeste dans les phénomènes de la vision.

Etat de la face. La langue n’est pas déviée.

Etat des membres. Hémiplégie droite. Amaigrissement considérable des membres droits, qui sont presque réduits à leur squelette. Membre supérieur fortement rétracté. Le coude et surtout le poignet sont fortement fléchis ; la main ramassée sur elle-même, selon le diamètre transversal.

Membre inférieur notablement raccourci. Jambe étendue. Pied équin.

Motilité presque complètement abolie dans les membres droits.

Sensibilité un peu diminuée.

DU CERVEAU

Mort d’accidents cérébraux nouveaux.

Autopsie. — Crâne. Aplati latéralement. Front très avancé.

Méninges. Dure-mère fluctuante au niveau de la partie moyenne du lobe cérébral gauche. En ce point, l’incision de la dure-mère découvre une espèce de foyer kystiforme, rempli par un liquide séreux, jaunàtre-citrin, contenu dans de petites cavités cloisonnées par des pseudo-organisations membraneuses, qui s’étendent de la face interne de la dure-mère à l’arachnoïde viscérale. La quantité du liquide est d’environ 250 grammes.

Cerveau. Perle de substance impliquant le tiers moyen du lobe cérébral gauche, séparée du ventricule seulement par les méninges doublées de fausses membranes.

La substance cérébrale conserve son aspect ordinaire. On ne voit aucun débris, aucune disposition qui puisse rappeler un ancien foyer hémorragique. Couche optique réduite à un noyau de la grosseur d’une petite noisette. Corps strié moins atrophié, mais brusquement coupé à sa partie postérieure, au niveau de la perle de substance de l’hémisphère. Bandelette optique atrophiée.

Protubérance petite, ainsi que les tubercules quadrijumeaux.

Cette diminution de volume dans toutes les parties encéphaliques se retrouve même dans le lobe droit, qui, pourtant, paraît être complètement sain, à part des traces de congestion méningienne diffuse, et d'un ramollissement général de la substance (1).

Obs. XXVI. (Cruveilhier, Anatomie pathologique.) — A... (Cécile), 5 ans.

Idiote de naissance, n’a jamais pu proférer que des sons inarticulés.

Ses yeux sont divergents, tournés en haut.

Quand la faim ou la soif tourmentent la malade, elle s’agite, se heurte la tête contre le bois de son lit. Lorsque ces deux besoins sont satisfaits, elle applique ses mains au devant de sa bouche, et les maintient ainsi appliquées pendant quelque temps.

Soif presque insatiable. Urines involontaires.

Autopsie. — Crâne. Bien conformé.

Méninges. A peine a-t-on incisé la dure-mère qu’il s'échappe, du côté gauche, une sérosité limpide, dont la quantité peut être évaluée à 8 onces. Cette sérosité, contenue dans la cavité de l’arachnoïde, est plus abondante en arrière qu’en avant.

(1) N’était-ce pas plutôt de l’induration de l’hémisphère gauche?

ÉTUDE SUR L ATROPHIE PARTIELLE

Cerveau. N’offre rien de particulier à sa surface convexe, mais à sa base il offre une perforation oblongue de dedans en dehors, et d'avant en arrière (située à la face inférieure du lobe sphénoïdal gauche), et qui établit une large communication entre la cavité de l’arachnoïde et le ventricule. L'arachnoïde s’épaissit et cesse complètement au niveau de cette ouverture ; la pie-mère elle-même, qui paraît s’enfoncer dans l'hiatus, cesse brusquement ; il n’existe pas de scissure de Sylvius; sa place est à peine marquée; ce défaut de scissure de Sylvius est lié à l’absence du lobe moyen ou sphénoïdal.

Couche optique gauche atrophiée.

Cervelet. Le lobe gauche n’est pas moitié du lobe droit. La disposition des lamelles cérébelleuses diffère d’ailleurs beaucoup de l’état sain.

Obs. XXVII. (Cruveilhier, Anatomie pathologique ). — V... (Alexandrine-Virginie), 15 ans.

Début. Idiote de naissance.

Etat mental. Idiotie portée à un haut degré. Ne pouvait s’habiller, ni manger, ni marcher bien qu’elle jouît de tous ses mouvements ; restait des journées entières accroupie, inclinant alternativement sa tête à droite et à gauche. Quand ton la menaçait, comme pour la frapper, elle poussait des cris affreux. Quand elle était pressée par la faim, elle l’exprimait à l'aide de quelques mots bien nettement articulés.

État des sens. L’olfaction paraissait nulle ; les autres sens ne présentaient rien de particulier.

Autopsie. — Crâne. Bien conformé.

Méninges. La cavité de l’arachnoïde contient une grande quantité de sérosité, qui occupe la place des parties du cerveau atrophiées.

