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ÉTUDE SUR L ATROPHIE PARTIELLE

Article IV. — Sclérose.

Obs. XXIX. — C... (Adèle-Félicité), âgée de 58 ans, admise à la Salpêtrière depuis 1828, entre à l'infirmerie le 28 avril 1865, service de M. le D'' Charcot.

Début. Elle donne les renseignements suivants, qu'elle dit tenir de sa mère et des personnes qui l'ont élevée : A l'âge de 18 mois, elle aurait eu à trois reprises des convulsions à la suite desquelles elle serait devenue hémiplégique à droite ; elle n'aurait jamais eu de convulsions depuis. A l'âge de 18 mois, à l'époque où elle a été prise de convulsions, elle commençait à marcher ; elle n'a pu recommencer à marcher qu'à l'âge de 3 ans.

État mental. D'après les renseignements fournis par la surveillante de son dortoir qui la connaît depuis son entrée à la Salpêtrière, elle avait alors 27 ans, — son intelligence était faible, elle était incapable de s'occuper de ses affaires, elle pouvait lire passablement et savait signer son nom. Elle a toujours parlé sans difficulté.

On l'employait à des travaux de grosse couture et elle se montrait docile et très attachée aux personnes qui prenaient soin d'elle.

Sa santé a toujours été bonne, sauf quelques attaques d'hystérie, vers l'âge de 2S à 30 ans ; la menstruation aurait été assez régulière. Ménaupose à 45 ans.

Depuis un an environ, la malade est sujette à des vomissements fréquents et se plaint de vives douleurs au niveau de l'épigastre.

Actuellement la malade est très affaiblie, très cachectique.

Son intelligence ne paraît pas avoir subi de nouvelle atteinte, elle peut lire, signe son nom et parle sans difficulté

État des sens. Les sens paraissent intacts. La vue est égale des deux yeux, les pupilles sont égales.

État de la face. Pas d'hémiplégie faciale , la langue n'est pas déviée.

État des membres. Le membre supérieur droit est amaigri, atrophié, contracture ; l'avant-bras en pronation est à demi fléchi sur le bras, la main fléchie sur l'avant-bras et inclinée vers le bord cubital (main bot cubito-palmaire), les doigts sont fléchis dans la paume de la main, surtout l'annulaire et le petit doigt, l'index est demi-fléchi, le pouce étendu.

On peut sans effort ramener le membre à peu près dans l'extension, mais dès qu'on l'abandonne il reprend sa position habituelle. La malade peut exécuter quelques mouvements de l'épaule et du

coude; le poignet est absolument paralysé, les doigts ne peuvent exécuter que quelques petits mouvements extrêmement bornés.

Dans le membre inférieur droit, l'atrophie est moins considérable et il n'existe d'autre déformation qu'un pied bot varo-équin. La malade marche avec un bâton.

La sensibilité du côté droit est intacte et on n'observe pas de différence bien notable de température entre le côté sain et le côté paralysé.

La malade succombe le 17 mai 4865, après avoir présenté des symptômes d'une péritonite aiguë.

Autopsie. — Cancer de l'estomac, abcès circonvoisins, péritonite purulente, etc.

Le cœur, le foie, la rate, les reins, ne présentent rien de particulier.

Crâne. Pas de déformation extérieure ; du côté gauche ses parois sont épaissies, elles sont doublées, triplées en quelques points. Le sinus frontal s'étend à gauche et communique avec une vaste cavité située dans la voûte orbitaire qui est dédoublée en deux lames osseuses minces.

La fossette moyenne gauche est plus petite que la droite, et la fossette cérébelleuse droite est plus petite que la gauche.

Cerveau. La dure-mère étant incisée, il s'écoule du côté gauche une assez grande quantité de sérosité. L'hémisphère gauche est très petit, ratatiné, mesurant en longueur et en largeur les deux tiers à peine des dimensions correspondantes de l'hémisphère droit. Les circonvolutions sont pressées les unes contre les autres, dures, de coloration blanchâtre.

