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CHAPITRE V. — ALTÉRATIONS DES CAPILLAIRES

Dans les cas où le ramollissement n’a pu être expliqué par une lésion artérielle ou veineuse évidente, on peut se demander si le point de départ de la maladie ne se trouve point dans les capillaires. En eflet, il existe dans les foyers de ramollissement des lésions bien caractérisées de ces vaisseaux consistant soit dans leur dégénérescence graisseuse, soit dans leur dilatation anévrysmatique (1). Dans le premier cas, on voit des amas de granu-

(1) M. le professeur Ch. Robin a déjà appelé l’attention sur l’altération granulograisseuse des capillaires cérébraux chez les individus âgés (Mém. Acad, de

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talions graisseuses, des corps granuleux, soit dans la paroi même du capillaire, soit le long de cette paroi, qui paraît alors très épaisse et d’un diamètre supérieur au calibre du vaisseau. (Voy. les obs. XI, XXV, XXVII.) Il semble évident a priori que dans de pareilles conditions les échanges endosmo-exosmotiques nécessaires à la nutrition doivent être fort imparfaits et que la substance cérébrale doive s’altérer consécutivement.

Nous sommes loin de nier qu’il en puisse être ainsi dans certains cas ; mais nos recherches nous portent à croire que souvent l’altération des capillaires et l’altération du tissu nerveux se produisent simultanément et dépendent d’une même cause, d’une oblitération artérielle par exemple. On voit en effet dans les ramollissements par thrombose ou par embolie l’altération des capillaires exactement limitée au foyer de ramollissement où elle existe à un degré très avancé. (Voy. obs. XI.)

D’ailleurs quelle que soit la cause productrice de la nécrobiose du tissu nerveux, l’altération des capillaires paraît pouvoir se produire secondairement. Ainsi dans les atrophies descendantes du pédoncule et de la moelle, marquées par une traînée grise visible à l’œil nu, on trouve, quand l’altération n’est pas trop avancée, des corps granuleux dans la substance nerveuse et des capillaires présentant la dégénérescence graisseuse à un degré très avancé.

Les dilatations anévrysmatiques des capillaires ne se rencontrent guère que dans les cas de ramollissement rouge ou d’apoplexie capillaire. (Voy. obs. XXXIV, XXXV.)

Tantôt le capillaire est dilaté en totalité, tantôt la dilatation est latérale, tantôt enfin, le sang s’infiltre entre la tunique propre du capillaire et la tunique lympathique décrite par M. Ch. Robin, de façon à produire une sorte d’anévrysme disséquant, altération

méd., 1856). M. Paget a insisté sur la coïncidence de ces altérations avec le ramollissement et l’hémorragie (On the Fatty Degeneration offsmall bloodvessels , London medical Gazette , 1850). Enfin M. Laborde a décrit certaines dilatations ( état moniliforme) et des ruptures capillaires, altérations qu’il con- -sidère dans certains cas comme pathogéniques du ramollissement.

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sur laquelle M. Charcot a plusieurs fois appelé notre attention.

Cette altération s’est montrée à nous dans plusieurs cas où l’oblitération artérielle n’a pu être retrouvée et où la cause du ramollissement restait inconnue. Dans de pareils cas on peut se demander aussi si la lésion des capillaires n’est pas protopathique ; nous dirons, comme tout à l’heure, qu’il peut en être ainsi dans quelques cas, mais que certainement cette lésion est souvent secondaire, car nous l’avons trouvée dans des cas où le ramollissement devait être attribué à une oblitération artérielle.

Nous ferons observer de plus que cette dilatation anévrysmatique ne coïncide pas habituellement avec l’altération athéromateuse des capillaires dilatés ; leur paroi est saine ; on ne voit, en un mot, d’autre lésion que la dilatation. N’est il pas plus naturel d’admettre que la cause de cette dilatation est dans la tension du liquide sanguin, qui peut, comme nous l’avons dit plus haut(Voy. première partie, Appendice ), être augmentée à la suite des oblitérations artérielles ou même dans la diminution de consistance du tissu cérébral, qui n’offre plus un soutien suffisant aux parois des capillaires ?

Nous sommes d’autant plus disposés à adopter cette manière de voir que les dilatations vasculaires de ce genre ne se rencontrent que dans le ramollissement récent, rouge, à marche rapide, et qu’elles paraissent être passagères comme les phénomènes hyperémiques auxquels nous les rattachons; à une période plus avancée, on en retrouve les traces dans ces amas d’hématosine rangés le long des capillaires et accumulés souvent dans l’intérieur de la tunique adventice.

De récentes expériences sont venues encore confirmer nos opinions sur les lésions granuleuses et anévrysmatiques des capillaires, nous avons été assez heureux pour observer ces altérations dans un ramollissement produit chez un chien qui succomba au bout de trois jours.

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