Cerveau. Les lobes antérieurs manquent complètement (1). A part l’absence du lobe antérieur, l’hémisphère gauche remplit complètement la partie correspondante du crâne. L’hémisphère droit ne présente guère que la moitié du volume de l’hémisphère gauche ; sa partie postérieure est très imparfaitement développée; une large perte

(1) La planche jointe à cette observation montre que le tiers postérieur des lobes frontaux existait encore, particulièrement à gauche. En effet, on y retrouve clairement dessinés le sillon de Rolando, la circonvolution marginale antérieure et l'origine des circonvolutions frontales.

DU CERVEAU 189

de substance établit une communication entre le ventricule latéral de ce côté et l’arachnoïde.

Cervelet, bulbe et protubérance. Normaux»

Obs. XXVIII. (Baud, Bull, de la Soc. anatom . ,. 1833, p. 183.) — G... (Marie-Rose), 32 ans.

Début. A 3 ans, fièvre cérébrale avec convulsions violentes, à la suite de laquelle elle est restée épileptique et hémiplégique du côté droit.

État mental. Cette fille, qui est depuis cinq ans à la Salpêtrière, est remarquable par son air doux, tranquille; elle ne se plaint jamais, parle peu, mais répond juste à toutes les questions ; elle a appris facilement à lire, et la gaieté, assez rare chez elle, s’exprime par un sourire qui donne à sa physionomie un air très agréable.

État des sens. Tous les sens sont intacts.

État des membres. Les membres droits ont perdu l’usage de presque tous leurs mouvements; ils sont moins volumineux que ceux du côté gauche. L’avant-bras est en demi-pronation; le poignet fléchi et appuyé contre la poitrine. La malade marche en fauchant.

Sensibilité intacte dans les membres paralysés.

Morte d’affection du cœur et de péritonite tuberculeuse.

Autopsie. — Crâne. Développement asymétrique. La surface du pariétal gauche est d’un point moindre que celle du droit... La base est symétrique.

Épaississement de la voûte du côté droit.

Cerveau. Hémisphère gauche beaucoup moins épais, moins étendu que le droit; diminution de tous ses diamètres. Au milieu de sa face externe existe une dépression profonde, à bords taillés à pic, remplie de liquide infiltré dans le tissu de la pie-mère. Le lobe antérieur seul est assez distinct, quoique cependant beaucoup plus petit que celui du côté opposé ; le moyen est réduit à une saillie et à une épaisseur de 3 à 4 lignes, le postérieur manque entièrement. Les circonvolutions, situées en arrière de la dépression mentionnée plus haut, sont petites, dures et ratatinées.

Corps strié et couche optique gauche atrophiés. Corne d’Ammon bien développée ; nerl olfactif normal. Artère sylvienne très petite, se terminant brusquement dans les cellulosités qui remplissent la scissure de Sylvius.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Article IV. — Sclérose.

Obs. XXIX. — C... (Adèle-Félicité), âgée de 58 ans, admise à la Salpêtrière depuis 1828, entre à l’infirmerie le 28 avril 1865, service de M. le D1 Charcot.

Début. Elle donne les renseignements suivants, qu’elle dit tenir de sa mère et des personnes qui l’ont élevée : A l’àge de 18 mois, elle aurait eu à trois reprises des convulsions à la suite desquelles elle serait devenue hémiplégique à droite ; elle n’aurait jamais eu de convulsions depuis. A l’àge de 18 mois, à l’époque où elle a été prise de convulsions, elle commençait à marcher ; elle n’a pu recommencer à marcher qu’à l’àge de 3 ans.

Etat mental. D’après les renseignements fournis par la surveillante de son dortoir qui la connaît depuis son entrée à la Salpêtrière, elle avait alors 27 ans, — son intelligence était faible, elle était incapable de s’occuper de ses affaires, elle pouvait lire passablement et savait signer son nom. Elle a toujours parlé sans difficulté.

On l’employait à des travaux de grosse couture et elle se montrait docile et très attachée aux personnes qui prenaient soin d’elle.

Sa santé a toujours été bonne, sauf quelques attaques d’hystérie, vers l’àge de 25 à 30 ans ; la menstruation aurait été assez régulière. Ménaupose à 45 ans.

Depuis un an environ, la malade est sujette à des vomissements fréquents et se plaint de vives douleurs au niveau de l’épigastre.

Actuellement la malade est très affaiblie, très cachectique.

Son intelligence ne paraît pas avoir subi de nouvelle atteinte, elle peut lire, signe son nom et parle sans difficulté

Etat des sens. Les sens paraissent intacts. La vue est égale des deux yeux, les pupilles sont égales.

État de la face. Pas d’hémiplégie faciale , la langue n’est pas déviée.

Etat des membres. Le membre supérieur droit est amaigri, atrophié, contracturé ; l’avant-bras en pronation est à demi fléchi sur le bras, la main fléchie sur l’avant-bras et inclinée vers le bord cubital (main bot cubito-palmaire), les doigts sont fléchis dans la paume de la main, surtout l’annulaire et le petit doigt, l’index est demi-fléchi, le pouce étendu.