Sur la face externe du lobe moyen, en arrière de la circonvolution marginale postérieure et sur le prolongement de la scissure de Sylvius, existe une dépression profonde, dirigée en haut et en arrière, longue de 3 à 4 centimètres. Au fond de cette dépression les circonvolutions sont réduites à de petites crêtes dures et de coloration jaunâtre.

Le ventricule est considérablement dilaté, le corps strié ne paraît pas notablement diminué de volume, mais la couche optique offre à peine le quart du volume de la couche optique du côté droit. Atrophie considérable du pilier gauche de la voûte, du tubercule mamillaire.

Les nerfs olfactif et optique du côté gauche paraissent normaux^ les tubercules quadrijumaux ne sont pas atrophiés.

Hémisphère droit sain.

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- Cervelet. Atrophie de l'hémisphère droil et du pédoncule cérébelleux moyen correspondant.

Isthme. Protubérance asymétrique, pédoncule cérébral gauche atrophié. Atrophie très peu marquée de la pyramide gauche. ^Moelle. La moelle examinée à l'œil nu ne présente pas d'atrophie appréciable.

Examinées au microscope, les circonvolutions indurées de rhémisphère gauche présentent une énorme quantité de corps amyloïdes et des noyaux de tissu conjonclif. On y retrouve encore des cellules et quelques tubes nerveux.

Système nerveux périphérique. Les nerfs du plexus brachial sont atrophiés. Le diamètre du nerf médian droit est plus petit de 1 mil. limetre environ que celui du côté opposé.

Pas d'atrophie notable du sciatique droit.

Les ganglions du grand sympathique droit dans la région dorsale ont subi une atrophie considérable, ils sont aplatis, minces, demiiransparents et offrent à peine le quart du volume des ganglions correspondants du côté gauche. Pas d'atrophie notable des ganglions cervicaux.

Squelette. Les os du membre supérieur droit sont plus courts que du côté opposé, cette atrophie, peu sensible à la racine du membre, est plus marquée vers son extrémité ; ainsi le raccourcissement à peu près nul dans la clavicule est de près de 1 centimètre pour l'humérus, de 1 centimètre 1, 2 pour le cubitus, de 1 centimètre pour la main.

Le thorax est régulier et symétrique, le bassin n'offre qu'une légère obliquité en bas et à droite. Le membre inféiieur droit est raccourci d'environ 2 centimètres.

Les muscles du bras et de l'avant-bras sont jaunâtres, ils ont subi une désénérescence graisseuse très avancée.

Oes. XXX. (Due à M. le docteur Lancereaux.j R..., âgé de 38 ans, fumiste, entré le 28 juillet 1861, à l'hôpital de la Pitié, salle Saint- Athanase.

Cet homme habite Paris depuis peu de temps, il demeurait auparavant à la campagne. Il est souffrant depuis longtemps et épileptique. On ne peut avoir d'autres renseignements sur ses antécédents.

Actuellement il est atteint de polydipsie; il est maigre, sans force ; il se levé cependant, et marche à peu près comme les autres malades.

Etat mental. L'intelligence et la parole ne présentent rien de particulier. La vue est intacte.

Pendant son séjour à la Pitié, il fut pris de pneumonie et succomba le 29 août 1861 .

Autopsie. — Pas de déformation du crâne, liquide céphalo-rachidien abondant à gauche.

Cerveau. — On constate à première vue une diminution considérable du volume de l'hémisphère gauche. Cette diminution porte sur toute l'étendue de l'hémisphère, mais elle est plus marquée dans la corne sphénoïdale, qui est plus ferme et plus indurée. Tous les diamètres de l'hémisphère sont diminués, mais surtout le transversal. Les circonvolutions participent à l'atrophie de l'hémisphère, elles sont petites, flétries, et même décolorées au niveau de la corne sphénoïdale.

Le corps strié et la couche optique paraissent notablement dimi' nues de volume.