On peut sans effort ramener le membre à peu près dans l’extension, mais dès qu’on l’abandonne il reprend sa position habituelle. La malade peut exécuter quelques mouvements de l’épaule et du

DU CERVEAU J 91

coude; le poignet est absolument paralysé, les doigts ne peuvent exécuter que quelques petits mouvements extrêmement bornés.

Dans le membre inférieur droit, l’atrophie est moins considérable et il n’existe d’autre déformation qu’un pied bot varo-équin. La malade marche avec un bâton.

La sensibilité du côté droit est intacte et on n’observe pas de différence bien notable de température entre le côté sain et le côté paralysé.

La malade succombe le 17 mai 1865, après avoir présenté des symptômes d’une péritonite aiguë.

Autopsie. — Cancer de l’estomac, abcès circonvoisins, péritonite purulente, etc.

Le cœur, le foie, la rate, les reins, ne présentent rien de particulier.

Crâne. Pas de déformation extérieure ; du côté gauche ses parois sont épaissies, elles sont doublées, triplées en quelques points. Le sinus frontal s’étend à gauche et communique avec une vaste cavité située dans la voûte orbitaire qui est dédoublée en deux lames osseuses minces.

La fossette moyenne gauche est plus petite que la droite, et la fossette cérébelleuse droite est plus petite que la gauche.

Cerveau. La dure-mère étant incisée, il s’écoule du côté gauche une assez grande quantité de sérosité. L’hémisphère gauche est très petit, ratatiné, mesurant en longueur et en largeur les deux tiers à peine des dimensions correspondantes de l’hémisphère droiL Les circonvolutions sont pressées les unes contre les autres, dures, de coloration blanchâtre.

Sur la face externe du lobe moyen, en arrière de la circonvolution marginale postérieure et sur le prolongement de la scissure de Sylvius, existe une dépression profonde, dirigée en haut et en arrière, longue de 3 à 4 centimètres. Au fond de cette dépression les circonvolutions sont réduites à de petites crêtes dures et décoloration jaunâtre.

Le ventricule est considérablement dilaté, le corps strié ne paraît pas notablement diminué de volume, mais la couche optique offre à peine le quart du volume de la couche optique du côté droit. Atrophie considérable du pilier gauche de la voûte, du tubercule mamillaire.

Les nerfs olfactif et optique du côté gauche paraissent normaux, les tubercules quadrijumaux ne sont pas atrophiés.

Hémisphère droit sain.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Cervelet. Atrophie de l’hémisphère droit et du pédoncule cérébelleux moyen correspondant.

Isthme. Protubérance asymétrique, pédoncule cérébral gauche atrophié. Atrophie très peu marquée de la pyramide gauche.

Moelle. La moelle examinée à l’œil nu ne présente pas d’atrophie appréciable.

Examinées au microscope, les circonvolutions indurées de l’hémisphère gauche présentent une énorme quantité de corps amyloïdes et des noyaux de tissu conjonctif. On y retrouve encore des cellules et quelques tubes nerveux.

Système nerveux 'périphérique. Les nerfs du plexus brachial sont atrophiés. Le diamètre du nerf médian droit est plus petit de 1 mil. limètre environ que celui du côté opposé.

Pas d’atrophie notable du sciatique droit.

Les ganglions du grand sympathique droit dans la région dorsale ont subi une atrophie considérable, ils sont aplatis, minces, demitransparents et offrent à peine le quart du volume des ganglions oorrespondants du côté gauche. Pas d’atrophie notable des ganglions cervicaux.

Squelette. Les os du membre supérieur droit sont plus courts que du côté opposé, cette atrophie, peu sensible à la racine du membre, est plus marquée vers son extrémité ; ainsi le raccourcissement à peu près nul dans la clavicule est de près de 1 centimètre pour l’humérus, de 1 centimètre 1/2 pour le cubitus, de 1 centimètre pour la main .

Le thorax est régulier et symétrique, le bassin n’olfre qu’une légère obliquité en bas et à droite. Le membre inférieur droit est raccourci d’environ 2 centimètres.

Les muscles du bras et de l’avant-bras sont jaunâtres, ils ont subi une dégénérescence graisseuse très avancée.

Obs. XXX. (Due à M. le docteur Lancereaux.) R..., âgé de 38 ans, fumiste, entré le 28 juillet 1861, à l’hôpital de la Pitié, salle Saint- Athanase.

Cet homme habite Paris depuis peu de temps, il demeurait auparavant à la campagne. Il est souffrant depuis longtemps et épileptique. On ne peut avoir d’autres renseignements sur ses antécédents.

Actuellement il est atteint de polydipsie; il est maigre, sans force ; il se lève cependant , et marche à peu près comme les autres malades.

DU CERVEAU 193

État mental. L’intelligence et la parole ne présentent rien de particulier. La vue est intacte.

Pendant son séjour à la Pitié, il fut pris de pneumonie et succomba le 29 août 1861 .

Autopsie. — Pas de déformation du crâne, liquide céphalo-rachidien abondant à gauche.

Cerveau. — On constate à première vue une diminution considérable du volume de l’hémisphère gauche. Cette diminution porte sur toute l’étendue de l’hémisphère, mais elle est plus marquée dans la corne sphénoïdale, qui est plus ferme et plus indurée. Tous les diamètres de l’hémisphère sont diminués, mais surtout le transversal. Les circonvolutions participent à l’atrophie de l’hémisphère, elles sont petites, flétries, et même décolorées au niveau de la corne sphénoïdale.

Le corps strié et la couche optique paraissent notablement dimi nués de volume.

Les ventricules n’olfrent rien de particulier.

Les nerfs olfactif et optique sont sains.

L’hémisphère droit est sain.

Poids de l’hémisphère gauche 453 grammes

— — droit 605 —

Cervelet. L’hémisphère droit du cervelet est un peu plus petit que le gauche, il ne pèse que 74 grammes, tandis que le gauche pèse 77 grammes.

Isthme. Les pyramides sont à peu près égales, peut-être y a-t il une légère atrophie de la gauche. Pas d’atrophie notable de la moelle.

Le sinus longitudinal est obturé dans sa moitié antérieure par un caillot fibrineux adhérent, décoloré en arrière, noir dans sa portion antérieure; deux veines volumineuses qui se jettent dans le sinus sont remplies de sang coagulé, et forment des cordons noirs et résistants. Le sinus latéral gauche est obturé dans toute son étendue par un caillot ancien décoloré.

Poumons. Dans les deux poumons, vers la partie postérieure, hépatisation rouge, et par places hépatisation grise. Dans le lobe moyen du poumon droit, coloration gris noirâtre, le tissu pulmonaire est transformé en un détritus comme gangréneux ; sur quelques points existent des noyaux hémorragiques.

Foie. Volumineux, mou et gros.

Rate. Peu altérée.

Reins. Sains.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

Cœur . Flasque, mou, tissu jaunâtre, légère dilatation.

Examen microscopique . — Le tissu induré de la corne sphoénïdale est constitué par une trame de fibres extrêmement fines entrecroisées en tous sens, pâles et transparentes ; on y rencontre quelques noyaux embryoplastiques, elliptiques et granuleux, et une matière amorphe et granuleuse en quelques points. Cette trame de tissu conjonctif se rencontre également dans la substance grise et dans la substance blanche.

Les cellules nerveuses sont petites, granuleuses, déformées, évidemment atrophiées.

M. Lancereaux ajoute à cette intéressante observation, qu’on pourrait se demander si la thrombose des sinus et en particulier du sinus latéral n’a pas contribué à produire l’atrophie de l’hémisphère, mais que cela n’est pas probable, parce que l’altération cérébrale paraît remonter à une époque très éloignée et bien antérieure à la thrombose du sinus.

Obs. XXXI. (Andral, Clinique , obs. III.) — X..., âgé de 47 ans.

Début. Hémiplégie depuis l’enfance.

État mental. Intelligence un peu faible, cependant il possédait bien toute sa raison, et il pouvait se livrer à une conversation suivie. Il exerçait la profession de marchand.

État des membres. Paralysie et atrophie avec raccourcissement des membres gauches. Pas trace de contracture.

Sensibilité conservée.

Autopsie. — Crâne. Notablement déprimé à droite. Parois plus épaisses de ce côté, diamètres internes moins étendus qu’à gauche.

Méninges. Rien à noter.

Cerveau. Hémisphère droit notablement plus petit que le gauche. Celte petitesse plus grande dépend surtout de l’espèce de ratatinement qu’a subi le lobe moyen, dont le tissu est en même temps d’une densité remarquable.

La couche optique et le corps strié du côté droit sont aussi beaucoup plus petits que les mêmes ganglions du côté opposé. Ventricule latéral droit dilaté.

Aucnne autre lésion des centres nerveux.

Obs. XXXII. (Guéneau de Mussy, Arch. gèn. de méd., 1830, t. XXIL — Cruveilhier, Anatomie pathologique.) — A... (Alexandre-Sylvain), 42 ans.

DU CERVEAU

Début. Hémiplégie droite dès la première enfance.

État mental. D’après les renseignements recueillis à la Chapelle, près Paris, où il demeurait, il avait une intelligence ordinaire. A la manière dont il répond aux questions qui lui sont faites, et dont lui-même exprime ses désirs, ses facultés intellectuelles paraissent entières.

État des sens. Il jouit de l’usage de tous ses sens.

État des membres. Hémiplégie droite incomplète. Membres paralysés, amaigris, atrophiés. Les secondes phalanges des doigts sont renversées sur les premières. Mort de maladie du cœur.