Les ventricules n'offrent rien de particulier.

Les nerfs olfactif et optique sont sains.

L'hémisphère droit est sain.

Poids de l'hémisphère gauche 4S5 grammes

— — droit 605 —

Cervelet. L'hémisphère droit du cervelet est un peu plus petit que le gauche, il ne pèse que 74 grammes, tandis que le gauche pèse 77 grammes.

Isthme. Les pyramides sont à peu près égales, peut-être y a-t il une légère atrophie de la gauche. Pas d'atrophie notable de la moelle.

Le sinus longitudinal est obturé dans sa moitié antérieure par un caillot fibrineux adhérent, décoloré en arrière, noir dans sa portion -antérieure; deux veines volumineuses qui se jettent dans le sinus sont remplies de sang coagulé, et forment des cordons noirs et résistants. Le sinus latéral gauche est obturé dans toute son étendue par un caillot ancien décoloré.

Poumons. Dans les deux poumons, vers la partie postérieure, hépatisation rouge, et par places hépatisation grise. Dans le lobe moyen du poumon droit, coloration gris noirâtre, le tissu pulmonaire est transformé en un détritus comme gangreneux; sur quelques points existent des noyaux hémorragiques.

Foie. Volumineux, mou et gros.

Rate. Peu altérée.

Reins. Sains.

CoTARD. Maladies mentales. 13

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Cœur. Flasque, mou, lissu jaunâtre, légère dilatation.

Examen microscopique . — Le tissu induré de la corne sphoénïdale est constitué par une trame de fibres extrêmement fines en (recroisées en tous sens, pâles et transparentes ; on y rencontre quelques noyaux embryoplastiques, elliptiques et granuleux, et une matière amorphe et granuleuse en quelques points. Cette trame de tissu conjonctif se rencontre également dans la substance grise et dans la substance blanche.

Les cellules nerveuses sont petites, granuleuses, déformées, •évidemment atrophiées.

M. Lancereaux ajoute à cette intéressante observation, qu'on pourrait se demander si la thrombose des sinus et en particulier du sinus latéral n'a pas contribué à produire l'atrophie de l'hémisphère, mais que cela n'est pas probable, parce que l'altération cérébrale paraît remonter à une époque très éloignée et bien antérieure à la thrombose du sinus.

Obs. XXXL (Andral, Clinique, obs. IIL) — X..., âgé de 47 ans.

Début. Hémiplégie depuis l'enfance.

État mental. Intelligence un peu faible, cependant il possédait bien toute sa raison, et il pouvait se livrer à une conversation suivie. Il exerçait la profession de marchand.

État des membres. Paralysie et atrophie avec raccourcissement des membres gauches. Pas trace de contracture.

Sensibilité conservée.

Autopsie. — Crâne. Notablement déprimé à droite. Parois plus épaisses de ce côté, diamètres internes moins étendus qu'à gauche.

Méninges. Rien à noter.

Cerveau. Hémisphère droit notablement plus petit que le gauche. Cette petitesse plus grande dépend surtout de l'espèce de ratatinement qu'a subi le lobe moyen, dont le tissu est en même temps d'une densité remarquable.

La couche optique et le corps strié du côté droit sont aussi beaucoup plus petits que les mêmes ganglions du côté opposé. Ventricule latéral droit dilaté.

Aucniie autre lésion des centres nerveux.

Obs. XXXII. (Guéneau de Mussy, Arch. gèn. de méd., 1830, t. XXIL — Cruveilhier, Anatomie pathologique.) — A... (Alexandre-Sylvain), 42 ans.

Début. Hémiplégie droite dès la première enfance.

Étal mental. D'après les renseignements recueillis à la Chapelle, près Paris, où il demeurait, il avait une intelligence ordinaire. A la manière dont il répond aux questions qui lui sont faites, et dont lui-même exprime ses désirs, ses facultés intellectuelles paraissent entières.

État des sens. Il jouit de l'usage de tous ses sens.