Autopsie. — Crâne. Épaisseur au moins doublée à gauche.

Méninges. La dure-mère étant incisée, l'arachnoïde paraît saine, la pie-mère est infiltrée.

Cerveau. Circonvolutions de l’hémisphère gauche amincies, aplaties, plus consistantes et plus blanches que dans l’état naturel, laissant entre elles des anfractuosités : larges et profondes qui sont remplies par la pie-mère infiltrée. Une fluctuation manifeste au moindre attouchement dénote la présence d’une grande quantité de liquide dans le ventricule correspondant. En effet, le cerveau ayant été retiré de sa boîte osseuse, il s’est écoulé en peu d’instants une assez grande quantité de sérosité limpide , et l’hémisphère gauche s’est réduit à moins du tiers du volume de l’hémisphère droit.

Corps strié et couche optique gauche atrophiés. Pédoncule gauche atrophié.

Cervelet. Atrophie de l’hémisphère droit.

Obs. XXXIII. (Cazauvielh, obs. III.) — Femme D..., 42 ans.

Début. Hémiplégie gauche datant probablement de la première enfance.

État mental. Facultés intellectuelles obtuses.

État de la face. Bouche déviée à droite.

État des membres. Bras gauche imparfaitement développé, main fortement fléchie sur l’avant-bras, mouvements très bornés.

Membre inférieur gauche atrophié, mais moins que le membre supérieur, les mouvements y sont moins gênés. La sensibilité est moins altérée que les mouvements.

Morte de péritonite chronique.

Autopsie. — Crâne. Peu développé antérieurement, plus épais et moins large dans sa moitié droite qu’à gauche.

Fossette cérébelleuse droite plus spacieuse que l’autre.

Méninges. Non infiltrées de sérosité, se détachant facilement.

Cerveau. Hémisphère droit plus petit que le gauche dans tousses diamètres, et généralement d’une consistance plus ferme. Cette atrophie et cette induration sont à leur maximum dans le lobe temporal qui est petit, ratatiné et d’une consistance extrême.

Corps strié et couche optique, petits, ratatinés et déformés. Ventricule latéral droit dilaté.

Cervelet. Hémisphère gauche beaucoup plus petit que le droit.

Les nerfs des membres paralysés paraissent plus gros et plus jaunes que ceux des membres sains.

Obs. XXXIY. (Saint-Yves, Bull, de la Soc. anatom., 1831, p. 177.) — Cl... (Marguerite), 30 ans.

Début. Sa mère, trois mois avant d’accoucher, fut très effrayée par un accident et ressentit pendant plusieurs jours des douleurs assez vives dans l’ahdomen. Peu de temps après sa naissance, la malade fut prise de convulsions épileptiformes très violentes qui se renouvelèrent tous les jours ; à l’àge de 3 oui ans seulement, on aperçut une plus grande faiblesse des membres gauches avec roideur de l’avantbras.

Elle resta épileptique, les attaques survenaient surtout à l’époque des règles.

État mental. À l’époque de son admission à la Salpêtrière et pendant les premières années de son séjour (elle avait 15 ans), son intelligence était assez développée, sa mémoire très exacte, elle avait parfaitement conscience de son état, désirait ardemment se délivrer de son mal. Elle était douce, très reconnaissante, pieuse, très rangée, mais colère et entêtée. Sous l’influence des attaques qui devinrent de plus en plus fréquentes et furent suivies de délire et de fureur, l’intelligence s’affaiblit progressivement et la malade tomba dans l’état de démence le plus complet.

État des membres. Atrophie très appréciable des membres gauches.

Marche en fauchant.

Autopsie. — Crâne. Asymétrique. Le côté gauche de la voûte est plus bombé que le droit.

Méninges. Dure-mère épaisse, ne présentant d’ailleurs rien de particulier. Tissu cellulaire sous-arachnoïdien gorgé de sérosité, surtout à droite. Les méninges se séparent facilement de la substance cérébrale.

DU CERVEAU

Cerveau. Hémisphère droit beaucoup plus petit que le gauche. Circonvolutions très petites; à la partie moyenne de l’hémisphère, teinte brunâtre avec affaissement des circonvolutions et ramollissement de leur superficie sans limite bien tranchée et sans kyste appréciable.

Ventricule énormément distendu ; minceur de ses parois qui ont à peine une ligne à une ligne et demie à la partie postérieure et externe.

Tout le lobe frontal est extrêmement dense et comparable sous ce rapport à la gomme élastique.

Corps strié et couche optique comme effacés.

Cervelet . Le lobe gauche est atrophié, sa densité est comparable à celle du lobe frontal droit.

Obs. XXXV. (Pinel fils, Recherches sur V endurcissement du système nerveux ; Journal de physiologie de Magendie , 1822, p. 191.) — B..., 18 ans.

Idiote de naissance, épileptique ; a beaucoup de peine à articuler les mots oui et non qui sont ses seules réponses.