État des membres. Hémiplégie droite incomplète. Membres paralysés, amaigris, atrophiés. Les secondes phalanges des doigts sont renversées sur les premières. Mort de maladie du cœur.

Autopsie. — Crâne. Épaisseur au moins doublée à gauche.

Méninges. La dure-mère étant incisée, l'arachnoïde paraît saine, la pie-mère est infiltrée.

Cerveau. Circonvolutions de l'hémisphère gauche amincies, aplaties, plus consistantes et plus blanches que dans l'état naturel, laissant entre elles des anfractuosités ? larges et profondes qui sont remplies par la pie-mère infiltrée. Une fluctuation manifeste au moindre attouchement dénote la présence d'une grande quantité de liquide dans le ventricule correspondant. En effet, le cerveau ayant été retiré de sa boîte osseuse, il s'est écoulé en peu d'instants une assez grande quantité de sérosité limpide , et l'hémisphère gauche s'est réduit à moins du tiers du volume de l'hémisphère droit.

Corps strié et couche optique gauche atrophiés. Pédoncule gauche atrophié.

Cervelet. Atrophie de Thémisphère droit.

Obs. XXXIIL (Cazauvielh, obs. III.) — Femme D..., 42 ans.

Début. Hémiplégie gauche datant probablement de la première enfance.

État mental. Facultés intellectuelles obtuses.

État de la face. Bouche déviée à droite.

Élal des membres. Bras gauche imparfaitement développé, main fortement fléchie sur l'avant-bras, mouvements très bornés.

Membre inférieur gauche atrophié, mais moins que le membre supérieur, les mouvements y sont moins gênés. La sensibilité est moins altérée que les mouvements.

Morte de péritonite chronique.

Autopsie. — Crâne. Peu développé antérieurement, plus épais et moins large dans sa moitié droite qu'à gauche.

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Fossette cérébelleuse droite plus spacieuse que l'autre.

Méninges. Non infiltrées de sérosité, se détachant facilement.

Cerveau. Hémisphère droit plus petit que le gauche dans tous ses diamètres, et généralement d'une consistance plus ferme. Cette atrophie et cette induration sont à leur maximum dans le lobe temporal qui est petit, ratatiné et d'une consistance extrême.

Corps strié et couche optique, petits, ratatinés et déformés. Ventricule latéral droit dilaté.

Cervelet. Hémisphère gauche beaucoup plus petit que le droit.

Les nerfs des membres paralysés paraissent plus gros et plus jaunes que ceux des membres sains.

Obs. XXXIV. (Saint-Yves, Bull, de la Soc. anatom., 1834, p. 177.) — Cl... (Marguerite), 30 ans.

Début. Sa mère, trois mois avant d'accoucher, fut très effrayée par un accident et ressentit pendant plusieurs jours des douleurs assez vives dans l'abdomen. Peu de temps après sa naissance, la malade fut prise de convulsions épileptiformes très violentes qui se renouvelèrent tous les jours ; à l'âge de 3 ou 4 ans seulement, on aperçut une plus grande faiblesse des membres gauches avec roideur de l'avantbras.

Elle resta épileplique, les attaques survenaient surtout à l'époque des règles.

État mental. A l'époque de son admission à la Salpêlrière et pendant les premières années de son séjour (elle avait 15 ans), son intelligence était assez développée, sa mémoire très exacte, elle avait parfaitement conscience de son état, désirait ardemment se délivrer de son mal. Elle était douce, très reconnaissante, pieuse, très rangée, mais colère et entêtée. Sous l'influence des attaques qui devinrent de plus en plus fréquentes et furent suivies de délire et de fureur, l'intelligence s'affaiblit progressivement et la malade tomba dans l'état de démence le plus complet.

État des membres . Atrophie très appréciable des membres gauches.

Marche en fauchant.

Autopsie. — Crâne. Asymétrique. Le côté gauche de la voûte est plus bombé que le droit.