Hémiplégie gauche. La malade ne peut se servir de son bras gauche dont la main est fortement pliée sur l’avant-bras et ne peut être étendue.

Elle marche difficilement en traînant la jambe gauche.

Maigreur remarquable des membres paralysés.

Morte à la suite d’attaques épileptiques presque continuelles.

Autopsie. — Crâne. Epais, éburné.

Méninges. Blanches et saines.

Cerveau. Lobe droit beaucoup moins volumineux que le gauche, circonvolutions serrées, très petites, surtout vers les régions frontale et occipitale. La substance corticale paraît plus abondante, ses couches plus épaisses qu’à l’ordinaire.

Ventricule latéral très petit et sec à l’intérieur. La substance du cerveau dans tout ce lobe droit, notamment au-dessous du ventricule, présente une dureté remarquable, elle ne se déchire que difficilement sous les doigts par bandes longitudinales et convergentes vers le corps strié.

Obs. XXXVI. (Pinel , ouv. cité.) — D... (Louise), 37 ans.

Dès sa plus tendre enfance a vécu dans un état voisin de la stupidité. On était obligé de la lever et de la faire manger. Elle articule

198 ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

des sons insignifiants et ne paraît pas comprendre les questions les plus simples.

Le bras et la jambe gauche sont contractés et paralysés.

Autopsie. — Crâne épais et éburné.

Cerveau. Le lobe droit, beaucoup moins volumineux que le gauche, présente au-dessous du venlricule un endurcissement très remarquable et très sensible de la matière médullaire. Cet endurcissement est circonscrit et ne dépasse pas le ventricule.

La substance cérébrale se déchire par fibres longitudinales.

Le lobe gauche paraît sain.

Obs. XXXVII. (R. Boyd, Médico-chir. Trans.) — H... R..., âgée de 24 ans.

Début. Treize ans auparavant (à l'àge de 11 ans), ayant été renversée par une voiture, elle avait reçu un coup très violent à la tête. Depuis cette époque elle n’avait pu se livrer à aucun travail.

Autopsie. — Crâne. Volume de la tête nornal. Crâne anormalement épais.

Méninges. Dure-mère flaccide, tluide gélatineux dans la piemère.

Cerveau. Très altéré; atrophié, substance cérébrale dure. Chaque hémisphère pesait seulement 13 onces et l’encéphale 31. Ventricules dilatés et remplis de sérosité limpide.

Obs. XXXVIII. (Boyd, Mèdic. chir. Trans.) — Un homme exerçant le métier de comptable et possédant une intelligence au-dessus de l’ordinaire était hémiplégique à droite, les membres étaient contracturés.

Autopsie. — Cerveau. Les circonvolutions manquaient à gauche et étaient remplacées par une membrane celluleuse remplie d'un liquide transparent. La substance médullaire était remarquablement dure.

Art. V. — Cas douteux quant à la nature de la lésion primitive.

Obs. XXXIX. (Schrœder Van der Ivolk, dans the New Sydenham Society , 1861, vol. XI, p. 133.) — Engeltje (N...), 27 ans.

Début. Hémiplégie droite depuis la première enfance.

État mental. Dans les premières années l’imbécillité n’était pas

DU CERVEAU

-extrêmement marquée ; la malade apprit à parler, à exprimer ses désirs et manifester quélques sentiments humains. Par degrés, elle devint stupide, violente dans ses désirs, etc. Dans les derniers temps de sa vie, la malade était indifférente à tout, sauf à la satisfaction de ses besoins corporels; elle faisait connaître ses désirs à cet égard -au moyen de mots baragouinés. Son langage était très imparfait, elle parlait d’ailleurs rarement et exprimait le plus souvent ses ■sensations par des gestes et des cris inarticulés. Elle était gâteuse.

Etat des sens. La vue, autant qu’on en pouvait juger, était égale des deux yeux. Pas de strabisme.

Etat de la face. Quoique la motilité n’y fût pas complètement abolie, le côté droit de la face était pendant et flasque.

État des membres. Paralysie et atrophie de tout le côté droit du corps, surtout du membre supérieur. Le membre inférieur avait conservé quelques mouvements, cependant la malade gardait le lit habituellement. La sensibilité était conservée dans le côté paralysé.

Autopsie. — Crâne. A l’extérieur les deux côtés du crâne ne présentent que peu de différence, mais l’épaisseur des parois est beaucoup plus considérable du côté gauche. Les fossettes antérieures et moyennes gauches sont diminuées, les impressions digitales y sont effacées, etc.; la fossette cérébelleuse droite est plus petite que la gauche. Les os de la face présentent une asymétrie manifeste.

Méninges. Saines du côté droit. A gauche l’arachnoïde est considérablement épaissie dans toute l’étendue de l’hémisphère ; entre cette membrane et la pie-mère existe une grande quantité de liquide. La pie-mère est lâchement unie à la substance cérébrale et paraît par place en être séparée par de la sérosité épanchée.

Cerveau. Hémisphère droit sans altération appréciable. L'hémisphère gauche est beaucoup plus petit, sa longueur est de 27 millimètres moindre que celle du droit. Il est mou, fluctuant comme une vessie, à cause du fluide contenu dans les ventricules ; la substance grise est pâle et jaunâtre, les circonvolutions amincies. Le lobe inférieur est particulièrement atrophié, ses parois sont très amincies, les circonvolutions ont à peu près disparu.

Ventricule gauche extrêmement dilaté, ses parois, surtout au niveau de la corne postérieure, sont très molles, amincies et presque détruites (1). Le corps strié gauche est un peu moins long que le droit, mais un peu plus large, son bord externe est inégal et ondulé. Le

(1) Peut-être, dit l’auteur, à cause de la pression exercée par le liquide contenu dans la corne.

ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

corps strié tout entier est recourbé autour de la couche optique atrophiée. La différence entre les couches optiques est surtout remarquable, la couche optique gauche a en longueur 7 millimètres de moins que la droite.

La bandelette qui sépare le corps strié de la couche optique paraît volumineuse et épaissie, par suite de Fépaississement de la pie-mère qui la recouvre et des nombreux rameaux fournis parle vaisseau qui l’accompagne, rameaux qui forment sur le corps strié une vascularisation qui paraît être la trace d’une ancienne inflammation. La commissure molle des couches optiques paraît détruite; le tubercule quadrijumeau antérieur gauche est plus petit que le droit.

La grande commissure et la voûte sont très molles, surtout à gauche. Tubercule mamillaire gauche atrophié.

Cervelet. Hémisphère droit atrophié.

Isthme. Pédoncule gauche atrophié. Protubérance aplatie à gauche. Pyramide gauche atrophiée.

Moelle. Atrophiée du côté droit.

Nerfs. Peu de différence entre les nerfs crâniens des deux côtés ; seulement le nerf optique gauche paraît un peu plus mince que le droit, et le nerf olfactif est plus court et légèrement aminci.

Les racines et surtout les ganglions des nerfs rachidiens du côté droit, au niveau du plexus brachial, surtout ceux des cinquième, sixième et septième paires cervicales, sont considérablement diminués de volume. Les troncs nerveux au voisinage du ganglion sont également atrophiés, mais dans le reste de leur trajet ils paraissent au contraire plus volumineux que du côté sain.

Tronc et membres. L’atrophie est surtout marquée dans le membre supérieur droit, et surtout vers sa racine ; la clavicule, le scapulum et l’humérus sont atrophiés dans leur longueur et leur épaisseur.

L’atrophie est beaucoup moindre dans les os de l’avant-bras, et la longueur des deux mains est identique.

Le membre supérieur en totalité est raccourci de 44 millimètres.

Le membre inférieur est atrophié, mais à un moindre degré, il est raccourci seulement de 33 millimètres. Il y a une différence sensible entre les deux côtés du tronc, les côtes droites sont atrophiées, surtout les supérieures. Le bassin est asymétrique.

Obs. XL. (Cazauvielh, Archives gén. de méd., t. XIV, obs. I.) — (Marie M...), 59 ans.

Début. Inconnu.

DU CERVEAU 201

État mental. Les altérations des facultés intellectuelles étaient moins prononcées que celles des mouvements (sic). Celte femme parlait peu, ses réponses sont fort courtes, elle était affectée de blésité.

Étal des sens. Les sens du côté paralytique, surtout ceux du toucher et de la vue, étaient très faibles.

État de la face. La bouche, peu déviée dans l’état de repos de sesmuscles, l’était beaucoup pendant leur action.

État des membres. Membre supérieur gauche beaucoup moin& volumineux mais presque aussi long que le droit habituellement fléchi et rapproché du corps. Mouvements extrêmement difficiles et pénibles. Lorsque cette femme voulait mouvoir son bras gauche, les muscles fléchisseurs se tendaient comme des cordes, les doigts s’écartaient les uns des autres ; ce membre était agité de mouvements convulsifs.

Membre inférieur gauche moins long, mais presque aussi volumineux que le droit. Locomotion très gênée ; faiblesse du membre gauche et claudication.

Morte de pneumonie.

Autopsie. Crâne. Généralement épais, aplati dans la portion correspondant à l’hémisphère droit du cerveau.

Méninges et vaisseaux encéphaliques normaux.

Cerveau. Hémisphère droit atrophié. Circonvolutions moins développées qu’à gauche. Corps strié un peu déprimé à sa partie moyenne, couche optique moins longue que la gauche de -4 lignes. C’est aux dépens de la substance grise, comme dans le corps strié, qu’a lieu cette perte de substance.

Obs. XLI. (Cazauvielh, obs. IL) — Femme G..., 51 ans.

Début. Hémiplégie droite congénitale.