Méninges. Dure-mère épaisse, ne présentant d'ailleurs rien de particulier. Tissu cellulaire sous-arachnoïdien gorgé de sérosité, surtout à droite. Les méninges se séparent facilement de la substance cérébrale. .

Cerveau. Hémisphère droit beaucoup plus petit que le gauche. Circonvolutions très petites; à la partie moyenne de l'hémisphère, teinte brunâtre avec affaissement des circonvolutions et ramollissement de leur superficie sans limite bien tranchée et sans kyste appréciable.

Ventricule énormément distendu ; minceur de ses parois qui ont à peine une ligne à une ligne et demie à la partie postérieure et externe.

Tout le lobe frontal est extrêmement dense et comparable sous ce rapport à la gomme élastique.

Corps strié et couche optique comme effacés.

Cervelet. Le lobe gauche est atrophié, sa densité est comparable à celle du lobe frontal droit.

Obs. XXXV. (Pinel fils, Recherches sur V endurcissement du système nervetix; Journal de physiologie de Magendie, 1822, p. 191.) — B..., 18 ans.

Idiote de naissance, épileptiqne ; a beaucoup de peine à articuler les mots oui et non qui sont ses seules réponses.

Hémiplégie gauche. La malade ne peut se servir de son bras gauche dont la main est fortement pliée sur l'avant-bras et ne peut être étendue.

Elle marche difficilement en traînant la jambe gauche.

Maigreur remarquable des membres paralysés.

Morte à la suite d'attaques épileptiques presque continuelles.

Autopsie. — Crâne, Epais, éburné.

Méninges. Blanches et saines.

Cerveau. Lobe droit beaucoup moins volumineux que le gauche, circonvolutions serrées, très petites, surtout vers les régions frontale et occipitale. La substance corticale paraît plus abondante, ses couches plus épaisses qu'à l'ordinaire.

Ventricule latéral très petit et sec à l'intérieur. La substance du cerveau dans tout ce lobe droit, notamment au-dessous du ventricule, présente une dureté remarquable, elle ne se déchire que' difficilement sous les doigts par bandes longitudinales et convergentes vers le corps strié. ;

Obs. XXXVL (Pinel, ouv. cité.) — D... (Louise), 37 ans. Dès sa plus tendre enfance a vécu dans un état voisin de la stupidité. On était obligé de la lever et de la faire manger. Elle articule

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des sons insignifiants et ne paraît pas comprendre les questions les plus simples.

Le bras et la jambe gauche sont contractés et paralysés.

Autopsie. — Crâne épais et éburné.

Cerveau. Le lobe droit, beaucoup moins volumineux que le gauche, présente au-dessous du ventricule un endurcissement très remarquable et très sensible de la matière médullaire. Cet endurcissement est circonscrit et ne dépasse pas le ventricule.

La substance cérébrale se déchire par fibres longitudinales.

Le lobe gauche parait sain.

Obs. XXXVIL (R. Boyd, Médico-chir. Trans.) — H... R..., âgée de 24 ans.

Début. Treize ans auparavant (à l'âge de H ans), ayant été renversée par une voiture, elle avait reçu un coup très violent à la tête. Depuis cette époque elle n'avait pu se livrer à aucun travail.

Autopsie. — Crâne. Volume de la tête nornal. Crâne anormalement épais.

Méninges. Dure-mère flaccide, fluide gélatineux dans la piemère.

Cerveau. Très altéré ; atrophié, substance cérébrale dure. Chaque hémisphère pesait seulement 13 onces et l'encéphale 31. Ventricules dilatés et remplis de sérosité limpide.

Obs. XXXVIII. {Boyd, Médic. chir. Trans.) — Un homme exerçant le métier de comptable et possédant une intelligence au-dessus de l'ordinaire était hémiplégique à droite, les membres étaient contractures.

Autopsie. — Cerveau. Les circonvolutions manquaient à gauche et étaient remplacées par une membrane celluleuse remplie d'un liquide transparent. La substance médullaire était remarquablement dure.