État mental. Les facultés intellectuelles n’ont pas acquis leur développement normal.

Etat des sens. Sensibilité obtuse dans le coté paralysé.

Etat de la face. Le côté droit de la face est moins développé que le côté gauche.

Etat des membres. Membres droits atrophiés, contracture du membre thoracique.

État du tronc. Imparfaitement développé à droite.

Morte de pneumonie.

Autopsie. — Cerveau. Hémisphère gauche moins développé dans, toute son étendue que le droit, il a en longueur trois lignes de

moins et en largeur 2 lignes de moins que le droit. Circonvolutions moins développées, couche de substance grise moins épaisse.

Les ventricules, les couches optiques, les corps striés, les cornes d’Ammon, n’offrent aucunes différences appréciables.

Isthme , cervelet et moelle réguliers, dans leur conformation.

Nerfs des membres paralysés égaux en volume à ceux des membres sains.

Obs. XLI1. (Bell, Archives gén. de méd., 1831, t. XXVI.) — (Marie L...), 61 ans.

Début. Epileptique depuis la naissance. Vers l’àge de 5 ou 6 ans, maladie longue et très grave, suivie d’hémiplégie gauche. Le bras se rétracta, la jambe resta légèrement fléchie.

Etat mental. Femme très intelligente.

Etat des sens. Normal.

Etat des membres. Membre supérieur gauche rétracté, mais non atrophié. Avant-bras fléchi sur le bras et immobile. Main fléchie sur l’avant-bras et immobile. Doigts fléchis sur le métacarpe, phalanges «tendues.

L’articulation scapulo-humérale a conservé des mouvements assez «tendus. Mouvements assez limités des doigts.

Sensibilité peut-être un peu diminuée à la main.

Genou demi-fléchi, pied étendu. La malade marche sur la pointe du pied.

Morte de pleuro-pneumonie.

Autopsie. — Crâne. Régulièrement conformé à l’extérieur. Epaisseur double à droite dans la région frontale, asymétrie de la base du crâne. L’apophyse crista galli, le trou occipital, la bosse occipitale interne, sont déjetés à droite. Le diamètre latéral de la partie droite est d’un tiers moins grand que celui de la partie gauche.

Méninges. Large ossification de la dure-mère enfermant l’hémisphère droit dans une seconde calotte osseuse presque complète.

L’arachnoïde et la pie-mère paraissent injectées et très épaissies.

Lobe droit du cerveau près de moitié plus petit que le gauche. Circonvolution excessivement petite.

Ventricule latéral très dilaté. Couche optique atrophiée. Corps strié «n bon état dans son tiers antérieur, rugueux et sillonné dans sa partie postérieure. Les autres parties du ventricule ont également perdu de leur volume, l’épaisseur de la substance cérébrale est à

DU CERVEAU 203

peine de quelques lignes dans la plus grande partie de son étendue, surtout en dedans et en haut.

Hémisphère gauche sain et bien développé.

Cervelet. Lobe gauche atrophié.

Isthme. Mésocéphale petit d’avant en arrière et paraissant tronqué err avant.

Pyramide gauche un peu atrophiée.

Moelle. Pas d’asymétrie appréciable.

CHAPITRE III. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE Article 1er — Lésions des centres nerveux.

Nous avons à étudier, dans l’encéphale et dans la moelle, des lésions primitives et des lésions secondaires.

Par lésions primitives nous voulons désigner, non pas le premier stade du processus morbide, mais simplement les altérations de la partie du cerveau qui a été primitivement alïéctée. Sous le nom de lésions secondaires , nous décrirons les altérations qui se produisent secondairement dans divers points de l’encéphale que la maladie primitive n’a point atteints.

§ 1er. — Lésions primitives.

La lésion primitive est quelquefois assez étendue pour produire à elle seule, par suite de la résorption du tissu primitivement altéré, une atrophie considérable occupant la plus grande partie d’un hémisphère. C’est ce qui arrive quand, par exemple, à un vaste ramollissement succèdent d’énormes plaques jaunes qui sillonnent l’hémisphère en tous sens; les circonvolutions sont ratatinées ou détruites, et le volume de l’hémisphère peut se trouver singulièrement réduit.

Dans d’autres cas, l’atrophie se produit d’une manière moins immédiate ; la lésion primitive est beaucoup moins étendue : c’est une petite plaque jaune, un petit kyste du corps strié ; mais ces lésions, en apparence minimes, ont été le point de

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ÉTUDE SUR L’ATROPHIE PARTIELLE

départ d’un travail pathologique diffus, s’irradiant plus ou moins loin, quelquefois dans tout l’hémisphère, et se terminant par l’atrophie des parties qu’il a envahies.

Pour le moment nous ne traiterons que de l’altération primitive ; quand nous étudierons la sclérose et les altérations secondaires, nous aurons à parler de ces atrophies cérébrales qu’on pourrait appeler secondaires ou indirectes.

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