Art. V. — Cas doateux quant à la nature de la lésion primitive.

Obs. XXXIX. (Schrœder Van der Kolk, dans the New Sydenham Society, 1861, vol. XI, p. 133.) — Engeltje (N...), 27 ans. Début. Hémiplégie droite depuis la première enfance. Etat mental. Dans les premières années l'imbécillité n'était pas

extrêmement marquée ; la malade apprit à parler, à exprimer ses désirs et manifester quelques sentiments humains. Par degrés, elle devint slupide, violente dans ses désirs, etc. Dans les derniers temps de sa vie, la malade était indiiférente à tout, sauf à la satisfaction de ses besoins corporels ; elle faisait connaître ses désirs à cet égard AU moyen de mots baragouinés. Son langage était très imparfait, elle parlait d'ailleurs rarement et exprimait le plus souvent ses sensations par des gestes et des cris inarticulés. Elle était gâteuse.

Etat des sens. La vue, autant qu'on en pouvait juger, était égale des deux yeux. Pas de strabisme.

Etat de la face. Quoique la motilité n'y fût pas complètement abolie, le côté droit de la face était pendant et flasque.

État des membres. Paralysie et atrophie de tout le côté droit du corps, surtout du membre supérieur. Le membre inférieur avait conservé quelques mouvements, cependant la malade gardait le lit habituellement. La sensibilité était conservée dans le côté paralysé.

Autopsie. — Crâne. A l'extérieur les deux côtés du crâne ne présentent que peu de différence, mais l'épaisseur des parois est beaucoup plus considérable du côté gauche. Les fossettes antérieures et moyennes gauches sont diminuées, les impressions digitales y sont •effacées, etc. ; la fossette cérébelleuse droite est plus petite que la .gauche. Les os delà face présentent une asymétrie manifeste.

Méninges. Saines du côté droit. A gauche l'arachnoïde est considérablement épaissie dans toute l'étendue de l'hémisphère ; entre cette membrane et la pie-mère existe une grande quantité de liquide. La pie-mère est lâchement unie à la substance céi'ébrale et paraît par place en être séparée par de la sérosité épanchée.

Cerveau. Hémisphère droit sans altération appréciable. L'hémisphère gauche est beaucoup plus petit, sa longueur est de 27 millimètres moindre que celle du droit. 11 est mou, fluctuant comme une vessie, à cause du fluide contenu dans les ventricules ; la substance grise est pâle et jaunâtre, les circonvolutions amincies. Le lobe inférieur est particulièrement atrophié, ses parois sont très amincies, les circonvolutions ont à peu près disparu.

Ventricule gauche extrêmement dilaté, ses parois, surtout au niveau de la corne postérieure, sont très molles, amincies et presque détruites (1). Le corps strié gauche est un peu moins long que le droit, mais un peu plus large, son bord externe est inégal et ondulé. Le

(1) Peut-être, dit l'auteur, à cause de la pression exercée par le liquide contenu dans la corne.

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corps Strié tout entier est recourbé autour de la couche optique atrophiée. La différence entre les couches optiques est surtout remarquable, la couche optique gauche a en longueur 7 millimètres de moins que la droite.

La bandelette qui sépare le corps strié de la couche optique paraît volumineuse et épaissie, par suite de l'épaississemeut de la pie-mère qui la recouvre et des nombreux rameaux fournis parle vaisseau qui l'accompagne, rameaux qui forment sur le corps strié une vascular risation qui paraît être la trace d'une ancienne inflammation. La commissure molle des couches optiques paraît détruite; le tubercule quadrijumeau antérieur gauche est plus petit que le droit.

La grande commissure et la voûte sont très molles, surtout à gauche. Tubercule mamillaire gauche atrophié.

Cervelet. Hémisphère droit atrophié.

Isthme. Pédoncule gauche atrophié. Protubérance aplatie à gauche. Pyramide gauche atrophiée.

Moelle. Atrophiée du côté droit.

Nerfs. Peu de différence entre les nerfs crâniens des deux côtés ; seulement le nerf optique gauche paraît un peu plus mince que le droit, et le nerf olfactif est plus court et légèrement aminci.

Les racines et surtout les ganglions des nerfs rachidiens du côté droit, au niveau du plexus brachial, surtout ceux des cinquième, sixième et septième paires cervicales, sont considérablement diminués de volume. Les troncs nerveux au voisinage du ganglion sont également atrophiés, mais dans le reste de leur trajet ils paraissent au contraire plus volumineux que du côté sain.

Tronc et membres. L'atrophie est surtout marquée dans le membre supérieur droit, et surtout vers sa racine ; la clavicule, le scapulum et l'humérus sont atrophiés dans leur longueur et leur épaisseur.

L'alrophie est beaucoup moindre dans les os de l'avant-bras, et la longueur des deux mains est identique.

Le membre supérieur en totalité est raccourci de 44 millimètres.

Le membre inférieur est atrophié, mais à un moindre degré, il est raccourci seulement de 33 millimètres. Il y a une différence sensible entre les deux côtés du tronc, les côtes droites sont atrophiées, surtout les supérieures. Le bassin est asymétrique.

Obs. XL. (Cazauvielh, Archives gén. de méd., t. XIV, obs. I.) — (Marie M...), 59 ans.

Début. Inconnu.

État mental. Les altérations des facultés intellectuelles étaient moins prononcées que celles des mouvements {sic). Cette femme parlait peu, ses réponses sont fort courtes, elle était aftectée deblésité.

État des sens. Les sens du côlé paralytique, surtout ceux du toucher et de la vue, étaient très faibles.

État de la face. La bouche, peu déviée dans l'état de repos de ses muscles, l'était beaucoup pendant leur action.

État des membres. Membre supérieur gauche beaucoup moinsvolumineux mais presque aussi long que le droit habituellement fléchi et rapproché du corps. Mouvements extrêmement difficiles et pénibles. Lorsque cette femme voulait mouvoir son bras gauche, les muscles fléchisseurs se tendaient comme des cordes, les doigts s'écartaient les uns des autres ; ce membre était agité de mouvements convulsifs.

Membre inférieur gauche moins long, mais presque aussi volumineux que le droit. Locomotion très gênée ; faiblesse du membre gauche et claudication.

Morte de pneumonie.

Autopsie. Crâne. Généralement épais, aplati dans la portion correspondant à l'hémisphère droit du cerveau.

Méninges et vaisseaux encéphaliques normaux.

Cerveau. Hémisphère droit atrophié. Circonvolutions moins développées qu'à gauche. Corps strié un peu déprimé à sa partie moyenne, couche optique moins longue que la gauche de 4 lignes. C'est aux dépens de la substance grise, comme dans le corps strié, qu'a lieu cette perte de substance.

Obs. XLL (Cazauvielh, obs. IL) — Femme G..., 51 ans.

Début. Hémiplégie droite congénitale.

État mental. Les facultés intellectuelles n'ont pas acquis leur développement normal.

Étal des sens. Sensibilité obtuse dans le côté paralysé.

État de la face. Le côté droit de la face est moins développé que le côté gauche.

État des membres. Membres droits atrophiés, contracture du membre thoracique.

État du tronc. Imparfaitement développé à droite.

Morte de pneumonie.

Autopsie. — Cerveau. Hémisphère gauche moins développé dans toute son étendue que le droit, il a en longueur trois lignes de

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moins et en largeur 2 lignes de moins que le droit. Circonvolutions moins développées, couche de substance grise moins épaisse.

Les ventricules, les couches optiques, les corps striés, les cornes d'Ammon, n'offrent aucunes différences appréciables.

Isthme, cervelet et moelle réguliers, dans leur conformation.

Nerfs des membres paralysés égaux en volume à ceux des membres sains.

Obs. XLll. (Bell, Archives gén. de méd., 1831, t. XXVI.) — (Marie L...), 61 ans.

Début. Epileptique depuis la naissance. Vers l'âge de 3 ou 6 ans, maladie longue et très grave, suivie d'hémiplégie gauche. Le bras se rétracta, la jambe resta légèrement fléchie.

Etat mental. Femme très intelligente.

Etat des sens. Normal.

Etat des membres. Membre supérieur gauche rétracté, mais non atrophié. Avant-bras fléchi sur le bras et immobile. Main fléchie sur l'avant-bras et immobile. Doigts fléchis sur le métacarpe, phalanges étendues.

L'articulation scapulo-humérale a conservé des mouvements assez étendus. Mouvements assez limités des doigts.

Sensibilité peut-être un peu diminuée à la main.

Genou demi-fléchi, pied étendu. La malade marche sur la pointe du pied.

Morte de pleuro-pneumonie.

Autopsie. — Crâne. Régulièrement conformé à l'extérieur. Epaisseur double à droite dans la région frontale, asymétrie de la base du crâne. L'apophyse crista galli, le trou occipital, la bosse occipitale interne, sont déjetés à droite. Le diamètre latéral de la partie droite est d'un tiers moins grand que celui de la partie gauche.

Méninges. Large ossification de la dure-mère enfermant l'hémisphère droit dans une seconde calotte osseuse presque complète.

L'arachnoïde et la pie-mère paraissent injectées et très épaissies.

Lobe droit du cerveau près de moitié plus petit que le gauche. Circonvolution excessivement petite.

Ventricule latéral très dilaté. Couche optique atrophiée. Corps strié en bon état dans son tiers antérieur, rugueux et sillonné dans sa partie postérieure. Les autres parties du ventricule ont également perdu de leur volume, l'épaisseur de la substance cérébrale est à

peine de quelques lignes dans la plus grande partie de son étendue, surtout en dedans et en haut.

Hémisphère gauche sain et bien développé.

Cervelet. Lobe gauche atrophié.

Isthme. Mésocéphale petit d'avant en arrière et paraissant tronqué en avant.

Pyramide gauche un peu atrophiée.

Moelle. Pas d'asymétrie appréciable.

CHAPITRE ni. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE Article !•■■ — Lésions des centres nerveux.

Nous avons à étudier, dans l'encéphale et dans la moelle, des lésions primitives et des lésions secondaires.

Par lésions primitives nous voulons désigner, non pas le premier stade du processus morbide, mais simplement les altérations de la partie du cerveau qui a été primitivement affectée. Sous le nom de lésions secondai)'es, nous décrirons les altérations qui se produisent secondairement dans divers points de l'encéphale que la maladie primitive n'a point atteints.

§ l»"". — Lésions primitives.

La lésion primitive est quelquefois assez étendue pour produire à elle seule, par suite de la résorption du tissu primitivement altéré, une atrophie considérable occupant la plus grande partie d'un hémisphère. C'est ce qui arrive quand, par exemple, à un vaste ramolhssement succèdent d'énormes plaques jaunes qui sillonnent l'hémisphère en tous sens; les circonvolutions sont ratatinées ou détruites, et le volume de l'hémisphère peut se trouver singulièrement réduit.

Dans d'autres cas, l'atrophie se produit d'une manière moins immédiate ; la lésion primitive est beaucoup moins étendue : c'est une petite plaque jaune, un petit kyste du corps strié ; mais ces lésions, en apparence minimes, ont été le point de

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départ d'un travail pathologique diffus, sirradiant plus ou moins loin, quelquefois dans tout l'hémisphère, et se terminant par l'atrophie des parties qu'il a envahies.

Pour le moment nous ne traiterons que de l'altération primitive ; quand nous étudierons la sclérose et les altérations secondaires, nous aurons à parler de ces atrophies cérébrales qu'on pourrait appeler secondaires ou indirectes.

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